Leone XIV lors du colloque de la Fondation vaticane Jean-Paul Ier : la paix est une mission quotidienne

mardi, 13 octobre 2026   paix   eglise catholique     diplomatie   pape    

Rome (Agence Fides) – « Préserver la paix et la faire grandir est pour chacun de nous une responsabilité et, en même temps, une mission qu’il faut cultiver avec patience dans tous les domaines de notre vie quotidienne ». Tel est l’appel lancé par le Pape Léon XIV dans le télégramme lu par le Cardinal Pietro Parolin lors de l’ouverture du colloque international « Jean-Paul Ier : Iustitia et Pax. Préserver et promouvoir la paix dans ce monde troublé », organisé aujourd’hui, 13 octobre, par l’Université Pontificale Grégorienne.
Ce colloque est le troisième organisé à l’Université grégorienne par la Fondation vaticane Jean-Paul Ier. Une journée d’études – a souligné Stefania Falasca, vice-présidente de la Fondation vaticane – qui a mis en évidence l’actualité de l’enseignement du Pape Luciani, ainsi que sa force spirituelle et son intensité prophétique face aux enjeux et aux urgences – telles que celles concernant les souffrances infligées aux peuples par les guerres – auxquelles l’Église est appelée à faire face à toutes les époques.
Au cœur des travaux, l’enseignement du Pape Luciani sur la paix et la nature de l’action diplomatique du Saint-Siège, que le Secrétaire d’État a décrite, en rappelant les paroles et l’œuvre de Jean-Paul Ier, comme une action qui naît d’un regard de foi, et non d’une prétention à jouer un rôle géopolitique de premier plan.
Dans son message, Léon XIV lie la construction de la paix au respect de la personne et à la justice : « Nous sommes bien conscients que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre. Saint Augustin en parle comme du fruit de la tranquillitas ordinis. Elle présuppose le respect de la dignité et des droits fondamentaux de chaque personne ainsi que la solidarité entre les peuples. Dans cette perspective, la justice devient une condition essentielle. »
Le Souverain Pontife souligne que le magistère du bienheureux Jean-Paul Ier contient un enseignement qui interpelle également la vie quotidienne : « Le bienheureux Jean-Paul Ier, avec son langage simple et direct, insistait sur la nécessité de l’engagement personnel, de la fraternité et de la charité pour construire des relations humaines fondées sur la confiance. La paix internationale naît au sein de la famille, à l’école, dans la communauté, pour s’étendre ensuite aux institutions ».
D’où l’invitation à ne pas considérer la paix comme une question réservée aux responsables politiques et institutionnels. « Très chers, je pense que la leçon de Jean-Paul Ier peut être relue aujourd’hui comme une invitation à ne pas considérer la paix comme une idée abstraite, confiée uniquement à ceux qui sont chargés de la haute mission de garantir aux nations la stabilité et l’harmonie sociale », écrit Léon XIV. Le message évoque donc la protection des plus fragiles, le pardon, l’écoute et la reconnaissance de l’autre, l’éducation au dialogue sincère et la nécessité de redonner à la fraternité une dimension concrète, ecclésiale, sociale et politique.
Le thème du colloque reprend le dernier des six « nous voulons » avec lesquels Jean-Paul Ier a esquissé le programme de son Pontificat dans le message radiophonique Urbi et Orbi du 27 août 1978, au lendemain de son élection : « nous voulons enfin favoriser toutes les initiatives louables et bonnes susceptibles de préserver et de renforcer la paix dans ce monde troublé ». Quarante-huit ans plus tard, Mgr Parolin a souligné que ces revendications, bien qu’appartenant à un contexte historique précis, restent « terriblement d’actualité ».
Dans son intervention, le Secrétaire d’État a mis en évidence deux axes fondamentaux de l’engagement de Luciani en faveur de la paix au cours des trente-quatre jours de son pontificat : l’attention portée au différend entre le Chili et l’Argentine concernant la souveraineté des îles du canal de Beagle et le soutien aux pourparlers de Camp David. Ces derniers, qui se sont déroulés du 5 au 17 septembre 1978, ont réuni le président américain Jimmy Carter, le président égyptien Anouar el-Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin.
La clé pour comprendre cet engagement, a expliqué Parolin, transparaît déjà dans l’allocution de Jean-Paul Ier au Corps diplomatique du 31 août 1978. Dans ce discours, « Luciani, s’affranchissant de toute prétention à jouer un rôle de premier plan sur la scène géopolitique, définit précisément la nature et la spécificité de l’action diplomatique du Saint-Siège comme une action qui jaillit d’un regard de foi ». L’intervention du Cardinal inscrit ainsi l’activité diplomatique du pape Luciani dans le sillage de la Constitution conciliaire *Gaudium et spes* et du magistère de Paul VI : un service de la paix nourri par la charité, dans lequel la dimension religieuse n’est pas dissociée de l’attention concrète portée aux conflits et aux possibilités de les surmonter.
Les sources relatives aux contacts avec le président des États-Unis témoignent également de cette attention. « Comme le montre l’édition critique des textes et documents du Pontificat, avec la synopsis complète et la genèse des interventions écrites et prononcées, établie par le Comité scientifique de la Fondation », a rappelé Parolin, « Jean-Paul Ier a entretenu une correspondance confidentielle et directe avec le président Carter ainsi qu’un contact constant avec les chancelleries internationales afin de favoriser le règlement du conflit israélo-arabe ». Le Cardinal a par ailleurs signalé la redécouverte du texte d’une lettre adressée par Luciani au président américain.
Outre ces contacts confidentiels, Mgr Parolin a évoqué les interventions publiques de Jean-Paul Ier et, en particulier, l’Angélus du 10 septembre 1978, pendant les négociations de Camp David, au cours duquel il avait invité à prier ensemble pour la paix. « Jean-Paul Ier a donc joué un rôle à forte portée symbolique et diplomatique précisément au cours de ces semaines de septembre qui ont vu se dessiner l’issue positive des accords de paix de Camp David, négociés sous la médiation du président Carter », a affirmé le Secrétaire d’État.

La reconstitution de ces aspects du Pontificat s’inscrit dans le cadre des travaux de recherche menés par la Fondation vaticane Jean-Paul Ier, créée en février 2020. Mgr Parolin a rappelé que l’activité de la Fondation s’inscrit dans la continuité du travail sur les sources mené pendant plus d’une décennie dans le cadre de la cause de canonisation. La redécouverte critique des documents et des textes originaux permet de préserver le patrimoine des écrits d’Albino Luciani et d’approfondir son héritage théologique, ecclésial, culturel et spirituel, ouvrant ainsi une nouvelle page dans les études consacrées au Pontife.
Avant le lancement des travaux, le Cardinal a annoncé la nomination du professeur Carlo Ossola au poste de coprésident du Comité scientifique de la Fondation vaticane Jean-Paul Ier. Il est confié à M. Ossola la tâche de contribuer, dans la poursuite des objectifs statutaires, à la définition des orientations scientifiques, culturelles et éditoriales de la Fondation, « avec une pleine confiance en ses compétences scientifiques de haut niveau et dans l’espoir d’un engagement fructueux au service de la Fondation et de la mémoire de Jean-Paul Ier »..(MLK) (Agence Fides 13/10/2026)


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