Fides News - French (Standard)https://fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.AFRIQUE/ZAMBIE - Le dépouillement parallèle mené par des organismes ecclésiastiques confirme la victoire de Hichilema. Mais des irrégularités et des tensions persistenthttps://fides.org/fr/news/78074-AFRIQUE_ZAMBIE_Le_depouillement_parallele_mene_par_des_organismes_ecclesiastiques_confirme_la_victoire_de_Hichilema_Mais_des_irregularites_et_des_tensions_persistenthttps://fides.org/fr/news/78074-AFRIQUE_ZAMBIE_Le_depouillement_parallele_mene_par_des_organismes_ecclesiastiques_confirme_la_victoire_de_Hichilema_Mais_des_irregularites_et_des_tensions_persistentLusaka Le président Hakainde Hichilema a remporté les élections du 13 août avec plus de 50 % des voix. C'est ce qu'affirme le Christian Churches Monitoring Group , qui a mené un dépouillement parallèle à celui officiel effectué par la Commission électorale indépendante. Le CCMG a toutefois constaté des irrégularités dans 30 circonscriptions électorales.<br /><br />Le CCMG est une organisation indépendante et apolitique de la société civile zambienne qui surveille les processus électoraux dans le but de promouvoir la transparence, la responsabilité et la tenue d’élections démocratiques crédibles.<br /><br />Il s’agit d’un consortium fondé en 2014 par le Conseil des Églises de Zambie , la Fédération évangélique de Zambie , le Centre jésuite de réflexions théologiques et la Conférence épiscopale catholique de Zambie , par l’intermédiaire de Caritas Zambie.<br /><br />Le jour du scrutin, le CCMG a déployé 1 500 observateurs permanents dans un échantillon représentatif à l’échelle nationale de bureaux de vote, répartis dans chaque province, district et circonscription.<br /><br />Dans son rapport, le CCMG a observé que « bien que des problèmes isolés se soient produits le jour du scrutin, les procédures générales de préparation, de vote et de dépouillement ont été respectées et le processus s’est déroulé de manière transparente ».<br /><br />Selon le CCMG, le taux de participation s’est élevé à 53,5 %, en baisse significative par rapport aux 70,6 % enregistrés en 2021. Le président Hakainde Hichilema a obtenu environ 56 % des voix , tandis que le principal candidat de l’opposition, Brian Mundubile, a recueilli environ 42,3 % .<br /><br />La vérification des processus et des résultats menée par le CCMG pour garantir la transparence « montre clairement que le président Hichilema a recueilli le plus grand nombre de voix à l’élection présidentielle, dépassant le seuil des 50 %, mais démontre également que, dans 30 circonscriptions, des voix ont été ajoutées, augmentant artificiellement le taux de participation et compromettant l’intégrité du processus ».<br /><br />« Ces observations méritent une analyse plus approfondie, notamment au regard des implications pour la répartition des sièges selon le système proportionnel. Il est toutefois important de souligner que les divergences constatées n’altèrent pas le résultat global de l’élection présidentielle », indique le communiqué de l’organisation soutenue par les principales confessions chrétiennes du pays, qui conclut en demandant davantage de transparence à la Commission électorale dans la publication des résultats électoraux.<br /><br />Dans le même temps, la tension post-électorale ne faiblit pas. Mundubile, qui a rejeté la victoire du président Hichilema, a été convoqué par la police pour un interrogatoire, en compagnie de sa candidate à la vice-présidence, Makebi Zulu.<br /><br />On a également appris que les forces de l'ordre avaient tué l'ancien ministre des Transports et figure importante du parti Lunde, Mutotwe Kafwaya, dont le sort était resté incertain pendant plusieurs jours .<br /><br />M. Kafwaya a été tué le 14 août lors d’une fusillade survenue à la résidence de Mundubile, à Lusaka. La police n’a annoncé son décès que dans la soirée du 19 août, après que l’épouse de M. Kafwaya eut porté plainte auprès des autorités pour connaître le sort de son mari. <br />Fri, 21 Aug 2026 11:33:21 +0200ASIE/PHILIPPINES - « Une Église véritablement missionnaire n’impose pas de choix politiques, mais aide les fidèles à faire preuve de sagesse dans leur discernement »https://fides.org/fr/news/78072-ASIE_PHILIPPINES_Une_Eglise_veritablement_missionnaire_n_impose_pas_de_choix_politiques_mais_aide_les_fideles_a_faire_preuve_de_sagesse_dans_leur_discernementhttps://fides.org/fr/news/78072-ASIE_PHILIPPINES_Une_Eglise_veritablement_missionnaire_n_impose_pas_de_choix_politiques_mais_aide_les_fideles_a_faire_preuve_de_sagesse_dans_leur_discernementTacloban City - – La mission s’exprime également à travers la capacité de l’Église à accompagner les personnes dans les enjeux concrets qui façonnent leur vie, y compris leur participation à la vie publique. Telle est la perspective proposée par Mgr Gilbert Garcera, Archevêque de Lipa et président de la Conférence épiscopale catholique des Philippines , lors de la 70e assemblée nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires des Philippines, qui s’est tenue à Tacloban City.<br /><br />Dans la perspective des prochaines élections présidentielles aux Philippines, prévues en 2028, l’Archevêque a invité les communautés ecclésiales à aider les fidèles à former leur conscience et à participer de manière responsable au processus démocratique. Il n’a pas présenté cette tâche comme une intervention politique de l’Église, mais comme une dimension de l’évangélisation : une communauté missionnaire, a-t-il affirmé, reste proche des personnes et les aide à interpréter les réalités de la vie à la lumière de la foi, de la vérité et de la dignité humaine. « Une Église véritablement missionnaire n’impose pas de choix politiques, mais aide les fidèles à discerner avec sagesse, à participer de manière responsable et à promouvoir le bien commun avec un cœur façonné par l’Évangile », a déclaré l’Archevêque Garcera.<br /><br />Dans cette perspective, la formation des électeurs est liée à une Église missionnaire qui ne se referme pas sur ses propres structures, ses coutumes ou ses préoccupations internes. L’Archevêque a exhorté les paroisses à développer un style pastoral ouvert sur l’extérieur, particulièrement attentif aux pauvres, aux jeunes, aux personnes marginalisées et à ceux qui se sont progressivement éloignés de la vie ecclésiale. Pour lui, l’évangélisation exige présence, écoute et accompagnement là où les personnes vivent au quotidien leurs responsabilités sociales, professionnelles et familiales. « La mission commence partout où nous vivons, travaillons, étudions et servons », a-t-il affirmé, soulignant que la tâche missionnaire de l’Église incombe à chaque baptisé et pas seulement aux organismes spécialisés ou aux missionnaires envoyés dans d’autres pays.<br /><br />Cette allocution a été prononcée devant l’assemblée nationale des Œuvres Pontificales Missionnaires des Philippines, une occasion qui a permis au président de la CBCP d’inviter à une réflexion sur les moyens concrets par lesquels la générosité et le dynamisme des communautés catholiques philippines peuvent soutenir l’évangélisation au-delà des frontières nationales. Évoquant la contribution des catholiques de Corée du Sud et du Japon, bien qu’appartenant à des communautés numériquement plus modestes, il a invité les fidèles philippins à renforcer leur engagement dans la coopération missionnaire, comme le rapporte le site de la CBCP.<br /><br />Pour l’Archevêque Garcera, ce renouveau missionnaire est également indissociable de la mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Il a décrit la synodalité comme une pratique ecclésiale vécue, plutôt que comme un simple programme organisationnel supplémentaire : une manière d’écouter, de discerner et de cheminer ensemble. La tâche qui attend désormais les diocèses philippins, a-t-il ajouté, consiste à donner une expression concrète aux orientations du Synode. « Le travail du Synode ne s'est pas achevé avec la publication de son document final », a-t-il affirmé. « La question qui se pose désormais n'est plus simplement : “Qu'est-ce que la synodalité ?”, mais : “Comment allons-nous la vivre ?” ». Fri, 21 Aug 2026 11:31:25 +0200ASIE/INDONÉSIE - Les jeunes de l’Université catholique de Ruteng au service de la population de Flores, touchée par le séismehttps://fides.org/fr/news/78071-ASIE_INDONESIE_Les_jeunes_de_l_Universite_catholique_de_Ruteng_au_service_de_la_population_de_Flores_touchee_par_le_seismehttps://fides.org/fr/news/78071-ASIE_INDONESIE_Les_jeunes_de_l_Universite_catholique_de_Ruteng_au_service_de_la_population_de_Flores_touchee_par_le_seismeRuteng - « Les jeunes de l’Université catholique Saint-Paul de Ruteng sont inlassablement au service de la communauté depuis le tremblement de terre de Flores. Leur engagement bénévole, leur dévouement et leur élan de solidarité sont vraiment louables et insufflent un profond espoir en chacun de nous. Ce sont ces jeunes qui, en retroussant leurs manches, unis dans l’œuvre de charité, montrent la voie du redressement » : c’est ce qu’a déclaré à l’Agence Fides le père Agustinus Mandfred Habur, recteur de l’Université catholique Saint-Paul de Ruteng. « Les jeunes étudiants – rapporte-t-il – assurent un service de soins de santé gratuits à la paroisse de Reo, dans le diocèse de Ruteng, et ont mis en place un centre d’urgence en collaboration avec la Caritas diocésaine et les autorités locales ».<br /><br />« Le séisme de magnitude 7,7 – raconte le recteur – qui a frappé l’île de Flores le 15 août a laissé une profonde blessure au sein de notre communauté. La région de Manggarai, où se trouve l’Université catholique Saint-Paul de Ruteng, a également été durement touchée : des bâtiments endommagés, des routes coupées par des glissements de terrain, des familles contraintes de quitter leur domicile et une population qui vit encore dans la crainte des nombreuses répliques sismiques. Pour nous, ce n’est pas seulement une catastrophe naturelle : c’est une épreuve qui touche les personnes, les familles, les étudiants, les enseignants et l’ensemble de la communauté ».<br />«Dans une situation comme celle-ci – poursuit-il –, l’université ne pouvait pas se contenter de fermer ses portes et d’attendre la reprise des cours. Nous avons mis en place un centre universitaire de coordination des urgences et suspendu temporairement les activités universitaires, en organisant le télétravail pour les enseignants et le personnel. Parallèlement, nous avons invité la communauté universitaire, à commencer par les étudiants, à se mettre volontairement à disposition, en collaborant avec les autorités civiles, les institutions sanitaires, l’Église et les organisations humanitaires pour répondre aux besoins les plus urgents ».<br /><br />L’université, précise Don Habur, a mis à disposition ses compétences et ses infrastructures pour venir en aide à la population sinistrée : « Nous coordonnons les actions d’assistance, la collecte et la distribution des secours, tout en accompagnant les communautés dans la planification des prochaines étapes de la crise. Face à la demande des autorités d’utiliser le terrain de sport de l’université pour y installer un hôpital de campagne, c’est dans un esprit de pleine collaboration que nous mettons cet espace au service de la population, tout en veillant à garantir la sécurité et la continuité de la vie universitaire ».<br />Le père Agustinus Mandfred Habur souligne : « En cette période difficile, nous ressentons avec une force particulière qu’une université catholique doit être un lieu où la connaissance se transforme en service et où la foi se traduit par une solidarité concrète. Notre réponse au séisme naît donc de la conviction que personne ne doit affronter seul cette épreuve ». Et il conclut : « En tant que communauté universitaire, nous voulons être aux côtés de ceux qui souffrent, collaborer avec tous et contribuer non seulement à la reconstruction des infrastructures, mais aussi à celle de l’espérance. Nous confions cette mission à la Providence de Dieu et à la prière de l’Église universelle, certains que, ensemble, nous pouvons transformer cette tragédie en une occasion de fraternité, de résilience et d’un nouvel espoir. »<br /><br />L'engagement caritatif de l'Université catholique de Ruteng s'inscrit dans le cadre des initiatives de l'Église catholique, menées principalement par l'intermédiaire de Caritas Indonésie, qui a mis en place un programme officiel d'urgence pour venir en aide à la population de l'île de Flores. Ce programme intervient sur le territoire de l’île par l’intermédiaire des centres opérationnels de l’Église locale, dans les quatre diocèses qui composent Flores: l’archidiocèse d’Ende et les diocèses de Maumere, Ruteng et Labuan Bajo.<br /> <br />Fri, 21 Aug 2026 10:49:48 +0200ASIE/MONGOLIE - Adieu au père Robert Goessens, pionnier de la mission catholique en Mongoliehttps://fides.org/fr/news/78070-ASIE_MONGOLIE_Adieu_au_pere_Robert_Goessens_pionnier_de_la_mission_catholique_en_Mongoliehttps://fides.org/fr/news/78070-ASIE_MONGOLIE_Adieu_au_pere_Robert_Goessens_pionnier_de_la_mission_catholique_en_MongolieOulan-Bator – Le père Robert Goessens, missionnaire belge de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie , est décédé le 15 août au Japon, à l’âge de 97 ans. Figure clé des débuts de la présence catholique contemporaine en Mongolie, il avait fait partie, en juillet 1992, du premier groupe de trois missionnaires de la CICM arrivés à Oulan-Bator, dans un pays qui sortait alors de plusieurs décennies de régime communiste. Aux côtés du père Wenceslao Padilla, missionnaire philippin qui allait devenir le premier Préfet Apostolique d’Oulan-Bator, et du père Gilbert Sales, le père Goessens fut chargé de lancer la mission. Arrivés le 10 juillet 1992, à la veille de la fête nationale du Naadam, les trois religieux se sont retrouvés face à une tâche tout à fait nouvelle : apprendre la langue mongole, aller à la rencontre d’une population qui ne connaissait que peu ou pas du tout le catholicisme et jeter patiemment les bases d’une communauté ecclésiale.<br /><br />Avant de rejoindre Oulan-Bator, le père Goessens avait profondément marqué le paysage pastoral et social du Kansai. Arrivé au Japon le 2 octobre 1955, peu après son ordination sacerdotale, il y avait exercé son ministère pendant près de quatre décennies, notamment dans le diocèse d’Osaka et dans la paroisse de Sakai. Outre ses activités paroissiales, il s’était distingué par son engagement pionnier dans le domaine de l’action sociale et de l’enfance. Il a notamment fondé l’organisme médico-social Junshinkai , sous l’égide duquel plusieurs jardins d’enfants et crèches ont été créés. Cette attention portée aux plus vulnérables et aux enfants, associée à un profond respect des cultures locales, constituera la marque distinctive qu’il mettra ensuite en œuvre avec succès sur le sol mongol.<br /><br />Né en Belgique en 1928, le père Goessens avait déjà à son actif une longue expérience missionnaire au Japon, où il avait vécu et exercé son ministère pendant 37 ans avant son départ pour la Mongolie. Sa connaissance de l’Asie et son expérience pastorale ont été mises au service de cette nouvelle mission confiée aux « Scheutistes », nom sous lequel sont communément appelés les membres de la CICM, fondée à Scheut, près de Bruxelles, par le père Théophile Verbist.<br /><br />Au début, les missionnaires ont vécu à l’hôtel avant d’emménager dans un appartement. Ils célébraient la messe pour les catholiques étrangers résidant dans la capitale et proposaient des cours d’anglais. Ils accueillaient également les Mongols désireux de comprendre leur présence et leur mode de vie. « Aucun d’entre nous ne savait comment s’y prendre. Nous n’avions donc élaboré aucun plan avant notre arrivée, car nous voulions d’abord prendre la température », confiait-il à l’agence APIC en 2001. Cette présence s’est rapidement traduite par des initiatives sociales, notamment en faveur des enfants des rues. Avec le soutien des autorités mongoles, la mission catholique a participé à la création d’un centre d’accueil pouvant héberger une centaine d’enfants, tout en développant des activités éducatives et des cours de langue. Par la suite, l’œuvre a pris de l’ampleur et a notamment favorisé l’arrivée d’autres missionnaires issus de différentes congrégations religieuses.<br /><br />L’action des premiers missionnaires de la CICM se caractérisait par le refus du prosélytisme et par la volonté d’établir des relations respectueuses avec la société mongole, ses traditions religieuses et ses autorités, selon le principe « venez et vous verrez », une attitude qui devait permettre à l’Église catholique de se développer lentement mais sereinement. En 2012, le père Goessens était revenu en Mongolie pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire du retour de la présence catholique dans le pays et pour retrouver les personnes avec lesquelles il avait partagé les années fondatrices de cette mission. Ce voyage fut sa dernière visite en Mongolie.<br /><br />Dans un message de condoléances, la Préfecture apostolique d’Oulan-Bator a rendu hommage à celui qu’elle décrit comme l’un des premiers missionnaires à avoir contribué à jeter les fondations de l’Église catholique mongole. Le communiqué rappelle son fidèle service, accompli aux côtés de ses confrères, ainsi que son engagement à semer « la foi, l’espérance, la compassion et l’amour » parmi le peuple mongol. Les confrères de la CICM au Japon ont célébré la messe funéraire du père Robert Goessens le 18 août, rendant grâce pour sa vie et son ministère. L’Église catholique de Mongolie a exprimé ses condoléances à la famille, aux confrères et à tous ceux qui ont travaillé avec lui, confiant son âme à la miséricorde de Dieu. « Que les graines de foi qu’il a semées en Mongolie, l’amour du Christ qu’il a partagé et l’espérance dont il a témoigné continuent de porter leurs fruits dans la vie de l’Église catholique en Mongolie », a souhaité la Préfecture Apostolique d’Oulan-Bator. Thu, 20 Aug 2026 15:49:17 +0200AMÉRIQUE/ÉQUATEUR - Trois jours de deuil national suite au décès, dans un accident au Kenya, du directeur des services de renseignementhttps://fides.org/fr/news/78069-AMERIQUE_EQUATEUR_Trois_jours_de_deuil_national_suite_au_deces_dans_un_accident_au_Kenya_du_directeur_des_services_de_renseignementhttps://fides.org/fr/news/78069-AMERIQUE_EQUATEUR_Trois_jours_de_deuil_national_suite_au_deces_dans_un_accident_au_Kenya_du_directeur_des_services_de_renseignementQuito – Trois jours de deuil national ont été proclamés en Équateur en mémoire du chef des services de renseignement nationaux, Michele Sensi-Contugi, décédé avec son épouse, Stephany Hollihan, et cinq autres personnes dans un accident d’hélicoptère au Kenya.<br /><br />L’hélicoptère, qui transportait six passagers et un pilote, s’est écrasé hier, le 19 août, dans le comté de Samburu. Les victimes – outre les deux citoyens équatoriens, le pilote kenyan et quatre citoyens américains – effectuaient un vol panoramique depuis la réserve de Loisaba vers la région d’Ewaso Nyiro, lorsque l’appareil s’est écrasé pour des raisons encore inconnues près du mont Ololokwe.<br /><br />Les autorités équatoriennes n’ont fourni aucun détail sur la raison de la présence de Sensi-Contugi au Kenya ni sur les circonstances de son voyage.<br /><br />Sensi-Contugi, âgé de 44 ans, était l'un des plus proches collaborateurs du président Daniel Noboa et un de ses amis personnels. Il dirigeait le CNI depuis janvier 2024. Le président équatorien, qui se trouve actuellement en visite en Chine, a ordonné la mise en place de mesures de sécurité pour les enfants de l'ancien chef des services de renseignement.<br /><br />Le président a justifié cette décision en invoquant la nature sensible et stratégique des fonctions exercées par Sensi-Contugi ainsi que les risques inhérents à ce poste. Le décret rappelle qu’en juin 2026, les autorités militaires avaient déjà été chargées d’évaluer la nécessité d’assurer la protection de ce haut fonctionnaire, de son épouse et des membres de sa famille.<br /><br />Sensi-Contugi était en effet activement engagé dans la lutte contre les organisations de trafiquants de drogue qui, ces dernières années, ont fait de l’Équateur l’un des principaux carrefours du trafic mondial de cocaïne.<br /><br />Au cours des derniers mois, sous sa direction, une douzaine de chefs de gangs criminels ont été arrêtés et les circuits liés au blanchiment d’argent sale ont été mis au jour. Grâce à l’action du CNI, le nombre d’organisations criminelles recensées par les autorités équatoriennes est passé de 22, en janvier 2024, à 47 aujourd’hui.<br /><br />En tant que directeur du CNI, Sensi-Contugi avait également noué des relations étroites avec les services de renseignement de plusieurs pays, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Espagne. Et, en particulier, avec l’Italie, dont l’ambassadeur accrédité à Quito a joué un rôle clé dans l’élaboration de la loi anti-mafia, actuellement en discussion au Parlement.<br /><br />Né en Italie le 12 août 1982 d’un père italien et d’une mère équatorienne, Michele Sensi-Contugi possédait la double nationalité italienne et équatorienne. Il avait ensuite bâti sa carrière professionnelle en Équateur, d’abord dans le secteur privé, puis dans l’administration publique. En tant qu’entrepreneur, il avait investi dans des entreprises de divers secteurs, notamment la production de caoutchouc et de plastique, l’habillement et les biotechnologies.<br /><br />Il reste désormais à clarifier les circonstances de l’accident et, surtout, à déterminer si cette tragédie a effectivement été causée par un accident ou s’il existe d’autres éléments à prendre en considération. Pour l’instant, en l’absence d’informations officielles, il n’est pas possible d’émettre des hypothèses. La presse kényane rappelle toutefois que, ces dernières années, le pays a connu plusieurs accidents mortels impliquant des hélicoptères, dont celui de 2024 au cours duquel le chef d’état-major des forces armées kényanes, le général Francis Ogolla, a perdu la vie.<br /><br />Les autorités kenyanes devront désormais déterminer les causes de l'accident de l'hélicoptère et clarifier les circonstances du vol. Une étape particulièrement délicate, compte tenu du rôle occupé par Sensi-Contugi et de la nature sensible des activités auxquelles il se consacrait. <br />Thu, 20 Aug 2026 15:44:20 +0200AFRIQUE/NIGÉRIA - Ungushi, le visage ambigu de la violence dans le nord du Nigériahttps://fides.org/fr/news/78068-AFRIQUE_NIGERIA_Ungushi_le_visage_ambigu_de_la_violence_dans_le_nord_du_Nigeriahttps://fides.org/fr/news/78068-AFRIQUE_NIGERIA_Ungushi_le_visage_ambigu_de_la_violence_dans_le_nord_du_NigeriaAbuja – L’attaque contre le village d’Ungushi illustre bien la complexité des violences subies par les populations nigérianes. La communauté attaquée est majoritairement musulmane et l’imam local figure parmi les victimes. Les assaillants appartiennent à un groupe récemment constitué, qui se situe dans cette zone grise entre banditisme, criminalité organisée et djihadisme.<br /><br />Dans la soirée du dimanche 16 août, un groupe armé a attaqué le village d’Ungushi, dans la zone administrative locale de Kebbe, dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria, tuant, selon le bilan actualisé communiqué par les autorités locales, au moins 32 personnes. Parmi les victimes figurait l’imam Aliyu, responsable de la mosquée Ungushi Izala Jumu'at, ainsi que des agriculteurs, des commerçants et d’autres habitants de cette communauté à majorité musulmane.<br /><br />Ce massacre avait été précédé, deux jours plus tôt, le 14 août, par une attaque menée par une bande d’hommes armés contre certaines zones de Kebbe. Les bandits – on ignore s’il s’agissait des mêmes qui ont ensuite massacré la population d’Ungushi – étaient arrivés à moto et avaient agressé les habitants, pillé des magasins et détruit des biens.<br /><br />Les autorités militaires ont attribué l'attaque d'Ungushi aux Lakurawa. Souvent décrit comme une organisation insurrectionnelle ou terroriste, le groupe des Lakurawa semble plutôt se situer dans cette zone complexe où se chevauchent le banditisme organisé et le militantisme religieux, utilisant une rhétorique islamiste pour légitimer sa violence.<br /><br />Le groupe a fait son apparition dans la région frontalière entre le Nigeria et le Niger, se présentant initialement comme une forme de protection armée des communautés vivant dans des zones soumises à des attaques incessantes de la part de bandes criminelles et où la population se sentait privée de la protection de l’État.<br /><br />Au fil du temps, cependant, Lakurawa s’est transformé en un groupe armé accusé d’extorquer de l’argent aux communautés, d’imposer son autorité sur les villages et d’attaquer des civils et des agents de sécurité, justifiant ses actions notamment par des motifs religieux.<br /><br />Lakurawa a ainsi fini par occuper cet espace indéfini entre banditisme, criminalité organisée et djihadisme qui caractérise plusieurs régions du nord-ouest du Nigeria.<br /><br />Selon certains analystes, Lakurawa aurait récemment noué des contacts avec des groupes djihadistes actifs dans les États voisins du Sahel, en particulier avec la « Province de l’État islamique au Sahel ». Il s’agit toutefois d’une évolution qui n’a pas encore été confirmée par des sources fiables.<br /><br />Il est significatif que Lakurawa opère dans des régions à majorité musulmane et que ses victimes soient principalement musulmanes. Le groupe a attaqué des mosquées, tué des fidèles et des personnalités religieuses islamiques, tout en recourant à une terminologie religieuse islamique et en se présentant comme un mouvement inspiré par une idéologie islamiste.<br /><br />La crise sécuritaire qui touche de vastes régions du Nigeria présente donc de multiples facettes et ne peut être réduite à la seule dimension religieuse. Le problème est que, au fil des ans, le gouvernement fédéral et ceux des 36 États de la Fédération n’ont pas été capables d’adopter une stratégie de sécurité nationale capable d’affronter et de résoudre les multiples crises qui touchent une partie significative de la population nigériane, quelle que soit son appartenance religieuse. <br />Thu, 20 Aug 2026 15:33:10 +0200ASIE/MONGOLIE - Sœur Sandra Garay, directrice de Caritas : « La désertification menace la vie des communautés rurales »https://fides.org/fr/news/78067-ASIE_MONGOLIE_Soeur_Sandra_Garay_directrice_de_Caritas_La_desertification_menace_la_vie_des_communautes_ruraleshttps://fides.org/fr/news/78067-ASIE_MONGOLIE_Soeur_Sandra_Garay_directrice_de_Caritas_La_desertification_menace_la_vie_des_communautes_ruralesOulan-Bator - « La désertification en Mongolie est visible à l’œil nu », explique à l’Agence Fides Sœur Sandra Garay, religieuse argentine, missionnaire de la Consolata, présente en Mongolie depuis 2004 et actuellement directrice exécutive de Caritas Mongolie, à l’occasion de la COP17, la Conférence des Nations unies sur la désertification, qui se tient à Oulan-Bator du 17 au 28 août. « Lorsque je me rends en dehors de la capitale, je remarque de plus en plus souvent les signes d’un territoire en pleine mutation. On voit de moins en moins d’herbe, les sources d’eau disparaissent, les sols deviennent de plus en plus arides. Les éleveurs parlent d’hivers rigoureux et d’étés de plus en plus secs », souligne-t-elle.<br />Pour Sœur Garay, en Mongolie, « le changement climatique, la désertification et la perte de biodiversité sont des problèmes étroitement liés ». La dégradation progressive des pâturages est liée à la sécheresse et aux phénomènes météorologiques extrêmes, mais aussi à la pression exercée par les activités humaines sur le territoire. Il s’agit d’une crise environnementale qui se transforme rapidement en crise sociale, surtout pour les familles qui vivent de l’élevage.<br /><br />La situation est préoccupante. Selon la CNULD, la Mongolie, dont le territoire s’étend sur environ 1,56 million de kilomètres carrés, figure parmi les pays les plus touchés par la dégradation des sols et la désertification, qui affectent près de 77 % de son territoire. Les pâturages occupent environ 70 % du territoire national et constituent la base du mode de vie pastoral d’environ un tiers de la population. Les causes, explique sœur Garay, sont multiples : « À la sécheresse et au changement climatique s’ajoutent des facteurs liés aux activités humaines, tels que le pâturage intensif, la déforestation et une utilisation non durable du territoire ».<br />Les phénomènes météorologiques extrêmes laissent eux aussi des traces de plus en plus visibles. La CNULCD signale qu’en Mongolie, le nombre annuel de jours marqués par des tempêtes de sable et de poussière a plus que triplé par rapport aux années 1960, tandis que les sécheresses sont devenues plus fréquentes. Parmi les situations d’urgence les plus dramatiques figure toujours celle du « dzud », ce phénomène climatique typique de la Mongolie qui combine des conditions hivernales extrêmement rigoureuses à des difficultés d’accès aux pâturages et au fourrage, provoquant la mort d’un grand nombre de têtes de bétail. Selon la FAO, environ 7,9 millions d’animaux sont morts lors du dzud de 2023-2024, soit 12,3 % du cheptel national.<br /><br />« Pour les familles de bergers, qui vivent de l’élevage, perdre leur bétail signifie souvent tout perdre et sombrer dans la pauvreté », observe la religieuse de la Consolata. « C’est pourquoi la lutte contre la désertification est une lutte pour protéger les moyens de subsistance et la vie même des communautés rurales », ajoute-t-elle. Selon la missionnaire, la solution passe à la fois par la protection de l’environnement et le soutien aux populations. « D’une part – affirme-t-elle –, il est urgent de mettre en place une gestion plus durable des pâturages, en protégeant les sources et les puits et en favorisant une utilisation plus efficace des ressources en eau. Le reboisement contribue à protéger les sols. Mais on peut aussi aider les familles rurales à diversifier leurs sources de revenus, afin qu’elles ne soient pas anéanties par le “dzud” lorsqu’il s’abat sur leur vie. »<br />C’est une approche qui allie environnement, sécurité alimentaire et dignité des communautés rurales. Ce n’est pas un hasard si la COP17, accueillie par la Mongolie précisément en 2026, Année internationale des pâturages et des éleveurs proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies, place également au cœur de ses préoccupations la restauration des pâturages et le bien-être des populations d’éleveurs.<br /><br />C’est dans ce contexte que s’inscrit l’expérience de Caritas Mongolie, engagée depuis longtemps dans la protection de l’environnement, l’agriculture durable et le renforcement des moyens de subsistance locaux. Par le passé, explique Garay, « Caritas a mené des initiatives agricoles avec la construction de serres solaires passives et la formation des communautés aux méthodes de culture alternatives, biologiques et durables. L’objectif était de favoriser une production alimentaire adaptée au climat rigoureux de la Mongolie, tout en encourageant une utilisation plus responsable de l’eau et des sols ». De plus, « nous accompagnons les communautés de bergers dans le développement de sources de revenus durables, complémentaires à l’élevage traditionnel, afin de réduire leur vulnérabilité face à la dégradation de l’environnement et aux effets du changement climatique », poursuit-il.<br />Aujourd’hui, l’organisation mène un projet pilote visant à tester en Mongolie la technique des « demi-lunes », des systèmes de collecte d’eau et de restauration du territoire utilisés dans les zones arides. « Nous souhaitons vérifier si cette méthode – note la religieuse – peut contribuer à lutter contre la désertification, à restaurer les pâturages dégradés et les habitats naturels, à augmenter l’humidité du sol et à favoriser la régénération de la végétation ».<br />« Prendre soin de la terre, c’est prendre soin des personnes », déclare sœur Garay, résumant ainsi la perspective de l’engagement de Caritas Mongolie : dans un pays où le territoire est directement lié à la survie des communautés locales. « Lutter contre la désertification – conclut-elle – signifie en effet défendre non seulement l’environnement, mais aussi l’avenir de milliers de familles ».<br /> <br />Thu, 20 Aug 2026 11:02:55 +0200AFRIQUE/MADAGASCAR - Nomination d'un Évêque auxiliaire de Toamasinahttps://fides.org/fr/news/78066-AFRIQUE_MADAGASCAR_Nomination_d_un_Eveque_auxiliaire_de_Toamasinahttps://fides.org/fr/news/78066-AFRIQUE_MADAGASCAR_Nomination_d_un_Eveque_auxiliaire_de_ToamasinaCité du Vatican - Le Saint-Père Léon XIV a nommé Évêque auxiliaire de l’Archidiocèse de Toamasina le père Mariusz Kasperski, O.M.I., jusqu’à présent Supérieur de la communauté des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée à Toamasina et curé de Saint-Eugène-de-Mazenod à Tsarahonenana, en lui attribuant le siège titulaire de Burca.<br /><br />Mariusz Kasperski, O.M.I., est né le 15 août 1963 à Wolsztyn, dans l’Archidiocèse de Poznań . Il a achevé ses études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée à Obra, en Pologne. Il a prononcé ses vœux perpétuels le 8 septembre 1991.<br /><br />Il a été ordonné prêtre le 21 juin 1993 à Obra.<br /><br />Après son ordination sacerdotale, il a été Vicaire paroissial de Saint-Stanislas-Kostka à Lubliniec, en Pologne .<br /><br />En 1995, il a été envoyé comme missionnaire à Madagascar où il a occupé les fonctions suivantes : missionnaire en brousse à Ambinanindrano, dans le diocèse d'Ambositra ; curé de Saint-Jean-Baptiste à Analakininina, dans l'archidiocèse de Toamasina ; directeur du pré-noviciat O.M.I. ; membre du conseil de la délégation O.M.I. à Madagascar ; curé et supérieur de la communauté d’Antananarivo à Soavimbahoaka ; Curé de Saint-Jean-Paul II à Tsimahavaobe, diocèse de Morondava ; Supérieur de la délégation O.M.I. à Madagascar ; Supérieur de la communauté O.M.I. à Toamasina et curé de Saint-Eugène-de-Mazenod à Tsarahonenana, Toamasina .Wed, 19 Aug 2026 13:32:33 +0200LE PAPE EN FRANCE/II - Derrière les chiffres. Attente nombreuse et « indéchiffrable » de Léon XIVhttps://fides.org/fr/news/78065-LE_PAPE_EN_FRANCE_II_Derriere_les_chiffres_Attente_nombreuse_et_indechiffrable_de_Leon_XIVhttps://fides.org/fr/news/78065-LE_PAPE_EN_FRANCE_II_Derriere_les_chiffres_Attente_nombreuse_et_indechiffrable_de_Leon_XIVpar Marie-Lucile Kubacki <br /><br />Paris - Une mobilisation exceptionnelle : c’est ce qui se profile pour la venue du Pape Léon XIV en France. <br />Les places disponibles ont été prises d’assaut. Les 80 000 billets pour la veillée au Stade de France ont été attribués en moins d’une heure, et plus de 200 000 personnes se sont inscrites dès les premières heures d’ouverture des inscriptions pour la messe.<br />Cet engouement a suscité de nombreux commentaires dans la presse confessionnelle et généraliste. Comme si c’était Beyoncé » : pourquoi les jeunes catholiques attendent Léon XIV comme une superstar », titre le Parisien. «Un très beau signe pour l’Église de France » commente l’Évêque de Saint-Denis, Mgr Étienne Guillet, pour Fides.<br /><br />Il y a là un paradoxe très français. Les chiffres, si on les observe correctement, reflètent la complexité de cette France sécularisée mais où l’Église catholique est encore capable de faire se déplacer des foules. <br /><br />Des chiffres à prendre avec précaution<br /><br />Seuls 1,8 % de la population générale en France assiste à la messe chaque semaine , et 5% de manière régulière.” Parmi les personnes baptisées catholiques en France, seuls 6 % se déclarent croyants et pratiquants. En 2021, la proportion de personnes déclarant croire en Dieu est passée sous la barre des 50 % en France. Moins d'un quart des jeunes Français de cette tranche d'âge se déclare catholique. Parmi eux, plus d'un tiers ne prie jamais . 28 % des personnes baptisées se considèrent désormais « non catholiques », et 40 % n'envisagent pas de faire baptiser leurs enfants, contre 25 % en 2012 . <br /><br />Un effondrement auquel on pourrait ajouter celui des vocations qui fait dire à l'historien Guillaume Cuchet qu'il ne s'agit plus tant d'abandons individuels que de désengagements de deuxième ou troisième génération, scellant la rupture de la transmission familiale de la foi .<br /><br />En même temps, près d’un Français sur deux, soit plus de 32 millions de personnes, « se sentent liés au catholicisme » . 57 % de la population continue à cultiver des pratiques dévotionnelles hors cadre institutionnel, comme allumer des cierges dans les églises, 44 % fréquentent les sanctuaires ou lieux de pèlerinages, 39 % prient Dieu, la Vierge ou les saints, 23 % laissent des intentions de prières dans les cahiers à cet effet En outre, depuis le printemps 2021, face à la chute continue des baptêmes d'enfants depuis plusieurs décennies, on observe une hausse inattendue des demandes de baptême chez les jeunes adultes. <br /><br /> La réalité qui « échappe aux radars »<br /><br />Ce détour par les statistiques permet de tirer plusieurs conclusions riches d’enseignements pour la mission. <br />Le premier est que catholicisme français passe d'un modèle culturel dominant à une réalité morcelée en petites communautés, un « archipel catholique» selon les mots du sociologue Yann Raison du Cleuziou récemment paru dans la revue Études. Cet observateur des mutations du catholicisme français déclarait dans une interview : «Une religiosité populaire se maintient et passe sous les radars, car elle n’entre pas dans les catégories habituelles pour décrire le catholicisme dans les sondages.» Il ajoutait : «On peut observer dans les paroisses un retour des dévotions considérées comme populaires dans les années 1960, surtout le culte des saints, de la Vierge Marie ou du Sacré Cœur» et précisait que ce mouvement était porté par deux tendances indépendantes l’une de l’autre: la montée en puissance des catholiques observants en raison de la minorisation du catholicisme, de sensibilité religieuse plus traditionnelle, et le renouvellement de la base populaire du catholicisme par les flux migratoires. «Les catholiques venus d’outre-mer ou d’Afrique, ou même de l’Europe centrale ou méditerranéenne, expliquait-il, redonnent une vie à des dévotions qui tombaient en désuétude. » <br /><br />Un autre phénomène qui a été largement analysé par Guillaume Cuchet est la montée des «SBNR», les «spiritual but not religious». Des individus qui ne se reconnaissent pas ou plus dans le cadre institutionnel des religions traditionnelles , et qui, dans une part significative de la nouvelle génération conservent ou développent une quête, des convictions ou des pratiques spirituelles personnelles, à la carte, et qui peuvent reprendre des “éléments” de matrice chrétienne. Cela se retrouve dans des productions populaires comme Avatar qui mêle élements de chamanisme et thèmes bibliques. « Cette montée des « nones » introduit une formidable inconnue dans notre histoire religieuse et philosophique, écrit Cuchet. On peut, à grands traits, distinguer parmi eux trois profils dominants : 1. Les « secular nones » ou « nones » séculiers qui sont, généralement, athées ou agnostiques, et qui sont en nombre croissant ; 2. Les « liminal » ou « transitional nones » qui sont en transit ou en transition entre deux affiliations, et pour qui la position n’est que temporaire ; 3. Les « religious » ou « spiritual nones », qui sont croyants, mais qui ne se rattachent pas à un credo ou à une institution religieuse particulière. » Et de conclure : « Selon que l’une ou l’autre sous-espèce dominera demain, on risque d’avoir des mondes spirituels très différents. » <br /><br />Les sirènes identitaires et néo-idéalistes<br /> <br />Voilà pourquoi les concepts de “minorité” et de “déchristianisation” sont à manier avec précaution, sans quoi ils se révèlent des arbres qui cachent la forêt et biaisent la perspective missionnaire. Comme l’analyse Yann Raison du Cleuziou dans article à propos des nouveaux baptisés adultes, l'attachement aux rites de passage, aux fêtes, aux calvaires ou au patrimoine bâti traduit un attachement à la mémoire collective et à l'histoire locale et une quête de transcendance et de lien social face à l'individualisme et à l'instabilité du présent. Parfois, cependant, cet attachement revêt une dimension « identitaire », lorsque le patrimoine est politisé pour définir une essence nationale irréversible et désigner des « ennemis ». Une tentation présente dans la mesure où une partie des catholiques pratiquants est travaillée par le sentiment de déclin ou de minorisation du catholicisme.<br /><br />Cependant, tant la question «identitaire » que le « purisme spirituel » sont les deux faces d'un même processus de sécularisation, analyse le chercheur. « Les catholiques qui opposent le seul Évangile aux héritages historiques chrétiens ne céderaient-ils pas au « monophysisme historique » dénoncé par le Pape François dans sa lettre sur l’histoire ? interroge-t-il. Une spiritualité qui exalte tant la singularité de l’incarnation christique qu’elle finit par la désincarner en un idéal inaccessible, « angélique », et sans autre issue temporelle possible qu’une forme de prophétisme devant lequel la société est toujours fautive. Ce purisme abandonne le politique aux réalistes autoproclamés et peut favoriser la marginalisation de l’Évangile, vu comme un idéalisme élitiste. »<br /><br />Et de conclure : «Un certain cynisme identitaire est peut-être l’envers d’un purisme spirituel. Deux formes radicalement contraires mais paradoxalement solidaires dans leur opposition entre foi et culture. Le fantasme de la pureté culturelle et celui de la pureté spirituelle partagent la même hantise du mélange et donc de l’histoire.» <br /><br />Ce qui place le rapport entre foi, religion et culture au centre du défi missionnaire. «Sans travail de fond sur cet impensé, affirme Raison du Cleuziou, les protestations spirituelles resteront sans prise réelle sur les tendances qu’elles doivent combattre. »<br /><br />Les analyses, les imprévus et les espérances du cœur<br /><br />La foule qui viendra acclamer le Pape sera le fruit de cette histoire du catholicisme français, marqué dans sa forme récente par les paradoxes de la sécularisation. Une situation à la fois très complexe et très simple dans la mesure où les enfants de « la fille aînée de l’Église » comme l’appelait Jean Paul II, attendent aujourd’hui comme hier, une parole qui suscite en eux le désir de faire de leur vie quelque chose de grand » et les amènent à regarder vers l’horizon. Wed, 19 Aug 2026 12:59:39 +0200AFRIQUE/ ZAMBIE - La victoire de Hichilema contestée, les doutes sur le scrutin s'amplifienthttps://fides.org/fr/news/78064-AFRIQUE_ZAMBIE_La_victoire_de_Hichilema_contestee_les_doutes_sur_le_scrutin_s_amplifienthttps://fides.org/fr/news/78064-AFRIQUE_ZAMBIE_La_victoire_de_Hichilema_contestee_les_doutes_sur_le_scrutin_s_amplifientLusaka - Brian Mundubile, le principal adversaire du président Hakainde Hichilema aux élections présidentielles de 2026, a rejeté la proclamation de la victoire de ce dernier par la Commission électorale de Zambie, à l'issue du scrutin qui s'est tenu le 13 août .<br />Le candidat du Parti national de réconciliation pour l’unité et la prospérité a déclaré hier, le 18 août, que son parti « avait constaté des irrégularités concernant la sécurité des bulletins de vote, le transport et la gestion du matériel électoral, ainsi que des divergences présumées entre les votes enregistrés dans les bureaux de vote et les résultats annoncés par la suite ».<br />Mundubile et son candidat à la vice-présidence, Makebi Zulu, se sont imposé un exil au siège d’une agence des Nations unies à Lusaka, craignant d’être arrêtés sous l’accusation d’avoir pris part à un prétendu complot insurrectionnel .<br />Une analyse menée par The Africa Report a révélé que, dans plusieurs circonscriptions électorales, le nombre de suffrages exprimés lors des élections présidentielles était bien supérieur à celui des élections législatives, qui se sont déroulées exactement au même moment. Dans les cas les plus extrêmes, la différence est considérable.<br />« C'est important car ces divergences constituent un signal d'alerte bien connu de manipulation électorale. Notre analyse préliminaire suggère que des centaines de milliers de voix en faveur du président Hakainde Hichilema devraient être expliquées », affirme la publication basée à Paris.<br />Précédée de plusieurs semaines de tensions, l'élection s'est déroulée pacifiquement le 13 août. Le lendemain, cependant, la Commission électorale indépendante a imposé une suspension temporaire du dépouillement des votes, invoquant le vol de bulletins déjà marqués et des actes de violence à l'encontre de ses agents, sans toutefois fournir plus de détails.<br />Au départ, cette suspension devait durer jusqu’à 24 heures. Elle a ensuite été levée dans la journée, à la suite des protestations de l’opposition et de la société civile. La confiance dans le processus électoral était toutefois déjà compromise, comme l’ont souligné les Évêques catholiques eux-mêmes dans leur communiqué du 15 août . Dans ce communiqué, les Évêques ont également évoqué la question des personnes arrêtées, dont on ignore le lieu de détention.<br />Parmi eux figure l'ancien député Mutotwe Kafwaya, dont Mundubile a demandé au gouvernement de faire le point sur le sort. La Commission des droits de l'homme de Zambie a également lancé un appel à la police pour connaître le sort de l'ancien député, après qu'il aurait été blessé lors de l'assaut mené par l'armée et la police, le 14 août, contre la résidence de Mundubile à Kabulonga. <br />Wed, 19 Aug 2026 12:23:47 +0200ASIE/INDONÉSIE - Père Galvani : « Au milieu de la peur, nous voulons faire savoir aux habitants de Flores qu’ils ne sont pas seuls »https://fides.org/fr/news/78063-ASIE_INDONESIE_Pere_Galvani_Au_milieu_de_la_peur_nous_voulons_faire_savoir_aux_habitants_de_Flores_qu_ils_ne_sont_pas_seulshttps://fides.org/fr/news/78063-ASIE_INDONESIE_Pere_Galvani_Au_milieu_de_la_peur_nous_voulons_faire_savoir_aux_habitants_de_Flores_qu_ils_ne_sont_pas_seulsMaumere - Cela fait seulement cinq jours qu’un violent séisme, d’une magnitude de 7,7, a frappé Flores dans la matinée du samedi 15 août .<br /><br />« La terre continue de trembler : on a dénombré plus de 1 500 répliques et la population vit toujours dans la crainte de regagner ses foyers. Le bilan provisoire, fourni par les autorités compétentes, fait état d’au moins 68 morts, de plus de 200 blessés et de plus de 4 500 habitations endommagées, tandis qu’environ 19 000 personnes se trouvent déplacées dans différentes zones de l’île ». C’est le père Luigi Galvani, missionnaire camillien, qui se trouvait à Flores le jour du séisme, qui a fait part de ces informations à l’Agence Fides.<br /><br />« À Maumere, de nombreuses familles, surtout les plus pauvres, ont peur de retourner chez elles et dorment à la belle étoile ou sous des tentes de fortune, emmenant avec elles leurs enfants, des personnes âgées et des personnes fragiles », poursuit le missionnaire de retour à Kupang, chef-lieu de la province de Nusa Tenggara Oriental, situé sur l’île de Timor, où il se trouve depuis plus d’un an au Centre social San Camillo qui accueille des étudiants et propose des séminaires, des cours d’anglais et des rencontres. et où l’on met en place un programme nutritionnel mensuel destiné à 150 familles dans le besoin, dont 60 sont issues d’un village de non-voyants.<br /><br />« Parmi les besoins les plus urgents figurent l'eau potable, la nourriture, les couvertures, les tentes, les médicaments et les soins de santé. Les paroisses sont devenues des lieux d'accueil et d'espérance. Bien que plusieurs églises aient subi des dégâts, les paroisses sont devenues des lieux d'accueil, de solidarité et d'écoute, en particulier pour les familles qui ont perdu leur maison ou qui ne peuvent pas encore y retourner. »<br /><br />« Le réseau de l’Église catholique indonésienne et notre diocèse de Maumere se sont mobilisés pour recueillir des informations sur les dégâts et coordonner l’aide dans les communautés les plus touchées », souligne le père Luigi. « Nous avons été profondément bouleversés par la nouvelle du décès d’un séminariste du Grand Séminaire interdiocésain « Saint-Pierre » de Ritapiret, décédé hier à l’hôpital de Maumere des suites des graves blessures subies lors du tremblement de terre. Au moment de la secousse, pris de panique, il s’était jeté par la fenêtre du troisième étage du séminaire. C’est une tragédie qui a laissé un profond chagrin au sein du séminaire, des communautés religieuses et de toute l’Église locale ».<br /><br />En 1989, le Pape Jean-Paul II s'est rendu dans cet important séminaire, où il a même passé une nuit ; c'est pourquoi la colline de Ritapiret est parfois surnommée familièrement « le Vatican d'une nuit ».<br /><br />« En ce moment, notre action camillienne se concentre également avant tout sur les familles les plus vulnérables, les personnes âgées, les malades et les personnes en situation de handicap, qui, dans une situation d’urgence, sont toujours celles qui risquent le plus d’être oubliées. Au milieu de la peur, nous voulons faire savoir aux habitants de Flores qu’ils ne sont pas seuls. »<br /> <br />Wed, 19 Aug 2026 12:20:07 +0200ASIE/INDONÉSIE - L’Évêque de Ruteng après le séisme à Flores : « Dieu veille sur nous ; de la dévastation naît l’aube de l’espoir et de la renaissance »https://fides.org/fr/news/78062-ASIE_INDONESIE_L_Eveque_de_Ruteng_apres_le_seisme_a_Flores_Dieu_veille_sur_nous_de_la_devastation_nait_l_aube_de_l_espoir_et_de_la_renaissancehttps://fides.org/fr/news/78062-ASIE_INDONESIE_L_Eveque_de_Ruteng_apres_le_seisme_a_Flores_Dieu_veille_sur_nous_de_la_devastation_nait_l_aube_de_l_espoir_et_de_la_renaissancepar Paolo Affatato<br /><br />Ruteng - « Continuons ensemble à prier pour les victimes et pour tous ceux qui se sont portés volontaires pour apporter leur aide. Nous croyons que Dieu veille sur nous. Son amour fidèle ne faiblit jamais. C’est là notre plus grande source de force, alors que nous restons fermes dans l’espérance au milieu de cette dévastation causée par le séisme. » S’adressant à l’Agence Fides, Mgr Siprianus Hormat, évêque de Ruteng, diocèse situé sur l’île de Flores, adresse des paroles émouvantes de foi et de résilience à sa communauté, meurtrie par le violente séisme de magnitude 7,7 qui a secoué l’île le matin du 15 août 2026.<br />La tragédie a frappé ce qui est historiquement et spirituellement reconnu comme le « cœur catholique » de l’Indonésie. Dans un pays à très large majorité musulmane, l’île de Flores représente une véritable oasis de la foi chrétienne, où plus de 70 % de la population est catholique et où la vitalité ecclésiale se manifeste par un essor constant des vocations sacerdotales et religieuses au service de l’Église dans le monde entier.<br />Selon les données officielles, le bilan actualisé s’élève désormais à 68 morts et plus de 213 blessés, tandis que le nombre de personnes déplacées atteint désormais près de 13 000, contraintes de vivre dans des camps de tentes improvisés en raison d’une série sismique qui a déjà dépassé les 2 100 répliques.<br />Les routes principales de Flores sont bloquées par d'imposants glissements de terrain, isolant des villages entiers et compliquant les opérations de secours, tandis que les dégâts matériels se chiffrent à plus de 1 300 habitations détruites, des écoles inhabitables et des dizaines d'églises et de chapelles endommagées. Malgré les décombres et l'alerte au tsunami initiale qui a frappé les côtes, le diocèse de Ruteng s'est relevé avec courage. Outre la solidarité spirituelle exprimée publiquement par le Pape Léon XIV, la machine de secours coordonnée par Caritas bat déjà son plein pour guider la population vers une nouvelle aube de reconstruction et d’espérance.<br />Voici l’entretien avec Mgr Siprianus Hormat :<br /><br />- Monseigneur Hormat, le tremblement de terre a frappé l'île à l'improviste. Quel est l'impact réel de cette tragédie sur le territoire ?<br /><br />« Ce tremblement de terre a eu des conséquences profondément dévastatrices. Des vies ont été perdues et les fruits des années de dur labeur de notre peuple ont également été détruits : les maisons ont été réduites en ruines, les potagers et les récoltes ont été endommagés, et les églises et chapelles ont été gravement touchées. L’avenir que notre peuple avait construit à grand-peine et dans lequel il avait placé tous ses espoirs a été bouleversé par ce tremblement de terre. Ce qui rend cette tragédie encore plus douloureuse, c’est que le séisme a frappé soudainement, sans avertissement et sans aucune possibilité de s’y préparer. En quelques instants, tant de choses ont été détruites. Il ne reste plus que la dévastation, les larmes et une profonde douleur. »<br /><br />- Comment vivez-vous ces jours difficiles dans votre ministère d'évêque et de pasteur d'une communauté si durement éprouvée ?<br /><br />« En ces jours difficiles, à la suite du tremblement de terre qui a frappé dans la matinée du samedi 15 août 2026, j’essaie de m’adresser aux gens avec le cœur d’un pasteur, j’essaie d’apporter un peu de réconfort et de consolation en rendant visite aux déplacés et aux malades. Je partage la douleur, les craintes et les espoirs des personnes déplacées. Je le fais non seulement parce que de nombreuses églises et chapelles ont été détruites et que les bâtiments du diocèse ont également subi des dégâts, mais surtout parce que je partage la souffrance de mon peuple et que je souhaite rester proche des personnes qui m’ont été confiées, en cette période de profonde tribulation et d’épreuve. Ma devise épiscopale, « Omnia in caritate », est une source d’inspiration pour mes actions. Dans le même temps, j’invite chacun à rester uni dans la foi et à affronter ensemble cette situation difficile avec compassion, courage et espérance. »<br /><br />- Face à un tel état de destruction, on pourrait se laisser envahir par le découragement. Où trouver la force de repartir ?<br /><br />« Nous ne pouvons pas rester figés dans notre douleur. La question qui se pose à nous est la suivante : que pouvons-nous faire ensemble à partir de maintenant ? Après avoir été mis à genoux, nous souhaitons nous relever avec l’aide de Dieu et grâce à notre solidarité mutuelle. C’est précisément là que la foi chrétienne devient une source profonde de force. D’un point de vue humain, tout peut sembler sombre. Nous pouvons nous sentir impuissants et accablés. Et pourtant, même au cœur de notre fragilité, nous pouvons encore faire l’expérience de la grâce de Dieu et de sa présence aimante. Comme nous le rappelle l’Apôtre Paul dans l’Épître aux Romains , nous croyons que le Dieu qui a vaincu la mort par la Résurrection peut faire naître une nouvelle aube même dans l’obscurité de cette tragédie. Même au milieu des ravages causés par le séisme, nous avons confiance que Dieu nous guidera de la souffrance vers l’espérance et le renouveau, vers la reprise, vers la lumière. »<br /><br />- Juste après le séisme, vous avez lancé un appel pastoral solennel. Quel est le message principal que vous adressez aux fidèles et aux prêtres ?<br /><br />« Dans l’appel pastoral que j’ai lancé immédiatement après le tremblement de terre, j’ai invité tous les fidèles, ainsi que les prêtres, à rester fermes dans l’espérance. Cette espérance repose uniquement sur l’amour fidèle de Dieu, qui reste à nos côtés même au milieu de cette catastrophe et des ténèbres qui ont envahi nos vies. Cette espérance se traduit concrètement par notre engagement à aider et à soutenir les victimes, ainsi que par les efforts communs du diocèse pour faire face à cette catastrophe. »<br /><br />- Concrètement, quelles mesures la communauté de Ruteng met-elle en œuvre pour apporter une première aide d'urgence aux familles sinistrées ?<br /><br />« Par l’intermédiaire des paroisses et des institutions du diocèse, nous avons immédiatement apporté une aide d’urgence aux victimes. Nous avons mis à disposition des tentes pour les personnes sinistrées dans différentes paroisses, mis en place un point d’accueil pour les patients à l’hôpital régional de Ruteng, collecté des dons dans divers endroits et créé des centres d’aide. Ces initiatives ont été coordonnées par Caritas et le Centre pastoral du diocèse de Ruteng. Tout aussi importante est la collecte systématique et la vérification des données relatives aux personnes touchées, en collaboration avec les institutions gouvernementales compétentes. Ces données sont essentielles pour garantir que l’aide puisse être distribuée rapidement, efficacement et équitablement. »<br /><br />- Les répliques sismiques continuent de semer la peur parmi la population. Quelles mesures avez-vous prises pour les célébrations liturgiques ?<br /><br />« Nous avons pris des mesures de prévention face aux nombreuses répliques sismiques. J’ai exhorté les curés à célébrer les messes dans des espaces ouverts et sûrs, plutôt qu’à l’intérieur des églises, des chapelles ou d’autres bâtiments. Et les gens nous offrent une formidable preuve de foi : les célébrations sont marquées par une grande intensité spirituelle. »<br /><br />- Outre la nourriture, les tentes et la sécurité matérielle, de quoi d’autre la population de Flores a-t-elle besoin en ce moment ?<br /><br />« Bien sûr, notre réponse ne se limite pas à une simple aide matérielle. Le soutien spirituel et psychologique apporté aux victimes est tout aussi important. Grâce à nos prêtres, à nos religieux et religieuses, à l’équipe pastorale, ainsi qu’à des laïcs compétents, nous accompagnons les victimes par une pastorale de la présence, avec des parcours de guérison du traumatisme, mais aussi par la prière communautaire, qui aide à apaiser les blessures et agit comme un baume pour l’âme de chacun. »<br /><br />- Au-delà de la situation d'urgence, comment vous organisez-vous pour l'avenir et la reconstruction ?<br /><br />« Nous nous engageons, dès à présent, à regarder au-delà de l’immédiat après le séisme, c’est-à-dire à dépasser l’urgence du moment, pour commencer à réfléchir à la situation qui suivra, avec les différentes mesures de réhabilitation et de reconstruction, en collaboration avec le gouvernement et les autres parties prenantes. Nous continuons à prier pour les victimes et pour tous ceux qui offrent bénévolement leur aide, leur soutien et leur énergie pour venir en aide aux personnes déplacées. Nous croyons que Dieu veille sur nous. Son amour fidèle ne faiblit jamais. Cette certitude nous permet d'aller de l'avant et de regarder l'avenir avec espoir, en voyant d'ores et déjà le bien qui viendra. »<br /><br />Wed, 19 Aug 2026 12:14:26 +0200PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE - Le Cardinal Tagle au Jubilé de Bougainville : « La foi est parvenue jusqu’ici grâce à la célébration de l’Eucharistie »https://fides.org/fr/news/78060-PAPOUASIE_NOUVELLE_GUINEE_Le_Cardinal_Tagle_au_Jubile_de_Bougainville_La_foi_est_parvenue_jusqu_ici_grace_a_la_celebration_de_l_Eucharistiehttps://fides.org/fr/news/78060-PAPOUASIE_NOUVELLE_GUINEE_Le_Cardinal_Tagle_au_Jubile_de_Bougainville_La_foi_est_parvenue_jusqu_ici_grace_a_la_celebration_de_l_Eucharistie<p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/L3nuhcMAgCM?si=ibUHEGWd4O7kMtXq" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p><br /><br /><br />par Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Buka – « Il s’agit certes d’un événement local, mais d’un événement local ouvert à l’univers ». C’est par ces mots que le Cardinal Luis Antonio Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l’évangélisation et envoyé spécial du Pape Léon XIV, a résumé la signification du 125e anniversaire de l’arrivée de la foi catholique à Bougainville. En présidant la messe jubilaire dans la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption à Hahela, sur l’île de Buka, le Cardinal a invité l’Église locale à renouveler son engagement missionnaire, à renforcer la communion entre les différentes réalités ethniques et sociales et à rechercher le Royaume de Dieu avant toute autre préoccupation.<br /><br />La célébration a réuni des fidèles venus des régions du nord, de l’est, de l’ouest, du sud et du centre de Bougainville, ainsi que des Évêques, des prêtres, des religieux et des laïcs d’autres Églises locales. Le Cardinal Tagle a également transmis les salutations et la bénédiction du Pape Léon XIV. « Lorsque je lui ai dit que je viendrais à Bougainville pour cette célébration, il m’a répondu : “Oh, Bougainville. Je vous prie de leur transmettre ma proximité, mes bénédictions et mes salutations” », a rapporté le Cardinal.<br /><br />Ce jubilé commémore la première messe célébrée le 7 août 1901 sur l’île d’Ahok-Ahok par deux prêtres missionnaires, les pères Peter Mayer et Eugène Ender. « La foi chrétienne est arrivée ici grâce à la célébration de l’Eucharistie », a fait remarquer le Cardinal Tagle. « J’imagine qu’il y a 125 ans, il n’y avait ni foule, ni assemblée comme celle-ci. Il ne devait y avoir que les deux missionnaires et quelques compagnons. Et regardez, 125 ans plus tard : non seulement des habitants de Bougainville, mais aussi des personnes venues d’autres parties du monde sont ici. »<br /><br />Le diocèse de Bougainville, qui célèbre également le 60e anniversaire de sa création, rassemble aujourd’hui plus de 200 000 fidèles répartis dans 35 paroisses. Son histoire porte les traces des débuts missionnaires, du service des catéchistes laïcs, des bouleversements de la Seconde Guerre mondiale et des blessures causées par le conflit interne connu sous le nom de « crise de Bougainville ». Le Jubilé a toutefois mis en lumière une Église qui a pris racine au sein de la population locale et qui est appelée à assumer de plus en plus pleinement sa mission et ses responsabilités.<br /><br />Dans son homélie, le Cardinal Tagle a souligné que les lectures proclamées lors de la messe jubilaire étaient les mêmes textes bibliques que ceux entendus lors de la première célébration eucharistique, il y a 125 ans. « Ce furent les premières paroles de l’Écriture proclamées ici, à Bougainville », a-t-il déclaré. « Nos cœurs débordent de gratitude. Dieu a été fidèle. » Le Cardinal a invité les fidèles à accueillir à nouveau ces premières paroles de l’Évangile comme un appel pour le présent : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu. Servez Dieu. »<br /><br />En méditant sur l’avertissement évangélique selon lequel nul ne peut servir deux maîtres, le Cardinal Tagle a souligné que les « nombreux rois et reines » qui se disputent la suive d’hommes le font souvent en alimentant l’angoisse. « C’est à travers nos préoccupations et nos angoisses que nous découvrons les rois et les reines qui nous gouvernent », a-t-il déclaré. Le souci de l’apparence, des biens que l’on possède ou du statut social peut nous amener à oublier ceux qui sont plus pauvres ou plus vulnérables. Au contraire, le Royaume de Dieu ne repose pas sur la peur, mais sur la confiance : « Ce n’est pas de l’inquiétude ; c’est la foi, c’est la confiance. Dieu prendra soin de nous pour notre bien. »<br /><br />Le Cardinal a souligné que rechercher le Royaume de Dieu ne signifie pas se soustraire au travail, aux études ou aux responsabilités quotidiennes. Au contraire, a-t-il déclaré, les croyants sont appelés à mettre leur énergie, leurs talents et leur travail au service de la justice. « La justice de Dieu, c’est sa vérité. Cela signifie aimer, respecter les personnes, prendre soin de la nature et de la création, en partageant avec les autres les biens de la terre et des mers. » La personne juste, a-t-il ajouté, ne vole pas, n’exploite pas et ne trompe pas les autres.<br /><br />« L’Eucharistie, a poursuivi le Cardinal, est la source et le modèle de cette unité. » S’adressant également aux nombreux fidèles rassemblés à l’extérieur de la cathédrale, il a déclaré : « Vous êtes peut-être à l’extérieur, mais vous faites partie du Corps vivant du Christ qui célèbre aujourd’hui ce moment de grâce. Les murs ne sont pas de véritables murs. Nous ne formons qu’un, aujourd’hui et pour toujours ». Évoquant les paroles de Saint Paul, il a rappelé qu’en Christ, les croyants ne sont plus « des étrangers les uns pour les autres ». « Les murs qui vous séparaient ont disparu en Christ », a-t-il déclaré. « En Jésus, il n’y a plus de distinction entre les groupes ethniques, les clans, les tribus, les riches ou les pauvres, les instruits ou les non-instruits. Nous formons une seule et même famille en Jésus ». Cette unité commence par la reconnaissance, exprimée au début de chaque messe, que tous sont pécheurs et ont besoin de la miséricorde de Dieu.<br /><br />L’appel du Cardinal Tagle met en avant un défi particulièrement important en Papouasie-Nouvelle-Guinée, pays comptant plus de 800 langues et caractérisé par de fortes identités tribales. L’Église locale a souvent été un lieu où des personnes issues de réalités différentes se rencontrent comme une seule et même famille, contribuant ainsi à la réconciliation et à l’unité nationale à travers la vie paroissiale, les écoles, les centres de santé et les initiatives de consolidation de la paix. Le Cardinal a invité les familles chrétiennes à devenir de « petites Églises », caractérisées par le pardon mutuel, la bénédiction et l’écoute attentive de la Parole de Dieu. Il les a exhortées à ne pas laisser les médias numériques et autres distractions se substituer à l’écoute commune des Écritures. Il a également établi un lien entre la spiritualité eucharistique et le travail quotidien : les fruits de la terre et le travail de l’homme, apportés à l’autel, deviennent, par l’action de l’Esprit, le Corps et le Sang du Christ. « Même dans la vie quotidienne, faites en sorte que votre travail soit la présence du Christ », a-t-il déclaré.<br /><br />À l’issue de la célébration eucharistique, le Cardinal Tagle est revenu sur le caractère missionnaire de la messe. « “Allez, la messe est finie” : allez, voilà la mission », a-t-il déclaré. « Ce que vous avez entendu dans la Parole de Dieu, ce que vous avez reçu, ce que vous avez touché, allez le partager avec les autres. » Il a demandé à l’Église de Bougainville de porter l’expérience de l’Eucharistie dans les foyers, les quartiers et les villages, en transmettant la foi aux générations futures. « Nous espérons célébrer le 500e anniversaire de l’évangélisation de Bougainville », a déclaré le Cardinal. « Mais cela dépend non seulement de la bénédiction du Seigneur, mais aussi de notre responsabilité, de notre devoir de diffuser la Bonne Nouvelle ». Il a conclu en invitant les fidèles à se dire les uns aux autres : « Vous êtes bénis par le Seigneur. Vous êtes vraiment bénis ».<br /><br />Le Cardinal Tagle a conclu sa visite pastorale de trois jours en Papouasie-Nouvelle-Guinée par une messe de clôture célébrée lundi soir dans la paroisse Mary Queen of the Pacific de Waigani, à Port Moresby, en présence des membres de la communauté de Bougainville qui vivent et travaillent dans la capitale. L'Aarchevêque Maurizio Bravi, Nonce Apostolique en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Îles Salomon, Mgr Jacek Tendej, Évêque d’Alotau, Mgr Paul Sundu, Évêque de Kundiawa, et le père Lawrence Arockiaraj, Secrétaire Général de la Conférence épiscopale catholique ont concélébré. L’église était comble de fidèles, parmi lesquels des membres de la communauté philippine et l’ancien président de la région autonome de Bougainville, le docteur John Momis, accompagné de son épouse. Le Cardinal a ensuite décollé de l’aéroport international de Jacksons à destination de Manille, avant de poursuivre son voyage vers Rome. Tue, 18 Aug 2026 15:40:34 +0200AFRIQUE/ZAMBIE - Le président Hichilema réélu dans un climat de tension ; les Évêques appellent à la transparence et au respect de l'État de droithttps://fides.org/fr/news/78059-AFRIQUE_ZAMBIE_Le_president_Hichilema_reelu_dans_un_climat_de_tension_les_Eveques_appellent_a_la_transparence_et_au_respect_de_l_Etat_de_droithttps://fides.org/fr/news/78059-AFRIQUE_ZAMBIE_Le_president_Hichilema_reelu_dans_un_climat_de_tension_les_Eveques_appellent_a_la_transparence_et_au_respect_de_l_Etat_de_droitLusaka - Le président zambien Hakainde Hichilema a été réélu pour un second mandat de cinq ans lors des élections qui se sont tenues le 13 août .<br /><br />Hichilema a remporté 2 965 326 voix, soit 60,49 % des 4 902 050 suffrages valides exprimés. Son principal adversaire, Brian Mundubile, a obtenu environ 1 856 217 voix, soit 37,87 % du total. M. Mundubile a été contraint à l'exil après avoir été accusé d'avoir pris part à un prétendu complot en vue d'une insurrection armée.<br /><br />Au moins dix personnalités de premier plan du camp politique de Mundubile ont été arrêtées, dont son porte-parole, George Chisanga, et Patrick Mwansa, époux de la fille de l’ancien président Edgar Lungu. Le gouvernement affirme que les personnes arrêtées étaient de mèche avec des ressortissants étrangers pour mettre en place des camps d’entraînement militaire illégaux. <br /><br />Le 15 août, Mundubile a déclaré que « des militaires lourdement armés de l’Armée nationale de Zambie » s’étaient rendus à son domicile. Selon l’homme politique, les militaires auraient tiré des coups de feu après avoir fait irruption dans la maison, semant la terreur parmi les membres de sa famille. Mundubile a qualifié cette attaque d’attentat contre sa vie.<br /><br />Quelques heures plus tard, la Commission électorale a suspendu le dépouillement des votes, invoquant le vol de bulletins déjà marqués et des actes de violence à l'encontre de ses agents, sans toutefois fournir davantage de détails. Des représentants de l'opposition ont interprété cette suspension soudaine, puis la reprise rapide du dépouillement, comme un stratagème visant à influencer le résultat de l'élection présidentielle.<br /><br />Dans un communiqué, la Conférence épiscopale de Zambie affirme avoir « suivi avec une profonde inquiétude le déroulement des élections législatives du 13 août 2026 et les événements qui ont suivi ».<br /><br />« Nous, pasteurs de l’Église catholique en Zambie et voix morales dans la vie de cette nation, ne pouvons rester silencieux alors que l’intégrité d’un processus aussi fondamental pour le bien-être et l’avenir du peuple zambien risque d’être remise en cause », poursuit le communiqué parvenu à l’Agence Fides.<br /><br />Les Évêques soulignent qu’ils « s’expriment non pas dans l’intérêt d’un parti politique ou d’un candidat quelconque, mais pour défendre la Constitution, l’État de droit et le droit sacré de chaque Zambien à voir son vote compté et respecté ».<br /><br />Les Évêques s'attardent en particulier sur la suspension du dépouillement des votes ordonnée le 14 août par la Commission électorale de Zambie . « Tout en reconnaissant que la Commission a par la suite indiqué que le dépouillement avait repris dans le cadre de mesures de sécurité renforcées, le fait même que cette suspension ait été ordonnée le lendemain du scrutin est une question qui devrait préoccuper tout citoyen de bonne volonté », affirment les Évêques.<br /><br />La ZCCB exprime également son inquiétude face aux « informations préoccupantes concernant le traitement réservé aux membres et aux responsables des partis politiques d’opposition, notamment des allégations de harcèlement de la part d’agents armés, alors que certaines personnes arrêtées ont disparu sans laisser de traces ».<br /><br />Les Évêques admettent que tous les signalements d’abus « n’ont pas été vérifiés par des sources indépendantes », mais c’est précisément pour cette raison qu’ils réclament « la plus grande transparence : toute personne détenue par les autorités publiques doit être immédiatement identifiée, se voir garantir l’accès à un avocat et à sa famille, et être jugée conformément à la loi ou remise en liberté ».<br /><br />La déclaration se termine par un « appel au calme, à la patience et à la prière ». « Prions pour que la paix règne sur notre terre et pour que la sagesse et l'intégrité règnent parmi ceux à qui sont confiés le dépouillement et l'annonce des résultats ». <br />Tue, 18 Aug 2026 11:25:56 +0200ASIE/CORÉE DU SUD - Le chemin vers les JMJ 2027 croise celui de la doctrine sociale de l'Églisehttps://fides.org/fr/news/78058-ASIE_COREE_DU_SUD_Le_chemin_vers_les_JMJ_2027_croise_celui_de_la_doctrine_sociale_de_l_Eglisehttps://fides.org/fr/news/78058-ASIE_COREE_DU_SUD_Le_chemin_vers_les_JMJ_2027_croise_celui_de_la_doctrine_sociale_de_l_Eglisepar Pascale Rizk<br /><br />Gwangju – « La doctrine sociale de l’Église n’est pas un enseignement philanthropique du type “aidez les plus démunis”, mais consiste plutôt à s’interroger sur le type de société que nous devons construire pour que les êtres humains puissent vivre dans la dignité » : telle est la question essentielle soulevée par le père Vincenzo Segil Son devant les jeunes de l’archidiocèse de Gwangju, réunis les 15 et 16 août à l’université catholique de Gwangju en vue des Journées mondiales de la jeunesse 2027 à Séoul. « Ces deux journées ont été riches en activités : des cours de catéchèse, des prières inspirées de Taizé, des initiatives et des moments de partage organisés autour de différents stands, une célébration solennelle et un festival de louange », rapporte le père Son à l’Agence Fides.<br />Selon le communiqué du diocèse, « le Comité d’organisation diocésain a mis en place ce parcours afin que les jeunes puissent avant tout devenir des pèlerins, avoir un avant-goût des JMJ et les accueillir comme une expérience joyeuse de foi », en encourageant la participation des jeunes afin qu’ils deviennent « Porteurs d’Accueil » qui accueilleront avec joie les jeunes venus du monde entier à l’occasion de la Conférence diocésaine des JMJ 2027.<br /><br />« Créé à l’image de Dieu, chaque être humain possède une valeur intrinsèque », explique le père Vincenzo, en rappelant le contexte historique qui a conduit à la publication de l’encyclique *Rerum Novarum* du Pape Léon XIII. « Ce document défendait les droits, la dignité et les conditions de vie équitables des travailleurs, marquant ainsi le début de la doctrine sociale catholique moderne » ; l’un des quatre thèmes proposés aux jeunes de Gwangju, aux côtés de ceux de la mission, de la vocation et de l’éducation affective.<br /><br />En revenant sur les événements qui se sont déroulés dans son archidiocèse en mai 1980, lorsque la révolte contre le régime de Chun Doo-hwan a éclaté, le père Son a retracé le parcours de la communauté ecclésiale de l'époque et le choix de camp opéré alors par l'archidiocèse. Le choix de « ne pas se taire » et de « défendre la dignité humaine », en dénonçant les conditions d’exploitation et en organisant des rencontres de prière dans un climat marqué par les arrestations et la torture. En évoquant les événements du 18 mai, lorsque la répression a conduit au « massacre de Gwangju », l’invitation adressée aux jeunes a été de réfléchir « à la manière d’agir et au rôle de l’Église dans la vie en commun dans le monde », afin d’aider chacun à « discerner sa place dans le monde souffrant d’aujourd’hui » et à « reconnaître aujourd’hui les lieux où la dignité humaine est bafouée et à se demander comment agir ».<br /><br />Le chemin vers les JMJ de Séoul prend forme à travers diverses initiatives, en Corée du Sud et dans d’autres pays. Après avoir publié l’hymne officiel des JMJ , le site « Catholic Internet Good News » de l’archidiocèse de Séoul a lancé l’application de prière « Catholic Prayer », qui permet aux utilisateurs de prier, de méditer et de s’informer sur les sanctuaires. Toujours au mois d’août, l’équipe de promotion des JMJ a parcouru le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne afin de promouvoir les JMJ 2027 de Séoul, en organisant des spectacles, en distribuant des tracts et en exécutant des danses traditionnelles et de la K-pop dans les rues. Du 5 au 10 août, les membres de l’équipe ont mobilisé environ 4 000 pèlerins autour de leurs initiatives. De plus, et pour la première fois dans l’histoire des JMJ, des lignes directrices, distinctes des mesures de sécurité générales, seront consacrées à la protection des mineurs et des adultes vulnérables. Élaboré avec la contribution de la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs et des autorités ecclésiastiques locales, ce document expliquera les conséquences des comportements inappropriés en tenant compte des procédures juridiques coréennes.<br /><br />La ville de Gwangju a été le théâtre du soulèvement et de la lutte contre la dictature militaire. Lorsque l'armée a violemment réprimé les manifestations le 18 mai 1980, les citoyens, les étudiants et les travailleurs se sont rebellés pour réclamer la fin du régime autoritaire. L'interprétation du « Mouvement de démocratisation du 18 mai » a évolué au fil du temps, passant d'une qualification officielle de « soulèvement d'inspiration communiste » à celle de symbole national du sacrifice pour la démocratie et les droits de l'homme ; une libération étroitement liée à celle du « Gwangbokjeol » , le Jour de la Libération du 15 août, célébré en mémoire de la libération de la Corée de la domination coloniale japonaise .<br />« La libération complète reste pour nous une tâche qui doit encore être menée à bien », a déclaré le président Lee Jae-myung dans son récent appel au dialogue avec la Corée du Nord, lancé à l’occasion du 79e anniversaire de la Libération du 15 août. Évoquant l’héritage de Gwangju, le président a établi un lien entre le dialogue entre les deux Corées et le long chemin vers la démocratie entamé en Corée du Sud dès 1980, en exprimant l’espoir que ce dialogue contribue à franchir de nouvelles étapes vers une coexistence pacifique.<br />Mon, 17 Aug 2026 19:29:30 +0200AMÉRIQUE/PÉROU - Le Vicariat Apostolique d’Iquitos lance un appel urgent pour lutter contre l’avancée des mines illégales en Amazoniehttps://fides.org/fr/news/78057-AMERIQUE_PEROU_Le_Vicariat_Apostolique_d_Iquitos_lance_un_appel_urgent_pour_lutter_contre_l_avancee_des_mines_illegales_en_Amazoniehttps://fides.org/fr/news/78057-AMERIQUE_PEROU_Le_Vicariat_Apostolique_d_Iquitos_lance_un_appel_urgent_pour_lutter_contre_l_avancee_des_mines_illegales_en_AmazonieIquitos – Le Vicariat Apostolique d’Iquitos a lancé un appel pressant à agir immédiatement contre l’augmentation dévastatrice de l’exploitation minière illégale dans le bassin du fleuve Nanay, dans une déclaration officielle publiée le 17 août.<br /><br />Le Nanay est la principale source d’eau potable pour plus d’un demi-million d’habitants de la ville d’Iquitos, ainsi que pour de nombreuses communautés autochtones de l’Amazonie péruvienne.<br /><br />Le texte exprime une profonde inquiétude face aux données révélées par une étude récente basée sur des images satellites : sur les 1 518 cas de dragage minier recensés depuis 2017 dans 13 cours d’eau du département de Loreto, près de la moitié sont apparus depuis le début de l’année 2025. 70 % du total ont été enregistrés sur le Nanay, territoire ancestral du peuple Ikitu. C’est le fleuve Nanay qui a enregistré la plus forte augmentation des activités de dragage ; viennent ensuite le Marañón, avec 108 nouveaux cas depuis 2025, et le Tigre, avec 67. Parallèlement, la déforestation progresse sur les rives du Nanay, en lien avec l’exploitation minière alluviale.<br /><br />Se référant aux Écritures – « Au Seigneur appartient la terre et tout ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent » –, le Vicariat souligne que « profaner la création revient à porter atteinte à Dieu lui-même ». Le document fait également référence au discours prononcé par le pape François devant les peuples de l’Amazonie à Puerto Maldonado, en janvier 2018, rappelant l’appel à « rompre avec le paradigme historique qui considère l’Amazonie comme un garde-manger inépuisable ». Le Souverain Pontife dénonçait à cette occasion la « pollution environnementale favorisée par l’exploitation minière illégale » et la « dévastation de la vie » qui l’accompagne : « la traite des êtres humains, le travail forcé ou les abus sexuels ».<br /><br />En tant que « Peuple de Dieu de l’Amazonie », le Vicariat apostolique rappelle que l’octroi de concessions minières viole les droits environnementaux et les réglementations en vigueur, y compris les arrêtés régionaux qui déclarent le Nanay zone exclue de toute activité d’extraction minière.<br /><br />L’intensification de l’activité minière, ajoute le document, engendre de la violence et menace la sécurité nationale, et nécessite une réponse intégrée de la part du gouvernement national et des autorités régionales. Les impacts de l’exploitation minière, en particulier la contamination au mercure, nuisent en outre à la santé de la population et à la sécurité alimentaire des communautés.<br /><br />Le Vicariat apostolique demande donc aux autorités compétentes – en particulier à l’Institut géologique, minier et métallurgique , au ministère de l’Énergie et des Mines, au ministère de l’Intérieur et au ministère de la Défense – trois mesures urgentes : « la déclaration immédiate de nullité de toute concession minière, métallique ou non métallique, délivrée par l’INGEMMET sur ce bassin » ; « le démantèlement définitif des dragues et des installations d’extraction illégales » qui continuent de détruire les écosystèmes et de nuire à la santé et à la sécurité de la population de Nanay ; et un « contrôle effectif » des engins et des matériaux qui pénètrent dans le bassin par voie fluviale ou par des voies clandestines « bien connues ».<br /><br />Il est demandé aux députés et au sénateur du département de Loreto de promouvoir une initiative législative visant à interdire toute concession minière dans les cours d’eau amazoniens. Le texte exhorte en outre le Congrès et la Contraloría General de la República à mener un contrôle approfondi des activités de l’INGEMMET, à la lumière des préoccupations exprimées concernant l’acceptation et le traitement des demandes minières dans les zones soumises à des mesures de protection.<br /><br />Réaffirmant sa volonté de collaborer à l’élaboration de propositions juridiques visant à faire face à l’urgence et à défendre la « maison commune », le Vicariat conclut par les paroles du Pape François : « La défense de la terre n’a d’autre but que la défense de la vie ».<br /><br />Le document est signé par Mgr Miguel Ángel Cadenas Cardo, Vicaire apostolique d’Iquitos, ainsi que par dix-neuf prêtres et responsables de paroisses et d’organismes pastoraux, par le recteur du Séminaire inter-vicarial amazonien, par la Commission des droits de l’homme et par la Vicariat de l’Eau du vicariat. Mon, 17 Aug 2026 18:01:33 +0200ASIE/VIETNAM - « J'ai entendu vos prières ». 160 000 personnes se sont rendues au 32e congrès-pèlerinage marial de La Vanghttps://fides.org/fr/news/78055-ASIE_VIETNAM_J_ai_entendu_vos_prieres_160_000_personnes_se_sont_rendues_au_32e_congres_pelerinage_marial_de_La_Vanghttps://fides.org/fr/news/78055-ASIE_VIETNAM_J_ai_entendu_vos_prieres_160_000_personnes_se_sont_rendues_au_32e_congres_pelerinage_marial_de_La_Vangpar Andrew Doan Thanh Phong<br /><br />Hue - Malgré les longs trajets et les conditions d’hébergement difficiles dans des tentes de fortune installées sous un soleil de plomb, avec des températures atteignant parfois 40 °C, environ 160 000 Vietnamiens venus de tout le pays et de l’étranger ont participé au « Congrès de La Vang », du 13 au 15 août 2026.<br /><br />Le Congrès de La Vang se tient traditionnellement tous les trois ans, depuis 1901, et celui de 2026 en était à sa 32e édition. Les deux éditions prévues en 2020 puis en 2023 n’ont pas pu avoir lieu en raison de la pandémie de COVID-19. Mais même les années où le congrès n’a pas lieu, le nombre de pèlerins catholiques qui se rendent au sanctuaire marial reste important, oscillant entre environ 70 000 et 90 000. Tout cela reflète la dévotion, l’amour et la confiance des catholiques vietnamiens envers la Vierge Marie.<br /><br />« Lors du pèlerinage à La Vang, nous n’emportons pas de bagages encombrants, mais le bagage spirituel que nous portons est immense, et il comprend les joies et les peines de la vie. Nous venons vers la Vierge Marie afin qu’elle nous conduise vers Jésus » : c’est ce qu’a déclaré Mgr Joseph Nguyen Nang, Archevêque de l’archidiocèse de Saigon et président de la Conférence épiscopale catholique du Vietnam, lors de la cérémonie d’ouverture du 32e Congrès du pèlerinage marial de La Vang, célébrée au sanctuaire de La Vang, dans l’archidiocèse de Hué, au centre du Vietnam. En s’attardant sur le thème « Marie – Annonciatrice de l’Évangile », l’Archevêque a également invité chacun à imiter la Bienheureuse Vierge Marie en devenant des disciples missionnaires, prêts à accueillir l’Évangile et à le partager avec ceux qui les entourent dans la vie de tous les jours.<br /><br />Dans cette atmosphère sacrée et vibrante, l’Archevêque Joseph Vu Van Thien de Hanoï, célébrant principal, a rappelé l’apparition de la Vierge Marie survenue en 1798, au milieu des souffrances des catholiques vietnamiens fuyant les persécutions religieuses de la cour féodale vietnamienne, dans la forêt dense où se dresse aujourd’hui le sanctuaire de La Vang.<br /><br />Depuis lors, d’innombrables générations de Vietnamiens ont cherché et trouvé du réconfort auprès de la Mère de La Vang, qui a promis : « Ayez une foi inébranlable et supportez vos souffrances avec patience. J’ai entendu vos supplications. Désormais, quiconque viendra en ce lieu pour m’implorer verra ses prières exaucées et recevra des grâces selon ses intentions ». Tels sont les mots prononcés par Joseph Thien lors de la messe d’ouverture du Congrès, le 13 août 2026 à 18 h.<br /><br />Afin de garantir le bon déroulement de ce congrès de trois jours, les autorités locales et les organismes compétents ont pris diverses mesures pour assurer aux participants la sécurité, la fluidité du trafic, l’hygiène environnementale, la sécurité alimentaire et les soins de santé. « Tout le personnel en service doit faire preuve d’un sens aigu des responsabilités et adopter une attitude courtoise et amicale, mais ferme, pour guider et assister les paroissiens et les pèlerins, garantissant ainsi une sécurité maximale et la fluidité de la circulation pendant le 32e Congrès de La Vang », a déclaré le colonel Le Phuong Nam, directeur adjoint de la police provinciale, en s’adressant aux agents en service et en soulignant l’importance de l’événement.<br /><br />Grâce à la préparation conjointe des autorités locales, de l'administration de l'archidiocèse de Hué et de toutes les autres personnes impliquées, et par l'intercession de la Mère de La Vang, le 32e pèlerinage de Notre-Dame de La Vang s'est déroulé dans la sécurité et la solennité.<br /><br />Malgré l’affluence importante, la communauté des enfants de la Mère de La Vang est toujours restée joyeuse, accueillante et chaleureuse, et pendant la messe et les autres moments de prière, tous ont participé dans le calme et la solennité. « Peu importe que nous dormions sur des bâches, des nattes, des hamacs ou dans des tentes, ou que nous mangions et buvions de manière improvisée, tout va bien… tant que nous pouvons venir auprès de la Mère et rester avec elle, nous sommes heureux » : tels sont les mots de Mme Matta Nguyet, pèlerine de Hô Chi Minh-Ville, dans le sud du Vietnam.<br /><br />L'Archevêque de Hué, Joseph Dang Duc Ngan, a lui aussi affirmé que ce congrès avait été organisé avec beaucoup de soin, grâce à la merveilleuse collaboration de nombreux bénévoles venus de tout le pays, et en particulier des frères et sœurs de la communauté de Dieu de presque toutes les paroisses de l'archidiocèse de Hué. Il a confirmé : « C'est la preuve concrète de la communion vivante au sein de l'Église du Vietnam. ».<br /><br />La procession en l'honneur de la Vierge Marie, qui s'est déroulée aux premières heures du matin du 15 août, a marqué le début de la messe de clôture du 32e Congrès de pèlerinage de La Vang, présidée par l'Archevêque de l'archidiocèse de Hué, Joseph Dang Duc Ngan, et concélébrée par plusieurs autres Évêques de l’Église vietnamienne ainsi que par des centaines de prêtres, en présence d’un grand nombre de pèlerins. Au cours de son homélie, l’Archevêque Joseph Nguyen Chi Linh, ancien Archevêque de l’archidiocèse de Hué, a rappelé aux fidèles : « Dès que vous retournerez auprès de vos familles et sur vos lieux de travail, emportez avec vous l’esprit de Notre-Dame de La Vang, c’est-à-dire menez une vie morale et vivez en imitant la Vierge Marie ».Sun, 16 Aug 2026 18:11:04 +0200EUROPE/FRANCE - Le « Sanctuaire Étendu » : un pèlerinage missionnaire sous le signe de Saint-Jean-Eudeshttps://fides.org/fr/news/78056-EUROPE_FRANCE_Le_Sanctuaire_Etendu_un_pelerinage_missionnaire_sous_le_signe_de_Saint_Jean_Eudeshttps://fides.org/fr/news/78056-EUROPE_FRANCE_Le_Sanctuaire_Etendu_un_pelerinage_missionnaire_sous_le_signe_de_Saint_Jean_Eudespar Pascale Rizk<br /><br />Caen – Afin que l’ancienne « Mission de Caen » ne reste pas seulement un édifice historique, mais devienne un lieu de mémoire vivante, les Pères Eudistes et Marie, en collaboration avec les Sœurs de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur de la province française, ont souhaité inaugurer ce qu’ils appellent « le Sanctuaire Étendu ». Un itinéraire de pèlerinage à travers les lieux, la pierre et les souvenirs, les joies, les épreuves et la dévotion au Cœur de Jésus et de Marie qui ont façonné le parcours de saint Jean Eudes , fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie et de l’Ordre de Notre-Dame de la Charité. Conçu à l’occasion de la célébration du centenaire de la canonisation de Jean Eudes, survenue le 31 mai 1925, cet itinéraire se déploie en quatre étapes proposées pour approfondir sa spiritualité : Les Tourailles, Ri-Halboville, la Delivrande et Caen.<br /><br />Ri et le baptême<br /><br />Ancrés dans une société rurale du XVIIe siècle, profondément marquée par les guerres de religion et les épidémies de peste qui plongeaient de nombreuses familles dans le deuil, le village et l’église de Ri, en Normandie, apparaissent comme le berceau concret des racines de la spiritualité de saint Jean Eudes. « C’est à la suite d’un vœu fait à Notre-Dame de la Recouvrance des Tourailles que sa mère est tombée enceinte, alors que le couple souffrait d’infertilité depuis des années », nous raconte Sœur Nathalie Champ, des Sœurs de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur. « Après la naissance de Jean, ses parents sont retournés au sanctuaire pour rendre grâce. Par la suite, le couple a eu six autres enfants », ajoute-t-elle.<br />Le baptême de Jean Eudes a lieu dans l’église Notre-Dame de la Visitation à Ri, où il reviendra à plusieurs reprises au cours de sa vie.<br /><br />Jean Eudes considérait sa naissance comme une intervention divine dans la vie de ses parents. Baptisé deux jours après sa naissance, il verra plus tard dans cet événement un signe de la protection de Marie, dans la lignée de la dévotion mariale qui caractérisera toute sa spiritualité. Pour lui, le baptême n’était pas un simple rite d’initiation, mais une « génération ineffable » et une « naissance merveilleuse » qui fait du baptisé un membre vivant du Corps du Christ, animé par le Saint-Esprit. Jean Eudes décrivait l’Esprit comme « l’Esprit de notre esprit, le cœur de notre cœur, l’âme de notre âme, pour demeurer toujours avec nous et en nous », soulignant ainsi une intimité trinitaire vécue au quotidien.<br />Ainsi, Ri n’est pas seulement un lieu de naissance géographique, mais le point de départ d’une spiritualité baptismale dans laquelle le Saint-Esprit, à l’image de son action en Marie, forme le Christ dans le croyant et oriente toute sa vie vers Dieu.<br /><br />Caen et la mission itinérante<br /><br />Après avoir passé la nuit en prière à Notre-Dame de la Délivrande à Douvres-la-Délivrande, située à 14 kilomètres de Caen, Jean Eudes arrive dans la ville de Caen avec cinq compagnons le 25 mars 1643, jour de l’Annonciation, avec un objectif clair : fonder la Congrégation de Jésus et de Marie et créer le premier séminaire de Normandie. C’est ainsi que débuta son ministère en Normandie, entre fondations, épreuves et persévérance dans la foi. Et ce, malgré la fermeture du séminaire imposée par l’évêque de Bayeux en 1650 : « une décision qui a sans doute causé une grande tristesse à Jean Eudes », raconte sœur Denise Deschamps. Mais « il nourrissait une confiance inébranlable dans la volonté de Dieu ». Ainsi, avec la réouverture du séminaire en mai 1653, il y voit une confirmation divine de la vocation des pères eudistes.<br /><br />Les populations rurales et pauvres, souvent négligées par le clergé de l'époque, étaient au cœur de la mission de Jean Eudes. Accompagné d'un groupe de prêtres, Eudes partait vers différentes villes de Normandie , de Bretagne et de la région de Nantes. Il prêchait avec simplicité, organisait des cours pour les enfants et les adultes et passait des heures aux côtés des prêtres à confesser les fidèles afin d'encourager une véritable conversion et une réconciliation avec leurs ennemis. Ses missions duraient des semaines, voire des mois. S’il revenait parfois à Caen, c’était pour former les séminaristes et rédiger ses ouvrages fondamentaux, « Le Cœur admirable » et le « Mémorial de la vie ecclésiastique ».<br /><br />Comme le rappellent les Eudistes et les sœurs de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur , l’oratoire actuel se dresse à l’endroit même où se trouvait la chambre dans laquelle Jean Eudes vécut pendant près de quarante ans et où il mourut en 1680. « Pour lui – se souvient Sœur Madeleine Giugue, qui, avec Sœur Denise, Sœur Nathalie et les pères Eudistes de Caen, veille sur le patrimoine de cette maison reconquise au fil des ans –, la charité est de tous les instants et constitue la règle des règles. »<br /><br />C’est précisément la charité qui a été la source du zèle missionnaire qui l’a conduit à vouloir servir au quotidien les femmes abandonnées et sans soutien en fondant les Sœurs de Notre-Dame de la Charité.<br /><br />Ces dernières années, les « missions de rue » se sont diversifiées en France. Les jeunes vont témoigner de leur foi auprès des passants et des touristes, en proposant des prières, en distribuant des tracts et en cherchant à établir des contacts personnels, tout en apportant leur soutien aux missions locales.<br /><br />Récemment, certaines paroisses et nouvelles communautés organisent également, de temps à autre, des initiatives d’évangélisation de rue. <br />Sun, 16 Aug 2026 18:05:50 +0200Qu'est-ce qui se cache derrière le conflit diplomatique entre l'Argentine et le Brésil ?https://fides.org/fr/news/78053-Qu_est_ce_qui_se_cache_derriere_le_conflit_diplomatique_entre_l_Argentine_et_le_Bresilhttps://fides.org/fr/news/78053-Qu_est_ce_qui_se_cache_derriere_le_conflit_diplomatique_entre_l_Argentine_et_le_Bresilpar Cosimo Graziani<br /><br />Brasilia/Buenos Aires - Ces derniers jours, une crise diplomatique a marqué les relations entre l’Argentine et le Brésil.<br />Tout a commencé lorsque le président argentin Javier Milei a qualifié son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva de « voleur » et de « condamné » lors d’une interview télévisée. Ces propos ont déclenché la réaction du gouvernement brésilien, qui a immédiatement rappelé son ambassadeur à Buenos Aires, ne laissant comme représentant du pays dans la capitale argentine qu’un chargé d’affaires.<br />Cette crise s’inscrit dans le contexte de la campagne électorale pour les élections présidentielles brésiliennes qui se tiendront l’année prochaine. Ces dernières semaines, Milei a assisté au lancement de la campagne de Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair, actuellement incarcéré pour tentative de coup d’État à la suite de l’assaut contre le bâtiment du Congrès en janvier 2023. Flavio Bolsonaro se présentera à la présidence contre Lula, dans ce qui s’annonce comme une élection polarisante pour ce géant sud-américain.<br />Lula a qualifié les propos de Milei d’« ingérence étrangère » et a défendu cette décision diplomatique en affirmant que le Brésil devait être « traité avec respect ».<br />Cette crise diplomatique s’inscrit dans le cadre d’un affrontement plus large qui se déroule actuellement en Amérique du Sud et dans tout l’hémisphère occidental. Le Brésil reste en effet, avec le Mexique, le dernier grand pays d’Amérique latine dirigé par un gouvernement de gauche. Ces dernières années, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale ont en effet connu une succession de victoires des partis de droite ou de centre-droit. Le Brésil fait figure d’exception à cet égard, car en 2023, un représentant de gauche est revenu au pouvoir, précisément l’année où Milei a prêté serment en tant que président. Alors que le pays s’apprête à entrer dans une nouvelle campagne électorale, la victoire de l’un ou l’autre candidat pourrait non seulement modifier la position politique de Brasilia, mais aussi consolider – ou non – une tendance amorcée il y a plusieurs années. L’enjeu n’est pas seulement le gouvernement du Brésil, mais aussi le positionnement politique de tout un continent.<br />Les conséquences géopolitiques seraient énormes, à commencer par un alignement total sur les États-Unis. Milei et Lula représentent en effet les deux extrêmes du spectre en matière de politique internationale. Alors que le premier s'aligne sur de nombreux sujets internationaux avec le président américain, partageant même avec Donald Trump ses critiques à l'égard d'organisations internationales telles que les Nations unies, le second mène depuis des années une politique fondée sur le multilatéralisme, dans laquelle les organisations internationales jouent un rôle fondamental dans les relations entre États.<br /><br />Un continent tout entier aligné sur les États-Unis de Trump renforcerait, sur le plan international, cette première vision politique, facilitant ainsi l’application du « corollaire Trump » de la doctrine Monroe dans l’hémisphère occidental.<br />Sans oublier les différences économiques. Ces dernières années, l’Argentine s’est rapprochée des États-Unis, notamment en matière d’investissements dans des secteurs clés tels que l’intelligence artificielle. Les contacts entre le gouvernement de Buenos Aires et les grandes entreprises américaines du secteur, qui connaissent un âge d’or sous la présidence de Trump, sont nombreux. L’Argentine vient d’adopter une législation favorable à ces entreprises, fondée sur la déréglementation, tandis qu’à Brasilia, les investissements réalisés portent tous la marque de l’État. Si Flavio Bolsonaro remportait les élections de l’année prochaine, il est possible que ce type de politiques soit également adopté au Brésil, ouvrant ainsi un immense nouveau marché aux entreprises américaines. Sat, 15 Aug 2026 23:09:06 +0200ASIE/INDONÉSIE - Le séisme à Flores, le jour de l'Assomption : peur, dégâts et foi en cette période d'épreuvehttps://fides.org/fr/news/78054-ASIE_INDONESIE_Le_seisme_a_Flores_le_jour_de_l_Assomption_peur_degats_et_foi_en_cette_periode_d_epreuvehttps://fides.org/fr/news/78054-ASIE_INDONESIE_Le_seisme_a_Flores_le_jour_de_l_Assomption_peur_degats_et_foi_en_cette_periode_d_epreuveMaumere – Ce matin, 15 août 2026, l’île de Flores a été frappée par un violent séisme de magnitude 7,7, enregistré peu avant 6 heures. La secousse, dont l’épicentre se situait dans la région de Nagekeo, a été ressentie avec une grande intensité dans de nombreuses localités de l’île, ainsi qu’à Maumere, provoquant des dégâts aux bâtiments et aux infrastructures.<br /><br />Quelques heures après ce tragique événement qui a frappé l’île indonésienne, le père Luigi Galvani, missionnaire camillien et pionnier de la mission locale, a fait part des premières informations à l’Agence Fides.<br /><br />« À Maumere, l’un des lieux les plus touchés a été le port de Lorens Say, où l’effondrement de la salle d’attente a fait des victimes et des blessés », raconte le missionnaire, de retour sur l’île depuis une semaine après son séjour annuel habituel en Italie et sur le point de partir pour la ville voisine de Kupang. « Les premières informations diffusées par les autorités faisaient état de deux victimes et de plusieurs blessés, tandis que le bilan global du séisme n’a cessé d’évoluer au cours des heures qui ont suivi. »<br /><br />« Juste après le séisme, la nouvelle d’un éventuel tsunami s’est répandue. Les autorités ont effectivement lancé une alerte et de nombreuses familles vivant le long des côtes ont rapidement quitté leurs maisons pour se diriger vers les zones les plus élevées et les collines.<br />Ce furent des moments de grande peur », souligne le père Luigi. « Beaucoup de personnes ont passé des heures loin de chez elles, craignant l’arrivée des vagues. Heureusement, l’alerte a ensuite été levée et la catastrophe que beaucoup redoutaient ne s’est pas produite à Maumere. »<br /><br />« Ce qui s’est passé dans nos églises a été particulièrement impressionnant », poursuit le père Galvani dans son récit. « À ce moment-là, certains de nos prêtres célébraient la messe. Lorsque la terre a commencé à trembler violemment, prêtres et fidèles se sont instinctivement précipités hors des églises pour se mettre à l’abri. »<br /><br />« L’un de nos prêtres », ajoute le missionnaire, « était en train de distribuer la Sainte Communion lorsque la secousse a atteint son intensité maximale. Peu après, des morceaux du toit se sont effondrés juste au niveau de l’autel. Il a vraiment eu de la chance et, surtout, nous pouvons dire : grâce à Dieu, il a été épargné. À l’intérieur de l’église, le séisme a laissé des traces évidentes. Le crucifix et plusieurs statues sont tombés par terre. Parmi celles-ci, celle de saint Joseph, dont la tête s’est brisée lors de la chute. Une image qui marque profondément.<br /><br />Un autre de nos pères nous a raconté qu’en voyant tous les fidèles se précipiter hors de l’église, il était lui aussi sorti. Une fois dehors, presque par instinct, il a tenté de conclure la célébration par une bénédiction finale anticipée, en confiant tout le monde à la protection du Seigneur.<br /><br />« Il ne fait aucun doute », reconnaît le missionnaire, « que cette journée restera gravée dans la mémoire des habitants de l’île. La fête de l’Assomption de la Vierge Marie a été marquée par la peur et l’incertitude, mais la foi et l’espérance des gens restent toujours vivantes ».<br /><br />Le père Galvani conclut son témoignage en remerciant le Seigneur d’avoir sauvé de nombreuses personnes et d’avoir évité que les conséquences ne soient pas encore plus graves à Maumere. « Que notre prière s’élève pour les victimes, pour les blessés, pour toutes les familles qui ont subi des dégâts et pour ceux qui, en ce moment même, participent aux opérations de secours ».<br /><br /> Sat, 15 Aug 2026 23:05:49 +0200