AMERIQUE/HONDURAS - Message de l’Episcopat marquant sa préoccupation et la nécessité urgente d’un changement

vendredi, 7 juin 2019 conférences épiscopales   situation sociale   corruption   politique   pauvreté   trafic de stupéfiants  

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Message de l’Episcopat marquant sa préoccupation et la nécessité urgente d’un changement

Tegucigalpa (Agence Fides) – Les Evêques du Honduras, réunis en Assemblée plénière du 3 au 7 juin, dans leur Message de la Conférence épiscopale du Honduras indiquent les principaux problèmes constatés concernant la communauté : le fort cout de la vie, la criminalité et la violence, le chômage, les graves carences du système sanitaire et scolaire et la corruption.
« Cependant, il existe d’autres problèmes – indique le début du texte envoyé à Fides – qui sont également susceptibles de provoquer des conflits, comme ou encore plus grave de ceux que nous vivons actuellement ces jours-ci en matière de santé et d’instruction : des problèmes de législation du Congrès national du Honduras, des problèmes liés aux décisions de l’Exécutif, en ce qui concerne la crise des compagnies publiques des secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports etc. Si chaque problème devait mener à un conflit comme celui que nous connaissons et que tout conflit devait être géré avec la même inefficience, les conséquences pourraient faire précipiter le Honduras dans une crise qui serait très difficile à surmonter ».
Dans cette situation, les Evêques relèvent que « devient encore plus douloureuse et compréhensible l’indignation de la majorité de la population, les souffrances des plus pauvres, la déception des jeunes, la crainte des migrants, l’angoisse des malades, l’impuissance contre la corruption et l’impunité, les difficultés de ceux qui luttent pour un Honduras meilleur sans voir de résultats ».
Dans leur Message, les Evêques affirment considérer que « la gravité des conflits est due en premier lieu à la manière erronée dont sont gérés les pouvoirs de l’Etat qui, dans certains cas, constituent la cause du problème et en d’autres, ne sachant pas les résoudre avec les ressources de la démocratie participative, laissent qu’ils se résolvent d’eux-mêmes avec le temps, ne faisant autre que créer un conflit encore plus aigu ».
En ce qui concerne la réaction populaire, la Conférence épiscopale réaffirme que « les manifestations de protestation doivent être pacifiques, que le fait de permettre l’infiltration d’éléments violents discrédite le but poursuivi et viole d’autres droits de la population qui doivent être respectés ». Par suite, « la responsabilité de la police est celle de garantir l’ordre et la sécurité de l’ensemble de la population », même si, pour certaines interventions, la police a fait usage « d’une force disproportionnée, ajoutant un autre élément sérieux aux conflits ».
L’analyse des Evêques se présente au travers de tons durs et concrets, comme rarement auparavant. « Nous sommes très préoccupés pour l’avenir de notre Honduras. Si les problèmes conjoncturels ne peuvent être résolus de manière adéquate, comment pourrons-nous résoudre ceux qui, en tant que structurels, requièrent un ordonnancement sérieux de tous les éléments selon une règle de Droit ? ».
Par la suite, ils établissent une liste de criticités : « La Constitution, violée à chaque fois que cela sert ; des pouvoirs qui ne sont pas du tout indépendants ; un Congrès qui est devenu le théâtre de faux acteurs répréhensibles, tournant le dos au peuple ; la nécessité d’un pouvoir électoral qui garantisse la transparence du scrutin et éradique une fois pour toutes les crimes électoraux ; des institutions étatiques brisées par la corruption ; la paralysie de l’économie et en particulier du secteur agricole ; la vente honteuse des ressources naturelles de notre terre ; une fausse réforme du Code pénal qui devient simplement un instrument de protection des corrompus par le trafic de drogue, qui finit par punir les plus dangereux que sont les marginalisés et les jeunes pauvres à la recherche désespérée de survie. Ceci et bien d’autres encore nous pousse à dire du fonds du cœur : cela suffit! ».
Cette première partie du document s’achève sur la proposition de changer le pays : « Il est nécessaire de redresser la marche du Honduras en s’engageant à sauver les valeurs éthiques qui ont été perdues ou affaiblies dans la mesure où les crises n’ont pas été résolues de manière adéquates. Nous sommes très préoccupés par le déclin moral dans lequel sombre actuellement notre pays. Il n’est jamais licite de faire le mal pour obtenir le bien ». La seconde partie du document s’attarde sur un certain nombre de points sur lesquels il est urgent d’agir comme « le respect de la loi ; la confiance ; l’éthique politique ; la vérité et le dialogue authentique ». « Nous voulons faire appel à toute la société – conclut le texte. Commençons par nous rendre compte qu’un changement est possible tout comme l’engagement pour y parvenir dans la solidarité ». (CE) (Agence Fides 07/06/2019)


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