EUROPE/IRLANDE - « Lives of Mission, Lives of Hope ! » : Quatre religieuses irlandaises racontent leur vie et leur engagement dans certains des endroits les plus difficiles de la planète
Rome (Agence Fides) – Dans certaines des régions les plus reculées et les plus difficiles du monde, des écoles, des établissements de santé et des centres de rééducation continuent de fonctionner grâce à l’engagement de religieuses irlandaises, souvent dans des endroits d’où d’autres acteurs gouvernementaux et ONG ont dû se retirer. C’est ce que raconte le court-métrage « Lives of Mission, Lives of Hope ! », réalisé par Colm Flynn à la demande de l’ambassade d’Irlande auprès du Saint-Siège, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères et du Commerce. Quatre religieuses irlandaises reviennent sur leur vocation et leurs expériences missionnaires vécues en Irlande et à l’étranger.
Sœur Colette Keane, OP, raconte une vie consacrée à la mission, à l’enseignement et à la création d’écoles, marquée également par des épisodes de violence. Au Libéria, lors d’un trajet en voiture avec une autre religieuse, elle a été agressée et battue par des hommes qui avaient arrêté le véhicule. Elle en a gardé de graves séquelles à un œil et à une oreille. « Je ne me suis jamais découragée – se souvient-elle – car j’ai toujours pensé : “Je fais ce que je dois faire” ». De cette expérience, elle garde surtout des souvenirs positifs : « J’ai trouvé ce que je cherchais, et cela me suffit ».
Sœur Julie Buckley, SMR, raconte quant à elle une vocation qui s’est mûrie après des années passées loin de la pratique religieuse. Dans les années 80, lors d’une messe à laquelle elle avait été invitée, elle a redécouvert l’Évangile et s’est engagée sur un chemin qui l’a conduite à la vie consacrée. Son expérience de sage-femme a contribué à l’orienter vers le service des autres. Au Pérou, dans le quartier de La Ensenada, l’un des plus pauvres de Lima, sa congrégation gère la Casa Betania, un projet destiné aux familles. Ce programme soutient principalement les mères et propose des activités périscolaires aux enfants, dont certains ont quitté le système scolaire. « Les femmes gagnent en assurance et en estime de soi – raconte-t-elle – et découvrent qu’elles possèdent les capacités et la résilience nécessaires pour prendre soin de leurs enfants. » Pour sœur Julie, la mission reste « une aventure » dans laquelle elle a trouvé ce qu’elle cherchait, se sentant ainsi partie intégrante de la longue tradition missionnaire irlandaise.
Sœur Pat Murray, CJ, née à Dublin, raconte avoir découvert sa vocation à l’âge de 12 ans, inspirée par une religieuse des Sœurs de Lorette. Après avoir suivi une formation d’enseignante, elle a entrepris des études universitaires à une époque marquée par de vives contestations à l’encontre de l’Église et de l’État. Être une jeune religieuse à cette époque signifiait aussi devoir faire face aux critiques et aux moqueries.
Au cours de son parcours, elle s’est rendue dans de nombreux pays, dont le Soudan du Sud, où, lors d’une première mission, elle a rencontré des communautés marquées par la guerre. « Nous passions nos journées simplement à écouter les gens – se souvient-elle – et cela m’a appris à quel point il est important d’écouter ». Dans une église visitée au cours de ce voyage, on pouvait encore voir les traces des balles tirées sur le crucifix.
Pour Sœur Pat, le service international a surtout signifié découvrir la diversité de l’Église et des cultures dans lesquelles elle est présente. L’une des leçons les plus importantes, souligne-t-elle, est d’apprendre à connaître et à respecter les différences. « Cela a été, et c’est encore aujourd’hui, une véritable aventure, faite d’amour et de grâce. » Et à la question de savoir à quoi elle a renoncé, elle répond : « Aurais-je voulu avoir des enfants ? Oui. Je n’en ai pas eu, mais j’espère en avoir des milliers. »
Le court-métrage se termine par le témoignage de Sœur Mary Barron, OLA, qui raconte l’appel puissant qu’elle a ressenti dès son plus jeune âge pour l’Afrique. Sa première expérience au Nigeria, à Lagos, fut un véritable choc en raison de la chaleur, de la foule et d’une réalité profondément différente de celle du Donegal, sa terre natale. Dans un pays encore sous régime militaire, elle a mis sa formation d’orthophoniste au service d’enfants présentant des difficultés de communication. En 1995, elle est partie pour la Tanzanie, alors classée deuxième pays le plus pauvre du monde en termes de développement, pour une mission rurale dans le diocèse de Shinyanga, dépourvu d’eau courante et d’électricité. Là-bas, elle a surtout travaillé avec les femmes, en créant des groupes de femmes dans les 35 villages du diocèse et en promouvant de simples programmes d’émancipation. « L’essentiel était de faire comprendre aux gens qu’ils ont de la valeur », se souvient-elle. Cette expérience, ajoute-t-elle, lui a permis d’apprendre beaucoup des femmes qu’elle a rencontrées : « Pour moi, faire partie de leur histoire a été quelque chose de magnifique ; j’ai énormément appris de ces femmes. Cette première mission a été une période vraiment spéciale de ma vie. On dit toujours que la première mission est celle où l’on laisse son cœur. »
Sœur Mary raconte également sa première confrontation avec la diversité, vécue à Belfast pendant ses études universitaires, à une époque de fortes tensions en Irlande du Nord. Son expérience en Afrique lui a en revanche offert une perspective différente. Aujourd’hui, explique-t-elle, la mission se poursuit également en Europe, à travers des projets destinés aux migrants et des activités dans des paroisses multiculturelles, dans le but de favoriser l’intégration.
Le court-métrage se termine par un regard vers l’avenir de sœur Mary Teresa Barron, Supérieure Générale des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres. Le Pape Léon XIV l’a nommée Secrétaire Adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation, au sein de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, avec la fonction de présidente des Œuvres Pontificales Missionnaires. Elle prendra ses nouvelles fonctions le 4 janvier 2027.
(AP) (Agence Fides 21/10/2026)