Conakry (Agence Fides) - La décision du président guinéen, Mamady Doumbouya, de prendre quelques jours de congés privés en Grèce avec sa famille a déclenché un débat politique dans le pays, suscitant des critiques de la part de l’opposition et des discussions sur les réseaux sociaux. La présidence a présenté ce voyage comme une période de repos normale s’inscrivant dans le cadre du congé annuel du chef de l’État, soulignant que les activités institutionnelles se poursuivraient normalement pendant son absence.
Le fait que, au lendemain du départ du général Ibrahima Sory Bangoura, chef d’état-major, celui-ci ait lu à la télévision un communiqué au nom de l’ensemble des forces armées, dans lequel il a réaffirmé leur « fidélité constante » et leur « loyauté inébranlable » envers le président de la République, les institutions de la République et le peuple guinéen, a toutefois suscité des inquiétudes.
Il a en outre exhorté la population à « ne pas céder à la désinformation » et à « garder son calme dans ses activités quotidiennes ». Ces derniers mois, le président avait déjà fait l’objet de rumeurs concernant son état de santé, après une absence prolongée de la scène publique qui avait poussé le gouvernement à rassurer l’opinion publique, en expliquant qu’il s’agissait d’examens médicaux de routine et d’une période de repos.
Selon le journaliste d’investigation français Thomas Dietrich, l’analyse des données de vol relatives au voyage entrepris par le chef de l’État montre que deux avions ont décollé de l’aéroport de Conakry le 3 août. L’avion présidentiel a été rejoint par un avion privé immatriculé aux Îles Vierges, arrivé la veille en provenance du sud de la France. Les deux appareils, qui ont décollé l’un après l’autre, se sont dirigés vers l’île grecque de Mykonos, d’où ils ont toutefois décollé peu après pour atterrir à Larnaca, à Chypre. On soupçonne que Doumbouya y ait été hospitalisé en toute discrétion.
Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021 et réélu fin 2025, est accusé par l’opposition d’avoir instauré un régime oppressif qui gouverne par la terreur. (LM) (Agence Fides 5/8/2026)