ASIE/PAKISTAN - Après les élections : une démocratie fragile qui a fonctionné ; aucun chrétien n'a été élu au Parlement

mercredi, 14 février 2024 politique   droits fondamentaux   minorités religieuses   elections  

Rome (Agence Fides) - "Les résultats des élections fédérales et provinciales pakistanaises qui se sont déroulées le 8 février dernier ont montré que la démocratie au Pakistan a plus de chances que les sombres événements et drames politiques des 40 dernières années ne le laissaient espérer. En 2024, l'empreinte de l'establishment militaire a été beaucoup plus légère que prévu et son parti préféré, la Ligue musulmane du Pakistan-N (PML-N) dirigée par Nawaz Sharif, jusqu'à récemment en exil à Londres, a eu beaucoup moins de succès que les indépendants qui ont porté la bannière d'Imran Khan, le leader emprisonné du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), et qui ont remporté une nette majorité des sièges élus".
C'est ce qu'affirme le père Robert McCulloch SSC, missionnaire australien de St Columba's, missionnaire au Pakistan depuis plus de 30 ans et toujours lié au pays par des projets de coopération missionnaire. "Toutefois, poursuit-il, ces candidats élus en tant qu'indépendants ne pourront pas obtenir la division proportionnelle des 70 sièges alloués aux femmes et aux minorités, y compris les chrétiens, sièges répartis entre les partis, avec un calcul de pourcentage. Ce qui, selon le religieux australien, amènera "au gouvernement au niveau fédéral une coalition de partis qui sont des ennemis politiques depuis l'époque du dictateur militaire Zia-ul-Haq en 1978", à savoir la Pakistan Muslim League-N et le Pakistan People's Party, qui viennent d'annoncer qu'ils avaient conclu un accord pour une alliance parlementaire et gouvernementale.
Cependant, "la population croissante de jeunes électeurs au Pakistan indique un nouveau réservoir de votes qui n'a pas été soigneusement pris en compte et traduit dans les schémas de vote traditionnels, à tous les niveaux. On peut se poser de sérieuses questions sur la capacité des leaders traditionnels, sociaux et religieux à continuer à contrôler le flux de soutien", note le père McCulloch.
Le missionnaire propose une réflexion particulière sur le rôle et la situation des chrétiens au Pakistan : "Les chrétiens pakistanais sont restés politiquement désunis lors des élections de 2024 et n'ont pas réussi à réunir un ensemble de voix dans de nombreuses circonscriptions, ce qui aurait été décisif pour une affirmation efficace dans les urnes, qui aurait pu se traduire par des candidats élus aux niveaux fédéral et provincial. Aucun chrétien n'a été directement élu lors des élections générales. Certains chrétiens entreront au Parlement parce qu'ils seront désignés pour les 10 sièges réservés aux minorités, sur une base proportionnelle, par les différents partis politiques. Toutefois, à ce titre, ils agiront le plus souvent au nom de l'un ou l'autre parti, plutôt qu'en tant que défenseurs parlementaires efficaces des droits et des besoins de la population chrétienne du Pakistan".
(PA) (Agence Fides 14/2/2024)


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