ASIE/INDE - Nouvelle loi anti conversions en Himachal Pradesh, un acte contre la liberté religieuse

mardi, 10 septembre 2019 liberté religieuse   minorités religieuses   politique   société civile   foi   droits fondamentaux  

Shimla (Agence Fides) – « Cette nouvelle loi est une expression claire de l’intention de l’Etat de limiter le droit à la liberté de conscience et de religion. L’Inde étant une nation multiethnique composée de différents groupes religieux, elle doit respecter le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion de toutes les personnes. Les citoyens doivent être libres dans leur droit de choix individuel. Nous exhortons les législateurs de l’Etat à revoir cette décision qui déshonore la Constitution de l’Inde ». C’est en ces termes, confiés à l’Agence Fides que Mervyn Thomas, responsable de l’ONG Christian Solidarity Worldwide, engagée de par le monde dans la défense des droits des croyants, commente la mesure approuvée ces jours derniers par l’Assemblée législative de l’Etat indien de l’Himachal Pradesh. La nouvelle loi criminalise la conversion religieuse en reprenant une mesure déjà introduite en 2006 et annulée par la suite par la Haute Cour de l’Etat.
Ainsi que l’a appris l’Agence Fides, le nouveau projet de loi étend les délits à « la conversion par coercition » mais aussi par fraude, par la force ou sur la base d’incitations. Dans la loi, le terme « incitation » indique « l’offre de tout type de tentation sous la forme de dons, de gratifications ou de bénéfices matériels en argent ou en nature ou encore en poste de travail, en instruction gratuite au sein d’une école gérée par un organisme religieux quelconque ou autre ».
Selon l’article 3 de la nouvelle loi, il n’y a pas crime si une personne se convertit à la religion de ses parents. La norme prévoit une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de réclusion, extensible à sept, en cas de mariage célébré en vue de la conversion religieuse avec une personne appartenant à une caste ou tribu reconnue.
John Dayal, militant catholique pour les droits civils, a déclaré : « Le renouvellement et le durcissement de la loi anti conversions de la part du gouvernement d’Himachal Pradesh est surprenant, comme l’était la mesure émanée pour la première fois en 2006. L'Himachal Pradesh est situé dans l’Himalaya inférieur et est constitué de petites communautés vivant l’une loin de l’autre. Il n’existe pas de tentatives de convertir par la force, la fraude ou des incitations. La raison de cette loi est incompréhensible. Ce sont toujours les minorités religieuses qui se retrouvent isolées et prises pour cibles ». (PA) (Agence Fides 10/09/2019)


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