AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - Kiir dissout le gouvernement d'union nationale : en route vers les élections du 22 décembre

jeudi, 24 septembre 2026

Juba (Agence Fides) – Le Soudan du Sud se prépare aux élections du 22 décembre après que, le 22 septembre, le président Salva Kiir a dissous le gouvernement d’unité nationale de transition et nommé un exécutif provisoire. Cette mesure met fin au système de partage du pouvoir instauré dans le cadre de l’Accord revitalisé pour le règlement du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS), signé en 2018 pour mettre fin à la guerre civile qui avait éclaté en 2013.
Cette décision est intervenue au lendemain de la signature, par Kiir, des modifications apportées à la loi électorale qui ont supprimé certaines des conditions préalables à la tenue des élections, notamment l’achèvement de la Constitution définitive et du recensement national. Les nouvelles dispositions permettent en outre au président de rester en fonction, avec ses pouvoirs constitutionnels, pendant la période électorale et jusqu’à l’investiture du nouveau président élu.
En réaction au décret de dissolution du gouvernement d’union nationale, huit groupes d’opposition et organisations de la société civile ont adressé une lettre commune datée du 23 septembre au secrétaire exécutif de l’IGAD, Workneh Gebeyehu, et au président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, dans laquelle ils affirment que l’Accord revitalisé pour le règlement du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS) a échoué en tant que cadre de référence pour la gestion de la transition politique du pays.
L’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) est la communauté économique régionale regroupant Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan, l’Ouganda, l’Érythrée et le Soudan du Sud, qui a joué le rôle de médiateur dans l’Accord revitalisé pour le règlement du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS), signé en 2018. Le terme « revitalisé » fait référence au fait que ce nouvel accord « revitalise » l’accord précédent de 2015 (ARCSS), qui avait échoué en raison de la reprise des combats entre le président Salva Kiir et l’opposition dirigée par Riek Machar. Ce dernier, qui dirige le mouvement d’opposition Sudan People’s Liberation Movement-in-Opposition (SPLM-IO), reste assigné à résidence. Il est actuellement jugé pour haute trahison et meurtre, accusations qu’il rejette.
L’opposition s’inquiète également du fait que Kiir reste président pendant la période de transition menant aux élections, alors qu’il a démis de leurs fonctions le premier vice-président et les autres vice-présidents. Il se trouve ainsi, de fait, en position de pouvoir absolu. Le Soudan du Sud s’apprête en outre à tenir des élections sans Constitution définitive, comme l’a souligné Mgr Santo Loku Pio Doggale, Évêque auxiliaire de Juba, qui, dans une intervention, avait mis en garde contre la tenue d’un scrutin sans recensement électoral et sans Constitution définitive (voir Fides du 22/09/2026).
Les élections générales sont prévues pour le 22 décembre 2026. Ce seront les premières élections nationales du Soudan du Sud depuis son indépendance, proclamée en 2011 ; le scrutin, initialement prévu pour 2022, a été reporté à plusieurs reprises pendant la période de transition. (LM) (Agence Fides 24/9/2026)


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