Diocese of Poona
Poona (Agence Fides) - Dans l’État indien du Maharashtra, situé dans le centre-ouest de l’Inde, la communauté catholique locale doit désormais gérer sa vie pastorale et sa mission d’évangélisation en tenant compte de la « Loi de 2026 sur la liberté de religion du Maharashtra », une mesure adoptée par l’Assemblée législative de l’État et entrée en vigueur le 28 août, après avoir reçu l’assentiment de la présidente de la République indienne. Cette loi vise à mettre fin aux conversions religieuses obtenues par la force, la fraude, la contrainte, de fausses déclarations, la flatterie ou des pressions indues. Elle punit des actes tels que l’offre d’argent ou de cadeaux, la promesse d’un emploi, la garantie d’une éducation gratuite, la perspective d’un mariage ou d’un meilleur mode de vie, ou encore l’invocation de guérisons divines dans le but d’inciter quelqu’un à changer de religion. Le fait de présenter une foi comme supérieure à une autre, dans l’intention de favoriser une conversion, peut également relever du champ d’application de la loi.
Les peines peuvent aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 roupies, tandis que pour les récidivistes, la peine peut atteindre dix ans. Le fardeau de la preuve incombe à la personne accusée d’avoir provoqué ou favorisé la conversion, tandis que la plainte peut également être déposée par un parent ou une connaissance de la prétendue « victime » : cette disposition pourrait exposer des prêtres, des religieux, des agents pastoraux et de simples fidèles à des poursuites fondées sur des accusations ne provenant pas de la personne directement concernée.
De par sa formulation, cette loi a des répercussions sur la vie des chrétiens, comme le fait remarquer à l’Agence Fides Mgr Simon Almeida, évêque de Poona, dans le diocèse du Maharashtra : « Le Maharashtra est le 13e État indien à avoir adopté une loi sur la “liberté de religion”, qui est en substance une loi anti-conversion. Il faut préciser que, même si les catholiques ne sont en aucune façon impliqués ni désireux de promouvoir la conversion à la foi chrétienne, il y a des personnes qui aimeraient connaître le Christ et pour lesquelles ce chemin est devenu difficile ou soumis à des restrictions pénibles ».
L’Évêque, qui dirige une communauté de 92 000 catholiques, fait remarquer : « Nous nous retrouvons dans l’impossibilité d’affirmer que Jésus est le seul Dieu et le seul Sauveur : cette phrase peut être interprétée comme une comparaison et une délégitimation des autres cultes. Même dans la prédication à l’église, nous devons faire preuve d’une grande prudence », note-t-il.
« Avec cette législation restrictive, notre prédication se heurte objectivement à des difficultés », réaffirme-t-il. La question, ajoute l’Évêque, revêt d’autant plus d’importance que « dans le Maharashtra, comme dans toute l’Inde, il existe de très nombreuses institutions sociales catholiques œuvrant dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’aide sociale, ainsi que du soutien aux pauvres, aux dalits et aux populations autochtones. Et leur action pourrait être scrutée à la loupe ou accusée de prosélytisme ».
Toutefois, dans un État dirigé par le parti nationaliste Bharatiya Janata Party – le même parti qui gouverne l’Inde au niveau fédéral –, « notre attitude est toujours axée sur le dialogue; nous ne cherchons jamais la confrontation, mais nous souhaitons entamer des pourparlers avec le gouvernement afin que la volonté d’empêcher les conversions forcées ne débouche pas sur la négation de droits fondamentaux tels que la liberté de conscience », conclut-il.
Le United Christian Forum de l’Inde, dans un mémoire adressé au premier ministre du Maharashtra, Devendra Fadnavis, a lui aussi demandé au gouvernement du Maharashtra de revoir et de reporter l’application de la loi : « La charité chrétienne – souligne-t-on – n’a pas pour but de rechercher de nouveaux fidèles, mais est un amour gratuit envers chaque personne, accueillie et aimée dans sa dignité fondamentale en tant qu’image du Christ ».
Les chrétiens de l’État invoquent la Constitution indienne, qui garantit la liberté de professer, de pratiquer et de propager sa religion, dans le respect de l’ordre public, de la moralité et de la santé publique.
(PA) (Agence Fides 11/9/2026)