La Somalie : entre transition en matière de sécurité et terrorisme

dimanche, 6 septembre 2026 zones de crise   groupes armés   djihadistes   géopolitique  

Radio Muqdisho (X)

Mogadiscio (Agence Fides) - La Conférence sur la sécurité nationale intérieure s’est tenue les 1er et 2 septembre derniers à Mogadiscio, en Somalie. Des membres du gouvernement fédéral – parmi lesquels les ministres de la Sécurité intérieure, de l’Intérieur et de la Défense –, des représentants des gouvernements des États, ainsi que d’autres acteurs actifs dans le secteur de la sécurité du pays, dont des représentants de l’Union africaine y ont participé.
Les travaux de la conférence se sont déroulés en trois sessions. Lors de la première, les thèmes abordés ont porté sur des aspects de la sécurité intérieure, tels que le contrôle de la police locale, le développement de l’Agence de sécurité nationale et de l’Agence de l’immigration et de la citoyenneté. Au cours de la deuxième partie, les participants ont discuté des moyens de combler les lacunes organisationnelles entre les différentes agences et d’améliorer la coordination entre celles-ci. La troisième session a porté sur la pérennité des mesures de sécurité, d’où est ressortie la nécessité de traiter ces questions tout en cherchant à réduire progressivement le rôle des bailleurs de fonds internationaux.

Commentant les travaux de la conférence, le ministre de la Sécurité intérieure, Abdullahi Fartaag, a déclaré que le dialogue entre les parties s’était déroulé dans le cadre du processus de transition mené par la Mission de stabilisation et d’appui de l’Union africaine (Aussom). La mission a débuté le 1er janvier 2025 dans le but de transférer à l’État somalien toutes les prérogatives en matière de sécurité d’ici fin 2029. L’action de l’Aussom porte à la fois sur les aspects militaires et civils, et ses initiatives s’inscrivent dans le cadre de deux plans de sécurité du gouvernement somalien : le Plan de développement de la sécurité (SSPD) et le Cadre de sécurité nationale (NSA).
La question de la sécurité est l’une des plus importantes pour ce pays de la Corne de l’Afrique. Le problème le plus épineux concerne les activités du groupe Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda et actif entre la Somalie et le nord du Kenya.

Selon l'Africa Center for Strategic Studies (ACSS), la Somalie est la deuxième région du continent africain en termes de dangerosité liée aux agissements de groupes de ce type, juste derrière le Sahel. Le centre d'études a recensé, de 2023 à août de cette année, plus de 7 300 morts liées à des attentats terroristes et, dans 95 % des cas, ces décès sont imputables aux agissements d'Al-Shabaab. Il s'agit d'une augmentation exponentielle, car au cours de la décennie 2013-2022, le nombre total de morts dues à des attentats avait dépassé les 3 500.

Al-Shabaad ne devient pas seulement un problème pour la Somalie, qui doit faire face à cette situation parallèlement à l’instabilité interne liée aux revendications croissantes d’autonomie – comme dans le cas du Puntland – voire d’indépendance – comme en témoigne la campagne de reconnaissance du Somaliland. L'ACSS souligne qu'Al-Shabaab a également noué, ces dernières années, des contacts avec les Houthis de l'autre côté du golfe d'Aden et avec les pirates opérant dans ces eaux. Cela fait d'Al-Shabaab un acteur dont les actions pourraient bientôt avoir des conséquences d'envergure internationale.

(CG) (Agence Fides 6/9/2026)


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