Quito (Agence Fides) – Trois jours de deuil national ont été proclamés en Équateur en mémoire du chef des services de renseignement nationaux, Michele Sensi-Contugi, décédé avec son épouse, Stephany Hollihan, et cinq autres personnes dans un accident d’hélicoptère au Kenya.
L’hélicoptère, qui transportait six passagers et un pilote, s’est écrasé hier, le 19 août, dans le comté de Samburu. Les victimes – outre les deux citoyens équatoriens, le pilote kenyan et quatre citoyens américains – effectuaient un vol panoramique depuis la réserve de Loisaba vers la région d’Ewaso Nyiro, lorsque l’appareil s’est écrasé pour des raisons encore inconnues près du mont Ololokwe.
Les autorités équatoriennes n’ont fourni aucun détail sur la raison de la présence de Sensi-Contugi au Kenya ni sur les circonstances de son voyage.
Sensi-Contugi, âgé de 44 ans, était l'un des plus proches collaborateurs du président Daniel Noboa et un de ses amis personnels. Il dirigeait le CNI (Centre national de renseignement) depuis janvier 2024. Le président équatorien, qui se trouve actuellement en visite en Chine, a ordonné la mise en place de mesures de sécurité pour les enfants de l'ancien chef des services de renseignement.
Le président a justifié cette décision en invoquant la nature sensible et stratégique des fonctions exercées par Sensi-Contugi ainsi que les risques inhérents à ce poste. Le décret rappelle qu’en juin 2026, les autorités militaires avaient déjà été chargées d’évaluer la nécessité d’assurer la protection de ce haut fonctionnaire, de son épouse et des membres de sa famille.
Sensi-Contugi était en effet activement engagé dans la lutte contre les organisations de trafiquants de drogue qui, ces dernières années, ont fait de l’Équateur l’un des principaux carrefours du trafic mondial de cocaïne.
Au cours des derniers mois, sous sa direction, une douzaine de chefs de gangs criminels ont été arrêtés et les circuits liés au blanchiment d’argent sale ont été mis au jour. Grâce à l’action du CNI, le nombre d’organisations criminelles recensées par les autorités équatoriennes est passé de 22, en janvier 2024, à 47 aujourd’hui.
En tant que directeur du CNI, Sensi-Contugi avait également noué des relations étroites avec les services de renseignement de plusieurs pays, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Espagne. Et, en particulier, avec l’Italie, dont l’ambassadeur accrédité à Quito a joué un rôle clé dans l’élaboration de la loi anti-mafia, actuellement en discussion au Parlement.
Né en Italie le 12 août 1982 d’un père italien et d’une mère équatorienne, Michele Sensi-Contugi possédait la double nationalité italienne et équatorienne. Il avait ensuite bâti sa carrière professionnelle en Équateur, d’abord dans le secteur privé, puis dans l’administration publique. En tant qu’entrepreneur, il avait investi dans des entreprises de divers secteurs, notamment la production de caoutchouc et de plastique, l’habillement et les biotechnologies.
Il reste désormais à clarifier les circonstances de l’accident et, surtout, à déterminer si cette tragédie a effectivement été causée par un accident ou s’il existe d’autres éléments à prendre en considération. Pour l’instant, en l’absence d’informations officielles, il n’est pas possible d’émettre des hypothèses. La presse kényane rappelle toutefois que, ces dernières années, le pays a connu plusieurs accidents mortels impliquant des hélicoptères, dont celui de 2024 au cours duquel le chef d’état-major des forces armées kényanes, le général Francis Ogolla, a perdu la vie.
Les autorités kenyanes devront désormais déterminer les causes de l'accident de l'hélicoptère et clarifier les circonstances du vol. Une étape particulièrement délicate, compte tenu du rôle occupé par Sensi-Contugi et de la nature sensible des activités auxquelles il se consacrait.(LM) (AgenceFides 20/8/2026)