AFRIQUE/ZIMBABWE - Une unité opérationnelle gouvernementale chargée de lutter contre le phénomène de l'exploitation minière illégale

dimanche, 9 août 2026 l'exploitation minière   pollution   economie   eau   géopolitique  

photo: cnrgzim.org

Harare (Agence Fides) - Au Zimbabwe, le gouvernement a décidé de créer un groupe de travail chargé de lutter contre le phénomène des mines illégales, considérées par l'exécutif comme étant à l'origine d'une grande partie des problèmes qui affligent le pays.

Cette décision a été prise fin juillet, à la suite de la présentation d'un rapport sur ce phénomène dans la ville de Bindura, située dans la province septentrionale du Mashonaland central. Ce rapport dresse la liste d’une série de problèmes, tant sociaux qu’environnementaux, qui affligent cette ville minière : cela va de la destruction des routes et des voies ferrées aux dégâts causés aux terrains destinés à des ouvrages publics tels que des hôpitaux, des écoles et des logements pour la population, en passant par la pollution de la rivière Mazowe, dont s’approvisionnent en eau les exploitations agricoles de la région.
C’est le ministre des Collectivités locales et des Travaux publics, Daniel Garwe, qui a présenté le contenu de ce document. Le ministre a déclaré que l’expansion des mines illégales dans le district de Bindura a eu des effets néfastes directs non seulement sur les infrastructures et l’environnement, mais aussi sur la vie des personnes et des populations : propagation de maladies telles que la silicose, les maladies sexuellement transmissibles et la tuberculose, ainsi qu’une augmentation de la consommation de drogues.
Un autre membre du gouvernement de Harare, le ministre de l’Information, Zhemu Soda, a précisé que le groupe de travail collaborera avec les différents organes gouvernementaux afin de veiller à la mise en œuvre et au renforcement des lois relatives aux permis d’exploitation minière, aux normes environnementales et à celles concernant la santé publique.

La mesure prise par le gouvernement de Harare visant à renforcer le contrôle sur l'activité minière s'inscrit dans le cadre du projet « Vision 2030 », lancé en 2017 et qui vise à promouvoir la démocratisation du pays, la protection des droits de l'homme, le respect de l'État de droit et l'amélioration des conditions de vie de la population. Plus précisément, un contrôle accru de l'activité minière et de ses répercussions sur la société s'inscrit dans les objectifs économiques du projet, qui visent à faire du Zimbabwe une économie à revenu moyen-élevé grâce à l'exploitation de ses ressources minières.

Selon ce projet, l'exploitation des ressources minières ne se limite pas à l'extraction, mais passe également par le raffinage, que les autorités locales souhaitent désormais réaliser sur place, en attirant les investissements de partenaires étrangers. Mais la participation d’entreprises étrangères dans le secteur minier, comme l’a souligné la chaîne Al-Jazeera, pourrait avoir un impact négatif sur l’économie locale et en particulier sur les petits exploitants, actifs surtout dans le secteur du lithium. Le problème serait lié au manque d’infrastructures et de fonds qui leur sont destinés. Pour le gouvernement, l’implication de grandes entreprises étrangères s’inscrit dans les plans de développement du pays, mais les conséquences peuvent créer davantage de problèmes que d’avantages au niveau national.

Le problème des petites mines gérées localement n’est pas le seul auquel le gouvernement serait confronté pour le développement du secteur : il faut toujours tenir compte de l’urgence liée aux conséquences environnementales. Au mois de juin, le gouvernement a reconnu que pas moins de dix-sept rivières à travers le pays avaient été polluées à la suite d’activités minières. Dans ces rivières, les écosystèmes et la biodiversité ont été endommagés. Le Centre pour la gouvernance des ressources naturelles (CNRG) du Zimbabwe a lancé un appel ces dernières semaines pour que le gouvernement prenne des mesures transparentes et efficaces afin d’améliorer l’état des rivières polluées. Toutefois, souligne le CNRG, ces mesures ne doivent pas ouvrir la voie à de nouvelles formes d’exploitation minière, comme cela s’est déjà produit par le passé. (CG) (Agence Fides 9/8/2026)


Partager: