Khartoum (Agence Fides) – Cela fait trois ans que la guerre fait rage au Soudan et aucune issue ne semble se profiler. Le conflit, qui a éclaté le 16 avril 2023 (voir Fides 17/4/2023), reste dans l'impasse, avec des changements constants dans le contrôle du territoire. À l'heure actuelle, les forces armées soudanaises (SAF – Sudan Armed Forces) ont repris une grande partie de Khartoum (y compris Omdurman et Bahri) ainsi que certaines zones du centre et de l'est du Soudan, établissant leur base à Port-Soudan.
Leurs adversaires, les miliciens des Forces de soutien rapide (Rapid Support Forces - RSF), ont consolidé leur contrôle sur la majeure partie de la région occidentale du Darfour après avoir conquis El Fasher (capitale du Darfour-Nord) en octobre 2025, à l'issue d'un long siège (voir Fides 28/10/2025). Les RSF ont conquis certaines zones du Kordofan et d’autres régions, bien que les forces des SAF aient repoussé les troupes dans des zones telles que le Kordofan du Sud (par exemple, Kadugli et Dilling).
Le conflit a fait au moins 150 000 victimes, pour la plupart des civils. Il a provoqué le déplacement d’environ 14 millions de personnes au total : environ 9 à 10 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, réparties dans d’autres régions du Soudan, tandis qu’environ 4,4 millions de personnes sont réfugiées ou demandeuses d’asile dans les pays voisins (Tchad, Égypte, Soudan du Sud et autres).
La crise liée à la guerre civile soudanaise reste la plus grande crise de déplacement de population au monde. De nombreux déplacés internes vivent dans des conditions précaires, et ceux qui ont réussi à retourner dans des zones dévastées (comme Khartoum) sont exposés à des risques liés à la présence de munitions non explosées et à l'absence de services essentiels, tels que les soins de santé. Les femmes et les filles représentent une part importante des déplacés et sont les plus exposées aux risques.
Mgr Paul Swarbrick, Évêque de Lancaster et Évêque délégué pour l'Afrique auprès de la Conférence épiscopale catholique d'Angleterre et du Pays de Galles, a, dans un message commémorant les trois ans de guerre au Soudan, exhorté « les catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles à prier pour la paix et a demandé au gouvernement du Royaume-Uni de ne pas perdre de vue cette crise ». « Je suis conscient, grâce à mes liens avec l'Église au Soudan et avec les organisations caritatives catholiques qui œuvrent dans la région, de la crainte que ce conflit ne soit négligé par la communauté internationale ». Il a ensuite poursuivi : « Le Royaume-Uni est le « référent » pour le Soudan au Conseil de sécurité des Nations unies et j'espère qu'il utilisera cette position pour promouvoir un engagement diplomatique continu et pour soutenir une résolution pacifique de ce conflit ». (LM) (Agence Fides 16/4/2026)