Fides News - French (Standard)https://fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.ASIE/KAZAKHSTAN - Le nouvel Évêque de Karaganda : « La mission, c’est d’aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas connu le Christ ou qui ont vu leur foi s’affaiblir »https://fides.org/fr/news/78265-ASIE_KAZAKHSTAN_Le_nouvel_Eveque_de_Karaganda_La_mission_c_est_d_aller_a_la_rencontre_de_ceux_qui_n_ont_pas_connu_le_Christ_ou_qui_ont_vu_leur_foi_s_affaiblirhttps://fides.org/fr/news/78265-ASIE_KAZAKHSTAN_Le_nouvel_Eveque_de_Karaganda_La_mission_c_est_d_aller_a_la_rencontre_de_ceux_qui_n_ont_pas_connu_le_Christ_ou_qui_ont_vu_leur_foi_s_affaiblirpar Paolo Affatato<br /><br />Karaganda – « La mission ne consiste pas à organiser un nombre toujours plus grand d’événements. Parfois, la mission se manifeste ainsi : un prêtre parcourt de nombreux kilomètres pour célébrer la Sainte Messe, pour parler aux gens, pour les écouter et simplement pour être avec eux. Et la missio ad gentes signifie avant tout aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas encore rencontré le Christ, de ceux qui ne savent rien de Lui ou, peut-être, de ceux qui ont vu leur foi se refroidir ou s’estomper avec le temps ». C’est ce qu’affirme Piotr Pytlovany dans une interview accordée à l’Agence Fides. Il sera ordonné Évêque du diocèse de Karaganda le 10 octobre, dans la cathédrale Notre-Dame de Fatima, Mère de tous les peuples, située dans cette ville kazakhe.<br />Établie en tant qu’administration apostolique en 1991, puis élevée au rang de diocèse en 1999 par le pape Jean-Paul II, le diocèse de Karaganda englobe les régions de l’est du Kazakhstan, s’étendant sur une superficie d’environ 711 000 kilomètres carrés . La communauté catholique compte environ 8 500 fidèles, guidés par une vingtaine de prêtres et une trentaine de religieuses qui animent une vingtaine de paroisses.<br />Originaire de Pologne, Piotr Pytlovany, ordonné prêtre en 1994, s'est installé au Kazakhstan dès 1995 en tant que prêtre fidei donum. Il y a dirigé plusieurs paroisses et a été recteur du Grand Séminaire interdiocésain de Karaganda entre 2011 et 2018. Avant sa nomination comme évêque, il était curé de la cathédrale d’Astana et porte-parole officiel de la Conférence épiscopale d’Asie centrale. À la veille de son ordination, l’Agence Fides lui a posé quelques questions :<br /><br />Comment avez-vous accueilli l'appel à diriger le diocèse de Karaganda et que souhaiteriez-vous perpétuer du ministère de votre prédécesseur ? En quoi vos années de service missionnaire au Kazakhstan influenceront-elles votre style de direction ?<br /><br />Je considère l’appel au ministère épiscopal avant tout comme un appel de Dieu et une nouvelle responsabilité envers l’Église. Il ne s’agit pas d’un honneur ou d’une fonction : cela concerne les personnes, les communautés et l’avenir de l’Église qui m’a été confiée.<br />Je vis et exerce mon ministère au Kazakhstan depuis plus de trente ans ; ce pays est donc devenu ma patrie. J’ai eu l’occasion de découvrir l’Église non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les petites communautés rurales, souvent très éloignées les unes des autres. Grâce à cette expérience, j’ai compris une chose simple : l’Église sur terre ne repose pas sur des structures, mais sur la foi de personnes concrètes.<br />Je souhaite poursuivre tout ce qui a été accompli de bon et de fécond par mes prédécesseurs : la prise en charge des petites communautés, la formation des prêtres et des laïcs, l’attention portée aux vocations, aux familles, aux jeunes, aux malades et à ceux qui souffrent. Il est également important pour moi que l’Église soit présente aux côtés des personnes dans la vie publique. C’est pourquoi la collaboration avec les autorités civiles sur des questions qui contribuent au bien commun, ainsi que le développement d’initiatives sociales conjointes avec des représentants d’autres communautés chrétiennes et d’autres religions, font partie de mes priorités.<br />Dans le même temps, je souhaiterais que nous devenions de plus en plus une Église qui va à la rencontre des gens, au lieu de se contenter d’attendre qu’ils viennent à l’église. Pour moi, c’est la suite naturelle du chemin que j’ai moi-même cherché à suivre toutes ces années.<br /><br />Comment préserver l'unité au sein d'une communauté catholique composée de fidèles d'origines culturelles et linguistiques diverses ?<br /><br />Je crois que la diversité n’est pas un problème pour l’Église au Kazakhstan, mais un don. L’histoire de ce pays a réuni des personnes de nationalités, de langues et de cultures différentes. Cette riche diversité fait partie de notre réalité et, en même temps, démontre que l’Église catholique est véritablement universelle.<br />La langue, les traditions et l’histoire de chaque communauté doivent, bien sûr, être respectées. Cependant, il est important que les gens aient le sentiment que nous ne sommes pas des groupes distincts de Polonais, d’Allemands, d’Ukrainiens, de Russes ou de Kazakhs ; nous formons une seule Église, unie autour de Jésus-Christ. L’origine nationale ne doit pas devenir un obstacle entre nous.<br />Il me semble qu’ici, au Kazakhstan, on peut comprendre avec une clarté particulière la signification du mot « catholique » : universel. L’Église catholique n’appartient pas à une seule nation. Il y a en elle une place pour chaque personne. En même temps, il n’est pas nécessaire d’abandonner ses racines culturelles ; au contraire, celles-ci peuvent enrichir l’ensemble de la communauté.<br />Je souhaite que mon ministère contribue à l’unité : entre prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu’entre les générations et les peuples.<br /><br />Que signifie aujourd’hui la « missio ad gentes » dans un diocèse aussi vaste que celui de Karaganda, où les catholiques ne constituent qu’une petite minorité ?<br /><br />Pour moi, la « missio ad gentes » signifie avant tout aller à la rencontre de la personne : de ceux qui n’ont pas encore rencontré le Christ, de ceux qui ne savent rien de Lui ou, peut-être, de ceux qui ont vu leur foi se refroidir ou s’estomper avec le temps.<br />Dans notre vaste diocèse de Karaganda, cela signifie également être prêt à être présent là où il y a très peu de catholiques, parfois seulement une poignée de croyants. D’un point de vue purement humain, on pourrait se demander : vaut-il la peine de maintenir une présence pour eux ? Dans la perspective de l’Évangile, la réponse est évidente : oui, car chaque personne est infiniment précieuse aux yeux de Dieu. S’il y a, en un lieu donné, ne serait-ce qu’un seul croyant qui ait besoin de la présence de l’Église, cela suffit déjà.<br />La mission ne consiste pas à organiser un nombre toujours plus grand d’événements. Parfois, la mission se manifeste ainsi : un prêtre parcourt de nombreux kilomètres pour célébrer la Sainte Messe, pour parler aux gens, pour les écouter et simplement pour être avec eux.<br />Aujourd’hui, la missio ad gentes signifie également la présence de l’Église dans la culture, dans l’éducation, dans l’action sociale et auprès des jeunes. Nous devons être présents là où les gens vivent.<br /><br />Dans une société post-soviétique et fortement sécularisée, quels sont les moyens les plus efficaces pour annoncer l'Évangile à ceux qui ne l'ont jamais entendu ou qui l'ont oublié ?<br /><br />Je crois que ce qui compte avant tout, c’est le témoignage de notre vie. Les gens ne s’intéressent peut-être pas à nos arguments religieux, mais ils sont très sensibles à la sincérité. C’est pourquoi nous ne pouvons pas annoncer l’Évangile uniquement par des mots.<br />Les gens doivent voir que la foi en Christ transforme véritablement une personne : la manière dont elle regarde les autres, tisse des liens, vit au sein de sa famille et fait face à la souffrance.<br />Il faut aussi de la patience. L’histoire du XXe siècle a laissé chez beaucoup de gens une certaine distance vis-à-vis des institutions religieuses. Un simple sermon ne changera pas les choses : il faut du temps, des relations authentiques et de la confiance.<br />C’est pourquoi les petites communautés, le dialogue personnel, la catéchèse des adultes et la pastorale des familles et des jeunes sont si importants. Et surtout, la rencontre personnelle.<br />Parfois, l’évangélisation commence par une question très simple : « Comment puis-je t’aider ? ». Ce n’est qu’ensuite que la personne pourrait demander : « Pourquoi fais-tu cela ? ». C’est alors que se présente l’occasion de lui parler du Christ.<br /><br />De nombreuses paroisses historiques du Kazakhstan sont nées de la foi de déportés polonais, allemands et ukrainiens. Comment la pastorale évolue-t-elle, passant d’une Église qui « préserve la mémoire » à une Église qui s’ouvre au monde ?<br /><br />La mémoire est très importante pour nous. Nous ne devons pas oublier ceux qui ont conservé leur foi dans des circonstances extrêmement difficiles et l’ont transmise aux générations suivantes. Grâce à eux, l’Église a réussi à survivre à des moments très difficiles. Leur témoignage fait partie de notre patrimoine.<br />L’Église de Karaganda est, à bien des égards, née de la souffrance, de la fidélité et du courage de ces personnes.<br />Mais la mémoire ne doit pas nous enfermer dans le passé. Nous devons regarder vers l’avenir et nous demander : à qui sommes-nous appelés à transmettre la foi aujourd’hui ? Aux jeunes du Kazakhstan, aux familles, aux citadins et à ceux qui n’ont aucune racine chrétienne.<br />C’est pourquoi je voudrais voir une Église qui préserve la mémoire tout en se tournant vers l’avenir. L’héritage des déportés ne doit pas rester seulement un souvenir du passé. Il peut et doit devenir une source d’inspiration pour une nouvelle évangélisation.<br />Leur exemple montre que, même dans les circonstances les plus difficiles, la foi peut être préservée. Il nous appartient désormais de transmettre ce don.<br /><br />Au Kazakhstan, la présence de l'Église catholique est étroitement liée à l'action sociale. Comment l'œuvre caritative peut-elle devenir une forme d'évangélisation et de dialogue avec ceux qui ne partagent pas la foi catholique ?<br /><br />La charité et les œuvres de miséricorde en général constituent un langage compréhensible par tous. Lorsque nous aidons un malade, une personne qui lutte contre une dépendance, un enfant ou quelqu’un en difficulté, nous ne nous demandons pas d’abord quelle est sa nationalité ou en quoi il croit. Nous voyons simplement la personne. C’est là un témoignage très important de l’Évangile.<br />L’amour chrétien ne peut s’arrêter aux frontières de l’Église. Le souci de la personne humaine doit être inconditionnel.<br />L’action sociale crée elle aussi un espace de rencontre. Nous pouvons travailler ensemble pour aider une personne même lorsque nos convictions religieuses divergent. À travers ce service partagé, des relations humaines et la confiance s’épanouissent, et un dialogue authentique se construit sur cette confiance.<br />C’est pourquoi, parfois, une bonne action concrète accomplie ensemble peut en dire plus sur le christianisme, et l’exprimer plus clairement, que des discussions philosophiques ou des propos abstraits sur la religion.<br /><br />Quels sont les problèmes sociaux les plus urgents auxquels le diocèse de Karaganda est confronté aujourd’hui, et comment l’Église s’efforce-t-elle d’y apporter des réponses concrètes ?<br /><br />L’un des défis les plus graves concerne la situation des familles, en particulier celles qui traversent une crise, vivent dans la pauvreté ou perdent leurs liens familiaux. Parmi les autres problèmes graves, je voudrais mentionner les dépendances, la solitude et les difficultés rencontrées par les personnes âgées.<br />La situation des jeunes me tient également à cœur, surtout dans les petites localités et les zones rurales, où ils ne voient pas toujours d’avenir pour eux-mêmes.<br />L’Église, bien sûr, ne peut pas résoudre tous les problèmes sociaux, et ce n’est d’ailleurs pas sa mission. Mais elle peut être présente : en aidant, en créant des espaces de rencontre, en accomplissant des œuvres de miséricorde et en coopérant à cela avec toutes les personnes de bonne volonté.<br />Pour nous, un élément est fondamental : la dignité de chaque personne. Nous n’aidons pas une personne parce qu’elle est catholique. Nous l’aidons parce qu’elle est un être humain. Je crois que cela doit être le fondement de toute l’action sociale de l’Église.<br />De nombreux jeunes quittent les zones rurales, voire le pays, à la recherche d’un avenir meilleur. Comment l’Église peut-elle soutenir le développement des jeunes générations et leur donner des raisons d’espérer et de rester ?<br />Un jeune n’a pas seulement besoin d’un emploi et de perspectives économiques. Il a aussi besoin de sentir que sa vie a un sens, de se sentir utile et de pouvoir aider les autres.<br />L’Église peut être un lieu où les jeunes découvrent leurs capacités, apprennent à assumer des responsabilités et discernent leur vocation. Ils ont besoin de formation, mais aussi d’espaces où ils puissent assumer des responsabilités, développer leurs propres initiatives et apprendre à servir les autres.<br />On ne peut pas se contenter de dire à un jeune : « Reste ici ». Mieux vaut lui demander : « Que pouvons-nous faire pour que tu puisses vivre ici dans la dignité, grandir, réaliser ton potentiel et découvrir ta vocation ? ».<br />Bien sûr, l’Église ne peut se substituer aux politiques économiques ou gouvernementales. Mais elle peut aider un jeune à reconnaître la valeur de sa vie et à trouver l’espoir, afin que l’avenir soit perçu comme quelque chose de plus qu’une carrière ou une réussite matérielle. L’espoir chrétien ne dépend pas des circonstances, car sa source, c’est le Christ.<br /><br />Comment se développe une « culture de la rencontre » dans une société où cohabitent catholiques, musulmans et chrétiens orthodoxes ? Les initiatives sociales constituent-elles un « laboratoire » de dialogue interreligieux au Kazakhstan ?<br /><br />Je crois que l'engagement social peut effectivement constituer un lieu de rencontre très important. Lorsque nous collaborons pour aider ceux qui sont en difficulté, nos différences ne disparaissent pas, mais elles cessent d'être un obstacle à l'accomplissement du bien.<br />Le dialogue interreligieux ne devrait pas se limiter aux conférences officielles ; il doit également faire partie de la vie quotidienne : prendre soin ensemble des pauvres, des familles, des enfants, des personnes âgées et de ceux qui se sont retrouvés en marge de la société.<br />Le Kazakhstan est un lieu particulier à cet égard. Ici, des personnes de religions et de cultures différentes cohabitent, et nous avons l’occasion de nous rencontrer au quotidien et de tisser des liens humains.<br />Ainsi, les initiatives sociales peuvent constituer une sorte de « laboratoire » pour le dialogue. Grâce à elles, nous apprenons à nous respecter mutuellement et à collaborer pour le bien commun, sans renoncer à notre foi ni à notre identité.<br /><br />Comment évaluez-vous l'ouverture des autorités kazakhes en matière de liberté religieuse, d'activité missionnaire et d'évangélisation ?<br /><br />Le Kazakhstan présente un contexte historique, social et juridique particulier. Par conséquent, les relations entre l’État et les communautés religieuses exigent un dialogue, un respect mutuel et une bonne connaissance de la législation en vigueur.<br />D’après mon expérience, il est fondamental d’entretenir un dialogue serein et constructif avec les autorités. L’Église ne cherche ni à se substituer à l’État ni à s’engager dans des activités politiques ; sa tâche consiste à accomplir sa mission religieuse et sociale et à servir la personne humaine.<br />Il est important pour nous d’avoir la liberté d’annoncer l’Évangile, de mener des activités pastorales et éducatives, de nous engager dans des œuvres de charité et de prendre soin des fidèles.<br />Dans le même temps, je suis convaincu que le dialogue reste la voie à suivre. Lorsque règnent la confiance et le respect mutuels, il est possible de discuter sereinement des questions sensibles et de rechercher ensemble des solutions qui favorisent le bien commun et la dignité de la personne humaine.<br />Le Kazakhstan peut se prévaloir d’une expérience unique de coexistence entre des peuples et des religions différents. Je crois que l’Église catholique peut continuer à contribuer à la construction d’une société fondée sur le respect, la paix, la solidarité et la compréhension mutuelle.<br /><br /><br />Sat, 10 Oct 2026 12:10:20 +0200VATICAN - Démission du doyen et approbation de l'élection du nouveau doyen du Collège cardinalicehttps://fides.org/fr/news/78270-VATICAN_Demission_du_doyen_et_approbation_de_l_election_du_nouveau_doyen_du_College_cardinalicehttps://fides.org/fr/news/78270-VATICAN_Demission_du_doyen_et_approbation_de_l_election_du_nouveau_doyen_du_College_cardinaliceCité du Vatican - Le Pape Léon XIV a accepté la démission du poste de doyen du Collège cardinalice présentée par Son Éminence le cardinal Giovanni Battista Re, qui prend le titre de doyen émérite dudit Collège et conserve le titre de l’église suburbicaire de Sabina-Poggio Mirteto.<br /><br />Par ailleurs, le 8 octobre 2026, le Souverain Pontife a approuvé l’élection, effectuée par les Cardinaux de l’Ordre des Évêques, du doyen du Collège cardinalice, en la personne du Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation au sein de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, qui prendra le titre de l’église suburbicaire d’Ostie, tout en conservant celui de l’église suburbicaire d’Albano.Fri, 09 Oct 2026 01:03:04 +0200VATICAN - Le Cardinal Luis Antonio Tagle, nouveau Doyen du Collège cardinalicehttps://fides.org/fr/news/78269-VATICAN_Le_Cardinal_Luis_Antonio_Tagle_nouveau_Doyen_du_College_cardinalicehttps://fides.org/fr/news/78269-VATICAN_Le_Cardinal_Luis_Antonio_Tagle_nouveau_Doyen_du_College_cardinaliceCité du Vatican – Le Cardinal Luis Antonio Gokim Tagle, Pro-préfet du Dicastère pour l’Évangélisation au sein de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, est le nouveau doyen du Collège cardinalice. Le Pape Léon XIV a approuvé, le 8 octobre 2026, son élection par les cardinaux de l’Ordre des Évêques.<br /><br />Le Souverain Pontife a accepté la démission de la charge de doyen présentée par le cardinal Giovanni Battista Re, qui prend le titre de doyen émérite du Collège cardinalice et conserve le titre de l’église suburbicaire de Sabina-Poggio Mirteto. Le Cardinal Tagle prendra le titre de l’église suburbicaire d’Ostie, tout en conservant celui de l’église suburbicaire d’Albano.<br /><br />Au Palais de Propaganda Fide, la nouvelle a été lue au personnel du Dicastère missionnaire par l’Archevêque Fortunatus Nwachukwu, Secrétaire du Dicastère, en présence du Cardinal Tagle, qui a ensuite exprimé sa gratitude et son émotion.<br /> <br />Le doyen préside le Collège cardinalice en tant que « primus inter pares », sans exercer de pouvoir de gouvernement sur les autres cardinaux, conformément au canon 352 du Code de droit canonique. Il lui incombe, entre autres, d’ordonner Évêque le Souverain Pontife élu, si celui-ci n’a pas encore reçu l’ordination épiscopale, comme le prévoit le canon 355. Son mandat dure cinq ans et est renouvelable, le cas échéant, conformément au « Motu Proprio » du Pape François du 21 décembre 2019. <br />Fri, 09 Oct 2026 01:00:05 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - « Participez aux élections, mais protégez la famille. Servez le peuple, mais ne vous détruisez pas les uns les autres » : l’Évêque Hiiboro Kussala à l’approche des élections législativeshttps://fides.org/fr/news/78267-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Participez_aux_elections_mais_protegez_la_famille_Servez_le_peuple_mais_ne_vous_detruisez_pas_les_uns_les_autres_l_Eveque_Hiiboro_Kussala_a_l_approche_des_elections_legislativeshttps://fides.org/fr/news/78267-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Participez_aux_elections_mais_protegez_la_famille_Servez_le_peuple_mais_ne_vous_detruisez_pas_les_uns_les_autres_l_Eveque_Hiiboro_Kussala_a_l_approche_des_elections_legislativesTombura Yambio – « Participez aux élections, mais protégez la famille. Servez le peuple, mais ne vous détruisez pas les uns les autres ». Tel est l’appel lancé par l’Évêque de Tombura Yambio, Mgr Eduardo Hiiboro Kussala, à l’approche des élections générales au Soudan du Sud, prévues le 22 décembre 2026, les premières depuis l’indépendance du pays en 2011.<br /><br />Dans un message adressé à l’Agence Fides, l’Évêque s’adresse en particulier à ceux qui ont l’intention de se présenter aux élections, en proposant une réflexion sur la responsabilité politique, la protection de la famille et la nécessité d’aborder la campagne électorale sans alimenter de nouvelles divisions.<br /><br />« Je ne m’exprime pas en tant qu’homme politique ou analyste, mais en tant qu’Évêque, citoyen sud-soudanais et père qui chemine aux côtés de notre peuple », précise Mgr Hiiboro, qui raconte rencontrer quotidiennement « des mères et des pères, des jeunes, des agriculteurs, des étudiants, des familles déplacées et des responsables communautaires », en écoutant « leurs espoirs, leurs craintes et leurs difficultés ».<br /><br />L’Évêque invite à considérer ce scrutin comme une occasion importante de croissance pour la jeune démocratie sud-soudanaise. « Nous avons beaucoup à apprendre sur la participation démocratique, la compétition politique, le leadership, l’acceptation des résultats et la contestation pacifique », souligne-t-il. « Ayant déjà surmonté d’énormes défis, nous ne pouvons pas nous permettre une campagne électorale qui créerait de nouvelles blessures là où la sagesse pourrait les prévenir. »<br /><br />« Pourquoi est-ce que je me présente ? » C’est la première question que Hiiboro invite à se poser. Tout citoyen faisant preuve « d’intégrité, de compétence, de vision et d’un désir sincère de servir » devrait être libre de se présenter, mais avant de se lancer dans la course, il devrait examiner ses motivations et son niveau de préparation. « Est-ce que je le fais pour servir véritablement le peuple ou simplement pour obtenir un mandat ? », demande l’Évêque. Et encore : « Ai-je prié, me suis-je concerté et me suis-je préparé financièrement, émotionnellement et spirituellement ? Est-ce que je comprends la responsabilité que je cherche à assumer ? Et puis-je accepter le résultat avec sérénité, quel qu’il soit ? ».<br /><br />Une attention particulière est accordée à la famille, qui risque d’être entraînée dans les divisions politiques. « Un mari et une femme peuvent se présenter, même sous des bannières politiques différentes. Des frères et sœurs peuvent se faire concurrence. Parents et enfants peuvent avoir des ambitions politiques divergentes », observe l’Évêque, rappelant que « la démocratie admet des convictions différentes ». Le risque, cependant, est que la compétition politique finisse par s’immiscer dans la vie familiale. « Des opinions politiques divergentes peuvent se transformer en disputes. Le financement de la campagne électorale peut créer des tensions. Les partisans peuvent répandre des rumeurs et exercer des pressions au sein de la famille ». Même les enfants, ajoute-t-il, peuvent être exposés à l’hostilité politique ou se sentir contraints de prendre parti, tandis que frères et sœurs peuvent s’éloigner les uns des autres en raison de leurs affiliations respectives.<br />« Lorsque cela se produit – prévient-il –, le foyer peut peu à peu devenir une autre arène électorale ».<br /><br />C’est pourquoi Mgr Hiiboro invite les familles à se concerter avant le début de la phase la plus intense de la campagne : « Priez ensemble. Parlez honnêtement. Discutez des finances, des enfants et des attentes ». Et surtout, « quoi qu’il arrive sur le plan politique, la dignité de chaque personne et l’unité de la famille doivent être préservées ».<br /><br />« Ne laissez pas vos partisans vous diviser. Ne mettez pas en péril l’avenir de votre famille à cause d’une élection », exhorte l’Évêque. « Que la famille soit ce lieu où l’on peut revenir sans honte, que le candidat gagne ou perde. »<br />Dans son message, l’Évêque évoque également le prix personnel de la compétition politique, faite de pressions, de critiques, de rumeurs, d’angoisse et de fatigue. « Il y a ceux qui t’encensent aujourd’hui et disparaissent demain. Ta famille, en revanche, restera à tes côtés. » Une élection, souligne-t-il, « peut durer quelques mois, mais ta famille devra vivre avec ses conséquences pendant de nombreuses années ». D’où quelques conseils simples : « Prie. Repose-toi. Demande conseil à ceux qui te disent la vérité, pas seulement à ceux qui t’applaudissent. Parfois, le silence est la réponse la plus sage».<br /><br />L’Évêque espère donc que les prochaines élections pourront devenir «une école de démocratie» pour le pays. «Nos enfants nous observent», affirme-t-il. Ils apprendront la démocratie «non seulement à travers les lois et les institutions, mais aussi à travers la manière dont nous nous comportons lorsque nous gagnons et lorsque nous perdons». L’appel est donc de « exprimer pacifiquement son désaccord, de rivaliser sans haine, d’accepter les résultats avec dignité et de célébrer la victoire sans humilier les autres ».<br /><br />Mgr Hiiboro rappelle en outre l’importance d’une participation politique « large et inclusive », dans laquelle puissent trouver leur place les femmes, les jeunes, les professionnels, les différentes communautés et les citoyens responsables. Dans le même temps, il met en garde : « Les fonctions politiques ne doivent jamais être considérées comme un héritage familial ». Ce qui doit compter, ce sont « la compétence », « le caractère », « l’intégrité » et « l’esprit de service », tandis que « la liberté et la dignité des personnes doivent rester au centre ».<br /><br />« Ne laissez pas vos partisans vous diviser. Ne mettez pas en péril l’avenir de votre famille à cause d’une élection », exhorte l’évêque. « Que la famille soit ce lieu où l’on peut revenir sans honte, que le candidat gagne ou perde. »<br />Dans son message, l’évêque évoque également le prix personnel de la compétition politique, faite de pressions, de critiques, de rumeurs, d’angoisse et de fatigue. « Il y a ceux qui t’encensent aujourd’hui et disparaissent demain. Ta famille, en revanche, restera à tes côtés. » Une élection, souligne-t-il, « peut durer quelques mois, mais ta famille devra vivre avec ses conséquences pendant de nombreuses années ». D’où quelques conseils simples : « Prie. Repose-toi. Demande conseil à ceux qui te disent la vérité, pas seulement à ceux qui t’applaudissent. Parfois, le silence est la réponse la plus sage».<br /><br />L’Évêque espère donc que les prochaines élections pourront devenir «une école de démocratie» pour le pays. «Nos enfants nous observent», affirme-t-il. Ils apprendront la démocratie «non seulement à travers les lois et les institutions, mais aussi à travers la manière dont nous nous comportons lorsque nous gagnons et lorsque nous perdons». L’appel est donc de « exprimer pacifiquement son désaccord, de rivaliser sans haine, d’accepter les résultats avec dignité et de célébrer la victoire sans humilier les autres ».<br /><br />Mgr Hiiboro rappelle en outre l’importance d’une participation politique « large et inclusive », dans laquelle puissent trouver leur place les femmes, les jeunes, les professionnels, les différentes communautés et les citoyens responsables. Dans le même temps, il met en garde : « Les fonctions politiques ne doivent jamais être considérées comme un héritage familial ». Ce qui doit compter, ce sont « la compétence », « le caractère », « l’intégrité » et « l’esprit de service », tandis que « la liberté et la dignité des personnes doivent rester au centre ».<br /><br /> <br />Fri, 09 Oct 2026 00:57:10 +0200Au Brésil, les élections du 4 octobre pourraient déterminer l'avenir du payshttps://fides.org/fr/news/78266-Au_Bresil_les_elections_du_4_octobre_pourraient_determiner_l_avenir_du_payshttps://fides.org/fr/news/78266-Au_Bresil_les_elections_du_4_octobre_pourraient_determiner_l_avenir_du_payspar Cosimo Graziani <br /><br />Brasilia - Le premier tour des élections présidentielles au Brésil, qui s'est tenu le 4 octobre, a confirmé les prévisions des analystes. Les deux principaux candidats – Flavio Bolsonaro, du Parti libéral, et le président sortant Lula, du Parti des travailleurs – le premier de droite et le second de gauche – s'affronteront au second tour le 25 octobre.<br /><br />Au premier tour, Bolsonaro a obtenu 47 % des voix contre 45 % pour Lula, mais l’écart en termes de voix s’est élevé à un peu plus de deux millions. Un écart qui était prévu à la veille du scrutin, mais avec les rôles inversés, Lula étant donné favori. La campagne électorale décisive pour le second tour vient de débuter ; au cours des prochaines semaines, les deux candidats poursuivront des objectifs différents pour remporter les voix nécessaires à la victoire.<br />Bolsonaro doit capter les voix des autres candidats de droite, qui ont recueilli au total 7 % des suffrages, tandis que Lula doit faire appel à l’énorme part d’abstentionnistes, qui ont représenté lors de ce scrutin 21 % des électeurs inscrits, le chiffre le plus élevé depuis vingt-huit ans.<br />Le scrutin ne portait pas uniquement sur l’élection du président de la République. Cinquante-quatre des quatre-vingt-un sièges du Sénat ainsi que tous les membres de la Chambre des députés ont également été renouvelés. Ce sont précisément ces élections qui constituent le véritable tournant politique du pays. En effet, dans les deux cas, le Parti libéral est arrivé en tête, remportant vingt-neuf sièges au Sénat et cent vingt-et-un à la Chambre, tandis que le Parti des travailleurs s’est classé deuxième à la Chambre avec quatre-vingt-huit sièges et même troisième au Sénat avec seulement neuf sièges.<br />Dans le contexte politique brésilien fragmenté, le fait d’être le premier parti, surtout s’il s’agit de celui du président ou d’un candidat arrivé au second tour, influence fortement l’orientation politique de la législature. En ce sens, quel que soit le résultat du 25 octobre, le contexte politique brésilien a de nouveau basculé vers la droite. Il faudra bien sûr tenir compte de l’identité du futur président, mais à la lumière des résultats, les analystes ont formulé deux prévisions : en cas de victoire de Lula, une législature problématique et marquée par une forte opposition qui posera de sérieux problèmes au président ; en cas de victoire de Bolsonaro, un retour à un certain type de politiques économiques, telles que l’exploitation des ressources de la forêt amazonienne, et une certaine influence sur le futur paysage politique brésilien.<br />Un élément qui sera certainement influencé par les résultats est la composition de la Cour suprême fédérale. Le prochain président devra nommer trois nouveaux juges pour remplacer ceux dont le mandat arrivera à échéance en raison de la limite d’âge, ainsi qu’un nouveau juge pour pourvoir un siège vacant. Cela représente un quart des onze membres qui composent la Cour. Le Sénat dispose du pouvoir de destituer les membres de la Cour, ce qui rend l’issue du second tour d’autant plus décisive. En cas de victoire de Lula, un mécanisme de contre-pouvoirs verrait le jour, grâce auquel une éventuelle décision du Sénat pourrait être contrebalancée par une décision du président en matière de nominations ; tandis qu’avec Bolsonaro, il est possible qu’outre les nominations, le Sénat puisse décider de révoquer certains membres de la Cour – le premier candidat en la matière étant Alexandre de Moraes, qui fut l’un des principaux accusateurs de Bolsonaro père –, ce qui donnerait au Parti libéral la possibilité de modeler encore davantage la Cour à l’image de ses positions politiques.<br />Le dernier facteur important de ces élections est leur répercussion au niveau international. Tout d’abord, au niveau régional, où la victoire de Flavio Bolsonaro marquerait un tournant définitif en faveur des États-Unis et de Trump dans toute l’Amérique latine, ne laissant que le Mexique comme grand pays encore dirigé par un parti de gauche. Il y a ensuite les répercussions sur la politique mondiale : si le Brésil venait à changer de président, tous les partis idéologiquement proches du Parti libéral à l’échelle mondiale bénéficieraient d’un élan politique qu’ils pourraient exploiter. Ce sont surtout les partis européens qui en tireraient profit, à la veille d’une année électorale d’une importance cruciale pour le continent, qui s’ouvrira avec les élections anticipées en Espagne fin novembre et se poursuivra avec les élections en France, en Italie et en Pologne. <br />Fri, 09 Oct 2026 00:37:56 +0200EUROPE/ITALIE - « La mission aujourd’hui : sortir de sa zone de confort ». Entretien avec le Supérieur Général de la Société des Missions africaineshttps://fides.org/fr/news/78261-EUROPE_ITALIE_La_mission_aujourd_hui_sortir_de_sa_zone_de_confort_Entretien_avec_le_Superieur_General_de_la_Societe_des_Missions_africaineshttps://fides.org/fr/news/78261-EUROPE_ITALIE_La_mission_aujourd_hui_sortir_de_sa_zone_de_confort_Entretien_avec_le_Superieur_General_de_la_Societe_des_Missions_africainespar Antonella Prenna<br /><br />Rome – Le Père François Marie Hervé du Penhoat est à la tête de la Société des Missions africaines depuis près d’un an et demi, à un moment de profonde transformation. Après avoir occupé pendant de nombreuses années le poste de Supérieur provincial à Lyon, il a été élu Supérieur Général en mai 2025, lors de la XXIIe Assemblée générale de l’institut à Rocca di Papa. Cette nouvelle fonction l’a amené à faire face à une réalité encore plus internationale, faite de langues, de cultures, de déplacements constants et de nouvelles responsabilités.<br /><br />Dans un entretien accordé à l’Agence Fides, il évoque les défis d’une congrégation missionnaire appelée à repenser sa manière d’être et d’agir. Le monde dans lequel les missionnaires partaient vers des territoires dépourvus de communautés chrétiennes a profondément changé : dans de nombreuses régions d’Afrique, il existe désormais des Églises locales bien établies et la mission prend de nouvelles formes. Il ne s’agit plus seulement d’apporter l’Évangile dans des contrées lointaines, mais de redécouvrir la dimension missionnaire de chaque chrétien et de chaque communauté.<br /><br />De la formation des jeunes missionnaires à l’inculturation, de la collaboration entre les différentes provinces au choix des destinations, se dégagent ainsi les questions qui traversent aujourd’hui les SMA : comment former d’authentiques missionnaires ? Comment vivre aux côtés des gens sans se contenter de leur parler ? Et comment préserver une vocation missionnaire dans un monde de plus en plus globalisé, individualiste et virtuel ?<br />Cette réflexion du père François part de son expérience personnelle, mais porte sur la mission dans son ensemble et sur l’avenir d’une congrégation qui, bien qu’elle traverse une phase de changement, continue de considérer la présence aux côtés des gens comme le cœur de sa vocation.<br /><br />« Cela a été un grand changement pour moi : j’étais habitué à la France, où tout se déroulait de manière assez simple. Maintenant que je suis Supérieur général, les défis à relever sont nombreux : les langues, les déplacements… Et il est assez frustrant de se rendre dans un endroit en sachant qu’on n’y retournera probablement plus jamais. C’est très différent de ce que je connaissais auparavant », raconte le missionnaire.<br /><br />« La semaine dernière, j’étais en Angleterre et j’ai rencontré plusieurs personnes, mais je ne pense pas y retourner, car il y a énormément d’endroits à visiter et peu de temps à disposition. En effet, six ans, c’est une période très courte », souligne-t-il à propos de la durée de son mandat. L’un des défis auxquels nous avons dû faire face, à notre arrivée avec la nouvelle équipe, a justement été la composition du groupe. La plupart des membres du staff technique venaient des provinces ou des districts ; ainsi, à l’exception de deux confrères de l’ancien Conseil, c’étaient toutes des personnes nouvelles, issues de pays différents. Nous avons dû apprendre un nouveau métier aux côtés de personnes que nous ne connaissions pas. Tout est nouveau et j’ai de la chance car nous avons une bonne équipe et nous nous entendons bien. »<br /><br />Que pensez-vous de la mission en général ? Remarquez-vous des différences entre vos débuts, il y a de nombreuses années, et les nouvelles communautés que vous avez rencontrées ?<br /><br />Oui. Je crois que c’est beaucoup plus difficile aujourd’hui. Je pense qu’autrefois, c’était plus simple. Je me sentais un peu comme l’un des derniers missionnaires « à l’ancienne » : j’allais dans des endroits où il n’y avait ni chrétiens ni églises. Aujourd’hui, en revanche, il existe un diocèse et nous en faisons partie. Autrefois, j’ai lancé une nouvelle zone de mission et, pour moi, ce fut un privilège de pouvoir observer le processus de conversion des gens au christianisme, puis la construction d’une église. Une église qui naissait d’une petite communauté dans les villages. Ce fut vraiment une très belle expérience. Je me souviens d’avoir souvent séjourné dans les villages : à 5 h 30 ou 6 heures du matin, il y avait la prière. Je voyais des gens à genoux dans la chapelle à 5 h 30 du matin, alors qu’à peine six mois auparavant, ils n’étaient pas chrétiens. Il y avait quelque chose d’extraordinaire dans tout cela. Je sentais que nous étions les témoins d’un mystère, de quelque chose qui concernait la relation entre Dieu et chaque personne. Pour moi, ce fut un moment privilégié.<br /><br />Mais, pour revenir à votre question, cette période est presque terminée. Dans toute cette partie de l’Afrique, il existe désormais des communautés : il n’y a plus de vastes régions dépourvues d’églises ou de chrétiens. On nous a demandé de nous rendre dans de nouveaux pays, dans certaines localités spécifiques ; peut-être que, si nous y allons, nous y trouverons une situation similaire.<br /><br />Je pense que nous devons repenser toute la mission sous un angle nouveau. Au début, lorsque le Pape François est arrivé, j’ai été assez déconcerté. J’enseignais la missiologie et, à l’époque du Pape Jean-Paul II, la distinction était très claire : il y avait les prêtres diocésains et il y avait les missionnaires ; nous étions les missionnaires. Avec le pape François, en revanche, la perspective a changé : tout le monde est missionnaire, toute l’Église est missionnaire. La semaine dernière, en Angleterre, partout où j’allais, je disais aux gens : « Vous devez aider votre prêtre, afin qu’il puisse vous aider à travailler ensemble. » Mais vos prêtres sont eux aussi des missionnaires : ils doivent sortir de la paroisse pour aller à la rencontre des gens. La mission ne concerne pas seulement le prêtre, mais vous implique également. C’est pourquoi elle devrait vous pousser à sortir de l’église et à aller vers les autres. Personnellement, il m’a fallu du temps pour assimiler cette nouvelle dimension. Je constate que nos fidèles ne l’ont pas encore pleinement comprise non plus. Cela prendra probablement encore beaucoup de temps. En réalité, nous devons opérer un grand changement de mentalité, une véritable conversion dans notre attitude, pour être missionnaires envers les autres, pour sortir de notre coquille. Pousser chacun à sortir de sa zone de confort : tel est, en effet, le grand défi de notre époque missionnaire.<br /><br />Pour moi, être aux côtés de ceux qui souffrent est aussi un défi. Je pense toutefois que nos concitoyens ont besoin d’une meilleure préparation et d’un plus grand soutien pour faire face à tout cela. Pour l’instant, nous ne faisons pas tout ce que nous devrions pour eux. Et pourtant, je pense que la simple présence – le fait d’être là, de rester à leurs côtés – est fondamentale pour les gens.<br /><br />Comment décidez-vous d'affecter un missionnaire à un lieu précis ? Avez-vous tendance à envoyer un autochtone dans son pays d'origine ?<br />Non, nous sommes opposés à cette pratique. Il y a une tendance à le faire, mais nous nous y opposons car je crois que c’est l’un des points clés de notre vocation missionnaire. Cet aspect ferait défaut si chacun était missionnaire dans son pays d’origine. Je crois que ce que l’évêque nous demande, c’est justement de représenter quelque chose de différent. Nous apportons quelque chose de nouveau dans le diocèse. Je me souviens qu’au Nigeria, on m’a dit : « Vous êtes étrangers à toutes les discussions et à toutes les luttes de pouvoir. » J’étais vicaire général au Bénin et l’ambiance autour de l’évêque rappelait presque la cour d’une ville médiévale. Si vous êtes étranger, vous apportez quelque chose de différent et, je crois, d’une certaine manière, vous apportez la paix, si vous remplissez votre rôle comme il se doit.<br /><br />Comment tout cela s'inscrit-il dans l'organisation actuelle de la SMA ?<br /><br />Au sein de la SMA, nous sommes dans une phase de transition. Traditionnellement, chaque pays européen était responsable d'un pays africain spécifique. Les Italiens travaillaient principalement en Côte d'Ivoire ; les Irlandais au Nigeria, au Ghana et au Libéria ; les Français en Côte d'Ivoire, au Bénin et au Togo.<br /><br />Au départ, cependant, la SMA fonctionnait de manière internationale et très centralisée. Puis nous sommes passés à un système fortement décentralisé, dans lequel chaque province européenne gérait un pays. Chacune était presque un petit royaume à part entière. À cette époque, le rôle du Conseil général était avant tout autoritaire ; tout était organisé depuis Cork, en Irlande, ou depuis Lyon, en France. C’est ainsi que cela fonctionnait.<br />Depuis environ quarante ans, nous changeons de cap grâce à la création de nouvelles provinces et unités en Afrique. Aujourd’hui, nous avons un système mixte. Les provinces réclament leur autonomie, mais la formation concerne l’ensemble de la Société ; autrefois, en revanche, chaque province avait son propre système de formation.<br /><br />Les questions que nous abordons en tant que Conseil général sont nombreuses. Au cours de l’année écoulée, je pense que nous avons su maintenir un bon équilibre. Pour une nomination, deux unités discutent et s’accordent sur l’envoi d’une personne, par exemple, afin de favoriser la croissance du pays de destination.<br />L’aspect important est peut-être justement celui-ci : changer, évoluer avec son temps et répondre aux défis de chaque pays. En se rendant sur place, on peut évaluer la situation et peut-être prendre des décisions différentes pour le Nigeria, le Togo ou d’autres pays.<br /><br />Je pense que nous avons également progressé en matière de collaboration entre les unités. Autrefois, une province lançait de son propre chef une nouvelle mission : la province de Strasbourg partait aux États-Unis, celle de France en Espagne… Cela fonctionnait un peu comme pour les moines et les monastères qui en engendraient d’autres. Aujourd’hui, en revanche, les décisions sont prises en commun. Par exemple, cette année, nous avons décidé de nous implanter au Tchad : il s’agit d’une décision nouvelle, prise lors du Conseil plénier. Nous lançons ce projet, notamment pour des raisons économiques. Nous construisons deux nouvelles maisons de formation en Tanzanie : l’une pour le deuxième noviciat, ou année spirituelle, et l’autre pour les études de philosophie. En Zambie, en revanche, nous disposons d’une structure dédiée à la formation religieuse.<br /><br />Hier, nous avons rencontré tous les responsables de la SMA à travers le monde pour collaborer et rechercher des solutions communes. D’une certaine manière, c’est un appel prophétique. Et une congrégation missionnaire se doit elle aussi d’être prophétique. Nous devrions donc l’être doublement.<br />Nous avons des missionnaires aux Philippines et en Inde. Nous avons de nombreux jeunes en formation : je crois en compter plus de 400. C’est un grand défi. Mais comment faire de ces personnes de véritables missionnaires ? Pour moi, c’est là le point fondamental. Il est facile d’envoyer des personnes aux quatre coins du monde ; il est bien plus difficile de former de véritables missionnaires, des personnes qui souhaitent réellement porter l’Évangile. Lors de la dernière Assemblée générale, nous avons justement parlé de la ferveur missionnaire.<br /><br />En ce qui concerne la formation et l’inculturation, qu’est-ce qui vous semble particulièrement important ?<br /><br />Un aspect que j’ai bien compris en France est celui de l’inculturation. Je travaillais en Afrique et j’ai dû apprendre la culture locale, celle de la région où j’exerçais. Mais j’ai compris que, tout comme je l’ai fait en Afrique, mes confrères africains qui viennent en France doivent faire de même.<br /><br />C’est une tâche fondamentale pour nous. Mais en même temps, un nouveau défi se pose dans la relation entre la culture et l’annonce de l’Évangile, notamment à la lumière de la culture universelle et, en particulier, de la culture individualiste de notre société. Nous ne pouvons pas simplement nous adapter à ce type de culture. Nous devons créer notre propre culture chrétienne et, en tant que missionnaires, notre propre culture missionnaire. C’est quelque chose qui nous manque aujourd’hui. Autrefois, lorsqu’on entrait dans une société missionnaire, il existait une manière bien précise d’être missionnaire : on y entrait et on était façonné par l’atmosphère, l’environnement, l’expérience commune. Aujourd’hui, il nous manque quelque chose, car il nous manque un point de repère.<br /><br />Combien êtes-vous dans la congrégation ?<br /><br />Nous sommes 902. Ce n’est pas une congrégation très grande.<br />Quand j’étais en France, j’ai essayé d’entrer en contact avec un nouveau mouvement missionnaire. Certains d’entre eux mènent une expérience missionnaire très intense et quotidienne, s’adressant surtout aux jeunes sur les plages, en leur disant : « Jésus vous aime ». Ce sont des personnes charmantes. Cependant, personnellement, je ne me sens pas à l’aise avec cette approche. Je crois que notre manière d’agir consiste à être au milieu des gens et à vivre avec eux. En ce sens, notre approche va à contre-courant de la nouvelle culture, celle du virtuel. Une partie de notre vie – voire la partie principale – devrait consister à vivre avec les gens. L’inculturation, c’est partager la vie des gens et transmettre la présence du Christ à travers notre propre vie et à travers ce que nous sommes.<br /><br />À propos de la France, que pensez-vous du dernier voyage du Pape Léon XIV ?<br /><br />J’étais en Angleterre, très occupé, mais j’ai suivi l’événement. Je crois que tout le monde a apprécié cette visite et l’attitude du pape : sa capacité à écouter les gens, la grande attention qu’il porte à tous, y compris aux malades de Lourdes. Je dirais que les réactions ont été très, très positives. Même les intellectuels anticléricaux n’ont rien trouvé à redire. Personne n’a soulevé d’objections, si ce n’est concernant les coûts élevés. Mais il a bien agi, en répondant aux besoins du moment. C’est incroyable à quel point il est attentif. En tant que provincial, je m’occupe – ou plutôt je m’occupais – des questions liées aux abus. J’ai donc observé ce qu’il a fait à Lourdes, où il a reçu sept victimes d’abus, en consacrant à chacune d’elles environ quinze minutes. C’est un temps considérable dans l’agenda d’un week-end. Toutes ont eu le sentiment d’avoir été écoutées, vraiment écoutées.<br /><br />Ici, à la Maison, en revanche, comment vivez-vous ?<br /><br />Ici, à la Maison, nous sommes une vingtaine pour le moment. Nous hébergeons des étudiants. Il y avait aussi une communauté de sœurs franciscaines indiennes, mais elles sont parties cette année : elles ont ouvert une sorte de maison provinciale pour l’Europe à Rome. Nous avons donc décidé de ne pas accueillir de nouveaux étudiants cette année. Nous devons apprendre à gérer la maison tout seuls et trouver comment nous y prendre. La présence des sœurs rendait en effet la vie beaucoup plus facile. Bien sûr, nous apportions aussi notre contribution, mais il y avait beaucoup de choses dont elles s’occupaient sans que nous nous en rendions compte. Elles géraient de très nombreux aspects de la vie quotidienne. Pour moi aussi, c’est un défi. Quel est le rôle de cette maison ? Nous n’avons pas besoin d’une structure aussi grande. Il nous faut une maison à Rome pour deux ou trois personnes : une personne chargée des relations avec le Vatican et deux ou trois étudiants. Cela pourrait suffire. Si nous décidons de conserver cette maison, qui entraîne également des coûts élevés, nous devons toutefois donner un sens à son existence.<br /><br />Fri, 09 Oct 2026 00:36:25 +0200CHINE/VATICAN - D’un « événement exceptionnel » à une pratique courante : la participation des Évêques chinois aux initiatives du Saint-Siègehttps://fides.org/fr/news/78264-CHINE_VATICAN_D_un_evenement_exceptionnel_a_une_pratique_courante_la_participation_des_Eveques_chinois_aux_initiatives_du_Saint_Siegehttps://fides.org/fr/news/78264-CHINE_VATICAN_D_un_evenement_exceptionnel_a_une_pratique_courante_la_participation_des_Eveques_chinois_aux_initiatives_du_Saint_Siegepar Marta Zhao<br /><br />Rome – En 1998, lorsque le pape Jean-Paul II avait invité deux Évêques de la République populaire de Chine à Rome pour participer au Synode sur l’Asie, leurs sièges étaient restés vides. Les deux invités – Mattia Duan Yinming et Joseph Xu Zhixuan – n’avaient pas pu se rendre dans la Ville éternelle pour témoigner, par leur présence physique, de leur communion avec l’évêque de Rome.<br /><br />Ces derniers jours, deux Évêques originaires de la République populaire de Chine – Matthieu Zhen Xuebin, Évêque coadjuteur de Pékin, et Joseph Huang Bingzhang, Évêque de Shantou – peuvent être aperçus dans les couloirs de l’Aula Nervi, où se tient actuellement la rencontre convoquée par Léon XIV à l’occasion du dixième anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris laetitia. C’est un fait qu’il convient de garder à l’esprit si l’on veut examiner de manière objective le chemin parcouru au cours des dernières décennies concernant la possibilité d’attester la communion des Évêques catholiques chinois avec l’évêque de Rome, qui est aujourd’hui Léon XIV.<br /><br />M. Papa Prevost témoigne de la bienveillance dont le pape de Rome a fait preuve il y a deux ans envers les Évêques chinois, bienveillance également manifestée par le pape François. À l’époque, Joseph Yang Yongqiang, Évêque de Hangzhou, et Vincent Zhang Silu, Évêque de Funing/Mindong, s’étaient assis aux côtés du Pape François et avaient conversé avec lui à l’occasion de la deuxième session de l’Assemblée synodale sur la synodalité. Quelques mois auparavant, en mai 2024, Joseph Shen Bin, Évêque de Shanghai, était intervenu publiquement lors du colloque consacré au centenaire du « Concilium Sinense », organisé par l’Université Pontificale Urbanienne sous l’égide du Dicastère pour l’Évangélisation, et avait eu des échanges fraternels avec le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État de Sa Sainteté, et avec le Cardinal Luis Antonio Tagle, Pro-Préfet du Dicastère missionnaire.<br /><br />L'Évêque Jean Baptiste Yang Xiaoting, qui avait participé aux côtés de l'Évêque Joseph Guo Jincai au Synode sur les jeunes en 2018, avait qualifié leur présence dans la salle Paul VI de « miracle ». Aujourd'hui, ces événements, alors considérés comme exceptionnels, commencent à devenir monnaie courante.<br /><br />La rencontre convoquée par Léon XIV s'intitule « Dix ans après *Amoris laetitia* : annoncer l'Évangile aux familles aujourd'hui » et rassemble les chefs des Églises catholiques orientales et les présidents des conférences épiscopales. Elle compte 187 participants.<br /><br />« Tout ce que je fais, je le fais pour l’Évangile » : c’est en reprenant cette phrase de saint Paul l’Apôtre que l’Évêque coadjuteur du diocèse de Pékin, Matthieu Zhen Xuebin, s’est exprimé après avoir été consacré le 25 octobre 2024 à Beitang , la cathédrale dédiée au Sauveur. « Ce candidat a été approuvé par le Pape », a-t-on précisé dans la lettre d’approbation de l’organisme dénommé « Collège des Évêques catholiques chinois ».<br /><br />Matthieu Zhen Xuebin est né à Changzhi, un village de la province chinoise du Shanxi, le 10 mai 1970. De 1988 à 1993, il a suivi des études au Séminaire de philosophie et de théologie de Pékin ; de 1993 à 1997, il a poursuivi ses études à la St. John's University, université fondée par les Pères Vincentiens et située à New York , où il a obtenu une licence en liturgie. Le 25 juin 1998, il a été ordonné prêtre et incardiné dans le diocèse de Pékin. De 1998 à 2007, il a occupé le poste de vice-recteur du séminaire de Pékin. Il a ensuite exercé son ministère dans plusieurs paroisses de la ville.<br /><br />Joseph Huang Bingzhang avait été ordonné Évêque en juillet 2011 sans mandat pontifical. Le 8 septembre 2018, peu avant la signature de l’accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine sur la nomination des Évêques chinois, le Pape François avait accueilli dans la pleine communion ecclésiale l’Évêque Huang ainsi que six autres Évêques chinois consacrés auparavant sans mandat pontifical. Son installation officielle en tant qu’Évêque de Shantou a eu lieu le 22 janvier 2019. Le diocèse compte environ 140 000 fidèles, une trentaine de prêtres, une congrégation féminine du Cœur Immaculé de Marie, 150 églises et l’école maternelle Sainte-Thérèse.<br /><br />La présence des deux Évêques chinois à Rome témoigne de la participation concrète de l’Église en Chine à un processus ecclésial universel. La rencontre qui se tient actuellement au Vatican aborde également des questions liées à la pastorale familiale, s’inscrivant ainsi dans un domaine particulièrement intéressant pour la culture et la tradition chinoises.<br /><br />C'est la première fois que des Évêques chinois ont pu participer aux travaux d'une assemblée synodale. Cette participation remonte à 2018, lors de la signature de l'accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine sur les nominations épiscopales . Deux semaines après la signature, Jean-Baptiste Yang Xiaoting, Évêque de Yan'an, et Joseph Guo Jincai, Évêque de Chengde, ont, à l'invitation personnelle du Pape François, pris place aux côtés des Évêques de l'Église universelle pour discuter des jeunes.<br /><br />Six ans plus tard, Joseph Yang Yongqiang et Vincenzo Zhan Silu, Évêque de Funing/Mindong, nommé par le Pape, ont pris part à la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, consacrée au thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ».<br /><br />En 2005, Benoît XVI avait invité, à l'occasion du Synode sur l'Eucharistie, quatre Évêques chinois : deux dits « officiels » et deux non reconnus par les autorités politiques . Mais aucun des quatre n’avait obtenu l’autorisation de se rendre à Rome.<br /> <br /><br /><br />Thu, 08 Oct 2026 00:25:49 +0200VATICAN - Nomination de la Secrétaire Adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation au sein de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, chargé de la présidence des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/78263-VATICAN_Nomination_de_la_Secretaire_Adjointe_du_Dicastere_pour_l_Evangelisation_au_sein_de_la_Section_pour_la_premiere_evangelisation_et_les_nouvelles_Eglises_particulieres_charge_de_la_presidence_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/78263-VATICAN_Nomination_de_la_Secretaire_Adjointe_du_Dicastere_pour_l_Evangelisation_au_sein_de_la_Section_pour_la_premiere_evangelisation_et_les_nouvelles_Eglises_particulieres_charge_de_la_presidence_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesCité du Vatican - Le Saint-Père Léon XIV a nommé Secrétaire Adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation, au sein de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, avec la fonction de présidente des Œuvres Pontificales Missionnaires, la révérende Sœur Mary Teresa Barron, N.S.A., Supérieure Générale des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, qui prendra ses nouvelles fonctions le 4 janvier 2027.<br /><br /><br />Mary Teresa Barron est née à Donegal le 7 novembre 1968. Elle a obtenu un master en « Administration des services de santé publique » à l’Institute for Public Administration de Dublin et un master en « Développement international » au Kimmage Institute de Dublin . De 2022 à 2025, elle a été présidente du Service de documentation et d'étude sur la mission mondiale et, de 2023 à 2025, présidente de l'Union Internationale des Supérieures Générales à Rome . Depuis 2018, elle est Supérieure Générale des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres. Thu, 08 Oct 2026 16:04:24 +0200VATICAN — Sœur Mary Teresa Barron a été nommée Secrétaire Adjointe du Dicastère pour l'Évangélisation et présidente des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/78262-VATICAN_Soeur_Mary_Teresa_Barron_a_ete_nommee_Secretaire_Adjointe_du_Dicastere_pour_l_Evangelisation_et_presidente_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/78262-VATICAN_Soeur_Mary_Teresa_Barron_a_ete_nommee_Secretaire_Adjointe_du_Dicastere_pour_l_Evangelisation_et_presidente_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesCité du Vatican — Le Pape Léon XIV a nommé sœur Mary Teresa Barron, Supérieure Générale des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, Secrétaire Adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation au sein de la Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières, avec la fonction de présidente des Œuvres Pontificales Missionnaires. Elle prendra ses nouvelles fonctions le 4 janvier 2027.<br /><br />Aujourd’hui, vers midi, avant la prière de l’Angélus, Sœur Mary Teresa Barron a été présentée à la communauté de travail du Dicastère missionnaire, au Palais de Propaganda Fide.<br /><br />Née à Donegal, en Irlande, le 7 novembre 1968, sœur Mary Teresa Barron a obtenu un master en « administration des services de santé publics » à l’Institute for Public Administration de Dublin et un master en « développement international » au Kimmage Institute de Dublin. Supérieure Générale des Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Apôtres depuis 2018, elle a été présidente du Service de documentation et d’étude sur la mission mondiale de 2022 à 2025 et de l’Union internationale des Supérieures Générales , à Rome, de 2023 à 2025, comme l’indique le curriculum vitae officiel accompagnant sa nomination.<br /><br />L’expérience missionnaire, le dialogue entre les cultures et le lien entre synodalité et annonce de l’Évangile sont des thèmes récurrents dans ses interventions publiques. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire espagnol *Vida Nueva*, publiée le 10 janvier 2025, elle soulignait l’importance d’avoir vécu et travaillé dans différents contextes ecclésiaux et d’être en contact avec « l’Église et les peuples de différents continents ». Une expérience qu’elle considérait comme « extrêmement importante pour toute fonction au sein de l’Église ayant une portée mondiale ». Interrogée, à cette occasion, sur ce que l’appartenance à une congrégation missionnaire pouvait avoir de commun entre son parcours et celui de sœur Simona Brambilla, tout juste nommée préfète du Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, elle expliquait : « Je crois qu’une perspective et une compréhension missionnaires sont très importantes dans une Église synodale, car l’expérience nous enseigne à apprécier et à préserver la diversité comme une richesse ». Elle ajoutait que « l’esprit missionnaire est souvent inclusif et invite volontiers au dialogue », des qualités importantes dans les relations avec des personnes venues du monde entier.<br /><br />Le lien entre mission et synodalité était déjà au cœur de son intervention à l’issue de l’assemblée du Synode sur la synodalité, en octobre 2024. Dans une interview accordée à iCatholic, Sœur Barron évoquait avec émotion un processus auquel elle avait participé dès son lancement, trois ans auparavant. Elle se disait satisfaite du document final, qu’elle considérait comme un soutien pour continuer « en tant qu’Église sur cette voie synodale ». Interrogée sur les perspectives qui s’ouvraient pour le chemin synodal irlandais, elle désignait l’« orientation missionnaire » comme l’un des points forts du document. Le défi, expliquait-elle, consistait à former des disciples missionnaires et à aider les personnes à vivre leur foi au quotidien : « La foi n’est pas un événement du dimanche ; c’est quelque chose que nous vivons chaque jour. » Il s’agissait d’apporter l’amour du Christ dans la vie ordinaire et de le partager. Elle rappelait également la place accordée à la famille en tant qu’Église domestique, y voyant une invitation à une présence plus missionnaire dans la société.<br /><br />Le 19 mars 2026, lors d’une interview conjointe accordée à Vatican News aux côtés du Père François Marie Hervé du Penhoat, Supérieur Général de la Société des Missions africaines, Sœur Barron est revenue sur les nouvelles formes de la présence missionnaire. Les deux congrégations célébraient, entre autres anniversaires, les 150 ans de la fondation des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres et les 170 ans de la Société des Missions africaines. « L’Église devient plus synodale. Cet esprit missionnaire est fondamental », déclarait-elle. « Aujourd’hui, notre réponse pourrait inclure l’accompagnement des migrants, des femmes victimes de la traite à des fins d’exploitation et un engagement accru dans la pastorale sociale, même si nos apostolats traditionnels dans les domaines de la santé et de l’éducation restent essentiels. » Elle rappelait également la dimension internationale de la congrégation, qui rassemble des sœurs issues de 21 pays, et l’importance de cultiver entre elles un esprit de famille.<br /><br />L’attention portée aux personnes victimes d’exploitation est l’un des domaines qui leur tiennent à cœur, comme en témoigne le message adressé aux participants à un marathon de prière contre la traite des êtres humains, organisé en 2025 par l’Union Internationale des Supérieures Générales et l’Union des Supérieurs Généraux. « Nos prières aujourd’hui ne sont pas que des mots. Elles sont aussi un appel à l’action », soulignait-elle, en invitant à marcher en solidarité avec les victimes et à se laisser inspirer par le courage des survivants. Lors de la célébration de la neuvaine après le décès du Pape François, le 3 mai 2025, dans la basilique Saint-Pierre, elle avait enfin exprimé, au nom des femmes consacrées, l’engagement à poursuivre une mission de proximité : « Être la caresse de notre Dieu Créateur aimant envers ceux qui souffrent, être le feu qui allume d’autres feux ». Une mission qui renvoyait à l’appel de l’Évangile à aller à la rencontre des personnes, pour servir, guérir et accompagner ceux qui en ont le plus besoin. <br />Thu, 08 Oct 2026 15:44:39 +0200ASIE/KAZAKHSTAN - Les chefs religieux adoptent trois documents : du dialogue à l'action commune pour la paix et la dignité humainehttps://fides.org/fr/news/78260-ASIE_KAZAKHSTAN_Les_chefs_religieux_adoptent_trois_documents_du_dialogue_a_l_action_commune_pour_la_paix_et_la_dignite_humainehttps://fides.org/fr/news/78260-ASIE_KAZAKHSTAN_Les_chefs_religieux_adoptent_trois_documents_du_dialogue_a_l_action_commune_pour_la_paix_et_la_dignite_humainepar Paolo Affatato<br /><br />Astana – La 24e session du Secrétariat du Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles, qui s’est tenue le 7 octobre à Astana, donne une image précise de l’évolution que connaît actuellement le dialogue interreligieux : de la confrontation à la collaboration, de la connaissance réciproque à la recherche de réponses communes aux grandes questions qui interpellent l’humanité. C’est la trajectoire que le père Laurent Basanese SJ, chef de bureau du Dicastère du Vatican pour le dialogue interreligieux, qui est intervenu à Astana, illustre à l’Agence Fides en parlant de « diplomatie spirituelle ». Il ne s’agit pas d’une diplomatie alternative à celle des États, ni d’une tentative des religions d’assumer un rôle politique, mais d’un espace supplémentaire dans lequel les dirigeants religieux peuvent se rencontrer, s’écouter et mettre leur autorité morale au service de la société.<br />La session d’Astana a adopté trois documents sur des thèmes apparemment différents — l’intelligence artificielle, le changement climatique, la protection des enfants atteints de maladies incurables — qui, en réalité, convergent vers une même question : comment préserver la dignité de la personne à une époque où les transformations technologiques, environnementales et géopolitiques progressent plus rapidement que la capacité des institutions à élaborer des réponses communes ?<br /><br />Du dialogue à l'action commune<br /><br />« La 24e session du Secrétariat du Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles confirme la pertinence et l'utilité de cette diplomatie spirituelle », observe le père Basanese à Fides, rappelant que cette expression a été utilisée par les représentants mêmes de l'organisation, en l'occurrence par le vice-président du Kazakhstan, Erlan Karin.<br />Le jésuite souligne la nature particulière de cette rencontre : « Il est inévitable qu’il y ait également une dimension politique – observe-t-il –, car certains participants — en particulier plusieurs chefs religieux musulmans ou représentants liés aux institutions étatiques — entretiennent des relations avec les gouvernements ». L’intérêt de l’Église catholique, précise-t-il, est avant tout « d’avoir une rencontre fraternelle, spirituelle, pour voir ce que nous pouvons faire, comment nous pouvons travailler ensemble ».<br />C’est là que réside le passage le plus significatif de l’expérience d’Astana : pendant des années, le dialogue interreligieux a surtout été un dialogue de connaissance. « C’est une étape nécessaire : avant de pouvoir agir ensemble, il faut connaître l’autre, comprendre sa foi, sa philosophie de vie, son histoire et ses sensibilités. Mais cette étape – observe Basanese – peut désormais ouvrir la voie à une deuxième phase : celle de la collaboration concrète. À partir de cette rencontre, nous voulons aujourd’hui rechercher des voies plus opérationnelles ».<br />Pas seulement le dialogue, donc, mais l’action. Le choix des trois thèmes abordés à Astana reflète précisément cette évolution. L’intelligence artificielle, la crise climatique et la protection des enfants vulnérables sont des questions auxquelles la dimension spirituelle ne peut rester étrangère. Ce sont, en même temps, des domaines dans lesquels la législation des États présente des difficultés ou des délais d’élaboration plus lents que la vitesse des changements.<br />Pour le père Basanese, l’Église catholique aborde ce débat forte d’un patrimoine déjà significatif, comme l’encyclique *Magnifica Humanitas* du Pape Léon XIII et *Laudato si’* du pape François, « des textes unis par la prise de conscience que ces questions ne concernent pas seulement les gouvernements, les grandes entreprises technologiques ou les spécialistes, mais qu’elles concernent tout le monde », souligne-t-il. « Elles concernent également l’homme spirituel – explique-t-il – car les croyants et les communautés de foi font à la fois partie de la société et sont des citoyens ».<br />Les documents approuvés à Astana « ne sont pas des documents juridiques – reconnaît le jésuite –, mais ils peuvent constituer un cadre et contribuer à la réflexion de ceux qui sont appelés à prendre des décisions ». C’est la fonction d’une voix que Basanese qualifie de « hors champ » : une voix qui n’appartient ni au pouvoir politique ni au pouvoir économique, mais qui peut accompagner et orienter leur réflexion. La perspective est donc celle d’une responsabilité partagée : « Nous appartenons tous à la même humanité, à la même terre », affirme Basanese. « Les compétences sont diverses — politiques, économiques, financières, spirituelles — mais chacun est appelé à contribuer au bien commun ». La grammaire de la diplomatie spirituelle ne se substitue pas aux acteurs de la politique, mais ajoute au débat une dimension morale capable d’interroger les décisions sur leur impact sur l’homme et la société.<br /><br />Trois documents, une seule question : la dignité humaine<br /><br />Les trois textes adoptés à Astana portent sur des domaines différents, mais peuvent être considérés comme les éléments d'une même réflexion sur la protection de la dignité humaine et sur la responsabilité commune envers l'avenir de l'humanité.<br />Le premier est le « Code éthique pour l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le domaine religieux », élaboré à l'initiative du président kazakh Kassym-Jomart Tokayev. Le point de départ est la reconnaissance d’une réalité désormais évidente : l’IA fait désormais son entrée dans la vie des communautés religieuses. Les nouvelles technologies peuvent être utilisées pour communiquer, éduquer, produire des contenus et toucher les gens, en particulier les jeunes générations. Mais c’est précisément pour cette raison qu’elles peuvent également devenir des outils de manipulation des sentiments religieux, de propagation de la haine ou d’altération des contenus de la foi. Le Code vise donc à proposer des lignes directrices morales et éthiques afin que l’utilisation de l’IA au sein des communautés religieuses reste subordonnée à la dignité de la personne et au respect des valeurs spirituelles. Le sujet n’est pas abordé uniquement comme une question technologique : les religions sont appelées à poser une question qui précède la technologie elle-même : non pas simplement ce que l’intelligence artificielle est capable de faire, mais ce qu’il est licite de faire avec elle.<br /><br />La deuxième question concerne la crise climatique. Le document adopté sur le rôle des religions dans la lutte contre le changement climatique reprend l’idée selon laquelle la protection de l’environnement ne peut être confiée exclusivement aux politiques publiques : les communautés religieuses peuvent contribuer à sensibiliser les fidèles à leur responsabilité envers la création, à promouvoir des comportements concrets en faveur du développement durable et à attirer l’attention sur les conséquences de l’exploitation incontrôlée des ressources et des catastrophes climatiques, qui touchent tout particulièrement les populations les plus vulnérables. Là encore, la dimension spirituelle se traduit par une responsabilité sociale. La crise climatique n’est pas seulement un problème scientifique ou économique : elle concerne la manière dont l’humanité conçoit sa relation avec la Terre, avec les ressources et avec les générations futures.<br /><br />Le troisième document, la « Charte des droits de l’enfant en phase terminale », porte sur la dimension la plus immédiatement humaine. Présentée comme une initiative conjointe du Kazakhstan et de l’État du Vatican , cette Charte place au centre la dignité de l’enfant atteint de pathologies incurables. Le texte rappelle le droit à des soins humains, à une prise en charge médicale et palliative, ainsi qu’à un soutien psychologique. Mais il introduit également une dimension particulièrement significative pour le dialogue interreligieux : l’accompagnement spirituel, dans le respect des besoins religieux et de la vision du monde de l’enfant et de sa famille. Dans ce troisième document, la technologie et la politique laissent transparaître la question fondamentale qui traverse également les deux autres textes : la personne ne peut être réduite ni à une donnée, ni à un consommateur, ni à un usager d’un service.<br />L’IA, l’environnement et la maladie infantile deviennent ainsi trois domaines distincts dans lesquels réaffirmer un même principe : la dignité humaine prime sur l’efficacité, la technologie et l’intérêt économique.<br /><br />Du dialogue au Mouvement mondial pour la paix<br /><br />Le débat sur le Mouvement mondial pour la paix, abordé lors de la 24e session, représente la prochaine étape possible de la « diplomatie spirituelle » promue par Astana.<br />La proposition, avancée par le président Tokayev, vise à traduire les messages spirituels en une forme de collaboration plus durable. Le slogan du VIIIe Congrès — « Synergie pour l’avenir » — prend ainsi tout son sens opérationnel : mettre en réseau les différentes capacités des communautés religieuses pour faire face aux fractures d’un monde marqué par les guerres, la polarisation et les crises de confiance.<br />L’une des missions définies est particulièrement délicate : empêcher que les croyances religieuses ne soient manipulées ou instrumentalisées comme prétexte pour alimenter les conflits armés, les hostilités et les discours de haine. Cette responsabilité concerne directement les chefs religieux : la religion peut être utilisée pour diviser et légitimer la violence, mais elle peut aussi devenir une ressource de réconciliation. La diplomatie spirituelle naît précisément de la nécessité de renforcer cette seconde possibilité.<br />Le Mouvement prévoit en outre, selon les documents présentés à Astana, une collaboration avec l’Alliance des civilisations des Nations unies dans le cadre de programmes consacrés à la protection des lieux de culte, particulièrement vulnérables en situation de guerre.<br />Le projet vise à mettre en place des parcours durables, en impliquant des jeunes, des universitaires et des professionnels des médias, dans le but de diffuser une culture de tolérance et de respect mutuel dès les nouvelles générations.<br />C’est ainsi que l’on mesure la différence entre une conférence interreligieuse et une véritable infrastructure de paix : une rencontre peut déboucher sur une déclaration ; un mouvement, quant à lui, engendre des relations, des formations, des réseaux et des actions capables de perdurer dans le temps.<br />Si la « diplomatie spirituelle » enseigne que les chefs religieux, grâce à leur force morale, éducative et communautaire, peuvent nourrir la réflexion des responsables politiques, la question est de savoir ce que les différentes traditions religieuses peuvent faire ensemble pour protéger la personne, la paix et l’avenir de la planète. Le « Mouvement mondial pour la paix » constituera, dans cette perspective, un véritable banc d’essai.<br /><br />Thu, 08 Oct 2026 14:47:16 +0200Les missions dans la tourmente : la Journée Mondiale des Missions pendant les années de guerrehttps://fides.org/fr/news/78259-Les_missions_dans_la_tourmente_la_Journee_Mondiale_des_Missions_pendant_les_annees_de_guerrehttps://fides.org/fr/news/78259-Les_missions_dans_la_tourmente_la_Journee_Mondiale_des_Missions_pendant_les_annees_de_guerrepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Rome – « Nos missionnaires sont là, fermement ancrés dans les tranchées de la foi, tels des sentinelles vigilantes postées aux avant-postes. »<br /><br />Le 19 octobre 1940, alors que la guerre bouleversait également les communautés catholiques dans les territoires de mission, l’Archevêque Celso Costantini, alors Secrétaire de la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide , répondait ainsi à la question qu’il avait lui-même posée aux auditeurs de son message radiophonique : « Que font-ils, comment vivent-ils, comment œuvrent-ils en ces temps-ci, nos missionnaires ? ».<br /><br />En tant que Secrétaire de la Congrégation de Propaganda Fide, Costantini confiait à la radio un message destiné à atteindre les fidèles à la veille de la Journée Mondiale des Missions. Dans les bulletins de l’Agence Fides, ce rendez-vous annuel apparaît comme un appel à ne pas oublier ceux qui étaient loin : missionnaires internés, communautés isolées, prêtres et religieuses sans ressources, populations submergées par la violence.<br /><br />Entre 1939 et 1944, ces messages racontent une mission qui s’efforce de maintenir ouverts ses lieux de prière, d’éducation et de soins alors que les aides, les liaisons et les possibilités de déplacement viennent à manquer. Ils sollicitent des dons, mais aussi des prières et une solidarité capable de transcender les divisions du conflit. Au centre de leurs préoccupations ne figure pas le prestige des nations, mais les personnes confiées aux missionnaires et l’avenir des Églises locales.<br />De la distinction entre l’Évangile et les intérêts politiques à l’espoir de reconstruire sur les ruines, les paroles de Costantini témoignent d’une fidélité mise à l’épreuve par la guerre.<br /><br />L'Évangile au-delà des nations<br /><br />Un document daté du 21 octobre 1939 et publié dans Fides rend compte d’une conférence donnée par Costantini à l’Université Pontificale Grégorienne en vue de la Journée missionnaire du 22 octobre. Le titre, « Le Christ et César dans les missions », aborde la relation entre l’annonce chrétienne et le pouvoir politique. En rappelant la parole évangélique « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », le Secrétaire de Propaganda Fide affirme la liberté de la mission face aux ingérences des États et aux tentations nationalistes qui peuvent affecter « certains missionnaires ».<br /><br />« Le christianisme ne s’est pas présenté au monde comme la religion d’un peuple, mais comme la religion de l’humanité », peut-on lire dans le compte-rendu. Costantini rejette « un malentendu grave et répandu » : celui selon lequel les missionnaires seraient « de précieux vecteurs de l’idée et de l’influence nationale de leur propre pays », capables d’ouvrir la voie à son expansion politique et commerciale. Le missionnaire ne peut pas devenir un « pseudo-agent consulaire ».<br />Dès le début du conflit, ces mots soustraient explicitement la mission à la rivalité entre les puissances. La conférence rappelle également une nécessité que la guerre rendra de plus en plus évidente : former un clergé local qui « même en cas de guerre, reste à sa place », surmontant ainsi les dommages causés aux missions par la politique étrangère. Le discours se termine en opposant à la destruction une autre possibilité d’agir : « Tandis que les hommes s’entretuent », la charité missionnaire peut encore allumer « une lueur de bonté et d’espoir sur cet horizon trouble du monde ».<br /><br />Le message radiophonique de Pie XII<br /><br />Dans son message radiophonique de 1940, Costantini évoque son expérience en Chine. En cette période de révolutions, un missionnaire avait écrit à son Évêque : « Je vous remercie de m’offrir un moyen de me mettre en sécurité ; mais nos prédécesseurs, en temps de danger, n’ont pas abandonné leur poste. » La lettre se terminait par une décision : « Si nous devons ajouter une page à l’histoire de notre mission, nous devons savoir l’écrire dans le même esprit. Nous resterons ». Costantini présente cela comme l’expression d’un « style héroïque », dans lequel la fidélité à la mission l’emporte sur la recherche de la sécurité personnelle. Le message reconnaît toutefois que l’activité est « nécessairement entravée » et parfois « totalement paralysée » par l’internement ou l’exil des missionnaires. Leur persévérance doit donc s’accompagner d’un soutien concret. Dans la deuxième partie, Costantini reprend la complainte biblique « Parvuli petierunt panem et non erat qui frangeret eis », en expliquant : « Certains missionnaires sont véritablement réduits à la famine. Nous tendons la main pour eux ». Les aides de nos compatriotes et des instituts religieux ne parviennent plus ; on demande concrètement aux auditeurs au moins « un peu de pain pour leur vie difficile ».<br /><br />Ce même soir, le samedi 19 octobre 1940, Pie XII prononce lui-même un message radiophonique adressé aux Évêques et aux catholiques des États-Unis. Ses paroles traversent l’Atlantique pour encourager leur zèle missionnaire. Le Pape évoque les missionnaires et les religieuses qui œuvrent dans les hôpitaux et les écoles, mais aussi «les vastes régions ensanglantées et dévastées par les conflits entre les peuples». L’image de la moisson évangélique se superpose à celle de «l’ouragan de conflits, de ruines, de misères, de besoins innombrables». Pie XII allie prière et aide matérielle : « Que l’offrande de la main ne soit pas dissociée de l’offrande de la prière . » Les dons doivent permettre de « promouvoir le bien commencé, de restaurer ce qui a été endommagé ou détruit », de soutenir ce qui est fragile et d’accroître ce qui existe déjà. L’appel à la mission devient ainsi aussi un appel à la réconciliation : « Car la paix dans le monde est elle aussi une mission de l’Église ». Dans son compte rendu de la Journée, Fides rappellera cette parole pontificale, adressée en particulier aux Américains, mais perçue par les croyants comme s’adressant à chacun.<br /><br />L’appel lancé par Costantini le 19 octobre 1941 commence quant à lui par des remerciements : les dons des différents pays ont dépassé de quelques millions les budgets précédents. « Si l’on pense à la guerre, aux privations inévitables que les peuples ont dû et doivent encore endurer dans presque le monde entier, cette augmentation de la charité revêt une signification profonde », écrit-il. Le don prend toute sa valeur précisément parce qu’il naît au cœur d’une privation partagée. Les documents de contexte témoignent de cette mobilisation. En Italie, les recettes de l’Œuvre Pontificale pour la Propagation de la Foi étaient passées de 6 635 216 lires en 1939 à 7 564 559 en 1940. Pour préparer la Journée de 1941, on diffusait des circulaires aux curés, du matériel de prédication, des images sacrées et des tracts ; le message radiophonique était diffusé par l’EIAR , prédécesseur de la RAI, et repris par Radio Vatican en plusieurs langues. La solidarité prenait forme à travers les paroisses, la presse et la radio.<br /><br />Construire au cœur de la destruction<br /><br />« Les bâtisseurs de la Cité de Dieu » : tel est le titre du message prononcé à l’occasion de la Journée du 18 octobre 1942. Costantini part de l’attente d’un monde différent, avec une référence augustinienne évidente : « Le monde entier attend qu’un nouvel ordre se construise sur les ruines fumantes de cette guerre ». Mais la reconstruction, affirme-t-il, « doit être, avant d’être un fait matériel, un fait spirituel ». Aux côtés des soldats qui combattent, il évoque « d’autres soldats, silencieux, sans armes », dispersés dans les régions les plus lointaines, qui souffrent et travaillent pour cet ordre nouveau.<br /><br />Les lettres parvenues à Propaganda Fide concrétisent ce récit. Un Évêque d’Afrique centrale rapporte avoir pu maintenir ses œuvres grâce aux contributions reçues et avoir remplacé, au moins en partie, les missionnaires internés d’un vicariat voisin. Un Évêque d’Afrique de l’Ouest se penche sur la formation du clergé africain : « La Mission sera adulte lorsqu’elle aura bien formé le clergé africain ». Il appartiendra alors aux prêtres africains de transmettre à leur tour « le flambeau de la foi ». Costantini fait remarquer que la mission « doit déboucher sur l’Église indigène ». Le conflit montre à quel point cela est nécessaire : là où les missionnaires étrangers sont internés, les prêtres locaux peuvent les remplacer et « sauver la situation ». Mais la formation du clergé n’est pas considérée comme une réponse à l’urgence, mais comme un élément incontournable du cheminement vers la maturité des communautés chrétiennes, « dans les plans de Dieu » et « voulue par le Pape ».<br /><br />En septembre 1943, l’appel porte un titre qui allie dévastation et confiance : « Les missions renaîtront ». La guerre est un ouragan qui s’abat sur un jardin, arrachant fleurs et feuillage. Les plantes robustes se courbent, mais peuvent se redresser et refleurir. À Propaganda parviennent «des voix de douleur, des voix d’imploration» de missionnaires en situation d’inaction, d’internement et de famine. Et pourtant, écrit Costantini, «pas un mot de découragement n’est jamais parvenu».<br />Le texte ne minimise pas les pertes. Une bombe a explosé dans une maison de religieuses, en tuant quinze d’un seul coup ; les survivantes, blessées, n’ont pas abandonné leur « poste de charité ». À côté des victimes, Costantini évoque ceux qui ont été séparés de leurs communautés et internés dans des camps de concentration. Un évêque qualifie cette situation de « martyre blanc » : « C’est un martyre sans effusion de sang, mais long, épuisant, terriblement pénible », aggravé par l’angoisse pour les chrétiens abandonnés. Un autre écrit depuis un camp de concentration : « Ici, nous nous efforçons d’occuper utilement notre temps par la prière et l’étude. Dieu seul sait ce que l’avenir nous réserve. Nous chercherons cependant, par sa grâce, à être prêts à tout. Tout ce que nous avons pu posséder par le passé, nous l’avons accepté et offert à Dieu avec joie. Nous nous souvenons des paroles nobles de notre saint Colomban : « Christi sumus, non nostri : Nous sommes à Christ, nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes ».<br /><br />Là aussi, on entrevoit des lueurs d’espoir dans les Églises locales. « Heureusement, les missionnaires avaient fondé des séminaires un peu partout », observe Costantini. Dans de très nombreux endroits, les prêtres locaux remplacent ceux qui ont été internés. Les séminaires restent ouverts presque partout, « mais au prix de sacrifices inouïs ». L’espérance d’un renouveau vit déjà chez ceux qui continuent à se former et à soutenir les communautés.<br /><br />Des ruines à la reconstruction<br /><br />« Sursum corda ! » : tel est le titre du message radiophonique diffusé à l’occasion de la Journée du 22 octobre 1944. « Cela fait désormais cinq ans que la Journée Mondiale des Missions est célébrée au milieu des ravages de la guerre », commence Costantini. L’attente d’une accalmie se fait sentir, mais l’espoir n’efface pas le souvenir des victimes : le message rend hommage à soixante missionnaires tombés au combat, dont un évêque. Le témoignage le plus poignant est celui d’une religieuse. Transportées d’une île à l’autre au milieu des bombardements, de la faim et des longues marches, elle et ses compagnes avaient été embarquées sans connaître leur destination. Un raid aérien avait touché le navire. « Sur nos 47 sœurs, seules quatre étaient saines et sauves » ; vingt-quatre étaient mortes sur le coup. Les prêtres avaient assisté les mourants et l’Évêque, blessé à l’épaule, allait succomber plus tard. « Avec les sœurs qui n’étaient pas encore passées dans l’au-delà, nous avons renouvelé nos vœux sacrés et nous avons prié. » Costantini revient sur son appel : les missionnaires sont prêts à reprendre leur travail, mais ils ont besoin d’aide. Aux fidèles, eux aussi marqués par ces pertes, il demande de faire des dons également en mémoire de leurs défunts, en se tournant vers un avenir de paix : « Travaillons tous avec un cœur ferme et généreux afin que, sur les ruines de la guerre, de près comme de loin, surgisse un monde nouveau, plus humain et plus chrétien ».<br /><br />Au fil des mois de guerre, le papier des recueils conservés dans les archives de l’Agence Fides devient plus fin, plus rugueux, et l’encre plus délavée. En 1944, on trouve ce message non loin de celui consacré à la Journée Mondiale des Missions : « Cent quinze pages d’articles et d’actualités, c’est tout ce que nous avons pu fournir, et malheureusement seulement à une infime partie de la presse italienne, en cette année 1944. Il n’est pas nécessaire de faire appel à nos abonnés et à nos lecteurs pour qu’ils comprennent qu’il n’était pas possible, moralement ni matériellement, d’en faire davantage. Nous espérons que les événements permettront bientôt aux Missions lointaines et à l’Agence Fides de rétablir les communications interrompues par la guerre : nous pourrons ainsi reprendre pleinement notre activité ».<br /><br />En 1946, la question de la reconstruction devient explicite. « Reconstruire : sur quelles bases ? », s’interroge un article du 12 octobre signé par Mgr Lazzaro Acquistapace, de l’Agence Fides, dont il fut rédacteur de 1931 à 1955. Commentant l’appel de Costantini et un message de Pie XII aux Évêques du Japon, l’auteur rappelle l’effort visant à rassembler les chrétiens dispersés, à relever les murs et à rouvrir les œuvres catholiques. Mais avant tout, il faut une reconstruction « morale et spirituelle » : « C’est sur les fondements de l’Évangile, sur le Christ, pierre angulaire, que chaque missionnaire a toujours construit et qu’il reconstruira désormais. »<br /><br />De l'après-guerre à la « troisième guerre mondiale par morceaux »<br /><br />La fin de la guerre ne marque toutefois pas la fin de la période d’épreuves. Dans son message pour la Journée du 23 octobre 1949, Costantini décrit l’essor des œuvres en Afrique et le passage des missions étrangères aux Églises locales en Inde, tandis que dans certaines régions d’Extrême-Orient, l’Église « souffre et saigne comme l’Église des catacombes ». Le titre reprend saint Paul : « Maledicimur et benedicimus », « On nous maudit et nous répondons en bénissant ». Costantini propose alors une réflexion très profonde sur le regard chrétien face au martyre : « Je m’étendrais trop si je voulais vous rapporter les descriptions effroyables qui parviennent à la Propagande : dévastations, fuites, déportations, dispersion des séminaristes, désorganisation des chrétiens, pillages, meurtres et morts par privation. Mais, si la chair est faible, l’esprit est prêt », affirme-t-il. Il ajoute : « Pas un mot de haine ou de découragement n’est parvenu à la Propagande, mais seulement des paroles de profonde piété. Maledicimur et benedicimus. À la Propagande, nous sommes en contact permanent, non seulement avec les choses naturelles, mais aussi avec le surnaturel ; l’Église souffre, prie et résiste. »<br /><br />De la guerre à l'après-guerre, la Journée Mondiale des Missions n'a jamais été un événement mondain, mais elle puise ses racines dans des réalités très concrètes. Et c’est précisément cela qui donne tout son sens au fait qu’aujourd’hui encore, les fidèles soient appelés à soutenir la mission : non pas comme un concept abstrait, mais comme une réalité qui s’incarne dans les personnes qui restent et œuvrent pour construire la cité de Dieu. Alors que le monde est entré, selon les mots du pape François, dans une « troisième guerre mondiale par morceaux », ce souvenir mérite aujourd’hui plus que jamais d’être connu.<br /><br /><br />Thu, 08 Oct 2026 14:29:33 +0200Des plaines côtières du sud de l'Inde aux contreforts de l'Himalaya : le parcours missionnaire de l'Évêque Edward Barettohttps://fides.org/fr/news/78258-Des_plaines_cotieres_du_sud_de_l_Inde_aux_contreforts_de_l_Himalaya_le_parcours_missionnaire_de_l_Eveque_Edward_Barettohttps://fides.org/fr/news/78258-Des_plaines_cotieres_du_sud_de_l_Inde_aux_contreforts_de_l_Himalaya_le_parcours_missionnaire_de_l_Eveque_Edward_Barettopar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Darjeeling – Lorsque, le 29 novembre 2025, le Pape Léon XIV a nommé le prêtre Edward Baretto Évêque coadjuteur de Darjeeling, cette nomination a marqué d’une empreinte unique un parcours de quatre décennies qui a traversé tout le sous-continent indien : d’une famille catholique de condition modeste du diocèse de Mangalore, dans le Karnataka, jusqu’aux collines couvertes de plantations de thé, là où l’Inde jouxte le Bhoutan et le Sikkim.<br /><br />Ordonné Évêque le 21 janvier 2026 à Kalimpong, en présence du Nonce Apostolique en Inde et au Népal, Leopoldo Girelli travaille désormais aux côtés de l'Évêque Stephen Lepcha au service d'un diocèse dans lequel il a déjà occupé de nombreuses fonctions, depuis son adolescence.<br /><br />« Nous étions huit frères et sœurs dans la famille et nous étions très pauvres », raconte-t-il à Fides, en évoquant son enfance à Alampuri, près de Mangalore. « Malgré tout, j’ai réussi à terminer mes études, même si cela n’a pas été sans grande difficulté. » Son père est tombé malade d’un cancer alors qu’Edward était encore à l’école primaire, ce qui l’a contraint à aider à la maison pendant que sa mère partait travailler. « Même si je n’avais pas perdu ce temps-là, ma famille n’aurait pas eu les moyens de m’envoyer à l’école », ajoute-t-il, en réfléchissant à un parcours façonné par la grâce et le dévouement, où rien n’était acquis ni dû à des privilèges.<br /><br />Cette vocation l’a conduit loin de chez lui. En 1982, à l'âge de dix-sept ans, il est entré au petit séminaire Jean XXIII à Darjeeling, à près de 2 500 kilomètres de sa région natale, dans le sud de l'Inde. Il a ensuite étudié au séminaire régional Morning Star de Calcutta, puis a obtenu un master en philosophie à Pune et une licence en droit canonique à Bangalore, après son ordination sacerdotale à Darjeeling en 1993.<br /><br />Le passage du sud tropical au nord himalayen n’a pas été facile. « Une fois la langue apprise, c’est la clé pour s’intégrer dans une communauté », explique-t-il à propos de ses premières années dans les collines. « À partir de ce moment-là, les choses sont devenues beaucoup plus faciles pour moi. » Il s’est tourné vers les villages pour son ministère de Noël et vers la musique comme passerelle vers la vie locale : « Cela aussi a été apprécié, et c’est ainsi que je me suis rapidement intégré ». Ce modèle d’intégration s’est répété tout au long de son ministère : directeur adjoint du petit séminaire, enseignant à Morning Star, curé à Kalimpong, vicaire judiciaire et, plus récemment, directeur du Centre pastoral Divya Vani.<br /><br />Aujourd’hui, ce diocèse compte environ 35 000 catholiques, « c’est tout », observe-t-il sans emphase, répartis sur un territoire de plus de 9 500 kilomètres carrés qui englobe les collines de Darjeeling, le Sikkim et le Royaume du Bhoutan. Un petit troupeau qui, selon son récit, a néanmoins su instaurer une cohabitation d’une sérénité inhabituelle avec ses voisins. « En ce qui concerne l’harmonie religieuse, nous n’avons pas de gros problèmes, contrairement à d’autres régions de l’Inde, où vous avez sûrement entendu parler de conflits », affirme-t-il. « Nous vivons en harmonie et, entre chrétiens, l’harmonie est jusqu’à présent excellente. Nous participons aux initiatives les uns des autres et, lorsque nous nous rencontrons, tout se passe très bien. » Il cite des initiatives concrètes : « J’ai organisé un dialogue interreligieux et invité de nombreuses personnes. Cela s’est très bien passé, tout le monde est venu, nous avons organisé un dîner pour eux et il y a eu un échange d’opinions », ce qui prouve que le dialogue, pour lui, est une réalité concrète faite de rencontres et de moments passés ensemble.<br />Une grande partie de sa vie pastorale s’est déroulée au sein des communautés des plantations de thé de la région, dont la présence catholique remonte à la migration de main-d’œuvre du XIXe siècle en provenance du Chotanagpur.<br />« Ici, les gens travaillent principalement dans les plantations de thé », observe-t-il. « Les ouvriers des plantations de thé ne possèdent pas de terres, ils sont simplement employés par les plantations. Trouver un logement est très difficile pour les familles qui vivent dans les plantations de thé. » <br /><br />Lorsqu’on lui demande de raconter un épisode qui a façonné son approche de la mission, il se souvient avoir célébré un mariage interreligieux entre un homme catholique et une femme hindoue. Sentant que la mariée et sa famille étaient mal à l’aise, il leur a expliqué qu’il n’était pas là pour forcer qui que ce soit et qu’il respectait profondément leur tradition. Soulagée, la mariée a commencé à fréquenter régulièrement l’église avant de demander, finalement, à être baptisée. « Elle m’a remercié de l’avoir laissé libre et de ne pas lui avoir mis la pression », raconte l’évêque. « C’est cela qui lui a vraiment permis de trouver sa propre voie. »<br /><br />En ce qui concerne les mariages mixtes, courants dans une région où les catholiques sont peu nombreux, même parmi les chrétiens, il privilégie une approche délicate et respectueuse. Baptiser quelqu’un sans son consentement sincère, observe-t-il, « serait contraire à la Constitution civile et même à l’enseignement de l’Église elle-même, car cela reviendrait à imposer notre religion à quelqu’un. Il ne s’agit pas de les refuser : s’ils souhaitent se rapprocher, ils sont libres de le faire ».<br /><br />Compte tenu de la situation géographique de son diocèse, Mgr Baretto est également responsable de la petite communauté catholique du Bhoutan, qui ne compte qu’un seul prêtre local : une histoire singulière qui plonge ses racines dans la famille royale même de ce royaume officiellement bouddhiste. « Il y avait des missionnaires jésuites au Bhoutan, invités par le roi », raconte-t-il, « de nombreux membres de la famille royale ont étudié à Darjeeling, pour la plupart sous la direction des jésuites ». L’histoire est intéressante. Au milieu du XXe siècle, la St. Joseph’s School de Darjeeling, mieux connue sous le nom de North Point, s’est imposée comme un centre éducatif de premier ordre pour les élites himalayennes sous la direction des jésuites. Plusieurs générations de la dynastie royale bhoutanaise des Wangchuck et de membres de l’aristocratie bhoutanaise y ont fait leurs études, à commencer par le troisième monarque du pays, Jigme Dorji Wangchuck, lui-même ancien élève de l’école, qui, à partir de 1961, a lancé un processus de modernisation du système éducatif de son pays. C’est dans ce contexte qu’en 1963, le Premier ministre du Bhoutan, Jigme Palden Dorji, beau-frère du roi, invita les missionnaires jésuites de Darjeeling à développer l’enseignement au Bhoutan.<br /><br />« Depuis lors et jusqu’au départ des jésuites du Bhoutan en 1989, de nombreux jésuites de Darjeeling ont œuvré dans trois localités pour développer l’éducation au Bhoutan, notamment le père William Mackey, qui y a vécu jusqu’à sa mort en octobre 1995, le père Gérard Leclaire, qui a fondé le premier collège du pays, et le père John Coffey, pionnier à Punakha, la capitale d’été du Bhoutan », rapporte le site officiel « Darjeeling Jesuits of North Bengal ». « Après le décès du père Mackey, le ministère pastoral dans le royaume a souffert de l’absence d’un missionnaire catholique sur le terrain », peut-on y lire. Cependant, le Bhoutan relevant du diocèse de Darjeeling, des personnes de cette ville venaient régulièrement célébrer la messe pour cette communauté catholique – considérée comme un ancien groupe de croyants chrétiens du royaume, dont beaucoup avaient embrassé la foi catholique alors qu’eux-mêmes ou leurs parents se trouvaient à Darjeeling . « Le père Kinley Tshering, premier et unique prêtre catholique originaire du Bhoutan, d’origine bouddhiste, incarne cette histoire et constitue un pont de chair et d’os. Envoyé enfant à la St. Joseph’s School de Darjeeling, puis encouragé à suivre sa vocation par Mère Teresa lors d’un vol où il s’est retrouvé assis juste à côté d’elle, il est entré dans la Compagnie de Jésus et a été ordonné en 1995. « Il exerce aujourd’hui un très beau ministère de présence », explique Mgr Edward Baretto.<br /><br />En réfléchissant à ses nombreux déracinements, du sud au nord, de la paroisse au tribunal puis au séminaire, Mgr Baretto résume une conviction qui semble avoir guidé son ministère : « On ne peut rien forcer, vous savez, il faut embrasser sa vocation. Nous ne devrions contraindre personne en matière de foi. Nous sommes appelés à la vivre et à prier ». C’est cette même logique sereine et patiente qui a conduit un jeune garçon originaire d’un village du Karnataka à la tête d’une Église himalayenne nichée entre l’Inde, le Sikkim et le Bhoutan. <br />Wed, 07 Oct 2026 13:02:38 +0200ASIE/KAZAKHSTAN - La « diplomatie spirituelle » face aux défis mondiaux : éthique, intelligence artificielle, crise climatiquehttps://fides.org/fr/news/78256-ASIE_KAZAKHSTAN_La_diplomatie_spirituelle_face_aux_defis_mondiaux_ethique_intelligence_artificielle_crise_climatiquehttps://fides.org/fr/news/78256-ASIE_KAZAKHSTAN_La_diplomatie_spirituelle_face_aux_defis_mondiaux_ethique_intelligence_artificielle_crise_climatiquepar Paolo Affatato<br /><br />Astana – Il ne s’agit pas seulement d’un rendez-vous de dialogue entre les religions, mais d’un laboratoire où les communautés de foi sont appelées à s’interroger sur leur rôle face aux grandes crises de notre temps. Tel est le sens de la XXIVe réunion du Secrétariat du Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles, prévue aujourd’hui, 7 octobre, au Palais de la Paix et de la Réconciliation d’Astana, au Kazakhstan.<br />L’islam, le christianisme, le judaïsme, l’hindouisme, le bouddhisme, le taoïsme, le shintoïsme et la foi bahá’íe, ainsi que des représentants d’organisations internationales, d’institutions publiques et des experts venus d’une vingtaine de pays, se réunissent pour poursuivre un processus engagé il y a plus de vingt ans. Au cœur de cette rencontre se trouvent deux documents appelés à revêtir une importance particulière : un code éthique pour l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine religieux ; et un document sur le rôle des religions dans la lutte contre le changement climatique.<br />C’est là que le parcours d’Astana semble prendre une nouvelle dimension. Si, par le passé, le dialogue interreligieux avait pour objectif principal la connaissance mutuelle, la prévention des conflits et la construction de la paix, aujourd’hui les religions sont appelées à se pencher sur des questions qui concernent l’humanité tout entière. L’intelligence artificielle, en particulier, soulève des questions qui ne sont pas seulement techniques : elles concernent la vérité, la dignité de la personne, la responsabilité, la liberté et la relation de l’homme avec la technologie, comme l’a souligné le Pape Léon XIV dans son encyclique *Magnifica Humanitas*.<br />Le projet de code éthique pour l’IA découle de la prise de conscience que les communautés religieuses sont désormais elles aussi profondément impliquées dans la transformation numérique. L’intelligence artificielle est utilisée pour produire des contenus, diffuser des enseignements, toucher les jeunes générations et étendre la présence des communautés dans l’espace numérique. Mais c’est précisément cela qui soulève des problèmes inédits : désinformation religieuse, falsification de propos attribués à des autorités spirituelles, manipulation des textes sacrés, discours de haine générés artificiellement, radicalisation en ligne.<br />Face à une technologie qui évolue plus rapidement que la capacité des États à la réglementer, la question qui se pose à Astana concerne donc également le rôle public des religions : que peuvent apporter les autorités spirituelles lorsque le droit ne parvient pas encore à définir des règles globales efficaces ?<br />La réponse passe par ce qu’on appelle la « diplomatie spirituelle », qui n’entend ni se substituer à la diplomatie politique, ni attribuer aux religions des compétences propres aux États. Elle se propose plutôt comme un canal complémentaire : un espace dans lequel l’autorité morale des chefs religieux peut contribuer à maintenir le dialogue ouvert lorsque les relations politiques sont bloquées, à lutter contre la déshumanisation de l’adversaire et à identifier des principes partagés au-delà des différences confessionnelles.<br />En ce sens, la force d’Astana ne réside pas seulement dans les déclarations finales, mais dans la continuité d’un processus né en 2003 et progressivement institutionnalisé. Des 17 délégations de 13 pays présentes au premier congrès, on est passé à plus de 100 délégations provenant d’environ 60 pays lors du VIIIe congrès, qui s’est tenu en septembre 2025, tandis qu’aujourd’hui, on prépare déjà le congrès de 2028.<br />Dans ce parcours, la présence de l’Église catholique n’est pas marginale. La visite du Pape François au VIIe Congrès, en 2022, a constitué une étape particulièrement significative, confirmant la valeur du Congrès en tant qu’espace international de dialogue entre les religions. En 2025, par ailleurs, le message du Pape Léon XIV au VIIIe Congrès a souligné l’importance de « travailler ensemble », en rappelant que le dialogue n’exige pas d’effacer les différences, mais peut les transformer en occasions de coopération. La collaboration entre Astana et le Saint-Siège se poursuit : le père Laurent Basanese SJ, chef de bureau du Dicastère pour le dialogue interreligieux, est présent à la session du Secrétariat ;<br />Le choix de mettre sur la même table l’intelligence artificielle, le changement climatique et la protection de la dignité humaine touche à des domaines dans lesquels le cadre normatif semble encore fragile ou fragmenté à l’échelle mondiale. À cet égard – comme l’affirme la conférence d’aujourd’hui –, les chefs religieux peuvent jouer un rôle crucial, non pas parce qu’ils peuvent se substituer aux parlements ou aux institutions internationales, mais parce qu’ils disposent d’une forme d’autorité différente : celle qui relève de la morale, de l’éducation et de la communauté. Ils peuvent rappeler la primauté de la personne sur l’algorithme, ils peuvent éduquer à une utilisation responsable des outils numériques ; ils disposent de réseaux sociaux très étendus, d’une forte capacité éducative et d’une présence quotidienne au sein des communautés, ce qui leur permet d’agir sur la question de la responsabilité environnementale, thème politique mais aussi question morale et spirituelle : responsabilité envers la création, envers les pauvres et envers les générations futures.<br />Le défi aujourd’hui consiste à transformer le dialogue en initiatives concrètes. Au Congrès d’Astana, on s’efforce de construire ce consensus moral sans lequel même les normes risquent de rester inefficaces. Le but est de créer un terrain d’entente autour de certains principes fondamentaux : la dignité de la personne, le respect de la vie, la vérité, la responsabilité, la justice, la compassion, la paix. L’expérience d’Astana semble vouloir dire précisément cela : les religions ne doivent pas devenir des acteurs politiques pour être des acteurs de la paix. Elles peuvent exercer une responsabilité publique à travers l’éducation, le témoignage, le dialogue et la formation d’une conscience partagée. La « diplomatie spirituelle » d’Astana contribue à rappeler que la question n’est pas seulement de savoir comment réguler la technologie ou les relations entre les États, mais quelle conception de la personne et de l’humanité on souhaite protéger et promouvoir.<br /><br />Wed, 07 Oct 2026 12:45:06 +0200Léon XIV : célébrons avec gratitude et générosité le centenaire de la « Journée Mondiale des Missions »https://fides.org/fr/news/78257-Leon_XIV_celebrons_avec_gratitude_et_generosite_le_centenaire_de_la_Journee_Mondiale_des_Missionshttps://fides.org/fr/news/78257-Leon_XIV_celebrons_avec_gratitude_et_generosite_le_centenaire_de_la_Journee_Mondiale_des_Missions<p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Mq14OrCxupg?si=FCppQ8yKEg8nvuNm" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></iframe></p><br /><br /><br />Cité du Vatican - Nous publions ci-dessous le texte du message vidéo du Pape Léon XIV diffusé à l'occasion de la Journée Mondiale des Missions, instituée il y a 100 ans par le pape Pie XI, qui sera célébrée cette année le dimanche 18 octobre.<br /><br /><br />§§§<br /><br />Chers frères et sœurs en Christ,<br /><br />à l’occasion du Dimanche des missions, nous rendons grâce à Dieu pour les fruits abondants qu’il a accordés à l’Église depuis que mon prédécesseur, le Pape Pie XI, a institué cette célébration annuelle, il y a cent ans. Il souhaitait que cette célébration permette d’approfondir, dans chaque diocèse et chaque paroisse, la compréhension de la grandeur de la tâche missionnaire, d’encourager la prière fervente pour l’œuvre d’évangélisation, de soutenir la vocation missionnaire et de promouvoir le travail des Œuvres Pontificales Missionnaires.<br /><br />En effet, la réalisation de l’objectif de Pie XI a porté ses fruits dans ma propre vie. En repensant à ma jeunesse, je réalise que les prières adressées au Maître de la moisson ont mystérieusement préparé mon cœur à entendre l’appel de Jésus à le suivre en tant que missionnaire augustinien. De plus, les prières et les contributions des fidèles ont encouragé et soutenu mon travail missionnaire au Pérou, ainsi que celui d’innombrables autres personnes à travers le monde. C’est pourquoi je tiens à exprimer ma gratitude la plus sincère à tous ceux qui ont soutenu le Dimanche des missions au fil des ans.<br /><br />En cette année centenaire, le thème actuel, « Un dans le Christ, unis dans la mission », nous invite à réfléchir à la tâche fondamentale de cultiver l’unité de l’Église dans la suite du Christ, en particulier dans notre engagement et notre responsabilité de diffuser le message évangélique du salut à tous les peuples.<br /><br />En effet, par le baptême, chacun de nous devient membre du Corps du Christ et a un rôle unique à jouer pour contribuer à l’œuvre salvifique de Jésus. Notre Seigneur nous appelle à coopérer comme une seule famille, avec l’aide de l’Esprit Saint, pour amener tout le monde et partout, à la communion de la foi en Christ.<br /><br />Je réitère donc l’appel particulier que j’ai lancé dans le Message pour la Journée Mondiale des Missions : « Engageons-nous tous à contribuer, chacun selon sa vocation et les dons reçus, à la grande mission évangélisatrice, qui est toujours une œuvre d’amour. Vos prières et votre soutien concret, en particulier à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, seront d’une grande aide pour apporter l’Évangile de l’amour de Dieu à chacun, en particulier aux plus pauvres et aux plus nécessiteux » .<br /><br />Enfin, alors que nous célébrons ce centenaire, je vous remercie pour tout ce que vous ferez afin de perpétuer l’héritage du Dimanche des Missions et de soutenir généreusement la mission évangélisatrice de l’Église à travers le monde.<br /><br />Que la Bénédiction de Dieu Tout-Puissant, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, descende sur vous et y demeure à jamais. Amen. <br /><br />Wed, 07 Oct 2026 12:33:13 +0200Au Malawi, un stade entier pour célébrer les 100 ans de la Journée Mondiale des Missions : « Unis dans le Christ, unis dans la mission »https://fides.org/fr/news/78255-Au_Malawi_un_stade_entier_pour_celebrer_les_100_ans_de_la_Journee_Mondiale_des_Missions_Unis_dans_le_Christ_unis_dans_la_missionhttps://fides.org/fr/news/78255-Au_Malawi_un_stade_entier_pour_celebrer_les_100_ans_de_la_Journee_Mondiale_des_Missions_Unis_dans_le_Christ_unis_dans_la_missionMZUZU - L’Église catholique du Malawi a célébré samedi 3 octobre, au stade de Mzuzu, le centenaire de la Journée Mondiale des Missions, instituée en 1926 par le Pape Pie XI comme une occasion de prier et de collecter des fonds pour soutenir l’œuvre des missionnaires à travers le monde.<br /><br />La célébration, axée sur le thème du message de la Journée Mondiale des Missions 2026 « Unis dans le Christ, unis dans la mission », a réuni des Évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, des fidèles laïcs, des représentants du gouvernement et des invités de différentes confessions chrétiennes.<br /><br />Ce centenaire a été l’occasion de retracer le parcours de l’Église dans le pays et de rappeler la contribution des missionnaires et des fidèles qui, par la prière, le sacrifice et la générosité, ont favorisé la diffusion de l’Évangile.<br /><br />La coopération missionnaire et l’action des Œuvres Pontificales Missionnaires ont contribué à la croissance de l’Église locale en participant à l’annonce de l’Évangile, à la catéchèse, à la formation sacerdotale et religieuse, à l’éducation ainsi qu’aux œuvres dans les domaines de la santé et du développement humain.<br /><br />Les signes de cette généreuse contribution se retrouvent dans le tissu de vie qui s’épanouit autour des églises, des écoles, des hôpitaux, des communautés et des séminaires dans tout le pays.<br />Au cours de cet événement, Mgr Vincent Mwakhwawa, président de la Commission pour la mission de la Conférence épiscopale du Malawi, a souligné le rôle des OPM dans la croissance de l’Église locale et a invité les paroisses à participer à la collecte de fonds de la Journée Mondiale des Missions. Les dons sont versés au Fonds universel de solidarité, grâce auquel l’Église du Malawi contribue au soutien des communautés et des œuvres missionnaires dans le monde.<br /><br />Les dons témoignent de la participation croissante de l’Église malawienne à la mission universelle. Le père Peter Ephraim Madeya, directeur national des OPM du Malawi, a indiqué que les contributions au Fonds universel de solidarité avaient augmenté de 80 % en 2025, espérant une réponse encore plus importante en cette année du centenaire. Selon Madeya, le Malawi passe progressivement du statut d’Église bénéficiaire d’aides missionnaires à celui d’une Église active dans la prière et la collecte de ressources destinées à la mission de l’Église universelle.<br /><br />La célébration a également mis l’accent sur la contribution des laïcs à l’œuvre missionnaire. Fort de la grâce reçue lors du baptême, chaque catholique est appelé à être missionnaire au sein de sa famille, de sa paroisse, sur son lieu de travail et au sein de sa communauté.<br /><br />Les baptisés catholiques ont été invités à prier pour les missions, à s’engager concrètement et à contribuer au Fonds universel de solidarité.<br /><br />La contribution des OPM dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services sociaux et du développement humain a également été saluée.<br />Sur le thème de la formation missionnaire, le père Dinh Anh Nhue Nguyen, Secrétaire Général de la Congrégation Pontificale pour les missions, a souligné la responsabilité de chaque baptisé dans la mission de l’Église. Sa présence a également mis en évidence le lien entre l’Église du Malawi et l’Église universelle, ainsi que l’idée que la mission appartient à l’ensemble du Peuple de Dieu.<br /><br />Dans son homélie, Mgr Peter Adrian Chifukwa, Évêque de Dedzam, a invité les catholiques à renforcer leur identité missionnaire, en évoquant la nécessité de transformer les communautés chrétiennes, les familles et les parents en réalités authentiquement missionnaires. Une communauté missionnaire est appelée à aller à la rencontre de son territoire et à porter le Christ aux autres ; une famille missionnaire, à témoigner de la foi et à la transmettre aux nouvelles générations ; les parents, à être les premiers témoins et éducateurs de la foi au sein du foyer.<br />Le centenaire est ainsi présenté non seulement comme une célébration du passé, mais aussi comme le début d’une nouvelle phase missionnaire. Après un siècle au cours duquel le Malawi a bénéficié du soutien de la coopération missionnaire, l’Église locale est appelée, de plus en plus, à partager ses dons avec l’Église universelle.<br /><br />Pour les cent prochaines années, le document met en avant comme priorités une formation missionnaire plus approfondie, des familles et des communautés plus engagées, une plus grande générosité et un engagement renouvelé de chaque baptisé dans la mission d’annoncer et de témoigner de l’Évangile de Jésus. .<br />Wed, 07 Oct 2026 02:06:20 +0200Les Papes et la Journée Mondiale des Missionshttps://fides.org/fr/news/78254-Les_Papes_et_la_Journee_Mondiale_des_Missionshttps://fides.org/fr/news/78254-Les_Papes_et_la_Journee_Mondiale_des_MissionsRome - De l’appel lancé par Pie XII en temps de guerre aux messages pontificaux annuels de Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François , la Journée Mondiale des Missions, instituée en 1926, a été l’occasion de rappeler à toute l’Église sa vocation missionnaire.<br /><br />Dans l’anthologie de passages rassemblés ici, tirés des messages de différents pontifes, la mission est toujours étroitement liée aux urgences de l’époque : la paix, la liberté religieuse et les défis de la modernité.<br /><br />Pie XII, 19 octobre 1940 : la paix comme mission de l'Église<br /><br />« La prière est l’arme qui gagne le cœur de Dieu à la pitié et à la miséricorde ; c’est l’offrande de vos lèvres, de votre affection pour les hérauts du Christ, pour les brebis égarées loin de la bergerie, pour les misérables, que la tempête de notre époque accable et tourmente Tel est le royaume de la paix dans notre âme avec Dieu, de la paix entre les frères dans l’échange réciproque d’affection, de la paix entre les peuples et les nations dans la réconciliation et la concorde ordonnée. Plus l’humanité, à l’heure actuelle, est éloignée de cette paix ; plus la conscience des valeurs communes, naturelles et surnaturelles, menace de céder la place, dans de nombreux cœurs, à des sentiments contraires, plus votre adhésion efficace à la pensée missionnaire catholique sera édifiante et stimulante. Car la paix dans le monde est elle aussi une mission de l’Église ; c’est dans la tranquillité de l’ordre humain que réside sa vie, la conquête et le salut des âmes, l’expansion du bien de la foi, le triomphe sur le mal, pour parvenir à la paix imperturbable de l’éternité. »<br /><br />https://www.vatican.va/content/pius-xii/it/speeches/1940/documents/hf_p-xii_spe_19401019_we-are.html<br /><br />Paul VI, 25 mai 1969 : le Concile définit le rapport entre la liberté religieuse et le devoir apostolique<br /><br />« Et déjà en soi, cette organisation officielle et centrale de l’Église répond à une difficulté, répandue dans certains milieux de la mentalité moderne, qui menace de freiner l’activité missionnaire ; à savoir celle liée à la proclamation conciliaire de la liberté religieuse, comme si celle-ci favorisait un irénisme agnostique et autorisait l’indifférence à l’égard de la vérité religieuse et de l’impératif apostolique, auquel est lié le plan du salut : c’est-à-dire que l’effort missionnaire ne serait plus nécessaire. L’existence d’Œuvres Pontificales, expressément chargées de promouvoir et de soutenir cet effort, prouve encore aujourd’hui le contraire, car la liberté religieuse, défendue par le Concile, vise à garantir l’indépendance de la religion face à l’ingérence incompétente de toute autorité profane et extérieure à la religion, ainsi que face à tout exclusivisme social ou politique abusif dans le domaine religieux ; elle n’affaiblit pas le devoir apostolique, mais constitue au contraire la condition civile nécessaire à l’exercice de l’activité missionnaire, tandis que celle-ci nous oblige au respect des consciences dans l’annonce du seul véritable message de salut issu de la religion. Il s’agit là d’une vision fondamentalement ancienne dans la véritable tradition de l’Église, mais que le Concile a renouvelée et précisée. »<br /><br />https://www.vatican.va/content/paul-vi/it/messages/missions/documents/hf_p-vi_mes_19690525_world-day-for-missions-1969.html<br /><br /><br />Jean-Paul II, 11 juin 2000 : la mission ne dépend pas des forces humaines<br /><br />« Toute la mission de l’Église, et en particulier la mission « ad gentes », a besoin d’apôtres prêts à persévérer jusqu’au bout, fidèles à la mission qui leur a été confiée, en suivant le même chemin que celui parcouru par le Christ, « le chemin de la pauvreté, de l’obéissance, du service et du sacrifice de soi jusqu’à la mort… » . Puissent les témoins de la foi, dont nous avons fait mémoire, être un modèle et une source d’inspiration pour tous les chrétiens, afin que l’annonce du Christ soit perçue comme une tâche qui incombe à chaque chrétien. Dans cet effort, le chrétien n’est pas seul. Il est vrai qu’il n’y a pas de proportion entre les forces humaines et la grandeur de la mission. L’expérience la plus courante et la plus authentique est celle de ne pas se sentir digne d’une telle tâche. Mais il est également vrai que « notre capacité vient de Dieu, qui a fait de nous des ministres aptes à une Nouvelle Alliance » . Le Seigneur n’abandonne pas celui qu’il appelle à son service. « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations… Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » . La présence constante du Seigneur dans son Église, notamment dans la Parole et dans les sacrements, est la garantie de l’efficacité de sa mission. Elle se réalise aujourd’hui à travers des hommes et des femmes qui ont fait l’expérience du salut dans leur propre fragilité et leur faiblesse et qui en témoignent à leurs frères, conscients que nous sommes tous appelés à la même plénitude de vie Deux mille ans après le début de la mission, il existe encore de vastes zones géographiques, culturelles, humaines ou sociales où le Christ et son Évangile n’ont pas encore pénétré. Comment ne pas entendre l’appel qui se dégage de cette situation ? Celui qui a connu la joie de la rencontre avec le Christ ne peut la garder enfermée en lui-même, il doit la rayonner. »<br /><br />https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/messages/missions/documents/hf_jp-ii_mes_20000627_world-day-for-missions-2000.html<br /><br />Benoît XVI, 29 avril 2006 : la fécondité de la mission qui ne recherche pas son propre intérêt<br /><br />« A la veille de sa passion, Jésus laissa comme testament aux disciples réunis au Cénacle pour célébrer la Pâque, le "commandement nouveau de l'amour - mandatum novum": "Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres" . L'amour fraternel que le Seigneur demande à ses "amis" trouve sa source dans l'amour paternel de Dieu. L'Apôtre Jean observe: "Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu" . Par conséquent, pour aimer selon Dieu, il faut vivre en Lui et de Lui: Dieu est la première "maison" de l'homme et seul celui qui demeure en Lui brûle d'un feu de charité divine capable d'"incendier" le monde. N'est-ce pas là la mission de l'Eglise de tous les temps? Il n'est alors pas difficile de comprendre que la sollicitude missionnaire authentique, engagement prioritaire de la Communauté ecclésiale, est liée à la fidélité à l'amour divin, et cela vaut pour tout chrétien pris individuellement, pour toute communauté locale, pour les Eglises particulières et pour le Peuple de Dieu tout entier. C'est précisément de la conscience de cette mission commune que tire sa vigueur la généreuse disponibilité des disciples du Christ à réaliser des oeuvres de promotion humaine et spirituelle qui témoignent, comme l'écrivait le bien-aimé Jean-Paul II dans l'Encyclique Redemptoris missio, "de l'âme de toute l'activité missionnaire, c'est-à-dire de l'amour qui est et reste le moteur de la mission et qui est également l'unique critère selon lequel tout doit être fait, changé ou ne pas être changé. C'est le principe qui doit diriger toute action, et la fin à laquelle elle doit tendre. Quand on agit selon la charité ou quand on est mû par la charité, rien n'est désavantageux et tout est bon" . Etre missionnaires signifie alors aimer Dieu de toute sa personne jusqu'à donner, si nécessaire, même sa vie pour Lui. Combien de prêtres, de religieux, de religieuses et de laïcs, même à notre époque, lui ont rendu le témoignage suprême d'amour par le martyre! Etre missionnaires, c'est se pencher, comme le bon Samaritain, sur les nécessités de tous, en particulier des plus pauvres et des plus nécessiteux, parce que celui qui aime avec le coeur du Christ, ne cherche pas son propre intérêt, mais uniquement la gloire du Père et le bien de son prochain. C'est là que réside le secret de la fécondité apostolique de l'action missionnaire, qui traverse les frontières et les cultures, atteint les peuples et se répand jusqu'aux extrémités du monde.»<br /><br />https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/messages/missions/documents/hf_ben-xvi_mes_20060429_world-mission-day-2006.html<br /><br />François, 25 janvier 2024 : redécouvrir la dimension eschatologique et eucharistique des premiers chrétiens<br /><br />« Nous savons que le zèle missionnaire des premiers chrétiens avait une forte dimension eschatologique. Ils ressentaient l’urgence de proclamer l’Évangile. Aujourd’hui encore, il est important de garder à l’esprit cette perspective, car elle nous aide à évangéliser dans la joie de celui qui sait que « le Seigneur est proche », et dans l’espérance de celui qui est tendu vers le but, lorsque nous serons tous avec le Christ à ses noces dans le royaume de Dieu. Alors que le monde propose les “banquets” variés de la consommation, du bien-être égoïste, de l’accumulation, de l’individualisme, l’Évangile appelle chacun au banquet divin où règnent la joie, le partage, la justice, la fraternité, dans la communion avec Dieu et avec les autres. <br />Cette plénitude de vie, don du Christ, est anticipée dans le banquet de l’Eucharistie que l’Église célèbre à la demande du Seigneur, en mémoire de Lui. Ainsi, l’invitation au banquet eschatologique que nous apportons à chacun dans la mission évangélisatrice est intrinsèquement liée à l’invitation à la table eucharistique où le Seigneur nous nourrit de sa Parole, de son Corps et de son Sang. Comme l’a enseigné Benoît XVI, « en toute célébration eucharistique se réalise sacramentellement le rassemblement eschatologique du Peuple de Dieu. Le banquet eucharistique est pour nous une réelle anticipation au banquet final, annoncé par les prophètes et décrit dans le Nouveau Testament comme “les noces de l’Agneau” qui doivent être célébrées dans la joie de la communion des saints » .<br />Par conséquent, nous sommes tous appelés à vivre plus intensément chaque Eucharistie dans toutes ses dimensions, en particulier dans ses dimensions eschatologique et missionnaire »<br /><br />https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/missions/documents/20240125-giornata-missionaria.html<br /><br />Léon XIV, 25 janvier 2026 : l'unité, condition de la mission<br /><br />« La première responsabilité missionnaire de l’Église est de renouveler et de maintenir vivante l’unité spirituelle et fraternelle entre ses membres. Dans de nombreuses situations, nous assistons à des conflits, des polarisations, des incompréhensions, une méfiance réciproque. Lorsque cela se produit également dans nos communautés, leur témoignage en est affaibli. La mission évangélisatrice que le Christ a confiée aux disciples exige avant tout des cœurs réconciliés et désireux de communion. Dans cette optique, il sera important d’intensifier l’engagement œcuménique avec toutes les Églises chrétiennes. L’unité missionnaire ne doit évidemment pas être comprise comme une uniformité, mais comme une convergence des différents charismes vers un même but : rendre visible l’amour du Christ et inviter chacun à Le rencontrer. L’évangélisation se réalise lorsque les communautés locales collaborent entre elles et lorsque les différences culturelles, spirituelles et liturgiques s’expriment pleinement et harmonieusement dans la même foi. J’encourage donc les institutions et les réalités ecclésiales à renforcer le sens de la communion missionnaire ecclésiale et à développer avec créativité les voies concrètes de collaboration entre elles pour et dans la mission Si l’unité est la condition de la mission, l’amour en est la substance. La Bonne Nouvelle que nous sommes envoyés annoncer au monde n’est pas un idéal abstrait : c’est l’Évangile de l’amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et la vie de Jésus-Christ».<br /><br />https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/messages/mission/documents/20260125-giornata-missionaria.html<br /><br /> <br />Tue, 06 Oct 2026 01:50:27 +0200ASIE/QATAR - Une journée historique pour l’Église du pays : inauguration de l’Œuvre Pontificale de l’Enfance Missionnairehttps://fides.org/fr/news/78251-ASIE_QATAR_Une_journee_historique_pour_l_Eglise_du_pays_inauguration_de_l_OEuvre_Pontificale_de_l_Enfance_Missionnairehttps://fides.org/fr/news/78251-ASIE_QATAR_Une_journee_historique_pour_l_Eglise_du_pays_inauguration_de_l_OEuvre_Pontificale_de_l_Enfance_MissionnaireDoha – Samedi 26 septembre 2026, une page historique s’est écrite dans les annales du Vicariat apostolique d’Arabie du Nord. Après deux ans de travaux préparatoires intenses et d’activités de promotion menées par le bureau Missio-Avona, l’Œuvre Pontificale de l’Enfance Missionnaire a été officiellement inaugurée dans l’église Notre-Dame-du-Rosaire à Doha, au Qatar.<br /><br />« Plus de quatre-vingts enfants, âgés de 6 à 14 ans, ont rejoint la grande famille pontificale des jeunes missionnaires, intégrant ainsi un réseau mondial engagé à vivre et à témoigner de la foi à travers la prière, le partage et la solidarité », écrit à l’Agence Fides le père Marcus Fernandes, ofm, cap., délégué de Missio-Avona.<br /><br />La messe solennelle d'inauguration a été présidée par le Vicaire général, le père Ruben Berrameda, accompagné du curé, le père Paul Raj, du père Rosario Colaco, OFM Cap. – récemment nommé directeur spirituel de l'Enfance Missionnaire – et du père Marcus Fernandes. Mgr Aldo Berardi, O.SS.T., Vicaire Apostolique d’Avona, territoire qui comprend Bahreïn, le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite, se trouvait en France, dans sa ville natale, à l’occasion du voyage apostolique du Pape Léon XIV. Il a toutefois tenu à adresser à la communauté un message de grande joie, d’encouragement et de bénédiction, accompagné de la promesse de rendre bientôt visite aux enfants du Qatar.<br /><br />Au cours de son homélie, le père Marcus s'est inspiré de la formule qui marque traditionnellement le début des compétitions sportives : « À vos marques, prêts, partez ! ». Il en a tiré un parallèle avec la vie spirituelle, soulignant que le verbe « aller » désigne une action, un élan vers l'avant et une direction précise.<br /><br />Le délégué d’Avona a ensuite invité les enfants et toute la communauté à vivre leur vocation missionnaire avec enthousiasme et dynamisme, en annonçant Jésus et son Évangile non seulement par la parole, mais surtout par le témoignage de leur vie quotidienne.<br /><br />Une mission qui, a-t-il rappelé, trouve ses racines dans les trois piliers de l’Œuvre de l’Enfance Missionnaire : prier, aider et partager. Une invitation adressée aux plus petits, mais qui concerne toute la communauté chrétienne, appelée à grandir ensemble dans la responsabilité missionnaire.<br /><br />« Dirigée par une équipe de responsables enthousiastes – conclut le père Marcus –, cette réalité naissante jette des bases prometteuses pour que l’Église au Qatar puisse grandir et s’épanouir, notamment grâce au témoignage de ses plus jeunes missionnaires. »<br /><br /> <br /><br />Tue, 06 Oct 2026 04:14:38 +0200La Bible et les cultures, l’identité chrétienne comme rencontrehttps://fides.org/fr/news/78250-La_Bible_et_les_cultures_l_identite_chretienne_comme_rencontrehttps://fides.org/fr/news/78250-La_Bible_et_les_cultures_l_identite_chretienne_comme_rencontrepar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Rome — « Souvent, notre identité se résume à “je suis parce que tu n’es pas” ». Pour Nicoletta Gatti, Professeure d’études bibliques à l’Université du Ghana, c’est dans cette opposition, visible aujourd’hui dans les nationalismes, les polarisations religieuses et la peur de l’étranger, que se pose une question décisive : comment la foi peut-elle contribuer à construire un sentiment d’appartenance qui n’exclut personne ? C’est à cette question qu’est consacré « Culture, Bible, Identity : Christian Faith and Interculturality », ouvrage récemment publié par la Fédération biblique catholique , fruit de la conférence internationale en ligne « Culture – Bible – Identity : Intercultural-Biblical Reflections on Christian Identity », qui s’est tenue du 21 au 23 janvier 2025. L’ouvrage est accessible gratuitement en ligne et téléchargeable sur le site de la Fédération, dans la collection universitaire « Contextual Readings of the Bible », lancée précisément avec ce premier volume.<br /><br />La conférence a été organisée par le Secrétariat Général de la CBF et par l’association biblique et pastorale « Verbum Domini », en collaboration avec l’Université du Ghana et l’Université Paris Lodron de Salzbourg. Ce projet a réuni des chercheurs issus de divers contextes géographiques et culturels afin d’étudier la formation de l’identité chrétienne au sein des premières communautés et son évolution dans le monde contemporain, postcolonial et pluraliste. Dans la préface, le père Jan Stefanów, Secrétaire Général de la CBF, présente cet ouvrage comme la première publication de la Fédération depuis 2008 et rappelle qu’il rassemble les contributions présentées lors du colloque. L’espoir, écrit-il, est que cet ouvrage inaugure « un parcours fécond de réflexion académique et pastorale », fondé sur une relecture contextualisée de la Parole de Dieu contenue dans l’Écriture. Stefanów souligne également le caractère international de cet ouvrage : les textes bibliques y sont relus à travers des perspectives africaines, asiatiques, européennes et latino-américaines.<br /><br />Un livre gratuit, fruit d’un travail commun<br /><br />La mise à disposition gratuite de l’ouvrage est un élément central du projet : les contributions ne sont pas réservées à un cercle de spécialistes ou aux abonnés d’une collection universitaire. La CBF déclare que ses publications sont proposées gratuitement en ligne au plus grand nombre et que le livre peut être consulté sur le site ou téléchargé. Pour Mme Gatti, cet ouvrage est le fruit d’une collaboration et d’une amitié intellectuelle. « C’est une amitié qui perdure ! », observe-t-elle dans l’interview accordée à Fides, en précisant qu’elle n’en est « que la porte-parole ». Le colloque a été le premier événement organisé par l’association « Verbum Domini », créée pour offrir un espace de coordination aux biblistes désireux de maintenir un lien avec la Fédération biblique catholique.<br /><br />Cet ouvrage est dirigé par Gatti et par le théologien Franz Gmainer-Pranzl, Professeur de théologie interculturelle à l’université de Salzbourg. Il s’ouvre sur l’introduction de Gatti, intitulée « A Hermeneutic Vision for Inclusive Community », et s’articule en deux parties : la première, consacrée aux méthodes et à la mission contextuelle ; la seconde, à l’exégèse interculturelle. Les contributions abordent, entre autres thèmes, la réception de l’Écriture dans les contextes pentecôtistes africains, en Inde et en Europe, et proposent des relectures de passages bibliques à travers différentes expériences culturelles. Dans la deuxième partie, consacrée à l’exégèse interculturelle, onze chercheurs relisent l’Écriture à partir de contextes concrets. Pour ne citer que quelques exemples, Agar, l’esclave égyptienne chassée dans le désert, devient la voix des femmes dalits d’Inde. Les Mages de Matthieu, voyageurs qui franchissent les frontières, interpellent un christianisme africain tenté de se refermer sur lui-même. La femme courbée de Luc 13, que Jésus appelle « fille d’Abraham », remet en question les traditions qui, aujourd’hui encore, marginalisent les femmes.<br /><br />La conclusion de Wojciech Szypuła fait le point sur cette réflexion. Ce parcours, explique Gatti, s’inscrit dans la continuité d’un projet antérieur, *Salvation in a Crisis-Ridden World: An Intercultural Exegetical Answer* , né de la question de savoir comment la Parole de Dieu pouvait s’adresser à un monde marqué par la crise pandémique et post-pandémique. « Nous travaillons tous dans le milieu universitaire, mais nous sommes également très engagés dans la pastorale », affirme-t-il. D’où la nécessité de « jeter un pont » entre l’enseignement et la recherche universitaire, d’une part, et les communautés et les réalités pastorales, d’autre part.<br /><br />La Bible dans le dialogue entre les cultures<br /><br />La question qui sous-tend ce projet concerne la relation entre le message chrétien et les contextes dans lesquels il est accueilli. Comment les auteurs du Nouveau Testament ont-ils réussi à exprimer la foi dans des mondes marqués par des cultures différentes, du judaïsme à l’hellénisme, jusqu’à l’Empire romain ? Comment les premiers évangélisateurs ont-ils réussi à annoncer l’Évangile au-delà des frontières culturelles ? Et qu’est-ce qui constitue l’identité chrétienne, s’il n’existe pas de forme culturelle unique dans laquelle elle doive nécessairement se manifester ?<br />« La Bible devient de plus en plus l’apanage des spécialistes », observe Gatti dans l’interview. Le risque, ajoute-t-il, est que le travail exégétique reste confiné aux salles de cours et n’entre pas en relation avec les personnes pour qui l’Écriture fait partie de la vie quotidienne. La proposition du projet consiste donc en un double mouvement : étudier le texte dans son contexte d’origine et le mettre en dialogue avec la culture de ceux qui le lisent aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’appliquer mécaniquement une réponse ancienne à une situation moderne, mais de laisser le texte et la communauté s’interroger mutuellement. »<br />Gatti raconte qu’elle enseigne au Ghana, dans un contexte où la foi occupe une place centrale dans la vie publique et les expériences quotidiennes. Mais la présence de la religion n’élimine pas les divisions : l’enseignante décrit un christianisme fragmenté et rappelle que, dans ses classes, se côtoient des élèves chrétiens, musulmans et juifs. C’est aussi cette pluralité qui interpelle sa manière de lire la Bible. « J’ai pris conscience que ma façon de lire les Écritures, ma façon de concevoir la foi, était une approche qui passait par des lunettes culturelles, par exemple mes traditions chrétiennes et catholiques. J’ai compris qu’il s’agissait là d’une perspective parmi d’autres. » Lire les textes à travers d’autres expériences, ajoute-t-elle, peut révéler des aspects qu’une seule perspective ne saisit pas. « Les textes bibliques naissent d’un dialogue entre la culture d’origine et la culture d’accueil », affirme-t-elle : la lecture interculturelle n’est donc pas un ajout extérieur, mais un moyen de comprendre plus profondément le texte et son potentiel.<br /><br />De l’identité contre l’autre à la communion<br /><br />La question de l’identité, au cœur de l’ouvrage, est également un enjeu public. Lorsque l’appartenance devient une arme, la différence est perçue comme une menace plutôt que comme une richesse. Gatti évoque le principe africain de l’Ubuntu : « Je suis parce que tu es ». Une formule qui, selon elle, s’oppose à l’idée selon laquelle une personne ou une communauté ne peut se définir qu’en s’opposant à quelqu’un d’autre. « Lorsque nous regardons l’autre à travers le prisme de la peur, celui-ci se transforme immédiatement en ennemi », dit-elle. Ce processus peut aller jusqu’à la déshumanisation : on finit par n’attribuer dignité et pleine humanité qu’à ceux qui appartiennent à sa propre nation, religion ou communauté. C’est une dynamique qui concerne la société, mais qui, prévient la bibliste, peut également toucher les Églises.<br />L’Écriture elle-même, souligne-t-elle, ne cache pas les tensions entre ouverture et fermeture. Dans certains textes, on perçoit le souci de protéger les frontières de la communauté ; dans d’autres, des figures telles que Ruth et Jonas mettent en avant l’accueil de l’étranger et la miséricorde envers l’ennemi. Ces tensions n’autorisent pas à simplifier le texte : elles invitent plutôt à revenir à la question de savoir ce que signifie reconnaître en l’autre une personne. Dans son entretien avec Fides, Gatti indique quatre pistes qu’il juge importantes également pour la vie ecclésiale : connaître véritablement la culture dans laquelle on vit ; construire des communautés capables d’accueillir ; relire les Écritures en conciliant les textes anciens et les questions contemporaines ; et ne pas réduire la foi à un exercice intellectuel. « Le Nouveau Testament est né d’une amitié », affirme-t-il, en évoquant l’image de communautés unies par des liens capables d’attirer et d’inclure.<br />Même les premières communautés chrétiennes, précise-t-il, n’étaient pas exemptes de conflits. Leur leçon n’est pas celle d’une concorde idéalisée, mais la possibilité de regarder les divisions en face et de les surmonter par le dialogue. « Le dialogue est toujours possible », dit Gatti, en désignant dans la capacité à se reconnaître mutuellement un espace concret pour reconstruire des liens. C’est dans cette perspective que cet ouvrage, né d’une rencontre en ligne entre des chercheurs de différents pays, tente d’apporter une contribution au-delà du cadre académique : un recueil de lectures bibliques qui cherche à explorer comment la foi peut prendre forme dans différentes cultures sans les effacer. Dans l’introduction, Gatti souhaite que cet ouvrage soit à la fois « un miroir et une carte » : un miroir des complexités de notre monde, une carte vers un avenir où la promesse d’appartenance se réalise « dans chaque communauté, dans chaque cœur, dans chaque génération ». Une invitation adressée non seulement aux spécialistes, mais à tous ceux qui, au sein de l’Église et en dehors, se demandent comment vivre leur identité sans la construire contre quelqu’un.<br /><br /><br />Mon, 05 Oct 2026 14:29:02 +0200100 ANS DEPUIS L'ORDINATION DES 6 PREMIERS ÉVÊQUES CHINOIS - Mgr Aloysius Chen Guodi et le diocèse de Fenyanghttps://fides.org/fr/news/78249-100_ANS_DEPUIS_L_ORDINATION_DES_6_PREMIERS_EVEQUES_CHINOIS_Mgr_Aloysius_Chen_Guodi_et_le_diocese_de_Fenyanghttps://fides.org/fr/news/78249-100_ANS_DEPUIS_L_ORDINATION_DES_6_PREMIERS_EVEQUES_CHINOIS_Mgr_Aloysius_Chen_Guodi_et_le_diocese_de_FenyangCent ans après l’ordination des six premiers Évêques chinois consacrés à l’époque moderne , l’Agence Fides consacre une série de fiches documentaires à ces successeurs des apôtres et à leurs diocèses, qui ont été au cœur de cet événement décisif dans le cheminement de l’Église catholique en Chine.<br /><br />§§§<br /><br />du Professeur Liu Zhiqing<br /><br />Fenyang - Le diocèse de Fenyang, dans la province du Shanxi, fut le troisième diocèse confié à la direction d’un membre du clergé chinois. Il fut érigé le 7 mai 1926 en tant que Vicariat Apostolique de Fenyang. Son premier Évêque, Aloysius Chen Guodi, faisait partie du premier groupe de six Évêques chinois consacrés par le pape Pie XI à Rome le 28 octobre 1926. Il avait été nommé Évêque le 10 mai 1926.<br /><br />1. Histoire du diocèse<br /><br />Le 7 mai 1926, le Vicariat Apostolique de Fenyang fut séparé du Vicariat Apostolique de Taiyuan, qui était administré par les franciscains italiens. En 1925, ce vicariat était organisé en trois décanats. Il comptait 35 187 catholiques baptisés et 48 prêtres, dont 26 étrangers et 22 Chinois. Le clergé chinois représentait donc 45,83 %.<br /><br />Au moment de sa création, le Vicariat Apostolique de Fenyang comptait 11 492 catholiques baptisés et 17 prêtres chinois, dont le vicaire apostolique.<br /><br />En juillet 1926, l’Archevêque Celso Costantini, premier délégué apostolique en Chine, se rendit à Taiyuan. Dans ses mémoires, il écrivit que sa visite au vicariat de Taiyuan avait pour but de procéder à la délimitation des nouveaux diocèses confiés au clergé local. Le Vicaire Apostolique de Taiyuan, Agapito Fiorentini , soutint de tout cœur les directives du Saint-Siège visant à confier la direction des diocèses à des évêques chinois. « Je procédai donc aux consultations finales et au choix des nouveaux Évêques », écrit Costantini dans ses mémoires .<br /><br />Le 11 avril 1946, le Vicariat Apostolique de Fenyang fut élevé au rang de diocèse.<br /><br />En 1949, le diocèse de Fenyang comprenait 15 comtés. Selon Zhao Qingyuan, auteur de la « Chronologie de la subdivision des diocèses catholiques en Chine et de la succession de leurs évêques », le diocèse comptait 139 églises et chapelles, 31 prêtres et 15 618 catholiques baptisés.<br /><br />2. Les Évêques du diocèse<br /><br />Le premier Évêque du vicariat apostolique de Fenyang fut Aloysius Chen Guodi , membre de l’Ordre des Frères Mineurs.<br />Aloysius Chen était né le 15 novembre 1875 dans le village d’Anyang, près de Lu’an, dans le Shanxi, au sein d’une famille catholique depuis plusieurs générations. Il entra dans l'Ordre des Frères Mineurs le 4 octobre 1896 à Dongergou et fut ordonné prêtre le 15 mars 1903.<br /><br />Pendant neuf ans, il exerça une activité missionnaire dans le comté de Xinxian et dans d'autres localités, puis occupa le poste de secrétaire de deux évêques italiens à la tête de diocèses chinois.<br />Outre l’enseignement du latin et de l’apologétique au séminaire de Taiyuan, Aloysius Chen dirigea également une école secondaire catholique de la ville, l’école Mingyuan.<br /><br />En 1911, Chen Guodi fut nommé curé de la cathédrale de Taiyuan ; en 1921, il devint archiprêtre du doyenné de Linxian, puis directeur du collège de Taiyuan.<br /><br />Le 10 mai 1926, Chen Guodi fut nommé vicaire apostolique de Fenyang, avec le siège titulaire d’Attuda. Le 28 octobre 1926, il reçut la consécration épiscopale dans la basilique Saint-Pierre à Rome des mains du pape Pie XI, devenant ainsi l’un des six premiers évêques chinois consacrés à l’époque moderne.<br /><br />En 1927, Mgr Aloysius Chen fonda le petit séminaire diocésain ; en 1928, il créa un séminaire préparatoire. La même année, il accueillit à Fenyang dix laïques consacrées de l’association caritative Baochihui provenant de la paroisse de Qingtang, dans le comté de Linxian, et fonda dans la ville un centre d’aide destiné à l’accueil et aux soins des nouveau-nés abandonnés.<br />Il mourut le 10 mars 1930, à l’âge de 55 ans.<br /> <br />Après la mort d’Aloysius Chen Guodi, François Liu Jinwen fut consacré Évêque du Vicariat Apostolique de Fenyang le 12 octobre 1930 ; il resta en fonction jusqu’au 15 janvier 1948 et mourut le 3 avril 1951.<br /><br />Le 9 juin 1949, Simon Lei Zhenxia fut consacré Évêque du diocèse de Fenyang. Arrêté en 1955, il fut condamné à mort et fusillé le 16 février 1971.<br /><br />3. Le développement du diocèse<br /><br />Le diocèse de Fenyang est né de quelques paroisses du doyenné de Fenzhoufu, qui appartenaient au Vicariat Apostolique de Taiyuan. Après 24 ans de croissance, on comptait environ 15 600 catholiques baptisés et 30 prêtres .<br />Les statistiques relatives à l'activité pastorale et à l'évolution du diocèse au fil des années sont présentées dans le tableau ci-dessous.<br /><br />Tableau des statistiques pastorales du diocèse de Fenyang, 1926–1950<br /><br /><div > <table > <thead> <tr> <th rowspan="2" > Periodo/Anno </th> <th rowspan="2" > Vescovi </th> <th colspan="2" > Sacerdoti </th> <th colspan="2" > Religiose </th> <th rowspan="2" > Popolazione<br> </th> <th rowspan="2" > cattolici </th> </tr> <tr> <th > stranieri </th> <th > cinesi </th> <th > straniere </th> <th > Cinesi </th> </tr> </thead> <tbody> <tr> <td >1926-1927</td> <td >1</td> <td ></td> <td >16</td> <td ></td> <td ></td> <td >14</td> <td >11492</td> </tr> <tr> <td >1927-1928</td> <td >1</td> <td ></td> <td >18</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >12051</td> </tr> <tr> <td >1928-1929</td> <td >1</td> <td ></td> <td >19</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15605</td> </tr> <tr> <td >1929-1930</td> <td >1</td> <td ></td> <td >19</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15605</td> </tr> <tr> <td >1930-1931</td> <td >1</td> <td ></td> <td >24</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >12301</td> </tr> <tr> <td >1933</td> <td >1</td> <td ></td> <td >26</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >12629</td> </tr> <tr> <td >1934</td> <td >1</td> <td ></td> <td >25</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >12874</td> </tr> <tr> <td >1935</td> <td >1</td> <td ></td> <td >24</td> <td ></td> <td ></td> <td >2.06</td> <td >13239</td> </tr> <tr> <td >1936</td> <td >1</td> <td ></td> <td >23</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >13645</td> </tr> <tr> <td >1937</td> <td >1</td> <td >2</td> <td >23</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >13975</td> </tr> <tr> <td >1938</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >25</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >14550</td> </tr> <tr> <td >1939</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >27</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15247</td> </tr> <tr> <td >1940</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >28</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15197</td> </tr> <tr> <td >1941</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >27</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15524</td> </tr> <tr> <td >1942</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >30</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15949</td> </tr> <tr> <td >1943</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >29</td> <td ></td> <td ></td> <td >2</td> <td >15656</td> </tr> <tr> <td >1947</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >29</td> <td ></td> <td ></td> <td >2.1</td> <td >15050</td> </tr> <tr> <td >1948</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >29</td> <td ></td> <td ></td> <td >2.1</td> <td >15600</td> </tr> <tr> <td >1949</td> <td >1</td> <td >1</td> <td >29</td> <td ></td> <td ></td> <td >2.1</td> <td >15600</td> </tr> <tr> <td >1950</td> <td >1</td> <td ></td> <td >44</td> <td ></td> <td ></td> <td ></td> <td >15600</td> </tr> </tbody> </table> </div><br /><br />Fonte: Les missions de Chine et du Japon, Les missions de Chine, Annuaire des Missions Catholiques de Chine.<br /><br /><br />Mon, 05 Oct 2026 14:24:53 +0200EUROPE/FRANCE - Mgr Aldo Berardi : « Une leçon de réconciliation depuis Metz pour l'Ukraine, la Terre Sainte et le Moyen-Orient »https://fides.org/fr/news/78248-EUROPE_FRANCE_Mgr_Aldo_Berardi_Une_lecon_de_reconciliation_depuis_Metz_pour_l_Ukraine_la_Terre_Sainte_et_le_Moyen_Orienthttps://fides.org/fr/news/78248-EUROPE_FRANCE_Mgr_Aldo_Berardi_Une_lecon_de_reconciliation_depuis_Metz_pour_l_Ukraine_la_Terre_Sainte_et_le_Moyen_Orientpar Antonella Prenna<br /><br />Ars-sur-Moselle – Des blessures laissées par les guerres qui ont dévasté la Lorraine à la recherche d’une voie vers la réconciliation en Ukraine, en Terre Sainte et dans le Golfe. La visite du Pape Léon XIV à Metz, le 28 septembre dernier, a revêtu pour Mgr Aldo Berardi, O.SS.T., Vicaire Apostolique d’Arabie du Nord, une signification qui va bien au-delà du lien avec sa terre d’origine. Originaire d’Ars-sur-Moselle, à quelques kilomètres de Metz, l’Évêque a vécu cette rencontre avec le Pape comme une occasion de relire l’histoire de ses propres communautés et, par là même, les blessures des peuples qu’il accompagne aujourd’hui.<br /><br />« J’ai vécu cet événement avec beaucoup d’émotion et d’enthousiasme, aux côtés de tous les autres Évêques présents, y compris les étrangers », raconte-t-il à l’Agence Fides. Mgr Berardi a participé aux rencontres consacrées à l’Europe et au dialogue interreligieux organisées par le pape Léon XIV en mémoire de Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Union européenne, ainsi qu’à la messe dans la cathédrale Saint-Étienne.<br /><br />« Pendant la messe, j’étais assis à côté d’Ihor Rantsya, Évêque des catholiques ukrainiens de rite byzantin, récemment nommé Éparque de Saint-Vladimir-le-Grand de Paris. Pour nous qui vivons la guerre chez nous, l’appel à la paix et à la réconciliation du Pape Léon XIV a résonné très fort ».<br /><br />C’est précisément l’histoire de Metz et de la Lorraine, terre marquée par les guerres, les déportations et les divisions, qui a offert à Mgr Berardi une clé de lecture pour appréhender les conflits contemporains.<br /><br />« La destruction de villages entiers causée par les trois guerres a rendu plus difficile et plus laborieuse la réconciliation à laquelle, malgré tout, les pères fondateurs de l’Europe sont parvenus. C’est pourquoi, avec Mgr Ihor Rantsya, nous nous sommes posé la question suivante : serait-il possible d’entreprendre ce même chemin de réconciliation au Moyen-Orient ou en Ukraine ? ».<br /><br />Le parcours européen, rappelle le Vicaire Apostolique, a été tout sauf simple. « L’histoire de ces terres témoigne de blessures profondes, de jeunes gens enrôlés de force et contraints de combattre leurs propres frères français, d’expulsions et de déportations. Aujourd’hui encore, certaines tensions se font sentir. »<br />La réconciliation franco-allemande, souligne-t-il, n’a pas été un processus immédiat. « Autrefois, il était difficile de pardonner, puis de se réconcilier. Même s’il y a eu des moments symboliques de réconciliation franco-allemande, cela a représenté un immense effort pour la population locale. »<br /><br />C’est à la lumière de cette mémoire que Berardi lit aujourd’hui les paroles du Pape Léon XIV. « Elles ont été très fortes et d’une grande aide pour nous qui vivons dans des zones de conflit. Elles nous ont offert un espoir de réconciliation, possible grâce à la bonne volonté, au pardon et à la justice, en abordant également des questions concrètes telles que celles relatives aux terres, aux biens, à la présence des communautés et à l’égalité entre les personnes ».<br /><br />Un message qui, selon l’Évêque, pourra être repris dans les communautés chrétiennes du Golfe, d’Ukraine et de Terre Sainte. « Nous relirons ce discours dans nos communautés comme une réflexion sur la possibilité d’un chemin vers la réconciliation. Ce sera un long chemin, mais certainement important. »<br /><br />Pour Mgr Berardi, le thème de la guerre n’est pas une réflexion abstraite. Ars-sur-Moselle porte encore elle-même les traces des conflits du passé. « Toutes les situations de guerre et de conflit me touchent profondément. Même mon église Saint-Martin a été bombardée puis reconstruite. Le village a été détruit à 80 %. C’est donc pour moi un sujet particulièrement sensible ».<br /><br />C’est aussi pour cette raison que, lorsque la guerre actuelle a éclaté dans le Golfe, le vicaire apostolique a cherché à rassurer les fidèles en leur expliquant la nature différente de ce conflit.<br /><br />« Ce n’est pas une “guerre classique”, dans le sens où il n’y a pas d’avions qui viennent tout bombarder. C’est une guerre particulière, avec des objectifs précis, une guerre économique et de pression. Malheureusement, il est arrivé que des débris de drones abattus tombent sur des habitations, faisant même des blessés. » Mais les conséquences sur la population sont lourdes. « Beaucoup ont perdu leur emploi, beaucoup sont partis, les marchandises n’arrivent plus, le matériel n’arrive pas et les usines ferment. Nous subsistons grâce à ce qui arrive par voie terrestre depuis l’Arabie saoudite, dont le pont n’a heureusement pas été bombardé. L’économie est en difficulté et il n’est possible d’exporter ni pétrole ni gaz. »<br /><br />Pour Mgr Berardi, cependant, la fin des hostilités ne coïnciderait pas automatiquement avec la réconciliation. « Nous espérons toujours la paix, mais une paix sur le papier ne signifie pas guérir les blessures de la population, qui, dans cette région, sont anciennes. Pensons aux juifs, aux tensions entre chiites et sunnites, aux persécutions de certaines minorités. Et cette guerre a ravivé les tensions même au sein des communautés musulmanes elles-mêmes. »<br /><br />La visite à Metz a ainsi également constitué un moment de fraternité entre des pasteurs issus d’Églises vivant dans des contextes marqués par la guerre. « Pour moi, ce fut un moment de paix et de réflexion. Ici, chez moi, j’ai pu échanger avec d’autres évêques qui vivent dans des zones difficiles. Ce fut un moment de fraternité entre nous, d’autant plus que l’Église elle-même a traversé des moments difficiles. »<br /><br />Pour résumer, selon les mots du vicaire apostolique d’Arabie du Nord – qui comprend Bahreïn, le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite –, c’est finalement la cathédrale de Metz, avec ses vitraux qui racontent la présence et la rencontre de cultures et de civilisations différentes, qui incarne cette synthèse. « La cathédrale de Metz est une belle symphonie de diversité qui forge l’unité de la cathédrale. C’est également un exemple d’unité et de réconciliation », conclut l’évêque trinitaire.<br /><br />Mon, 05 Oct 2026 14:20:04 +0200