Fides News - French (Standard)https://fides.org/Les Dépêches de l'Agence FidesfrLes contenus du site sont publiés sous licence Creative Commons.Le pontificat de Léon XIV et les enjeux mondiaux : conférence de Massimo Faggioli à la Grégoriennehttps://fides.org/fr/news/77831-Le_pontificat_de_Leon_XIV_et_les_enjeux_mondiaux_conference_de_Massimo_Faggioli_a_la_Gregoriennehttps://fides.org/fr/news/77831-Le_pontificat_de_Leon_XIV_et_les_enjeux_mondiaux_conference_de_Massimo_Faggioli_a_la_GregorienneRome – Lundi 22 juin, à l’Université Pontificale Grégorienne, la séance inaugurale des « Rome Summer Seminars on Religion and Global Politics 2026 », une initiative universitaire internationale consacrée aux relations entre religion et politique mondiale se tiendra. Ce programme, organisé dans le cadre d’une collaboration impliquant notamment l’Université Grégorienne, l’Université de Notre Dame et la Fondation Sinderesi, rassemble des étudiants, des chercheurs et des experts appelés à réfléchir aux grands équilibres du monde contemporain.<br /><br />La séance inaugurale, dont l’entrée est libre, se déroulera de 17 h à 19 h dans l’amphithéâtre F007 du Palazzo Frascara. Les allocutions d’ouverture seront prononcées par le père Dariusz Kowalczyk, président du Collegium Maximum de l’Université Grégorienne, et par Mgr Samuele Sangalli, coordinateur de l’École Sinderesi.<br /><br />Au cœur de cette session publique figurera la conférence d’ouverture du professeur Massimo Faggioli, du Trinity College de Dublin, consacrée au thème : « Le Pape Léon XIV et la politique mondiale : du conclave de 2025 à Magnifica Humanitas ». Son intervention vise à proposer une réflexion sur la place du Saint-Siège dans le contexte international actuel, en soulignant en particulier sa vocation au service de la paix, du dialogue et du multilatéralisme.<br /><br />La contribution de Faggioli permettra de mettre en lumière le rôle du Saint-Siège en tant que « gardien potentiel du multilatéralisme » et comme l’un des « ponts neutres » au service de la réconciliation, dans une période historique marquée par de profondes tensions géopolitiques. Cette réflexion examinera également la spécificité de l’action du Saint-Siège, qui se distingue des logiques de puissance, ainsi que la contribution propre de la Cité du Vatican à la mission de paix du pontificat, en vue du centenaire de sa fondation en 2029.<br /><br />La conférence sera suivie d’une table ronde réunissant Michael Driessen, Fabio Petito, Adrian Pabst et Antonella Piccinin, experts de renom dans le domaine des relations entre religion, société et politique internationale. L’ensemble du programme vise à offrir un espace de dialogue de qualité sur les défis contemporains, en mettant en valeur la contribution de la tradition catholique à une culture de la rencontre et de la paix. Sat, 20 Jun 2026 15:46:53 +0200ASIE/PAKISTAN - Le père Channan : « La communauté catholique au Pakistan renforce le dialogue interreligieux, la formation sociale et la promotion de la paix »https://fides.org/fr/news/77822-ASIE_PAKISTAN_Le_pere_Channan_La_communaute_catholique_au_Pakistan_renforce_le_dialogue_interreligieux_la_formation_sociale_et_la_promotion_de_la_paixhttps://fides.org/fr/news/77822-ASIE_PAKISTAN_Le_pere_Channan_La_communaute_catholique_au_Pakistan_renforce_le_dialogue_interreligieux_la_formation_sociale_et_la_promotion_de_la_paixLahore – « L’Évangile nous appelle à être des artisans de paix. Les chrétiens du Pakistan sont un peuple d’espérance : continuons à diffuser le message de paix, de dignité humaine et de justice que Jésus-Christ nous a confié. » C’est ce que souligne, dans un entretien accordé à l’Agence Fides, le père James Channan OP, dominicain et directeur du « Peace Center » de Lahore, qui rappelle l’urgence de faire connaître et d’appliquer la doctrine sociale de l’Église dans un contexte marqué par le pluralisme religieux, les inégalités sociales et les atteintes à la liberté religieuse.<br />Bien qu’elle ne représente que 1,37 % de la population pakistanaise, la communauté catholique – comme on le sait – continue de jouer « un rôle significatif dans la promotion de la paix, du dialogue interreligieux, des droits de l’homme et de la formation des consciences ».<br />Avec plus de 230 millions d'habitants, le Pakistan est un pays à majorité musulmane , tandis que les chrétiens sont environ 3,3 millions. « En tant que communauté minoritaire, nous sommes souvent confrontés à des discriminations et, parfois, à des persécutions en raison de notre foi », souligne le père Channan, qui met également en avant le taux d’analphabétisme élevé au sein de la communauté chrétienne, estimé entre 65 % et 80 %.<br />Malgré ces difficultés, l’Église catholique continue d’apporter « une contribution significative à la société pakistanaise à travers des écoles, des centres de formation professionnelle, des structures pastorales et des programmes éducatifs qui promeuvent la dignité de la personne, l’égalité des droits de citoyenneté et la liberté religieuse ». Selon le religieux dominicain, ces outils « constituent des moyens concrets de construire une société plus inclusive et plus respectueuse des différences ».<br />Au cœur de l'engagement ecclésial se trouve, en particulier dans le contexte pakistanais, le dialogue interreligieux, surtout celui entre chrétiens et musulmans. Dans cette perspective, la Conférence épiscopale du Pakistan a institué la Commission nationale pour le dialogue interreligieux et l'œcuménisme, un organisme qui organise des séminaires, des rencontres et des initiatives dans tout le pays, favorisant ainsi les occasions d'échange et de collaboration entre les adeptes de différentes traditions religieuses.<br />Dans ce cadre – note le père Channan –, l’Ordre dominicain joue un rôle important à travers l’« Ibn-e-Mariam Center for Peace » de Lahore, inauguré en 2010 par le cardinal Jean-Louis Tauran. Cette structure, communément appelée « Peace Center », organise tout au long de l’année des programmes de formation, des conférences et des activités s’adressant principalement aux jeunes et aux familles, « dans le but de promouvoir la culture de la rencontre, de la paix et de la coexistence harmonieuse », précise-t-il.<br />Le père Channan souligne : « Ces dernières années, les institutions civiles ont elles aussi manifesté un intérêt croissant pour cette question, en créant des commissions pour l’harmonie interreligieuse aux niveaux fédéral et provincial. Cependant, affirme-t-il, il reste essentiel de renforcer le dialogue, surtout au niveau local, où naissent souvent des tensions et des malentendus entre les différentes communautés. »<br />En replaçant la situation du Pakistan dans le contexte asiatique plus large, le dominicain rappelle que l’Asie abrite près de 60 % de la population mondiale et environ 415 millions de chrétiens, soit 8 % de la population du continent. « Dans un contexte caractérisé par un extraordinaire pluralisme religieux, culturel et ethnique, la doctrine sociale de l’Église constitue une ressource précieuse pour promouvoir la bonne gouvernance, un leadership responsable et le développement humain intégral », observe-t-il.<br />Se référant au magistère de l’Église, de « Rerum Novarum » de Léon XIII à « Centesimus Annus » de Saint Jean-Paul II, le père Channan souligne que « le progrès économique, social et technologique qui caractérise les sociétés asiatiques ne peut être dissocié de la responsabilité morale et du respect de la dignité humaine » : c’est là un sujet sur lequel – espère-t-il – il est important d’impliquer les croyants de toutes les religions.<br />« En Asie, le pluralisme religieux n’est pas une théorie, mais une réalité vécue au quotidien par des millions de personnes », note le prêtre. C’est pourquoi, conclut-il, « il est nécessaire de multiplier les initiatives de formation, les publications, les séminaires et les activités communes entre chrétiens, musulmans et fidèles d’autres religions, notamment grâce à un soutien financier accru aux œuvres ecclésiales engagées dans ce domaine ».<br /> Sat, 20 Jun 2026 15:44:46 +0200EUROPE/CROATIE - Nomination de la nouvelle directrice des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/77830-EUROPE_CROATIE_Nomination_de_la_nouvelle_directrice_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/77830-EUROPE_CROATIE_Nomination_de_la_nouvelle_directrice_des_OEuvres_Pontificales_MissionnairesZagreb - Le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, Pro-Préfet du Dicastère pour l'Évangélisation , a nommé, le 4 mai 2026, Sœur Ivana Gelo, de la Congrégation des « Servantes de la Charité », directrice des Œuvres Pontificales Missionnaires en Croatie pour une période de cinq ans . <br />Sœur Ivana Gelo est née le 27 novembre 1986 à Livno, en Bosnie-Herzégovine. Elle fait partie de la Congrégation des Servantes de la Charité depuis 2008. Son parcours de formation a débuté à Split, où elle a suivi des études secondaires supérieures dans la filière économique et administrative. Elle a ensuite entrepris des études supérieures de théologie et s’est spécialisée à Rome, à l’Université Pontificale Grégorienne, où elle a obtenu en 2022 une licence en théologie dogmatique. Au sein de sa communauté religieuse, Sœur Ivana a occupé des postes à haute responsabilité en matière de gestion et de direction. De 2021 à 2024, elle a exercé la fonction d’économe provinciale à Split et, depuis 2023, elle occupe le poste de conseillère générale de sa Congrégation. Parallèlement à ses fonctions au sein de la communauté, elle mène une intense activité universitaire à l’échelle internationale. Depuis 2022, elle enseigne à l’Université catholique du Rwanda et, depuis 2024, elle est professeure de théologie dogmatique à la faculté de théologie catholique de Split.<br /> <br /><br />Fri, 19 Jun 2026 13:15:47 +0200Cardinal Chow : en matière de « sinisation », il faut une réflexion fondée sur la connaissance et non un rejet fondé sur l'ignorancehttps://fides.org/fr/news/77829-Cardinal_Chow_en_matiere_de_sinisation_il_faut_une_reflexion_fondee_sur_la_connaissance_et_non_un_rejet_fonde_sur_l_ignorancehttps://fides.org/fr/news/77829-Cardinal_Chow_en_matiere_de_sinisation_il_faut_une_reflexion_fondee_sur_la_connaissance_et_non_un_rejet_fonde_sur_l_ignorancepar Marta Zhao<br /><br />Chengdu – Une réflexion fondée sur la connaissance de la « sinisation des religions » est bien plus constructive qu’un rejet fondé sur l’ignorance. C’est ainsi que le Cardinal jésuite Stephen Chow Sau-yan, Évêque de Hong Kong, a défini les critères les plus appropriés pour aborder la question de la « sinisation », qui s’applique également aux dynamiques ecclésiales en République populaire de Chine. Il s’est exprimé à ce sujet lors de son récent voyage dans la province du Sichuan, en Chine continentale, avant de se rendre à Rome pour participer aux visites « ad Limina Apostolorum » aux côtés des autres Évêques de Hong Kong et de Macao, tous reçus en audience par le Pape Léon XIV le jeudi 18 juin, en même temps que les Évêques de Macao.<br /><br />Peter Choy Wai-man, Vicaire Général du diocèse de Hong Kong, a lui aussi accompagné le Cardinal Chow lors de sa visite au Sichuan, et a ensuite fait part de ses réflexions sur ce voyage dans l’hebdomadaire diocésain KungKaoPo. « J’ai pu comprendre plus en profondeur », a confié Mgr Choy, « comment l’Église du Sichuan met en œuvre la “sinisation”… Celle-ci ne devrait donc pas être considérée comme une menace, mais plutôt comme une opportunité d’annoncer l’Évangile et de témoigner de la foi dans la Chine contemporaine ».<br /> <br />Le voyage au Sichuan a réuni une importante délégation composée de 11 membres, conduite par le Cardinal Chow, qui s'est rendue dans la province pendant une semaine, début juin. Les participants au voyage ont également eu des rencontres et des entretiens avec cinq Évêques de la province , avec lesquels une liturgie eucharistique a également été concélébrée. Le programme du voyage comprenait également la visite du séminaire philosophico-théologique catholique de la province du Sichuan, des rencontres avec des prêtres, des religieuses, des séminaristes et des laïcs, et a constitué une occasion précieuse d’approfondir la connaissance de la situation de l’Église locale.<br /> <br />Tous les membres de la délégation ont perçu que les jeunes séminaristes, prêtres et religieuses constituent une source d’espérance pour l’Église locale. Comme l’a réaffirmé le Cardinal Chow après la visite au séminaire, « les jeunes sont véritablement l’espérance de l’Église et du pays ; nous devons prendre soin d’eux et les former avec attention ». Ce voyage – a-t-il ajouté – « nous a offert de nombreuses occasions de mieux comprendre la “sinisation des religions” et le contexte historique du mouvement des Trois Autonomies au sein de l’Église. Une réflexion fondée sur la connaissance est bien plus constructive qu’un rejet fondé sur l’ignorance. Ces expériences constituent une base précieuse pour poursuivre le dialogue et les échanges. C’est également une condition indispensable pour réaliser l’unité dans la diversité ».<br /><br />L'Évêque auxiliaire Joseph Ha Chi-shing a lui aussi déclaré que ce voyage lui avait permis de se faire une idée directe de la situation des cinq diocèses du Sichuan et de la mise en œuvre des politiques religieuses nationales. « Nous avons noué des liens d’amitié avec cinq Évêques, ce qui favorisera les échanges futurs entre les Églises… Ce qui m’a le plus marqué, c’est la rencontre avec de nombreux jeunes prêtres, religieuses et séminaristes. Tous répondent à leur vocation avec enthousiasme. On peut voir en eux la grâce de Dieu et l’espoir de l’Église. »<br /><br />Le Vicaire Peter Choy a également partagé une réflexion éclairante : « D’une part, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec les cinq Évêques du Sichuan, qui appartiennent à la première génération de pasteurs ayant reçu une formation théologique après la politique de réforme et d’ouverture. Ils ont grandi au cours d’années difficiles, marquées par la pénurie de ressources, et leur foi inébranlable suscite une grande admiration. D’autre part, j’ai pu mieux comprendre comment l’Église du Sichuan met en œuvre la « sinisation des religions ». Bien qu’il s’agisse d’une orientation politique de l’ensemble de la société chinoise, son application présente de nombreux points communs avec le processus d’inculturation que l’Église a toujours poursuivi. Elle ne devrait donc pas être considérée comme une menace, mais plutôt comme une opportunité d’annoncer l’Évangile et de témoigner de la foi dans la Chine contemporaine ».<br /><br />Tam Chi-man, présidente de l’Association des laïcs, le père Franco Bellati, Supérieur Régional du PIME pour Hong Kong, Sœur Teresa Chong Chun-yi, des Sœurs du Très Précieux Sang, le Vicaire Général Dominic Kam Po-wai, le père Leo Liu Ya-lun, assistant de l’économe diocésain, Wong Chin-to, diacre permanent, et le Vicaire Chan Wing-chiu ont exprimé leur enthousiasme face aux moments de prière commune, de partage et de dialogue vécus au cours du voyage, que tous ont décrit comme une expérience de communion profonde, « qui nous a permis de voir l’œuvre de Dieu dans l’Église en Chine ».<br /><br />Fri, 19 Jun 2026 13:15:01 +0200AMÉRIQUE/ARGENTINE - Le diocèse de La Rioja à un mois de la célébration du 50e anniversaire du martyre des quatre bienheureuxhttps://fides.org/fr/news/77828-AMERIQUE_ARGENTINE_Le_diocese_de_La_Rioja_a_un_mois_de_la_celebration_du_50e_anniversaire_du_martyre_des_quatre_bienheureuxhttps://fides.org/fr/news/77828-AMERIQUE_ARGENTINE_Le_diocese_de_La_Rioja_a_un_mois_de_la_celebration_du_50e_anniversaire_du_martyre_des_quatre_bienheureuxLa Rioja – À un mois du 50e anniversaire du martyre des quatre bienheureux de La Rioja, toute la population se prépare à commémorer l’Évêque Enrique Angelelli, les prêtres Carlos de Dios Murias et Gabriel Longueville, ainsi que le laïc, mari et père Wenceslao Pedernera, qui ont donné leur vie pour l’Évangile et pour leurs frères. Sous le régime militaire, bien qu’ils eussent à cœur le bien commun, ils ont été considérés comme suspects et assassinés. « L’Église les a proclamés bienheureux en 2019 et cette année, à l’occasion du 50e anniversaire de leur martyre, nous les célébrons en rendant grâce pour leurs vies données au service des autres », écrit à l’Agence Fides l’Évêque du diocèse de La Rioja, Mgr Dante Braida.<br /> <br />Les quatre bienheureux feront l'objet de plusieurs événements qui se dérouleront du 17 juillet au 2 août 2026. Parmi ceux-ci, une messe sera célébrée le 17 juillet dans la cathédrale de La Rioja, dédiée à Saint Nicolas de Bari, suivie d'autres célébrations sur les lieux où ces personnalités exemplaires ont trouvé la mort de manière violente.<br /><br />En janvier 2026, Mgr Braida avait annoncé l'ouverture du Jubilé diocésain à l'occasion du 50e anniversaire de leur martyre . Vous trouverez ci-dessous de brèves biographies des quatre bienheureux de La Rioja.<br /><br />Mgr Enrique Ángel Angelelli est né à Córdoba le 17 juillet 1923 ; il a été ordonné prêtre à Rome le 9 octobre 1949. En 1951, il a obtenu une licence en droit canonique à l'Université Pontificale Grégorienne de Rome. À son retour dans sa ville natale de Córdoba en septembre 1951, il a exercé la fonction de Vicaire auxiliaire à la paroisse de San José, dans le quartier de Barrio Alto Alberdi, tout en s’occupant également de l’assistance aux malades à l’hôpital Clínicas. Il a été nommé secrétaire adjoint de la curie archiépiscopale. En décembre 1960, il fut nommé Évêque titulaire de Listra et évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Cordoue. Face à la souffrance et à la misère engendrées par les injustices sociales, il se fit, dans ses homélies et ses interventions publiques, le porte-parole de campagnes de solidarité visant à soulager la faim et l’abandon des plus démunis. Au cours d’une de ses activités épiscopales, alors qu’il était appelé à bénir les logements des ouvriers des carrières de chaux de Malagueño, il souligna, tant auprès des employeurs que des ouvriers, la valeur de l’engagement envers «le Christ souffrant incarné dans les ouvriers» ; et il choisit de déjeuner avec eux plutôt que dans l’espace réservé aux employeurs. Partisan de longue date de l’œuvre des prêtres et des religieuses engagés en faveur des pauvres, il participa aux débats du Concile œcuménique Vatican II à Rome, où, en 1965, aux côtés de quarante-deux autres évêques, il signa le « Pacte des Catacombes », promouvant une Église au service des pauvres. À l’âge de 45 ans, le 24 août 1968, il prit la tête du diocèse de La Rioja. Mettant en valeur l’histoire et la culture de La Rioja, il renforça la religiosité populaire, favorisa la création de coopératives paysannes et encouragea la syndicalisation des ouvriers agricoles, des mineurs et des travailleurs domestiques, avec la participation des quatre décanats qui composaient le diocèse. La persécution de l’Église dans la Rioja s’intensifia après l’instauration de la dictature militaire en mars 1976, avec des brimades et des arrestations de prêtres, de religieuses et de laïcs, voire des actes de torture. On conseilla à l’évêque de quitter la Rioja, mais il refusa, affirmant : « C’est justement ce qu’ils veulent, que je parte pour que les brebis se dispersent. » Le 4 août 1976, Mgr Angelelli fut assassiné près de Punta de Los Llanos alors qu’il rentrait de Chamical à La Rioja. Le tribunal conclut que la mort de l’évêque était un « meurtre prémédité de sang-froid, prévu par la victime ». L’enquête fut alors suspendue jusqu’à sa réouverture définitive en 2006, qui aboutit à la condamnation de certains des responsables en 2014.<br /><br />Le père Carlos de Dios Murias, né dans la province de Córdoba le 10 octobre 1945, a été ordonné prêtre à Buenos Aires le 17 décembre 1972 par l'évêque de La Rioja, Enrique Angelelli, qu'il connaissait depuis son adolescence. En 1976, il fut affecté de manière permanente au service pastoral du diocèse de La Rioja, où l’évêque Angelelli le nomma vicaire assistant de la paroisse « El Salvador » à Chamical, aux côtés du prêtre français Gabriel Longueville, arrivé dans cette communauté en 1971. Dans ses homélies, il dénonçait diverses injustices à Chamical, telles que les conditions de vie précaires des paysans, qui ne recevaient que des salaires de misère pour leur travail. Pendant la dictature militaire, le père Carlos continua à prêcher avec une conviction inébranlable, dénonçant avec ferveur les injustices de cette époque. Il convient de souligner son courage dans la défense des plus pauvres ; il a élevé la voix avec force et sans crainte pour défendre les exclus. Après avoir reçu des menaces, il a déclaré dans une homélie : « Ils peuvent faire taire la voix de ce prêtre. Ils peuvent faire taire la voix de l’évêque, mais ils ne pourront jamais faire taire la voix de l’Évangile. » Dans la nuit du 18 juillet 1976, le père Carlos et le père Gabriel dînaient chez les Sœurs de Saint-Joseph lorsque des hommes inconnus, munis de cartes d’identité et se présentant comme des agents de la police fédérale, firent irruption. Ils ont demandé au père Carlos de les accompagner à La Rioja sous prétexte de témoigner en faveur de certains détenus de Chamical. Le père Gabriel a refusé de le laisser partir seul et a déclaré : « Je viens avec vous ». Cependant, au lieu d’être conduits dans la capitale, ils furent emmenés le long de la route nationale 38, à 8 km de Chamical, où ils furent torturés puis criblés de balles. Leurs corps furent retrouvés deux jours plus tard par des ouvriers des chemins de fer. Le père Carlos avait 30 ans et le père Gabriel 45 ans au moment de leur assassinat.<br /> <br />Le père Gabriel Longueville est né le 18 mars 1931 à Étables, une petite ville de l'Ardèche, dans le sud de la France. Dès son plus jeune âge, il a manifesté une vocation pour la prêtrise et, en 1948, il est entré au grand séminaire de Viviers. En 1952, sa formation fut interrompue par son appel sous les drapeaux, dans le cadre de la guerre coloniale française contre les Algériens qui luttaient pour leur indépendance. Cette dure expérience le marqua profondément. En 1956, il retourna au séminaire pour achever sa formation sacerdotale et, le 23 juillet 1957, il fut ordonné prêtre. En 1968, il décida de répondre à l’appel du Pape Pie XII, qui, dans l’encyclique « Fidei Donum », encourageait les prêtres diocésains à s’engager dans l’œuvre missionnaire dans les pays où le don de la foi devait être diffusé. Le 1er février 1970, il arriva en Argentine, plus précisément dans l’archidiocèse de Corrientes, mais passa auparavant trois mois à Cuernavaca, au Mexique. En 1971, d’un commun accord avec le responsable argentin du Comité épiscopal France-Amérique latine, il s’installa dans le diocèse de La Rioja, où il rejoignit le projet pastoral de l’évêque Angelelli. Le 7 mai 1971, il fut nommé vicaire de la paroisse d’El Salvador à Chamical, dans la province de La Rioja. Les habitants du lieu se souviennent de lui comme d’un homme simple, aimable et disponible, qui rendait visite à ses voisins à vélo, en particulier aux plus démunis, et dont la personnalité le rendait très apprécié de tous. En tant que curé, il s’efforçait de connaître chacun, parcourant chaque recoin de la paroisse. Le soir du 18 juillet 1976, le père Gabriel a voulu accompagner son ami, le père Carlos, qui a été emmené par des inconnus se présentant comme des agents de la police fédérale, sous prétexte de les accompagner à La Rioja pour témoigner en faveur de certains détenus de Chamical. Leurs corps furent retrouvés deux jours plus tard dans la région de Bajo de Lucas, à 8 km de l’église paroissiale, où ils avaient été assassinés. Il convient de souligner l’esprit missionnaire du père Gabriel, qui le poussa à quitter sa terre natale pour exercer son ministère sacerdotal dans des lieux où les prêtres étaient très rares. C’était un homme d’un dévouement sans faille, constamment engagé dans sa mission. Il savait très bien ce qui se passait cette nuit du 18 juillet ; il était pleinement conscient de la situation. Ils avaient déjà reçu des menaces et, du fond du cœur, il déclara avec fermeté : « Je suis avec vous », comme l’ont raconté les sœurs qui l’avaient accueilli pour le dîner ce soir-là, où il fut tué aux côtés de son ami le père Carlos.<br /><br />Wenceslao Pedernera est né le 28 septembre 1936 dans la province de San Luis. En 1961, il s’est installé à Mendoza, où il a travaillé comme ouvrier agricole dans les vignobles « Gargantini ». Mari et père de famille, il s’est rapproché de l’Église en 1968, lors de la neuvaine à Notre-Dame de Carrodilla. En 1972, avec son épouse Ramona Cornejo, il participa à deux stages de formation dans le diocèse de La Rioja. Grâce à son engagement et à sa disponibilité, il fut nommé, fin 1973, coordinateur du Mouvement rural de l’Action catholique en Argentine pour la région de Cuyo. En 1974, ils ont rejoint le projet communautaire « La Buena Estrella », jusqu’à ce que l’évêque Angelelli leur demande de le quitter pour des raisons de sécurité. Il s’est alors installé avec sa famille sur une parcelle de terrain près de la paroisse de Notre-Dame de la Candelaria à Sañogasta. Avec son épouse, ils étaient catéchistes à « La Puntilla », à la périphérie de Sañogasta, et collectaient des vêtements pour les distribuer aux plus démunis. Wenceslao continua à collaborer avec les habitants de Sañogasta ; il fut un grand promoteur du travail coopératif parmi les paysans, leur apprenant à labourer, à semer, à creuser des canaux d’irrigation et à moissonner. Il s’efforçait de mettre en pratique le message de l’Évangile en accordant la priorité aux plus vulnérables et s’engageait à défendre les droits des travailleurs ruraux qui, à son époque, subissaient l’exploitation des propriétaires terriens qui versaient à leurs ouvriers agricoles des salaires misérables, très peu d’argent et parfois seulement une petite partie de la récolte, après de longues journées de travail. Pendant la dictature militaire en Argentine, ceux qui soutenaient les coopératives étaient qualifiés de subversifs et, pour cette raison, Wenceslao et sa femme reçurent des menaces qui se concrétisèrent aux premières heures du matin du 25 juillet 1976, lorsque quelqu’un frappa à leur porte. Effrayée, son épouse le supplia de ne pas ouvrir, mais Wenceslao répondit que c'était peut-être quelqu'un qui avait besoin d'un service. Il ouvrit la porte et quatre hommes cagoulés l'abattirent sous les yeux de sa femme et de ses filles. Des témoins oculaires ont rapporté que parmi ses derniers mots adressés à ses filles figuraient : « Ne haïssez pas, pardonnez ».<br /><br /> <br />Fri, 19 Jun 2026 13:02:56 +0200AFRIQUE/NIGER - Au moins 35 morts lors de l'attaque de l'aéroport de Niameyhttps://fides.org/fr/news/77827-AFRIQUE_NIGER_Au_moins_35_morts_lors_de_l_attaque_de_l_aeroport_de_Niameyhttps://fides.org/fr/news/77827-AFRIQUE_NIGER_Au_moins_35_morts_lors_de_l_attaque_de_l_aeroport_de_NiameyNiamey – Le bilan officiel de l’attaque djihadiste perpétrée hier, 18 juin, à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, capitale du Niger, est lourd.<br />Selon le communiqué diffusé par le ministère de la Défense du Niger, 11 soldats et 2 civils ont perdu la vie lors de l’attaque, tandis que 22 assaillants ont été « neutralisés » ; une vingtaine de suspects ont été arrêtés.<br />Le communiqué précise que la sécurité de l’aéroport a été rétablie et que celui-ci est ouvert au trafic aérien.<br />L’attaque a débuté aux premières heures du matin, lorsque des coups de feu et des explosions ont été signalés près de l’entrée principale de l’aéroport. Les premiers coups de feu ont été entendus vers 6 heures, heure locale, et les affrontements ont duré plusieurs heures, le calme étant revenu en milieu de matinée. Les assaillants ont tenté de pénétrer dans le périmètre de l’aéroport et se sont affrontés avec les forces de sécurité.<br />Plusieurs témoins ont rapporté que certains assaillants portaient des ceintures d’explosifs et utilisaient des véhicules légers pour s’approcher du périmètre de sécurité ; d’autres ont indiqué que les assaillants étaient arrivés en taxi.<br />L’aéroport international Diori Hamani avait déjà fait l’objet d’une attaque entre le 28 et le 29 janvier de cette année ; l’État islamique avait ensuite revendiqué cette attaque. <br />Fri, 19 Jun 2026 12:47:56 +0200AFRIQUE/KENYA - À l'approche des élections de 2027, les responsables politiques kényans sont de plus en plus présents dans les lieux de cultehttps://fides.org/fr/news/77826-AFRIQUE_KENYA_A_l_approche_des_elections_de_2027_les_responsables_politiques_kenyans_sont_de_plus_en_plus_presents_dans_les_lieux_de_cultehttps://fides.org/fr/news/77826-AFRIQUE_KENYA_A_l_approche_des_elections_de_2027_les_responsables_politiques_kenyans_sont_de_plus_en_plus_presents_dans_les_lieux_de_culteNairobi – En vue des élections générales de 2027, les principaux responsables politiques kényans ont intensifié leur présence dans des églises appartenant à différentes confessions chrétiennes. Malgré les interdictions imposées par les autorités des principales confessions religieuses concernant l’organisation de meetings et d’activités de propagande politique dans les lieux de culte, au moins deux incidents de ce type se sont produits cette semaine.<br />Dimanche 14 juin, les dirigeants de l’opposition, dont Rigathi Gachagua et Kalonzo Musyoka de la coalition United Opposition, ont assisté à la messe à l’église catholique Sainte-Marie de Kibabii, dans le comté de Bungoma, à l’ouest du Kenya. À l’issue de la célébration, ils ont fait un don destiné à soutenir le service de cantine des élèves de l’école rattachée à la paroisse.<br />Le même jour, le président William Ruto a assisté à un office religieux à l'Église adventiste du septième jour de Kiserian, dans le comté de Kajiado, où il s'est joint aux fidèles pendant le culte.<br />Toujours le 14 juin, les dirigeants du mouvement Linda Mwananchi se sont rendus à la cathédrale AIPCA de Thika, dans le comté de Kiambu, au centre du Kenya. L’African Independent Pentecostal Church of Africa est l’une des plus importantes Églises d’initiation africaine du Kenya et constitue la plus grande Église autochtone du pays. Fondée dans les années 1920 au sein du peuple Kikuyu du centre du Kenya, son histoire est étroitement liée aux mouvements nationalistes qui se sont opposés aux politiques coloniales britanniques, notamment celles relatives au travail forcé.<br />Linda Mwananchi — expression swahili signifiant « Protéger le citoyen » ou « Défendre le citoyen » — est un mouvement civique et politique qui promeut l'émancipation des citoyens, la responsabilité publique et la bonne gouvernance. Parmi ses objectifs figure le dépassement des divisions ethniques et régionales, au profit d'une attention accrue portée aux questions sociales et économiques qui concernent l'ensemble de la population kenyane.<br />L'arrivée de la délégation du mouvement pendant la messe a toutefois suscité des protestations parmi les fidèles, au point que le célébrant a adressé une sévère remontrance aux responsables politiques présents.<br />Tant la Conférence des évêques catholiques du Kenya que les responsables d’autres confessions chrétiennes ont réaffirmé à plusieurs reprises l’interdiction d’utiliser les lieux de culte à des fins de propagande politique. En 2020, les Évêques catholiques kényans ont déclaré que les églises « ne sont pas des arènes politiques » et ont interdit aux responsables politiques de s’adresser aux assemblées liturgiques, dénonçant la transformation croissante des célébrations religieuses en occasions de campagne électorale.<br />En juillet 2024, la KCCB a de nouveau exprimé son opposition à l’utilisation des églises comme tribunes politiques, critiquant en particulier la pratique consistant à exhiber publiquement des dons ou des contributions financières lors des célébrations religieuses dans le but d’accroître sa popularité ou d’obtenir un soutien électoral. En mars 2025, Cleophas Oseso, Évêque de Nakuru, a critiqué les dons des politiciens à l’Église car « nous ne savons pas d’où proviennent ces énormes sommes d’argent » . <br />Fri, 19 Jun 2026 12:10:44 +0200MISSIONNAIRES CORÉENS DANS LE MONDE/5 - Les 33 chapelles boliviennes du père Limhttps://fides.org/fr/news/77825-MISSIONNAIRES_COREENS_DANS_LE_MONDE_5_Les_33_chapelles_boliviennes_du_pere_Limhttps://fides.org/fr/news/77825-MISSIONNAIRES_COREENS_DANS_LE_MONDE_5_Les_33_chapelles_boliviennes_du_pere_Limpar Pascale Rizk <br /><br /><p ><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/F4-DSvP9NwU?si=LfTuQoqHJ43TUkiJ" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p><br /><br />Okinawa Uno – Trente-trois chapelles attendent, au moins une fois par mois, l’arrivée du père Angel Lim Jaejong pour la célébration eucharistique. Les routes qui relient ces chapelles dans un rayon de 50 km² sont escarpées et non goudronnées. Âgé de 35 ans, le prêtre, qui vit en Bolivie depuis environ 5 ans, est originaire de l’Archidiocèse coréen de Kwangju et occupe le poste de Vicaire de la paroisse Saint-François-Xavier à Okinawa.<br /><br />Dans un pays où les catholiques représentent 70 à 85 % de la population, « les fêtes religieuses sont généralement très vivantes, avec une dévotion mariale particulière. Les personnes ont le cœur généreux et soutiennent avec beaucoup de dévouement les œuvres et les initiatives de l’Église », raconte le père Lim. « Ce n’est qu’en leur rendant visite chez eux que je me rends compte de leur véritable pauvreté économique. »<br /><br />Okinawa se trouve à 146 kilomètres de la ville de Santa Cruz de la Sierra, la principale métropole de la Bolivie. En 1899, la ville a accueilli les premiers migrants venus du Japon ; après être d'abord arrivés au Pérou, certains ont décidé de s'installer en Bolivie, emportant ainsi avec eux le nom de leur ville d'origine, au Pays du Soleil levant.<br /> <br />En s’attardant sur la différence entre la manière d’exercer le ministère sacerdotal dans son pays d’origine et dans le pays où il exerce actuellement sa mission, le père Lim fait la réflexion suivante : « Si l’on y réfléchit un instant, en Corée, les enfants appellent le prêtre « chibunim » 신부님, ce qui signifie « père », tandis qu’ici, ils ont tendance à l’appeler « papa ». « En réalité, les enfants ont tendance à se sentir un peu négligés par leurs pères à la maison, car ceux-ci s’occupent d’eux pendant le peu de temps qui leur reste après le travail ; ainsi, tant les enfants que les adultes cherchent souvent à trouver de l’affection auprès du prêtre », explique ce prêtre diocésain de Kwangju.<br /> <br />Dès ses années de séminaire, Jaejong avait passé un an aux Philippines, où il avait commencé à s’interroger sur sa vocation missionnaire. « Je n’avais pas pensé aux difficultés. Pour moi, l’appel était clair et je me suis mis à étudier l’espagnol », explique Lim.<br /><br />« Grâce à de petites initiatives, comme par exemple la vente de snacks organisée par les différentes associations de la paroisse, on parvient à collecter des fonds », explique le missionnaire. « Okinawa étant une communauté essentiellement agricole , de nombreux habitants travaillent dans le secteur agricole, mais le faible développement des infrastructures leur offre un accès limité aux marchés locaux, qui constituent pourtant une source de revenus stable. Les demandes d’aide qui nous parviennent sont nombreuses.»<br /><br />Le missionnaire poursuit en expliquant comment l’aide est ensuite distribuée selon un processus de vérification. Cette rigueur a fait en sorte qu’au fil du temps, seuls ceux qui en ont réellement besoin viennent demander de l’aide. « Avec l’argent récolté, nous rendons visite aux malades. Outre le soutien spirituel que nous leur apportons, il y a un formulaire à remplir : nous nous rendons donc au domicile des malades avec le personnel médical afin de vérifier la situation et de fixer le montant maximal que nous pouvons leur verser », précise le père Lim.<br /> <br />« Les certificats de baptême constituent un sujet particulièrement sensible dans le contexte bolivien, surtout en milieu rural. De nombreuses personnes âgées viennent à l’église pour demander le Certificado de Bautizo afin de pouvoir exercer leurs droits de citoyens », explique le père Angel. « Si cela est fait sans tarder, les personnes nées avant 1940 peuvent bénéficier d’une vieillesse digne. »<br /><br />Selon le SEGIP , les dernières statistiques concernant les Boliviens non inscrits à l'état civil remontent à 2014 et montrent que 7 % de la population bolivienne est dépourvue de documents d'identité. La loi promulguée le 5 avril 1945 a permis aux Boliviens nés avant 1940 – époque à laquelle l'état civil n'existait pas encore – d'obtenir des actes de naissance en présentant leur certificat de baptême ; c'est pourquoi le « Certificado de Bautizo » a acquis une importance historique considérable.<br /> <br />La Bolivie est présentée comme le pays le plus corrompu d’Amérique latine et des Caraïbes, selon les dernières données du World Justice Project de 2024, et comme le deuxième pays le plus corrompu au monde, avec 141 points sur 142, derrière la République démocratique du Congo. L’une des priorités les plus pressantes consiste à trouver et à gérer des ressources et des dons sans avoir à se plier à des pratiques non transparentes.<br /> <br />Il y a presque 10 jours, la Chambre des députés bolivienne a adopté une loi élargissant les pouvoirs du gouvernement pour déclarer l'état d'urgence. Cette décision intervient après cinq semaines de manifestations et de barrages routiers, des centaines d'arrestations et une dizaine de morts. Adoptée à la majorité des deux tiers, cette loi permet au président Rodrigo Paz de prendre des mesures exceptionnelles pour une durée maximale de trois mois, et a suscité une vive polémique, notamment de la part de l'ancien président Evo Morales et des organisations de défense des droits de l'homme.<br /><br />« Je vis loin de chez moi et je retrouve des aspects de la Corée dans les moments de partage avec les autres prêtres présents en Bolivie, mais je ne ressens pas de nostalgie particulière, car je sais que ma mère pense à moi dans ses prières, et cela me donne aussi la force d’aller de l’avant », conclut le père Angel Jeajong Lim. <br />Fri, 19 Jun 2026 11:20:19 +0200ASIE/INDE - Journée de prière et remise d’un Mémorandum au gouvernement pour la protection des œuvres sociales, menacées par un nouveau projet de loihttps://fides.org/fr/news/77824-ASIE_INDE_Journee_de_priere_et_remise_d_un_Memorandum_au_gouvernement_pour_la_protection_des_oeuvres_sociales_menacees_par_un_nouveau_projet_de_loihttps://fides.org/fr/news/77824-ASIE_INDE_Journee_de_priere_et_remise_d_un_Memorandum_au_gouvernement_pour_la_protection_des_oeuvres_sociales_menacees_par_un_nouveau_projet_de_loiNew Delhi - À l’invitation de la Conférence épiscopale de l’Inde , les catholiques indiens célébreront le 28 juin 2026 une Journée nationale de prière pour la sauvegarde des œuvres sociales et caritatives, menacées par un nouveau projet de loi sur la réglementation des contributions étrangères . Cette loi, qui devrait être débattue et votée au Parlement lors de la session d’été , suscite des inquiétudes quant à son impact sur les activités caritatives, éducatives, sanitaires et sociales gérées par des institutions chrétiennes et non chrétiennes.<br /> <br />« L’Église en Inde a toujours été au service de la société, en particulier des pauvres et des marginalisés, en tant qu’expression des valeurs évangéliques d’amour, de justice et de compassion », a écrit le Cardinal Anthony Poola, Archevêque d’Hyderabad et président de la CBCI, dans une lettre où il encourage les paroisses à organiser des célébrations de prière et de jeûne. Les diocèses et les communautés préparent par ailleurs un « mémorandum » à présenter au gouvernement central, en recueillant les signatures des fidèles et de « toutes les personnes de bonne volonté », afin d’exprimer leurs préoccupations et de signaler les effets négatifs potentiels de ce projet de loi.<br /><br />« Le projet de loi de 2026 portant modification de la réglementation sur les contributions étrangères Amendment Bill 2026), présenté par le gouvernement fédéral du Bharatiya Janata Party , est une législation stricte qui risque de mettre en difficulté de nombreuses organisations et associations caritatives : en effet, le gouvernement pourra détourner la destination des fonds alloués à des œuvres sociales pour les utiliser à ses propres fins », observe auprès de l’Agence le père Cédric Prakash SJ, écrivain et chroniqueur indien basé au Gujarat, expliquant ainsi l’opposition de larges pans de la société civile et des communautés religieuses.<br />Le projet de loi de 2026 portant modification de la réglementation sur les contributions étrangères modifie et complète le cadre réglementaire de la loi de 2010 sur la réglementation des contributions étrangères , qui régit déjà la réception et l’utilisation des fonds provenant de l’étranger par les organisations non gouvernementales , les associations, les fondations et autres organismes à but non lucratif. Ce nouveau texte a été approuvé par le Conseil des ministres en mars 2026 et a été présenté à la Lok Sabha le 25 mars 2026 pour être débattu et adopté.<br />Selon le gouvernement, ce projet de loi vise à combler les lacunes législatives en matière de gestion des biens créés grâce à des fonds étrangers et à simplifier la responsabilité des responsables des ONG. L’aspect le plus controversé du projet de loi est la création d’une nouvelle « autorité désignée » qui sera nommée par le gouvernement central. Cette autorité aura le pouvoir de prendre le contrôle provisoire ou permanent des contributions et des biens étrangers dans le cas où l’enregistrement d’une organisation auprès de la FCRA serait annulé, cédé, considéré comme invalide, résilié ou arrivé à expiration , pour quelque raison que ce soit. Selon le texte de loi, l’Autorité aura pour mission de superviser, de gérer et de disposer de ces biens, avec le pouvoir d’administrer ces propriétés et d’utiliser les fonds à des « fins publiques » non mieux précisées. Mais, « si l’enregistrement d’une organisation quelconque venait à être renouvelé ou rétabli par la suite, les fonds et les biens ne seraient pas restitués aux organisations qui les avaient reçus », souligne le père Prakash.<br />L'ensemble des partis politiques d'opposition s'est uni pour demander le retrait de ce projet de loi. Au cours du débat – qui a donné lieu à de nombreuses interventions et commentaires, y compris dans les médias indiens –, certains analystes ont soulevé des objections d'inconstitutionnalité, car, en vertu de la Constitution indienne, l'État ne peut acquérir un bien privé que par le biais d'une loi spécifique, valide et dûment motivée, à des fins d'intérêt public et moyennant une juste indemnisation.<br />Ce texte a suscité des réactions défavorables de la part d’intellectuels, d’universitaires, de dirigeants et d’acteurs d’ONG, de chefs religieux et de membres de la société civile. Le débat au sein de la société indienne a impliqué les communautés religieuses, et parmi celles-ci, l’Église catholique. En effet, les institutions catholiques indiennes et les congrégations religieuses reçoivent de nombreuses contributions provenant de l’étranger ou par l’intermédiaire d’organisations du « tiers secteur ». Le gouvernement du BJP, dirigé par Narendra Modi, a reporté le débat et le vote à la Lok Sabha en raison des tensions politiques et des critiques de l’opposition, et a suspendu la discussion. Actuellement, le projet de loi est toujours en suspens au Parlement, mais il n’a pas été retiré par le gouvernement, qui pourrait le remettre à l’ordre du jour pour un vote lors de la session d’été.<br />Le jésuite indien fait remarquer : « Les règles et réglementations actuelles de la FCRA sont déjà extrêmement strictes, elles prévoient d’innombrables contrôles et contrepoids : il n’est pas nécessaire de les durcir. Par le passé, le gouvernement a déjà suspendu, révoqué ou refusé de renouveler l’enregistrement auprès de la FCRA de plusieurs ONG engagées dans des actions sociales, et beaucoup d’entre elles appartiennent à des communautés minoritaires ».<br />« Les nouvelles dispositions – observe le religieux – portent atteinte aux nombreuses actions menées pour le bien commun et l’amélioration de la société ; parmi celles-ci figurent les soins de santé, l’éducation, le développement communautaire, l’émancipation des femmes, la protection de l’enfance, la lutte contre la traite des êtres humains, les interventions en cas de catastrophe, les secours et la réhabilitation. Si cette réglementation entrait en vigueur, ce sont des millions de bénéficiaires qui en souffriraient. »<br />Le père Prakash rappelle : « Les pauvres et les exclus, les victimes de catastrophes naturelles, les personnes handicapées, les indigents et les mourants, ainsi que d’autres groupes vulnérables de la société, bénéficient aujourd’hui d’une aide leur permettant de mener une vie plus digne et plus équitable, fondée sur les principes constitutionnels, grâce précisément au travail extraordinaire accompli par le « tiers secteur ». En tant que citoyens indiens, chrétiens ou non, nous demandons le retrait total de cette loi ».<br /> <br /><br />Fri, 19 Jun 2026 11:00:15 +0200Léon XIV à Pavie : aux sources d'un style missionnaire augustinienhttps://fides.org/fr/news/77823-Leon_XIV_a_Pavie_aux_sources_d_un_style_missionnaire_augustinienhttps://fides.org/fr/news/77823-Leon_XIV_a_Pavie_aux_sources_d_un_style_missionnaire_augustinienpar Marie-Lucile Kubacki<br /><br />Rome - La visite du pape Léon XIV à Pavie, samedi 20 juin, revêt une signification symbolique. Elle s’apparente à un retour d’un pontife augustinien à ses racines spirituelles.<br />C’est en effet dans la basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or, où sont conservées depuis des siècles les reliques de saint Augustin, que se manifeste le lien profond qui unit le Pape Prevost au « Doctor Gratiae ».<br /><br />Plus de treize ans avant de devenir pape, alors qu’il était encore Prieur Général de l’Ordre de saint Augustin, Robert Francis Prevost décrivait ainsi, dans une interview, l’identité de sa famille religieuse : « Au XIIIe siècle, le pape nous a donné une identité qui s’articule autour de deux axes de référence. L’un est clairement Augustin : source de doctrine, d’espérance et de lumière, il nous donne notre charisme, celui de vivre en communauté selon sa Règle. Pour l’autre aspect, nous devons nous référer à l’époque de notre fondation juridique : le XIIIe siècle est, pour l’Église, l’époque des ordres mendiants, expression d’une nouvelle manière de répondre aux besoins de l’époque. C’est là une source importante pour notre histoire ». Une perspective qui allie l’enracinement dans la tradition et l’attention aux urgences de son temps.<br /><br />Dans cette interview, réalisée par Antonello Sacchi et publiée dans l’ouvrage « Sant’Agostino a Pavia » , le père Prevost, alors en fonction, insistait sur la nature ouverte et accessible du charisme augustinien : « L’Ordre n’a pas été fondé dans un but précis : notre charisme ne consiste pas à travailler dans les hôpitaux ou les écoles. Une partie fondamentale de notre vie consiste à répondre aux besoins du Peuple de Dieu aujourd’hui. Ce défi est toujours présent : découvrir comment répondre au mieux à ce besoin de l’Église et du Peuple de Dieu aujourd’hui ! Nous travaillons dans de nombreux pays, nous sommes engagés dans l’éducation à différents niveaux, l’Ordre œuvre dans le domaine théologique, mais cela ne s’arrête pas là : nous sommes également actifs dans le domaine de la mission, je pense par exemple aux missions en Amérique latine, en Asie, en Inde ; je me souviens que les premiers missionnaires à arriver aux Philippines étaient des Augustins. Notre Ordre se développe aujourd’hui en Afrique, en Amérique latine, en Inde et aux Philippines. Aujourd’hui, l’Ordre s’inspire d’Augustin et de l’expérience des ordres mendiants, et, forts de cet héritage de foi, nous nous tournons vers les besoins de notre époque. »<br /> <br />La journée passée à Pavie par Léon XIV – la rencontre avec le personnel et certains enfants en traitement, ainsi qu’avec les parents du Centre national d’adrothérapie oncologique, celle avec la communauté augustinienne et ecclésiale, avec les citoyens, la célébration de la Parole et la vénération des reliques de saint Augustin – apparaît comme une mise en œuvre concrète de cette vocation.<br /><br />À la question de savoir ce que représente San Pietro in Ciel d’Oro pour l’Ordre, le père Prevost, alors en fonction, déclarait dans le même ouvrage : « Pour nous, pour reprendre les mots du pape Jean XXII qui, en 1327, confia aux Augustins la garde du corps de saint Augustin en nous permettant d’ouvrir notre couvent près de la tombe du Saint, être aux côtés de notre maître spirituel est très important car nous avons la responsabilité de préserver et de promouvoir le sens de la dévotion, du respect et de l’amour envers la figure d’Augustin depuis des siècles, tout au long de l’histoire de l’Église, un service qui se poursuit encore aujourd’hui ».<br /> <br />C’est précisément cette proximité avec le Docteur de la Grâce que Léon XIV vient partager en tant qu’évêque de Rome, en vénérant les reliques de Saint Augustin. « Notre présence dans cette ville est le reflet de ce que nous voulons accomplir dans le monde », soulignait en effet le Prieur général.<br /><br />En ce sens, ce que l’Ordre vit auprès de la tombe d’Augustin à Pavie manifeste ce qu’il cherche à vivre partout, dans la prédication, dans la mission et dans la recherche d’une communion concrète.<br /><br />En fin de journée, conformément au programme diffusé ces dernières semaines par la Salle de presse du Saint-Siège, le Pape se rendra à Sant’Angelo Lodigiano, ville natale de sainte Françoise-Xavier Cabrini, fondatrice des Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus. Cette double visite devrait ainsi permettre d’approfondir davantage la spécificité du style missionnaire de celui qui, depuis le 8 mai 2025, est devenu le pape Léon XIV. Fri, 19 Jun 2026 09:31:47 +0200ASIE/TERRE SAINTE - Le Patriarcat orthodoxe de Jérusalem dénonce la saisie d'un bien ecclésiastique à Silwanhttps://fides.org/fr/news/77821-ASIE_TERRE_SAINTE_Le_Patriarcat_orthodoxe_de_Jerusalem_denonce_la_saisie_d_un_bien_ecclesiastique_a_Silwanhttps://fides.org/fr/news/77821-ASIE_TERRE_SAINTE_Le_Patriarcat_orthodoxe_de_Jerusalem_denonce_la_saisie_d_un_bien_ecclesiastique_a_SilwanJérusalem - « Une saisie illégale et illégitime » qui crée « un dangereux précédent ». C’est ainsi que le Patriarcat orthodoxe de Jérusalem a qualifié la saisie, intervenue le 15 juin, d’une propriété adjacente au monastère de Saint-Onofrio, à Silwan, dans Jérusalem-Est occupée, par les autorités israéliennes.<br /><br />Dans un communiqué publié le 17 juin, le Patriarcat orthodoxe de Jérusalem a exprimé « sa profonde inquiétude face au raid et à l’appropriation illicite de terrains par les autorités israéliennes, survenus le 15 juin 2026, au détriment d’une propriété de l’Église à Silwan ».<br /><br />« Au cours de l’opération – indique le communiqué –, le représentant du Patriarcat dans la région a été expulsé de force. Son matériel a été confisqué, les arbres ont été déracinés et la propriété a été clôturée et fermée par des portails ». Selon le Patriarcat, « cet incident constitue une appropriation illégitime d’une propriété ecclésiastique au cœur de Jérusalem ».<br /><br />« Le Patriarcat affirme que le terrain, parcelle n° 6 du bloc 29985, enregistré à son nom dans les registres officiels, est adjacent à l'ancien monastère de Saint-Onofrio et revêt une grande valeur historique, archéologique et religieuse. Il rejette par ailleurs la déclaration, publiée le jour même de l'opération, qui décrit cette intervention comme la « récupération d'un terrain domanial » présentant un intérêt archéologique », poursuit le communiqué.<br /><br />Le texte de la déclaration, transmis à l’agence Fides, ajoute : « Le Patriarcat souligne que la saisie de cette propriété privée de l’Église, avec son patrimoine chrétien et sa signification religieuse, crée un dangereux précédent pour les droits de l’Église à Jérusalem. En outre, il souligne que le recours à un arrêté municipal relatif à l’entretien des espaces verts, promulgué le 18 avril 2019 et arrivant à échéance en avril 2024, ne fournit aucune base juridique pour abattre des arbres, expulser le gardien légitime, isoler des terrains ecclésiastiques ou refuser au Patriarcat l’accès à sa propre propriété ».<br /><br />La déclaration se termine en exprimant une « inquiétude croissante » face au fait que les événements de Silwan s’inscrivent « dans un contexte plus large d’attaques visant à affaiblir la présence chrétienne autochtone en Terre Sainte ». Le Patriarcat attire également l’attention sur la recrudescence des attaques contre les chrétiens et les lieux de culte, dénonçant un climat de « tolérance internationale inacceptable ». Selon le communiqué, 111 attaques ou actes de violence contre des membres du clergé, des religieuses, des fidèles et des communautés chrétiennes ont été recensés en 2024, dont 35 visaient des églises, des monastères et des symboles religieux. <br />Thu, 18 Jun 2026 14:48:10 +0200AFRIQUE/NIGERIA - Appels lancés par des responsables chrétiens et musulmans contre l'insécurité croissantehttps://fides.org/fr/news/77820-AFRIQUE_NIGERIA_Appels_lances_par_des_responsables_chretiens_et_musulmans_contre_l_insecurite_croissantehttps://fides.org/fr/news/77820-AFRIQUE_NIGERIA_Appels_lances_par_des_responsables_chretiens_et_musulmans_contre_l_insecurite_croissanteAbuja – « Chaque jour, dès notre réveil, nous entendons parler des atrocités commises par Boko Haram, des bandits et des criminels de toutes sortes à travers tout le pays ». C’est en ces termes que Mgr Alfred Adewale Martins, Archevêque de Lagos et Vice-président de la Conférence épiscopale catholique du Nigeria , a déploré la succession ininterrompue d’enlèvements, d’attaques contre les forces de l’ordre et de déplacements forcés de communautés entières dans différentes régions du Nigeria.<br /><br />Au cours de la messe d'action de grâce célébrée le 16 juin dans la cathédrale Sainte-Croix de Lagos, à l'occasion du 90e anniversaire, du 60e anniversaire de son ordination sacerdotale et du 55e anniversaire de son ordination épiscopale du Cardinal Anthony Okogie, Archevêque émérite de l’archidiocèse catholique de Lagos, Mgr Martins a exhorté le président Bola Tinubu à agir avec détermination pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays.<br /><br />« Il ne se passe pas un jour sans que l’on apprenne que des personnes ont été enlevées par des soi-disants bandits et d’autres criminels, que des soldats, y compris des généraux, ont été pris en embuscade et tués, que des personnes ont été contraintes de quitter leur foyer et même que des chefs traditionnels fuient leurs territoires par crainte d’attaques violentes », a déclaré Mgr Martins, ajoutant : « Il devient de plus en plus difficile de comprendre ce qui se passe dans notre pays ».<br /><br />La question de l’insécurité qui touche plusieurs régions du Nigeria a également été soulevée par le sultan de Sokoto, Alhaji Muhammad Sa’ad Abubakar, président de la Jama’atu Nasril Islam , l’une des principales organisations islamiques du pays. Dans une déclaration publiée elle aussi le 16 juin, le sultan a invité les fidèles à prier avec ferveur pour le bien-être du Nigeria et pour le renforcement de la paix et de la sécurité, soulignant que la nouvelle vague de violence et d’insécurité semblait résister à toutes les mesures prises jusqu’à présent pour y remédier.<br /><br />Le sultan a notamment demandé que la prière du vendredi 19 juin soit consacrée à des supplications particulières afin de lutter contre les maux sociaux qui affligent le Nigeria, notamment le phénomène croissant des enlèvements et du banditisme. <br />Thu, 18 Jun 2026 11:38:32 +0200AFRIQUE/SOUDAN DU SUD - « Quelle génération sommes-nous en train d'élever ? » : Mgr Hiiboro Kussala s'exprime sur les valeurs de la *Magnifica Humanitas* du Pape Léon XIVhttps://fides.org/fr/news/77818-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Quelle_generation_sommes_nous_en_train_d_elever_Mgr_Hiiboro_Kussala_s_exprime_sur_les_valeurs_de_la_Magnifica_Humanitas_du_Pape_Leon_XIVhttps://fides.org/fr/news/77818-AFRIQUE_SOUDAN_DU_SUD_Quelle_generation_sommes_nous_en_train_d_elever_Mgr_Hiiboro_Kussala_s_exprime_sur_les_valeurs_de_la_Magnifica_Humanitas_du_Pape_Leon_XIVTombura Yambio – « Nous sommes une jeune nation. Notre plus grande richesse n’est ni le pétrole, ni l’or, ni la terre, ni le pouvoir politique. Notre plus grande richesse, ce sont nos enfants et nos jeunes. Aujourd’hui, de nombreux enfants passent plus de temps devant les écrans qu’avec leurs parents. Ils connaissent mieux les influenceurs des réseaux sociaux que leurs professeurs. Ils sont exposés à l’information bien avant d’avoir acquis la sagesse nécessaire pour distinguer le vrai du faux, le bien du mal. » L’Évêque du diocèse de Tombura Yambio, Eduardo Hiiboro Kussala, partage son témoignage à propos de la récente publication de la « Magnifica Humanitas », la première encyclique du Pape Léon XIV, dans laquelle le Saint-Père rappelle que la technologie est un don, mais qu’elle ne doit jamais devenir notre maîtresse et doit rester à notre service.<br /><br />« Il s’agit d’un document d’une grande portée qui invite l’humanité à placer la personne humaine, la dignité humaine, la moralité, la sagesse et la responsabilité au cœur du progrès technologique », souligne l’Évêque dans la note envoyée à l’agence Fides.<br /> <br />« La technologie a apporté de nombreux avantages. Elle a rapproché les gens, élargi l’accès au savoir, amélioré la communication et ouvert des perspectives que les générations précédentes n’auraient jamais pu imaginer. Pourtant, chaque avantage s’accompagne d’une responsabilité », explique-t-il. Les réseaux sociaux façonnent les esprits, influencent les comportements, créent des héros, déterminent les valeurs et forgent les opinions. Dans de nombreux cas, ils deviennent la nouvelle salle de classe, la nouvelle place du village, le nouveau marché et, malheureusement, parfois aussi la nouvelle source de confusion. Élevons-nous des penseurs ou de simples consommateurs d’informations ? Élevons-nous des citoyens responsables ou des accros au numérique ? Élevons-nous des leaders ou des suiveurs de chaque mode éphémère ? Aidons-nous nos enfants à découvrir leur propre identité, ou laissons-nous des inconnus sur Internet la définir à leur place ? Ce sont toutes des questions que nous devons nous poser. »<br /><br />En réfléchissant plus particulièrement à la réalité qui le concerne le plus, Mgr Hiiboro insiste sur l’importance d’aborder ces questions et d’y apporter des réponses. « Au Soudan du Sud, où nous sommes encore en train de construire notre nation, ces questions sont d’autant plus urgentes. Une société qui émerge d’un conflit ne peut se permettre de perdre ses enfants à cause des addictions, de la désinformation, de l’exploitation en ligne, de la haine tribale, de la pornographie, de la violence et de la confusion morale. Nos enfants ont autant besoin de livres que de téléphones. Ils ont autant besoin de terrains de jeux que de plateformes. Ils ont autant besoin d’amitiés réelles que de connexions virtuelles. Ils ont davantage besoin de mentors que d’influenceurs. Ils ont davantage besoin de caractère que de popularité. Je pense que le débat ne doit pas se limiter à l’interdiction des réseaux sociaux. Il devrait porter sur la protection de l’enfance, la promotion de la responsabilité et la garantie que la technologie soit au service du développement humain, plutôt que de l’entraver. Les parents doivent s’impliquer davantage. Les écoles doivent enseigner la culture numérique. Les églises doivent aborder la question de l’utilisation éthique de la technologie. Les gouvernements doivent élaborer des politiques qui protègent les enfants. Les entreprises technologiques doivent être tenues pour responsables. Et surtout, les jeunes eux-mêmes doivent apprendre que la liberté sans responsabilité se transforme inévitablement en esclavage. »<br /><br />Parmi les réactions exprimées à travers le monde à la publication de l’encyclique du Pape Léon XIV, Mgr Hiiboro s’attarde sur celle du Premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, qui a annoncé des mesures visant à limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de seize ans. « La décision de Starmer a suscité des débats, des éloges, des critiques et des réflexions dans de nombreux pays. Personnellement, je la considère comme une décision courageuse qui va dans la bonne direction. Que l’on soit d’accord ou non sur chaque détail, elle soulève une question importante pour nous tous : quel type de génération sommes-nous en train d’élever ? Cette question est particulièrement pertinente pour le Soudan du Sud. »<br /><br />« Le message du Pape Léon XIV dans *Magnifica Humanitas* est plus que jamais d’actualité – souligne l’Évêque. Le progrès humain sans sagesse morale est dangereux. La connaissance sans valeurs peut détruire. La technologie sans éthique peut diviser la société. Dans notre pays, nous ne pouvons pas repousser l’heure d’aborder cette question importante ; nous ne pouvons pas nous contenter de construire des routes, des écoles, des hôpitaux et des institutions. Nous devons forger le caractère. L’avenir d’une nation ne dépend pas du niveau de sophistication de sa technologie, mais de la qualité de son peuple. Une nation dotée de valeurs solides peut utiliser la technologie avec sagesse. Une nation sans valeurs finira par devenir victime de ses propres inventions. »<br />« Le défi auquel nous sommes confrontés n’est donc pas d’ordre technologique, mais humain », conclut Hiiboro. « La vraie question n’est pas de savoir si nos enfants peuvent accéder aux réseaux sociaux. La vraie question est de savoir si les réseaux sociaux aident nos enfants à devenir les hommes et les femmes que Dieu a créés. »<br /><br /> <br />Thu, 18 Jun 2026 11:02:09 +0200ASIE/SRI LANKA - « L’Église est un pont de réconciliation après les blessures de la guerre », déclare le directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/77819-ASIE_SRI_LANKA_L_Eglise_est_un_pont_de_reconciliation_apres_les_blessures_de_la_guerre_declare_le_directeur_national_des_OEuvres_Pontificales_Missionnaireshttps://fides.org/fr/news/77819-ASIE_SRI_LANKA_L_Eglise_est_un_pont_de_reconciliation_apres_les_blessures_de_la_guerre_declare_le_directeur_national_des_OEuvres_Pontificales_Missionnairespar Paolo Affatato<br /><br />Colombo – « La réconciliation entre les différentes communautés du Sri Lanka et la guérison des blessures laissées par près de trente ans de guerre civile font aujourd’hui partie intégrante de la mission de l’Église », déclare à l’Agence Fides le père Nayagam Roy Clarence, prêtre du diocèse de Kandy et directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires du Sri Lanka, à l’Agence Fides, en évoquant un conflit qui, pendant 26 ans , a secoué la nation et dont les lourdes conséquences sociales et politiques se font encore sentir aujourd’hui. « Tant les Tamouls que les Cinghalais – souligne le père Clarence – ont profondément souffert pendant le conflit. Aujourd’hui encore, il existe des communautés marquées par la douleur, des veuves, des familles qui ont perdu des êtres chers, des personnes qui attendent la restitution intégrale de leurs terres et une solution politique stable. Dans ce contexte délicat et marqué par la souffrance, l’Église continue d’être un lieu de rencontre, de dialogue et de réconciliation ».<br />« Au sein de la communauté catholique – observe le directeur national des OPM –, Tamouls et Cinghalais cohabitent. C’est pourquoi l’Église a joué et continue de jouer un rôle fondamental dans la construction de la paix, en accompagnant les personnes sur le chemin de la guérison des traumatismes de la guerre. »<br />Des organisations telles que Caritas Sri Lanka, les Œuvres Pontificales Missionnaires et de nombreuses congrégations religieuses ont mis en place des programmes de dialogue, de soutien et de réconciliation. « Le pardon et la reconstruction des relations sont devenus un élément essentiel de notre témoignage chrétien », explique-t-il.<br />Pendant la guerre, raconte-t-il, il existait une sorte de mur entre le Nord et le Sud du pays, qui empêchait les gens de se rencontrer. « Après le conflit, la liberté de circulation a favorisé de nouvelles relations et une meilleure compréhension mutuelle », se souvient le père Clarence en évoquant son expérience personnelle : « J’étais séminariste lorsque la guerre a pris fin. Les séminaristes originaires des diocèses du Nord ont enfin pu se rendre dans le Sud, et inversement. C’est ainsi que nous avons pris directement conscience de la douleur des autres et compris les souffrances endurées par tant de familles. De cette prise de conscience sont nés le pardon et la guérison des relations. Beaucoup de jeunes cinghalais disaient : « Les Tamouls ne sont pas comme nous les avions imaginés ». Et les jeunes Tamouls affirmaient la même chose à propos des Cinghalais ».<br />« Aujourd’hui, en tant que Sri-Lankais, un seul peuple, – ajoute-t-il – nous continuons à tirer les leçons de notre histoire et de nos erreurs. Nous voulons construire une nation pacifique, fondée sur la coexistence harmonieuse et le respect mutuel ».<br />Dix ans après la fin de la guerre civile, une autre blessure profonde a déchiré le Sri Lanka : celle des attentats de Pâques du 21 avril 2019 : « L’Église a toujours réclamé transparence et justice », affirme le prêtre. « Le Cardinal Malcolm Ranjith, Archevêque de Colombo, ainsi que tous les Évêques du pays, ont abordé cette question avec une grande détermination. Nous continuons à demander que toute la vérité soit révélée ». Selon le père Clarence, après les attentats, le risque d’une spirale de violence était très élevé. « Les responsables de l’Église – rappelle-t-il – se sont personnellement exposés pour éviter toute forme de vengeance. Ils ont appelé la population au calme et sont devenus des instruments et des symboles de paix. Un engagement interreligieux important s’est développé, impliquant des dirigeants musulmans, bouddhistes, hindous et des représentants d’autres confessions chrétiennes. »<br />« Aujourd’hui, l’attention et la volonté de poursuivre la recherche de la vérité et de la justice restent très vives. De nouvelles enquêtes sont actuellement en cours et nous espérons qu’elles aboutiront à des résultats concrets. Les victimes étaient des personnes innocentes : des enfants, des jeunes, des familles entières touchées alors qu’elles participaient aux célébrations de Pâques. Elles ont droit à la vérité et à la justice. La nation tout entière attend la conclusion des enquêtes ».<br /><br />Ces dernières années, le Sri Lanka a également été confronté à une grave crise économique et, en novembre 2025, au cyclone dévastateur Ditwah, qui a durement frappé le pays, en particulier la région centrale et le diocèse de Kandy, dont le père Clarence est originaire : « De nombreuses familles ont tout perdu, rapporte-t-il, et elles reconstruisent leur vie à partir de zéro. La situation sociale reste difficile : les gens luttent quotidiennement pour subvenir à leurs besoins. Par rapport à il y a trois ans, on constate une lente amélioration, mais le chemin à parcourir est encore long. Le nouveau gouvernement dirigé par le président Anura Kumara Dissanayake s’efforce de s’attaquer aux problèmes, mais les défis restent nombreux et, dans cette phase de relance, l’Église est toujours aux côtés de la population ». Pendant les années de crise économique, l’Église a apporté une aide matérielle, mais surtout un soutien psychologique et spirituel : « Nous avons offert des biens de première nécessité, tout en écoutant et en réconfortant les gens. Ainsi, beaucoup de personnes ne se sont pas senties abandonnées », dit-il.<br /><br /> Mgr Clarence note : « Malgré toutes ces épreuves et ces difficultés, la flamme de la foi ne s’est jamais éteinte. L’Église souhaite continuer à être un signe d’espoir et un instrument d’unité pour le bien de tout le peuple sri-lankais ». Cette « flamme », souligne le directeur national, a des racines anciennes et une histoire chrétienne riche en témoignages de foi et de résilience, qui sert d’inspiration pour le présent : « Bien que l’on pense généralement que le christianisme soit arrivé avec les Portugais au début du XVIe siècle, certaines découvertes archéologiques, comme une croix nestorienne, attestent d’une présence chrétienne antérieure. Avec l’arrivée des Portugais, la foi a connu un fort élan missionnaire, mais elle a également traversé des périodes difficiles. Pendant la domination néerlandaise qui a suivi, à partir du milieu du XVIIe siècle, le catholicisme a été interdit, les prêtres expulsés et le pays est resté près de trente ans sans sacrements ». Les autorités calvinistes de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ont en effet fortement restreint le catholicisme, favorisant l’Église réformée néerlandaise. « Pourtant, le peuple n’a jamais abandonné la foi : ce sont surtout les laïcs qui l’ont maintenue vivante. L’arrivée de saint Joseph Vaz , le « deuxième fondateur » de l’Église catholique au Sri Lanka, venu de Goa, en Inde, avec un seul assistant, a marqué un tournant décisif. Grâce à son courage et à celui des prêtres qui l’ont suivi, la communauté catholique a connu une renaissance. » « En tirant les leçons de cette histoire de la Providence que le Seigneur a accomplie avec nous, nous savons que Dieu ne nous abandonne pas et nous avançons avec foi et espérance », dit-il.<br /> <br />Le directeur national des OPM envisage l'avenir de son pays avec confiance : « Le Sri Lanka est une petite île magnifique. Notre peuple est pacifique et accueillant. Nous espérons qu'en restant unis et solidaires les uns envers les autres, nous pourrons continuer à vivre dans la paix et la prospérité. »<br /><br />Thu, 18 Jun 2026 10:54:22 +0200Père Camerlengo : Le don d’Osório, assassiné par des malfaiteurs, devient une grainehttps://fides.org/fr/news/77817-Pere_Camerlengo_Le_don_d_Osorio_assassine_par_des_malfaiteurs_devient_une_grainehttps://fides.org/fr/news/77817-Pere_Camerlengo_Le_don_d_Osorio_assassine_par_des_malfaiteurs_devient_une_grainedu père Stefano Camerlengo*<br /><br />Dianra - J’ai connu personnellement Osorio au séminaire théologique des Missionnaires de la Consolata à Kinshasa, où il arrivait de notre Noviciat du Mozambique. La première impression fut celle d’un jeune plein de vie et de joie, désireux de faire le bien et de bien le faire. Il avait une grande capacité à créer des relations, caractéristique qui l’a accompagné toute sa vie. Partout où il est allé, il a construit des ponts, créé de la communion, ouvert des chemins.<br />Je me souviens lorsqu’il fut contraint de rester plusieurs années en Italie pour des soins médicaux, après un grave accident de la route qu’il avait subi avec d’autres missionnaires au Congo et qui l’avait paralysé, le clouant au lit et l’obligeant à des soins intensifs très douloureux. Tout cela, il l’a vécu dans la joie et la gratitude envers ceux qui se dévouaient pour lui. Connaissant et appréciant sa nature bonne et accueillante, cela me fait encore plus souffrir de penser à la manière dont il est mort. Lui, l’homme du dialogue, de la rencontre, de la joie d’être ensemble, a été tué chez lui.<br />Sa mort triste et douloureuse est une semence, un amour qui embrasse tous et tout et abat toute barrière. Un amour qui nous encourage à donner notre vie par fidélité à l’Évangile et qui m’incite aujourd’hui à partager quelques réflexions avec ceux qui me liront.<br /><br />La lutte contre le mal<br /><br />Ce qui est arrivé à Monseigneur Osorio n’a pas d’explication ni de justification ; c’est la force du mal qui s’impose et fait ses victimes. Face à cela se révèlent l’impuissance de l’homme et la condition tragique de son existence. Tragique est le fait de ne pas pouvoir faire le bien que nous voudrions et de ne pas réussir à empêcher le mal.<br /><br />L’apôtre Paul a décrit avec force la condition tragique de l’être humain confronté au mal dans le chapitre 7 de la Lettre aux Romains : c’est la condition du « moi », impuissant face au bien qu’il ne fait pas et au mal qu’il fait. Pour Paul, c’est cette impuissance que le Fils de Dieu a faite sienne, par la force d’un amour sans mesure, grâce auquel le tragique est accueilli dans les abîmes de la divinité. C’est la révélation bouleversante selon laquelle Dieu « n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous » , construite sur le modèle du sacrifice qu’Abraham s’apprêtait à faire de son fils bien-aimé Isaac . Projeté jusque dans les profondeurs de Dieu, le tragique est habité par son Esprit, dont les gémissements, décrits dans la Lettre aux Romains, signalent la distance entre le mal présent et le bien promis, entre l’expérience et l’attente. Le tragique en Dieu devient ainsi la véritable révélation de ce que nous sommes : c’est seulement grâce à cette révélation qu’il est possible de percevoir toute la tragicité de la contingence du monde.<br /><br />Ainsi, la rédemption devient possible : si Dieu habite l’impuissance, celle-ci est rachetée. Seule l’infinie compassion rachète la scène de ce monde qui passe, sans en affaiblir la contingence, mais au contraire en l’exaltant dans sa dignité, parce qu’elle est assumée par le Rédempteur.<br /><br />Une lecture attentive de la Lettre aux Romains montre que le message chrétien est tout sauf la destruction du tragique par un moralisme facile ; il est plutôt l’évolution du tragique dans la condition même de ceux qui expérimentent la faiblesse et la souffrance, tout en ayant été justifiés par leur adhésion au Christ. Le tragique chrétien implique non seulement le Fils, mais aussi Dieu qui ne l’a pas épargné pour nous, et l’Esprit qui partage notre gémissement et celui de toute la création.<br /><br />Seul un Dieu qui habite la tragédie y apporte la Bonne Nouvelle de la grâce : seul le Dieu fait homme, qui porte le poids du mal qui dévaste la terre, peut nous libérer et libérer le monde. Le mal a été assumé en Dieu, le seul qui pouvait ainsi le vaincre. Voilà ce que dit la Lettre aux Romains, d’une brûlante actualité face à notre présent et à sa condition de naufrage, qui ne cherche pas de sauveurs faciles, mais une proximité autre et profonde capable de redonner sens au chemin commun. C’est Paul qui nous dit qu’en Christ, Dieu s’est fait compagnon de la douleur humaine et fondement d’une espérance possible : c’est dans cette « folie » que réside son message.<br /><br />Dans le paradoxe de cet « Évangile tragique » se trouve toute son actualité provocante : c’est là que l’espérance chrétienne se montre pour ce qu’elle est, non pas une évasion consolatrice, mais une anticipation active de l’avenir entré dans ce monde dans le Fils, qui a habité notre douleur, le mal qui nous blesse et la mort. L’expérience et la reconnaissance de ce « mal radical » nous appellent à un bien plus grand, qui ne peut venir seulement de la chair et du sang, mais d’ailleurs.<br /><br />Du mal, seul Dieu peut nous sauver : non pas n’importe quel dieu, mais celui qui a habité notre condition tragique et l’a faite sienne pour la vaincre à notre place et pour nous. Le Dieu de la charité infinie : le Dieu de Jésus-Christ. Et le don d’Osorio devient une semence pour vaincre le mal par le bien.<br /><br />Osorio, martyr de la justice<br /><br />Les très tristes événements qui ont conduit à l’assassinat brutal de notre Osorio font penser à un témoignage plein et authentique, à un martyre de la justice. Pour un chrétien, Jésus-Christ est le témoin fidèle et véritable, et ses disciples sont ses témoins. Les martyrs sont, selon l’étymologie du terme, des témoins, les témoins par excellence, au point qu’en eux le témoignage trouve son accomplissement.<br /><br />Les martyrs sont des avertisseurs dérangeants, ils manifestent des traits d’une fermeté déconcertante qui, dans la société actuelle, provoquent chez beaucoup un malaise étrange. Osorio disait qu’on ne peut pas se taire face aux injustices, face au mal. Pour les premiers chrétiens, les martyrs avaient une union très étroite avec le Christ ; ils étaient l’accomplissement non seulement de son amour parfait, mais aussi de sa mort sanglante sur la croix.<br />Quelques considérations :<br />La confession de foi et l’engagement pour la réalisation du Royaume de Dieu ne peuvent être considérés comme deux réalités distinctes. Pour les premières communautés chrétiennes, le témoignage n’était pas une affaire exclusivement privée, mais exigeait une confession publique, avec des répercussions évidentes aussi d’ordre politique dans la vie publique des fidèles, en net contraste avec la conception totalitaire du culte impérial romain. En face de ce culte, les chrétiens revendiquaient que Dieu, et Dieu seul, a droit à l’obéissance des hommes. Tout cela s’entrecroisait avec l’annonce du Royaume de Dieu et de sa justice et le Discours sur la montagne, avec ses appels à l’engagement pour la justice, qui pouvait conduire jusqu’au martyre, à la persécution et à la mort, comme Jésus lui-même l’avait annoncé et incarné. <br /><br />L’engagement pour la réalisation du Royaume de Dieu, après la confession de la foi en la création, doit être vu comme la seconde motivation fondamentale de la conception théologique du martyre. Les persécutés à cause de la justice peuvent donc légitimement être appelés martyrs au sens propre et « témoins qualifiés du Christ ». Il faut tenir dans la plus haute considération le lien entre amour de Dieu et amour du prochain, tel qu’il ressort de tous les textes du Nouveau Testament, sans exception : pour le Christ ne souffre pas seulement celui qui est éprouvé pour la foi en lui, mais aussi celui qui, par amour du Christ, souffre pour toute œuvre de justice, comme notre cher Osorio.<br /><br />La douleur de la mère<br /><br />En pensant à la fin tragique d’Osorio, comment ne pas penser à sa mère qui, après l’immense joie de le voir évêque, le retrouve tué par des malfaiteurs ? Tout comme la mère de Jésus, avec son fils cloué sur la croix… Comment ne pas imaginer — la tradition populaire nous en parle — la marche de la Vierge Marie aux côtés de son Fils vers le Calvaire ? Étrangement, les Évangiles ne disent rien de ce chemin ; pas même un soupir, un pleur, un cri. Pourtant, nous la trouvons au pied de la croix. Marie n’ouvre pas la bouche, ne dit pas un mot. Nous pouvons imaginer ses paroles : elles furent certainement pleines d’amour, comme seules les mères savent en prononcer, comme le Fils le lui a appris.<br /><br />Dans cette perspective se situe le sens de la mort dans la vie du missionnaire : où par mort on entend aussi la douleur et la croix, l’épreuve et la tribulation, l’immolation et le sacrifice. Oui, il s’agit de l’une des idées fondamentales, constitutives même, de l’apostolat en général et de l’apostolat missionnaire en particulier. Le missionnaire donne et engage toute sa vie, la mettant totalement à disposition des plus démunis, ou bien il n’est pas missionnaire.<br /><br />L’apôtre est, par nature, une personne immolée et sacrifiée de la manière la plus radicale et totale. Saint Paul, qui se présente comme l’apôtre idéal, utilise un langage impressionnant et d’une grande efficacité. Selon lui, l’apôtre est un homme voué à la mort, comme une brebis destinée à l’abattoir : persécuté et abandonné de tous, il doit affronter fatigues et tribulations de toute sorte.<br /><br />Paul souffre pour ses enfants comme une mère et, comme une mère, il les engendre dans la douleur, les protège et les réchauffe sur son sein ; comme une mère, il est dans l’angoisse et se consume ; comme une mère, il a l’honneur et la joie suprêmes de communiquer la vie par sa mort.<br /><br />Cette image splendide est aussi utilisée par Jésus, qui a dit : « La femme, lorsqu’elle enfante, est dans la douleur, mais quand elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’un homme est venu au monde. »<br /><br />L’image de la mère qui souffre en évoque une autre, fondamentale : celle d’Abraham, notre père dans la foi, qui conduit son fils Isaac, « son fils unique qu’il aimait », sur le mont Moria pour l’offrir à Dieu. La mère du missionnaire aussi sacrifie, immole son fils au Christ et à ses frères les plus nécessiteux. Elle imite le geste héroïque d’Abraham, qui, tout en pleurant et en souffrant, obéit avec courage à la parole de Dieu qui met sa foi à l’épreuve.<br /><br />Il s’agit d’une seconde génération, d’une autre fécondité, qui coûtent nécessairement larmes et sang, selon la loi de toute génération : « tu enfanteras dans la douleur ». Et si grande est la douleur de la mère qui engendre selon la chair, combien plus grande doit être celle de la mère qui engendre son fils à l’apostolat. Mais plus grande encore sera sa joie. Douleur, joie et apostolat forment un trinôme indissociable.<br /><br />C’est la loi voulue par Dieu et scellée par la vie et l’enseignement de Jésus, qui est mort sur la croix pour nous et nous a dit : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. » Sans la mort du grain, l’épi et le pain qui nourrit sont impossibles. Refuser cette loi du sacrifice, c’est choisir la stérilité.<br /><br />Comme la mère, le missionnaire doit devenir bon pain rompu et bon vin versé, à l’image du Christ dans l’Eucharistie. Comme la mère, l’apôtre doit vivre ce qui se réalise sur l’autel : se faire quotidiennement pain rompu et vin versé. Dans cette immolation quotidienne, il trouvera sa joie et le fruit de son apostolat.<br />On ne peut ne pas penser aux paroles de la mère de saint Jean Bosco : « Souviens-toi, mon fils, qu’être prêtre, c’est souffrir. »<br /><br />En conclusion de ces réflexions, nous pouvons dire que notre Osorio a lutté et donné sa vie pour cela. La différence, c’est celui qui lutte, qui enseigne à lutter, qui s’offre et qui souffre. La différence, c’est celui qui persévère. Celui qui ne fuit pas la douleur et qui continue à rêver. Celui qui ne cherche pas à vivre pour toujours, mais à vivre pleinement. Celui qui ne tait pas la joie et qui embrasse plus fort encore. La différence appartient à ceux qui agissent plutôt qu’à ceux qui parlent, à ceux qui prennent des risques, qui restent, qui aiment.<br />Et lui, en donnant sa vie pour la cause de la justice et du Christ, a aimé en demeurant une semence qui porte des fruits abondants.<br /><br /> <br /><br />*Missionnaire de la ConsolataThu, 18 Jun 2026 09:29:59 +0200EUROPE/ESPAGNE - Les Canaries, « une frontière qui devient un pont » : la réflexion du délégué de Caritas Tenerife après la visite de Léon XIVhttps://fides.org/fr/news/77816-EUROPE_ESPAGNE_Les_Canaries_une_frontiere_qui_devient_un_pont_la_reflexion_du_delegue_de_Caritas_Tenerife_apres_la_visite_de_Leon_XIVhttps://fides.org/fr/news/77816-EUROPE_ESPAGNE_Les_Canaries_une_frontiere_qui_devient_un_pont_la_reflexion_du_delegue_de_Caritas_Tenerife_apres_la_visite_de_Leon_XIVSanta Cruz de Tenerife – La visite du Pape Léon XIV aux îles Canaries a profondément marqué l’Église locale et a renforcé le rôle de l’archipel en tant que lieu d’accueil et de rencontre entre les continents. C’est ce que souligne Juan Pedro Rivero González, délégué diocésain de Caritas Tenerife, dans une réflexion partagée avec l’Agence Fides à l’issue du voyage apostolique du Souverain Pontife en Espagne.<br /><br />Selon Rivero González, la présence de Léon XIV aux Canaries a pris une dimension qui dépasse le cadre local et va au-delà d’une signification purement pastorale. « Pour ceux qui vivent sur ces îles, habituées à se tourner à la fois vers l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, ses paroles ont résonné comme la confirmation d’une vocation qui fait partie de notre identité même : être une terre d’accueil, de rencontre et de passage », affirme Rivero González.<br />Le délégué diocésain souligne que la présence du Pape a attiré l’attention sur la réalité migratoire vécue par l’archipel, l’une des principales portes d’entrée en Europe pour des milliers de personnes en provenance d’Afrique. Selon Rivero González, «le Saint-Père n’est pas venu simplement pour observer une situation sociale complexe. Il a voulu être présent précisément là où la dignité humaine est mise à l’épreuve».<br /><br />Évoquant les rencontres que Léon XIV a eues avec les migrants à Grande Canarie et à Ténérife, Rivero González souligne que « ses paroles adressées à ceux qui risquent leur vie en traversant l’Atlantique à la recherche d’un avenir meilleur ont rappelé à toute l’Église que derrière chaque chiffre se cache un visage, une histoire et un espoir ». Dans ce contexte, ajoute-t-il, « lorsqu’il a affirmé vouloir s’incliner devant la dignité des migrants, il a remis au cœur du débat une vérité essentielle de l’Évangile : la personne humaine vaut plus que n’importe quelle frontière, n’importe quel intérêt ou n’importe quel calcul politique ».<br />« Cependant – poursuit-il dans sa réflexion –, le message du Pape ne s’est pas limité à un appel à la solidarité. C’était aussi une invitation à la conversion pastorale. Ces derniers jours, les Canaries ont pu constater que la mission commence par l’écoute. L’écoute de la souffrance, des questions, des peurs et des espoirs de ceux qui débarquent sur nos côtes. Une Église qui sait écouter est une Église capable d’annoncer avec crédibilité l’espérance chrétienne », ajoute le délégué de Caritas.<br /><br />Selon lui, l’un des enseignements les plus profonds tirés de la visite du Souverain Pontife est « la prise de conscience que les périphéries ne sont pas seulement des lieux géographiques. Ce sont des espaces humains où quelqu’un attend d’être reconnu, accompagné et aimé ». C’est pourquoi, observe-t-il, « les îles, situées à l’extrême ouest de l’Europe, sont devenues pendant quelques jours un symbole de la mission universelle de l’Église. Depuis cette frontière atlantique, Léon XIV nous a rappelé que l’Évangile pousse toujours vers la rencontre et qu’aucune communauté chrétienne ne peut se refermer sur elle-même ».<br /><br />À la fin de sa visite à Ténérife, se souvient encore Rivero González, le Pape a invité chacun à « lever les yeux », une expression qui, selon lui, résume bien la signification de ces journées pour l’Église des Canaries. « Regarder au-delà de nos problèmes immédiats, au-delà de nos certitudes et même au-delà de nos frontières. Regarder notre frère, regarder le monde avec espérance et regarder le Christ, qui continue de venir à notre rencontre à travers les plus vulnérables. Pour l’Église des Canaries, ce sera probablement l’héritage le plus durable de ces journées vraiment inoubliables ».<br /> Thu, 18 Jun 2026 09:20:01 +0200AFRIQUE/ZIMBABWE - Diamants et pauvreté : à Chiadzwa, la production augmente, mais les communautés locales restent en margehttps://fides.org/fr/news/77814-AFRIQUE_ZIMBABWE_Diamants_et_pauvrete_a_Chiadzwa_la_production_augmente_mais_les_communautes_locales_restent_en_margehttps://fides.org/fr/news/77814-AFRIQUE_ZIMBABWE_Diamants_et_pauvrete_a_Chiadzwa_la_production_augmente_mais_les_communautes_locales_restent_en_margeHarare - Une augmentation de la production, qui passerait de 3,8 millions de carats en 2025 à 5 millions en 2026. C'est ce qu'a annoncé la Zimbabwe Consolidated Diamond Company concernant le site d'extraction de Chiadzwa, dans le district de Mutare, dans la province de Manicaland, à l'est du Zimbabwe.<br /><br />Malgré le ralentissement du marché mondial des diamants et la concurrence croissante des gemmes synthétiques, la direction de la ZCDC poursuit l’extension de l’usine de traitement de la zone 3 de Chiadzwa. La section dédiée à la récupération des diamants devrait être achevée d’ici le 30 août 2026. L’objectif est d’accroître l’efficacité et la capacité de production du site.<br /><br />Les activités minières de Chiadzwa sont depuis des années au cœur de controverses opposant, d'un côté, la ZCDC et certains mineurs artisanaux, et, de l'autre, les agriculteurs et les communautés locales.<br /><br />Les habitants de Chiadzwa continuent en effet de vivre dans la pauvreté malgré les importants gisements de diamants, exploités par l'industrie minière depuis près de vingt ans. Les routes sont toujours dans un état de grave dégradation et les infrastructures, notamment sanitaires et éducatives, restent précaires. La population a par ailleurs subi des expulsions forcées, tandis que des mineurs industriels et artisanaux se sont approprié des terres communautaires avec le soutien des forces de sécurité de l’État. Le bétail est lui aussi exposé à des risques importants : il peut tomber dans les fosses laissées à ciel ouvert ou être contaminé par les rejets et les déchets issus des activités minières. L'exploitation minière intensive a par ailleurs compromis la fertilité des sols et alimenté la concurrence entre agriculteurs et mineurs pour l'accès aux ressources en eau.<br /><br />Le cas de Chiadzwa a été abordé lors de la Conférence nationale sur le dialogue et la médiation dans les zones touchées par l'exploitation minière, qui s'est tenue à Harare les 3 et 4 juin. Cette initiative a été organisée par le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar , en collaboration avec la Réunion interrégionale des Évêques d'Afrique australe et la Conférence des Évêques catholiques du Zimbabwe .<br /><br />La déclaration finale de la conférence souligne que « malgré d'énormes richesses minières, les communautés vivant dans les zones touchées par les activités minières continuent de vivre dans la pauvreté, tandis que bon nombre des promesses faites par les investisseurs n'ont pas été tenues ».<br /><br />Pour faire face à cette situation, les participants ont recommandé l'adoption de mesures concrètes visant à garantir une plus grande transparence dans les activités minières et dans la gestion des bénéfices qui en découlent ; à favoriser la participation des communautés locales aux processus décisionnels et de suivi des entreprises extractives ; à renforcer les mécanismes de prévention et de résolution des conflits ; et à garantir le respect des réglementations environnementales et du travail, en accordant une attention particulière à la lutte contre le travail des enfants. <br />Wed, 17 Jun 2026 13:06:40 +0200ASIE/PHILIPPINES - Les répliques incessantes entravent l'acheminement de l'aide aux populations touchées par le séismehttps://fides.org/fr/news/77813-ASIE_PHILIPPINES_Les_repliques_incessantes_entravent_l_acheminement_de_l_aide_aux_populations_touchees_par_le_seismehttps://fides.org/fr/news/77813-ASIE_PHILIPPINES_Les_repliques_incessantes_entravent_l_acheminement_de_l_aide_aux_populations_touchees_par_le_seismeMindanao – Des centaines de répliques continuent de se succéder après le séisme de magnitude 7,8 enregistré le 8 juin dernier sur l’île méridionale de Mindanao . Il s’agit plus précisément de séismes de moindre ampleur enregistrés le 15 juin dernier qui, heureusement, n’ont pas aggravé la situation déjà très précaire des populations touchées. Le bilan des victimes reste encore provisoire ; de nombreuses personnes sont toujours portées disparues, et les infrastructures ont subi de graves dommages, ce qui entraîne des problèmes d’accès aux zones sinistrées.<br /> <br />Parmi les actions menées en faveur des populations, Camillian Disaster Service International, l’organisation humanitaire de l’Ordre des Ministres des Malades , met en place une opération de secours en faveur des survivants. Selon les informations fournies par les Camilliens, les populations autochtones vulnérables, les communautés moros, les pêcheurs et les familles d’agriculteurs ruraux sont les plus touchés.<br /><br />Le bilan fourni par CADIS fait état, au 11 juin 2026, d’un impact humanitaire dévastateur qui ne cesse de s’aggraver. On dénombre 61 morts, 688 blessés, 40 disparus, 75 324 familles touchées et 12 641 habitations endommagées . Des milliers de familles sont toujours déplacées ; elles dorment à la belle étoile, dans des abris de fortune ou dans des centres d’évacuation surpeuplés. Ces déplacements sont dus à la crainte d’effondrements structurels, provoqués précisément par les répliques sismiques, dont une de magnitude 5,9 enregistrée le 10 juin. Les estimations préliminaires font état de structures essentielles endommagées, telles que des hôpitaux et des écoles, des routes, des ponts, des réseaux de communication et des lignes électriques. De plus, les coupures de communication répétées et les routes impraticables font que plusieurs « barangays » situés sur la côte et à l’intérieur des terres restent isolés, ce qui retarde l’acheminement de l’aide d’urgence et l’évaluation complète des dégâts. Des milliers de familles attendent toujours de l’aide.<br /><br />L’organisation humanitaire des missionnaires camilliens est dirigée par la section de Mindanao de la CTF Philippines, en collaboration avec d’autres organismes d’intervention locaux tels que le Consortium for People’s Development Disaster Response et la Sisters Association of Mindanao . À l’issue d’une évaluation rapide, Cadis International souligne le besoin urgent de biens de première nécessité, notamment du riz, des colis alimentaires et de l’eau potable. Des abris d’urgence, des bâches, des feuilles de plastique, des matériaux de construction, des couvertures et des matelas. Des trousses de premiers secours, des médicaments essentiels et des kits d’hygiène. Un soutien psychosocial, en particulier pour les enfants et les familles déplacées. Les organisations communautaires locales ont déjà lancé des opérations de secours, malgré des ressources extrêmement limitées.<br /> <br />Les Philippines ont une longue et dramatique histoire sismique. Le pays se trouve en effet le long de la Ceinture de feu du Pacifique, l’une des zones les plus actives de la planète. Ces dernières années, il a été frappé par plusieurs séismes importants : le 30 septembre 2025, un fort séisme de magnitude 6,9 a détruit ou endommagé de nombreux bâtiments à l’extrémité nord de l’île de Cebu ; en 2019, une série de secousses dévastatrices sur l’île de Mindanao a causé d’énormes dégâts ; en 2013, le séisme de Bohol, d’une magnitude de 7,2, a détruit des églises historiques et fait plus de 200 victimes . En 1976, un violent séisme a provoqué un tsunami catastrophique qui a coûté la vie à des milliers de personnes.<br /><br /> <br />Wed, 17 Jun 2026 13:00:48 +0200ASIE/LAOS - « Malgré le manque de ressources, la créativité de l’Église au Laos, qui vit l’essentiel de la foi » : le témoignage du père Figaredohttps://fides.org/fr/news/77811-ASIE_LAOS_Malgre_le_manque_de_ressources_la_creativite_de_l_Eglise_au_Laos_qui_vit_l_essentiel_de_la_foi_le_temoignage_du_pere_Figaredohttps://fides.org/fr/news/77811-ASIE_LAOS_Malgre_le_manque_de_ressources_la_creativite_de_l_Eglise_au_Laos_qui_vit_l_essentiel_de_la_foi_le_temoignage_du_pere_Figaredopar Paolo Affatato<br /><br />Vientiane – L’Église catholique au Laos traverse actuellement une phase de transition délicate mais prometteuse, marquée par le « passage de relais » entre la génération des pasteurs qui ont guidé la communauté ecclésiale au cours des décennies les plus difficiles et une nouvelle génération d’Évêques, de prêtres et de laïcs, appelée à en reprendre l’héritage. C’est ce que rapporte à l’Agence Fides le jésuite espagnol, le père Énrique Figaredo Alvargonzález SJ, Préfet Apostolique de Battambang, au Cambodge, et président de la Conférence épiscopale du Laos et du Cambodge . La communauté catholique du Laos compte environ 50 000 fidèles – moins de 1 % de la population nationale – répartis dans les quatre vicariats apostoliques du pays. L’Église locale est desservie, dans l’ensemble, par une cinquantaine de prêtres, trois Évêques, de nombreux catéchistes et religieuses, qui assurent la vie pastorale de communautés souvent dispersées dans des zones reculées du territoire.<br /><br />« Au Laos, nous vivons actuellement une phase de transition vers une nouvelle génération », observe le père Figaredo à Fides. « Au sein de l’Église aussi, il y a une nouvelle génération d’Évêques et de prêtres. Les plus âgés, comme le Cardinal Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun, ne sont plus en mesure d’exercer pleinement leur ministère. Un nouveau chapitre s’ouvre donc, sous le signe de l’espoir », note-t-il.<br />Selon le missionnaire jésuite, la génération précédente, qui avait grandi avant le régime communiste, avait eu la possibilité de se former à l’étranger, d’établir des contacts et d’enrichir son patrimoine spirituel grâce aux échanges avec les Églises d’autres continents, grâce à l’apport des missionnaires. Entre fin 1975 et 1976, après la prise du pouvoir par le mouvement communiste Pathet Lao et la proclamation de la République démocratique populaire du Laos, le régime communiste a fermé le pays et expulsé les missionnaires étrangers. Aujourd’hui, en général, le personnel ecclésiastique est issu du milieu local et dispose de moins d’opportunités de formation et d’apprentissage des langues que par le passé, même si certains nouveaux Évêques, comme Mgr Andrew Souksavath Nouane Asa, formé au Canada, et Mgr Anthony Adoun Hongsaphong, qui a vécu en Suisse, ont pu étudier et acquérir de l’expérience à l’étranger. « La nouvelle génération – explique le président de la CELAC – ne dispose pas de la même richesse d’expériences humaines, spirituelles, pastorales et culturelles que celle qui existait lorsque les missionnaires étaient présents. Cependant, c’est précisément dans la pauvreté des ressources qu’émerge une grande créativité. » L'une des caractéristiques les plus marquantes de l'Église laotienne est en effet le rôle central joué par les laïcs. « Les Évêques ont une grande confiance dans les laïcs et leur confient de nombreuses responsabilités. Ce sont souvent les laïcs qui organisent les paroisses, accompagnent les communautés et collaborent à l'œuvre de formation dans les petits séminaires. Leur implication est fondamentale. » Parmi les initiatives les plus marquantes figure celle lancée par Mgr Andrew Souksavath, qui a envoyé de nombreux jeunes aux Philippines pour participer à des programmes de formation au leadership. « C’est un exemple concret de créativité pastorale », note le président de la CELAC. « On investit dans la formation et la participation. Cependant, le problème de la pauvreté demeure : de nombreux jeunes qui reçoivent une formation grâce à l’Église finissent par émigrer en Thaïlande à la recherche d’un emploi. » La migration continue en effet de représenter l’un des principaux défis pour le pays. L’économie laotienne repose principalement sur l’agriculture et sur un tourisme en croissance progressive. Ces dernières années, d’importants investissements étrangers ont afflué, notamment en provenance de Chine, mais les bénéfices ne profitent pas toujours aux communautés locales. « On parle de modernisation et de développement, mais tout reste étroitement contrôlé par le gouvernement et il n’y a pas de liberté totale », observe le père Figaredo. « Malgré cela, l’Église parvient à évoluer dans ce cadre avec prudence et sagesse ».<br /><br />La vie ecclésiale continue, en effet, de se dérouler avec discrétion et persévérance : « Les Évêques et les prêtres administrent les sacrements, accompagnent les fidèles et maintiennent vivante la foi au sein des petites communautés. Ils doivent sans cesse présenter des rapports aux autorités gouvernementales et faire face à de nombreuses formalités administratives. C’est fatigant, mais ils le font avec patience ». Selon le missionnaire, ce qui frappe le plus, c’est la sérénité des fidèles. « Les catholiques laotiens ont la paix dans le cœur. Ils vivent leur foi avec joie, malgré les difficultés. Ils ont une foi profonde et restent fidèles au Christ et à sa mission. »<br />Cette vitalité transparaît également dans l’œuvre d’évangélisation. La pastorale se poursuit à travers des visites dans les villages les plus reculés, où les catholiques sont souvent dispersés en petites communautés. Les prêtres et les Évêques ne parviennent pas toujours à les rejoindre, c’est pourquoi de nombreuses tâches sont confiées aux laïcs. « Il n’est pas facile d’entrer dans les villages », raconte Figaredo. « Il faut en informer les autorités au préalable et, souvent, les fonctionnaires demandent des explications sur les activités menées. » Malgré cela, les baptêmes d’enfants et d’adultes se poursuivent et les conversions ne manquent pas, touchant des familles entières, voire des villages entiers issus de traditions animistes. Le père Figaredo évoque en particulier l’engagement de Mgr Jean Khamsé Vithavong , évêque catholique appartenant à la congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée qui, jusqu’aux derniers jours de sa vie, s’est consacré à accueillir de nouveaux baptisés et de nouvelles communautés au sein de l’Église. « La difficulté suivante réside dans l’enregistrement officiel des nouveaux catholiques. Le gouvernement autorise l’adhésion à l’Église, mais les procédures de reconnaissance sont longues et complexes. » <br /><br />L’ordination sacerdotale, en avril 2026, des deux premiers religieux rédemptoristes laotiens, le père Peter Gnantina Phiakeo et le père Philip Nouy Kamhou, a constitué un grand signe d’espérance pour l’Église au Laos : « Cela inspire confiance en l’avenir, car des vocations au sacerdoce issues du pays-même émergent et s’épanouissent », note-t-il. Les deux nouveaux prêtres ont suivi leur parcours de formation au Laos, en Thaïlande, aux Philippines et en Australie, grâce au soutien de la province rédemptoriste de Thaïlande. Ils « apportent donc une expérience internationale et une formation qui pourront aider l’Église locale à relever les défis futurs », souligne le jésuite.<br />Un encouragement important est également venu récemment de la rencontre avec le Pape Léon XIV, lors de la visite ad limina apostolorum effectuée par les Évêques du Laos et du Cambodge : « Les Évêques laotiens sont revenus très heureux. Ils ont pu partager avec le pape la réalité du Laos, qui est souvent difficile à décrire ouvertement en raison de sa complexité. »<br />En se tournant vers l'avenir, le président de la CELAC perçoit des signes positifs tant au sein de l'Église que dans la société. « L'Église au Laos continue d'avancer avec patience et à petits pas. Les choses évoluent et le temps joue en notre faveur. Une nouvelle génération émerge, qui participe de plus en plus activement à la vie ecclésiale et publique ». Sur le plan politique également, observe-t-il, certains jeunes membres du nouveau Parlement semblent orientés vers une plus grande ouverture au monde extérieur et vers une vision différente de celle du passé. « Nous nourrissons l’espoir d’un renouveau général, porté par les nouvelles générations ».<br /><br />Une attention particulière est accordée aux jeunes. Une délégation de jeunes originaires du Laos et du Cambodge participera aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Corée du Sud en 2027. Si les démarches administratives s’avèrent plus simples pour les jeunes cambodgiens, les Laotiens doivent quant à eux faire face à davantage de difficultés liées aux visas et aux frais de voyage. « Grâce au soutien des communautés coréennes et d’autres pays asiatiques, même un petit groupe de jeunes Laotiens pourra être présent », indique M. Figaredo. « Pour ceux qui resteront dans le pays, nous célébrerons les JMJ au niveau local. »<br />Dans la vie quotidienne de l’Église laotienne, conclut le missionnaire, la valeur de la vie chrétienne ordinaire ressort de plus en plus : « Les fidèles ne recherchent pas et ne font pas de choses extraordinaires. Ils souhaitent pouvoir assister à la messe, suivre le catéchisme, vivre en communauté. Ce sont les choses simples et essentielles qui comptent vraiment. L’Église au Laos nous enseigne et nous ramène à l’essentiel de la vie chrétienne ».<br />Sur ce chemin, le Laos et le Cambodge continuent de renforcer leurs liens ecclésiaux. « Il règne entre nos Églises un climat de fraternité et de coopération. Nous nous sentons proches les uns des autres. Dès que possible, nous nous rencontrons, nous passons du temps ensemble, nous dialoguons et nous partageons nos expériences. » C’est aussi de cette communion que l’Église du Laos puise la force de poursuivre son chemin, avec confiance et espérance. <br />Wed, 17 Jun 2026 12:55:00 +0200Les Chœurs des Universités Catholiques de la région Asie-Pacifique se sont réunis lors d'un colloque à Hong Konghttps://fides.org/fr/news/77812-Les_Choeurs_des_Universites_Catholiques_de_la_region_Asie_Pacifique_se_sont_reunis_lors_d_un_colloque_a_Hong_Konghttps://fides.org/fr/news/77812-Les_Choeurs_des_Universites_Catholiques_de_la_region_Asie_Pacifique_se_sont_reunis_lors_d_un_colloque_a_Hong_KongHong Kong - Plusieurs étudiants universitaires se sont réunis aujourd\hui à Hong Kong pour participer au premier Symposium choral des universités catholiques d’Asie-Pacifique de 2026.<br />Cet événement, d’une durée de cinq jours et intitulé « Harmonie dans la diversité », se tient du 17 au 21 juin à l’Université Saint-François de Hong Kong. Son objectif est de promouvoir l’excellence musicale, de favoriser le dialogue interculturel et de soutenir la formation à la foi des jeunes qui fréquentent les universités catholiques.<br /><br />Le Symposium, qui s'ouvrira par un concert liturgique à l'église Saint-André, proposera des ateliers, des masterclasses, des conférences, des répétitions et des représentations organisés sur le campus universitaire.<br /><br />La direction artistique du symposium – rapporte Radio Veritas Asia – est confiée à Ko Matsushita, compositeur japonais de renom, qui aidera des choristes venus de différents pays à préparer ensemble un spectacle collectif composé de chants sacrés et contemporains destinés aux chœurs de la région Asie-Pacifique. Le symposium s’achèvera par un concert public organisé à l’auditorium de la mairie de Tsuen Wan.<br /> <br />Parmi les choristes participant au Symposium figurent notamment ceux de l’Université Catholique Fu Jen, ainsi que certains choristes de l’université De La Salle et de l’Universidade Católica Timorese. Wed, 17 Jun 2026 11:36:09 +0200