Nairobi (Agence Fides) – Comment concilier sécurité intérieure et internationale, droits de l’homme et bien-être d’une communauté locale ?
Tels sont les thèmes débattus au Kenya après que la Grande-Bretagne eut annoncé son intention de transférer l’exercice prévu de la British Army Training Unit Kenya (BATUK) du comté de Laikipia, au Kenya, vers la Tanzanie voisine. Cette décision avait été prise à la suite du refus du gouvernement kényan d’accorder les autorisations nécessaires, ouvrant ainsi une nouvelle phase dans les relations entre Londres et Nairobi.
Le différend a désormais été résolu puisque, le 29 juillet, Nairobi et Londres ont annoncé que l’exercice se tiendrait comme prévu au Kenya en septembre.
Le transfert éventuel de l’exercice du Kenya vers la Tanzanie avait suscité des réactions mitigées parmi les Kényans.
Depuis des décennies, l’exercice BATUK constitue l’un des piliers de la coopération militaire entre les deux pays. Depuis leur base de Nanyuki, des milliers de soldats britanniques mènent chaque année des exercices en milieu africain aux côtés des Forces de défense du Kenya, dans le cadre d’un accord de défense remontant aux années qui ont suivi l’indépendance du Kenya.
Ces dernières années, cependant, la présence britannique a été de plus en plus contestée. Les autorités kényanes ont demandé une révision de l’accord bilatéral, réclamant davantage de pouvoirs pour poursuivre d’éventuels délits commis par le personnel militaire britannique sur le territoire national. Au cœur du débat se trouvent les demandes visant à renforcer la responsabilité juridique, alimentées notamment par des affaires qui ont suscité une vive indignation au sein de l’opinion publique, parmi lesquelles le meurtre, en 2012, de la jeune Agnes Wanjiru – une affaire dans laquelle un soldat britannique a été inculpé et attend une audience d’extradition – ainsi que d’autres accusations de violences et d’abus imputées à des militaires britanniques. Le retrait éventuel de l’armée britannique de la base risque toutefois d’avoir des répercussions économiques pour les communautés du comté de Laikipia, qui ont bénéficié au fil des ans des retombées économiques générées par la présence des militaires de Sa Majesté.
Ce n’est pas un hasard si l’ancien vice-président et chef du Democracy for the Citizens Party (DCP), Rigathi Gachagua, avait accusé l’administration du président William Ruto d’avoir provoqué le transfert des activités de la BATUK de Nyanyuki vers la Tanzanie. S'adressant aux fidèles de l'église catholique Sainte-Thérèse à Imenti, dans le comté de Meru, le dimanche 26 juillet, M. Gachagua a affirmé que le transfert de ce centre entraînerait l'effondrement de l'économie de Nyanyuki et des pertes d'emplois.
« Ce centre d'entraînement a été bénéfique pour le pays, notamment dans le cadre des programmes de formation militaire conjoints et de lutte contre le terrorisme. Elle a également fourni des opportunités d’emploi à 500 personnes à Nyanyuki », a déclaré M. Gachagua, ajoutant que la région risquait de subir de lourdes pertes suite au non-renouvellement de la licence. « L’armée britannique a apporté de nombreux avantages en matière d’approvisionnement, d’hébergement et de transports, contribuant ainsi à la croissance de Nyanyuki. »(LM) (Agence Fides 31/7/2026)