Archdiocese of Inphal
Imphal (Agence Fides) - La paix n'est pas au rendez-vous au Manipur. Selon des sources locales de Fides, l'État connaît une nouvelle escalade de l'instabilité et des manifestations visant à réclamer la libération de 14 otages Kuki et de 6 Naga, enlevés par des groupes armés, dans un contexte de chaos et de tensions sociales. Des barrages routiers et des manifestations sont en cours dans plusieurs zones et la circulation sur les autoroutes des districts montagneux a été interrompue.
La crise des otages entre les communautés Naga et Kuki-Zo en est à sa deuxième semaine et n'a toujours pas été résolue, malgré les négociations, les médiations des chefs religieux et les opérations des forces de sécurité.
La crise a débuté après l'embuscade tendue à un convoi de pasteurs baptistes et le meurtre de trois pasteurs, Vumthang Sitlhou, le révérend Kaigoulun Lhouvum et le pasteur Paogoulen Sitlhou (voir Fides 13/5/2026). Les enlèvements qui ont suivi, commis en représailles, montrent à quelle vitesse la situation a dégénéré en une instabilité générale.
Malgré les attaques subies, dans cette crise qui concerne des otages civils des deux communautés, les chefs religieux chrétiens se sont directement impliqués, aux côtés d’organisations tribales, de groupes de la société civile, des autorités locales et des forces de sécurité, pour négocier la libération des personnes enlevées.
Entre-temps, l'enquête se poursuit pour retrouver les auteurs de l'embuscade et du meurtre des trois pasteurs. À l'heure actuelle, les agresseurs n'ont pas encore été identifiés et les raisons de ce massacre, qui a frappé des personnes pleinement engagées en faveur de la paix et de la réconciliation, restent obscures. Cinq personnes blessées lors de l'embuscade sont toujours hospitalisées à Imphal.
Cette attaque soulève de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des responsables religieux qui opèrent dans une zone de conflit ouvert, « alors que les communautés chrétiennes engagées pour la paix sont confrontées à une vulnérabilité croissante », relève un prêtre local auprès de Fides. « En ce moment, note-t-il, il faut protéger les responsables religieux engagés dans la réconciliation dans le conflit interethnique qui oppose les groupes ethniques Kuki, Meitei et Naga ».
Le Manipur est en proie depuis 2023 à un conflit qui opposait initialement les deux groupes Kuki et Meitei, puis s’est étendu pour impliquer également les Naga.
(PA) (Agence Fides 26/5/2026)