Libreville (Agence Fides) – Ce seront les citoyens qui décideront s'il faut infliger la peine de mort à ceux qui commettent des « meurtres rituels ». C'est ce qu'a annoncé le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema dans son discours à la nation pour les vœux de nouvelle année, le 2 janvier dernier. La peine de mort a été abolie au Gabon en 2010, mais face à l'inquiétude sociale suscitée par la recrudescence des « crimes rituels », le président Nguema a déclaré qu'il avait l'intention de consulter la population sur la réintroduction de cette peine pour punir les auteurs de ces actes. « Cette réflexion doit être menée par le peuple qui m'a élu », a-t-il déclaré.
La population gabonaise a été choquée par l'affaire Pascal Cameron Ngueba Loko, un adolescent de 13 ans disparu le 17 décembre, dont le corps sans vie a été retrouvé le 22 décembre dans une fosse septique près de son domicile.
L'un des quatre suspects arrêtés par la police a avoué avoir tué le jeune garçon sur ordre d'un commanditaire, toujours inconnu, à des fins fétichistes. Il convient de noter que, selon le médecin légiste, le corps du garçon ne présente aucun signe de prélèvement d'organes.
Les meurtres rituels sont monnaie courante au Gabon, à tel point qu'il existe une association de lutte contre les crimes rituels qui avait déjà organisé une marche de protestation en 2013.
Ceux qui commanditent ces actes brutaux ont l'intention d'utiliser des pratiques « magiques » pour obtenir, à travers la souffrance des jeunes victimes et la mutilation de leurs corps, des avantages matériels.
Les évêques catholiques sont intervenus à plusieurs reprises pour lutter contre ces pratiques. Le 28 décembre 2025, à Oyem, la Conférence épiscopale du Gabon a célébré la fin du Jubilé et la Journée nationale de lutte contre toutes les formes de violence et d'atteinte à la vie. Au cours de son homélie, Jean Vincent Ondo Éyéne, évêque d'Oyem et président de la Conférence épiscopale, a dénoncé ces actes « barbares » et a invité les forces de sécurité à assumer pleinement leurs responsabilités afin de rétablir la confiance des citoyens. « Mon cœur est rempli de douleur face aux crimes rituels qui ensanglantent notre cher pays », a déclaré l'évêque d'Oyem. « Je pense à ceux qui ont été arrachés à la vie, dont les corps ont été profanés et dont l'innocence a été brisée », a-t-il poursuivi, faisant notamment référence au meurtre de Pascal Cameron Loko, ainsi qu'à de nombreuses autres victimes dont les crimes restent impunis.
Le président de la Conférence épiscopale du Gabon a confié les âmes des victimes innocentes à Dieu, implorant pour elles le repos éternel et le réconfort pour leurs familles. Il a également rappelé les survivants, marqués à jamais par ces violences, invoquant leur guérison physique et spirituelle. (LM) (Agence Fides 9/1/2025)